PREMIÈRE PARTIE
on lui donnera le nom de lavis à l'encre de Chine, et au dessin ainsi exécuté, celui de dessin lavé à l'encre de chine.
C’est aussi ici le lieu de faire mention du travail fait avec la sépia; la manière d'opérer avec l'une ou l'autre de ces matières est tout à fait la même. De même que l'encre de chine peut donner , en la délayant dans l’eau, des teintes excessivement fines , toutes les nuances depuis le gris le plus clair jusqu’au noir le plus foncé, de même avec la sépia, surtout lorsqu’elle est mélangé au bistre , on peut obtenir à volonté des teintes excessivement claires ou foncées (1).
La manière de laver soit avec l'encre de Chine , soit avec la sépia se distingue beaucoup de la peinture à l'huile, de celle au pastel , comme aussi de l’art d’ombrer avec le crayon rouge ou noir ; elle est un moyen intermédiaire entre la peinture avec les couleurs et le dessin à l'aide de crayons rouges ou noirs.
§ 38. — Les couleurs dont on se sert ordinairement pour la confection des dessins technologiques sont le jaune , le rouge H le bleu. L’on doit rejeter les couleurs piteuses (gouache), et donner la préférence à celles qui sont d’une composition végétale ou minérale, afin de pouvoir bien faire sentir les lumières et ne pis les recouvrir avec une couleur piteuse. Dans leur application , les végétales ont l’avantage d’être transparentes , c’est-à-dire qu'elles ne cachent pis, comme le font les couleurs pâteuses, le contour et les lignes d’une ligure, dont il est nécessaire de voir le tracé pour la bien comprendre.
Pour obtenir une couleur jaune , on se sert de la gommegutte la plus épurée possible, couleur que l’on reconnaît à la finesse, au luisant, au poli et à la nuance rouge-brun de sa surface, et qui en l'humectant avec un peu d’eau, donne immédiatement une belle couleur jaune.
(I) Ia sépia est une couleur qui s'cjtrait de la vessie d'un poisson appelé sépia. On prélend que les Chinois font entrer ce liquide dans la composition de leur encre, en y ajoutant une certaine quantité de rir. et de gomme carbonisée- l.e bistre se prépare avec la suie la plus Hnc des fourneaux ; on la fait cuire et on y ajoute une certaine quantité de gomme.
Pour le ronge , on se seii du rouge végétal ordinaire , mais mieux du carmin , qui donne une couleur magnifique , mais plus chère que la première.
Pour le bleu , on se sert du bleu végétal ou de l’indigo, qui est d’un très beau bleu et que l’on vend , comme le carmin, en petits morceaux ou sous forme de poudre.
§ 39. — Lorsqu'on veut se servir de ces couleurs, il faut comme pour l’encre de Chine, les délayer à l'aide d'eau pure, mais . au lieu de les frotter dans un godet , on Us frotte avec un pinceau imbibé d'eau que l'on exprime ensuite dans le godet.
§ 40. — On se sert rarement dans le dessin des couleurs toutes pures; le] plus souvent on les mélange entre elles. Mais il est difficile d'indiquer les proportions exactes de ces mélanges pour obtenir telle ou telle nuance ; car la conqiosition de chaque couleur est variable.
Voici les proportions des mélanges de couleurs nécessaires pour pouvoir colorer un dessin :
Couleur de buis. Prenez : Jaune parties,
— Rouge ( partie,
— et une tri» petite quantité de noir.
Bois d'acajou. — Jaune 1 partie,
— Rouge 1 partie,
— et très peu de noir.
Couleur de fer. — Noir 3 parties,
— Bleu une partie,
— et très peu de rouge.
Couleur du laiton. — Jauue 5 parties,
— Rouge I partie.
Couleur du cuivre. — Rouge parties,
— Noir 1 partie,
— Jaune t partie.
Couleur de bronze. — Jaune S parties,
— Rouge 2 parties.
Couleur dé cuir. — Rouge 2 parties.
— Jaune t partie,
— Noir 1 partie.
Ikt cables et cordages. — Jaune t partie,
— Rouge t partie,
— Noir! partie.