TROISIÈME PARTIE
sultera, devra être représenté dans un dessin avec d'autant plus de précision que les surfaces courbes seront plus polies.
IX. — Les parties lumineuses d'un objet reçoivent leur jour des rayons lumineux qui les frappent directement, les parties ombrées, au contraire, sont éclairées parunc lumière indirecte ou par le reflet.
X. — C’est aussi pourquoi les parties ombrées reçoivent sur un dessin, une lumière inverse à celle qu'elles recevraient, si les objets représentés étaient immédiatement atteints par les rayons lumineux (§ 293).
XI. — L’ombre portée doit, en général, être tenus plus sombre que l’ombre propre (§ 403).
XII. — Dans la construction des ombres, et en particulier dans la détermination de l’angle de direction des rayons lumineux, il faut se représenter la surface du plan de projection du plan vertical dans une position verticale (§ 319).
XIII. — Il faut sur un dessin destiné à être lavé, que toutes les surfaces qui appartiennent au corps tiguré, reçoivent une teinte, même celles qui reçoivent la lumière perpendiculairement, ou le reflet plus vif où qui se trouveraient plus près de l’observateur (§ 309).
XIV. — La lumière de réflexion ou Je reflet, n’a aucune influence sur les parties éclairées d’un dessin géométrique (§ 292).
XV. — Pour marquer dans un dessin l’ombre d’un point quelconque, il est nécessaire de connaître la plus courte distance de ce point, à deux plans coordonnés, ainsi que les projections du rayon lumineux qui le frappent dans ces deux vues (§ 324).
XVI. — Comme dans l’ombre d’un corps éclairé, il ne peut pas y avoir d'autre ombre, de même, on ne pourra pas non plus rendre [dans un dessin géométrique l’ombre qui est projetée par un ou plusieurs corps l’un sur l’autre, plus sombre que si elle n’était produite que par un seul corps (§ 405, 427).
350 dessix OJ cnrerRioiT.
Quoique ce ne soit que vers la fin du siècle dernier, que Monge le premier, ait classé d’une manière complète, les leçons de la géométrie descriptive et en ail formé une nouvelle branche des mathématiques, il n’en est pas moins vrai que longtemps déjà avant cette époque, cette étude ainsi que les méthodes de construction, étaient déjà connues, parliellemenf il est vrai ; on n’en peut douter, en voyant les constructions ingénieuses des anciens, les machines et autres objets techniques de ces temps. Toutefois, ces études étaient ou traditonnelles et se transmettaient du maître à l'élève oralement, ou bien elles se trouvaient disséminées dans des h-ailés spéciaux, dans lesquels on trouvait des méthodes de constructions particulières pour des cas spéciaux, tels pur exemple, que des préceptes donnés au maçon, pour la coupe des pierres, au charpentier, pour la construction d’un escalier, ou au constructeur de moulins, pour l’établissement des roues etc. Aussi, ces préceptes isolés se trouvaient en partie très longs, peu clairs el empiriques; d'autrefois trop courts, et conçus dans un but théorique qu'on appliquait sans trop s'inquiéter de leur rapport scientifique.
Le service rendu par Monge, consiste en ceci, c’est qu’il a réuni les différents préceptes et procédés opératoires, les a perfectionnés et les a classés, y a ajouté des lois nouvelles, intéressantes, ingénieuses et très importantes, a réuni le tout en un système qu’il a élevé à la hauteur d’une science. Ses élèves et ses continuateurs ont suivi en général le chemin tracé par lui, ont étendu encore en France par leurs écrits, le cercle des connaissances et le progrès de la géométrie descriptive si utile aux arls et métiers.
Toutefois, longtemps déjà avant cette époque, on connaissait en Allemagne, les préceptes de la géométrie descriptive el on en trouve la preuve dans ces monuments qui se sont élevés au moyen-ftge, sur différeuts points de l’Allemagne. On savait alors fort bien de quelle importance étaient pour l’artiste et l’ouvrier , la connaissance de celte étude et de ces constructions. On peut se convaincre de l’importance qu’elles offraient alors pour le dessin, par un écrit d’Albert Durer, de Tan 1325, adressé à son ami Willibald Berkenhevner auquel il dédia même un ouvrage relatif à ce sujet. 11 ne sera peut-être
THOISÏÉMH P AMIE*
pas sans intérêt de donner en finissant l’extrait suivant de cet ouvrage.
« Jusqu'à ce jour, dans notre pays d’Allemagne, dit-il, l’on a » destinéjà la peinture, bcaucoupde jeunes gens habiles, qui, « n'ayant point reçu tous les principes et la pratique néces- « saire, ont grandi danscctte ignorance, comme un arbre mal « soigné et sans culture. Plusieurs cependant, ont acquis par un « exercice persévérant . une main assez habile pour produire « des œuvres puissantes, mais exécuteés sans réflexion et d’a- « près leur hou goût seulement. .Mais des peintres instruits et « de véritables artistes ont avec raison plaisanté l'ignorance « de ces jeunes gens, car un homme raisonnable ne trouve « rien de plus désagréable à voir que des dessins faux, quoiqu’ils « aient été faits avec le plus grand soin. C’est parce que ces « pointées, se sont complus dans ces erreurs, qu'il est néces- « saire de rechercher la cause, pour laquelle ils n'ont point a étudié l’art des proportions mathématiques, sans lesquelles a il est impossible de devenir un bon artiste; il fauta vrai dire a adresser ce reproche à leurs maîtres qui eux-mêmes n’aa vaient pas appris cet art.
a Attendu que cet art des proportions est la base réelle a de toute peinture, je me suis proposé de présenter à ceux a qui seraient avides de son étude des, principes pour qu'ils a puissent s’exercer eux-mêmes a bien manier le compas et la a règle, arriver à des jugements vrais et sans se passionner « exclusivement pour l'art.
a II est suflisamment démontré par les écrits des Grecs et a des Romains, qui, après avoir été longtemps perdus, ont rea paru au jour que depuis deux siècles, en quel honneur et a estime était l'art chez ces peuples. Les arts se perdent faci- « lement, et on ne les retrouve qu’avec peine et après un long « espace de temps. J'espère donc, que tout homme raisonna- « ble, ne critiquera pas mon entreprise, parce que je le fais a dans une bonne intention, et que j’espère être profitable à a tous ceux qui désirent s'instruire, elle sera profitable nou- « seulement au peintre, mais encore au ciseleur, au statuaire, a au sculpteur, à l’orfèvre, et à tous ceux qui se servent des « proportions.
332 DESSIN GtoMÉTMQt'E.
« Du reste , personne n’est forcé de faire usage de ce que « j’enseigne ; mais je suis convaincu que celui qui s’en servira * n'eu retirera pas seulement un premier fond d’étude, mais « arrivera encore par un usage journalier à une grande intel- « ligence.