‹ Traité du dessin géométrique, ou exposition complète de l'art du dessin linéaire, de la construction des ombres et du lavis... texteChapitre 17 sur 136 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Tout le monde sait d'ailleurs qu’un mélange de jaune et de bleu donne naissance à la couleur verte , qu'un mélange de bleu et rouge donne le violet, cl qu'un mélange de trois parties de carmin et une partie de jaune donne naissance au ponceau. ■

Remarque . — On peut également obtenir une couleur de bois en mélangeant à une décoction de café tiré au clair, une petite quantité de rouge ou une bonne encre rouge.

§41. — Les couleurs étant préparées par les mélanges indiqués ci-dessus, on procède à leur application de la même manière qu'avec l’encre de Chine ; seulement, ici ilya encore plus de précautions à prendre pour que les couches ne présentent aucune tache et qu'ellcsaient une teinte uniforme dans toute leur étendue, parce qu'en général, l'application des couleurs est plus difficile que celle de l’encre de Chine , et qu’il y a plus de chances de faire des taches, surtout lorsqu'il s’agit d'un mélange de deux ou plusieurs couleurs. C’est pourquoi il sera nécessaire de remuer vivement ces mélanges de couleurs chaque fois qu’on devra s’en servir , afin que leurs différentes pallies qui, par le repos, se séparent en couches en raison de leur pesanteur spécifique; de telle sorte que les plus pesantes occu[>en( le fond du godet , et les plus légères la partie supérieure, se mélangent de nouveau bien intimement; en outre, il sera bon d'avoir un pinceau pour chaque couleur et de bien le nettoyer chaque fois qu’on voudra s'en servir.

De même qu’avec l’encre de Chine, une surface sur laquelle on applique des couleurs deviendra d'autant plus belle que cette application aura été réitérée un plus grand nombre de fois , il va sans dire qu'il ne doit en être ainsi que lorsqu’il s'agit de l'application de couleurs transparentes, attendu qu’avec celles qui sont opaques on ne peut produire qu’une nuance celle de la dernière couche que l'on a donnée.

§ 42. — Si , ayant à faire un dessin noir à l'encre de Chine, on veut le rendre plus intelligible à l’aide de couleurs, pour ce qui concerne les matériaux dont les objets dessinés sont composés , tels que le bois , les pierres , les métaux, etc.; (d'autres circonstances encore peuvent exiger l'emploi des couleurs pour un dessin technologique) : alors on exécute d'abord à

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DESSIN r.ÉliMliTRIQl'K.

l’encre de Chine le dessin complet de l'objet , d'après les règles indiquées dans la troisième partie de cet ouvrage , sur la distribution de la lumière et des ombres, mais en avant soin que les partiesdans l'ombre soient proportionnellement plus foncées que si l’on n’avait pasïcmployé de couleurs; car, par suite de la mise en couleur de tout le dessin , les ombres paraissent proportionnellement plus ternes et prennent, par rapport aux parties éclairées, un ton beaucoup trop pâle, si on n’a pas eu soin de les faire à l’avance un peu plus foncées.

Ceci fait, on commence par appliquer sur la surface, avec les couleurs convenables mélangées dans les proportions indiquées plus haut, une ou plusieurs couches pâles; on opère ensuite de la même manière sur les surfaces qui précédemment ont reçu les teintes à l’encre de Chine, pourvu que celles-ci soient bien sèches, et on renouvelle cette opération aussi souvent qu’il est nécessaire pour obtenir le degré de beauté, pureté et transparence voulu. Si on négligeait ce soin, et qu’on sc bornât à une simple application, le dessin aurait un aspect froid et ne présenterait jamais le degré de clarté et de fraîcheur qu'il aurait si on traitai! la surface avec les couleurs, comme on l’aurait fait avec l’encre de Chine. Une seule application de couleurs sur une surface teintée à l’encre de Chine défigurera donc en général un dessin . ainsi que nous l’avons dit , et fera perdre le résultat de toutes les peines qu’on s’était données précédemment pour son tracé et son lavis ; car les tons les plus noirs dans les parties ombrées et même les surfaces qui n’ont d'abord reçu qu'une seule couche d’encre de Chine conservent encore une nuance noire trop prononcée par cette seule application de couleur, et ont un aspectlrop froid et trop dur, à côté des autres parties.

11 ressort de ce qui vient d’être dit qu’un dessin exécuté à l’aide des couleurs exige , par suite d’un travail plus compliqué , beaucoup plus de temps que n’en réclame un dessin lavé simplement à l’encre de Chine ; qu’il coûte plus de soins et présente plus de difficultés ; enfin que, dans le cas où l’on a réussi à lui donner une apparence satisfaisante, ce n’est qu’en joignant à une grande adresse dans le maniement des couleurs un goût exquis pour donner à celles-ci un accord et une har-

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