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ÉTAT DU SUCRE DANS L'ORGANISME

glycogène dans tous les produits d'inflammation (exsudai pneumonique, pus récent, néoplasmes aigus, épanchements de toute sorte), et sa quantité est dans un rapport exact avec Fintensité de la migration des globules blancs. Il est à remarquer que le glycogène des globules blancs du sang ne persiste pas longtemps dans cet état. Le glycogène extrait des globules blancs du saog affecte d'abord la forme de gouttes homogènes, qui prennent ensuite une apparence finement granulée, puis se redissolvent (par sacchariHcation?) et cessent d'être visibles. Accidentellement on trouve dans les vaisseaux lymphatiques de fines granulations glycogéniques, qui sont résorbées et repassent dans le courant circulatoire (1). Le glycogène existe toujours aussi dans les épilhéliums, dans les cartilages, dans le testicule, et plus ou moins dans tous les tissus oîi des éléments jeunes sont en voie de régénération (2). Les hydrocarbures sont là comme participant au mouvement incessant de rénovation de Torganisme, participation qui se manifeste également par l'abondance du glycogène dans les tissus embryonnaires, mais qui présente encore bien des obscurités (3).

Le glycogène est bien plus abondant et bien plus fixe dans deux organes de fonctions très différentes^ le tissu glandulaire du foie et les muscles.

Les cellules du foie contiennent du glycogène toujours également réparti (4) dans ce qu'on nomme le paraplasma (Kupffer), tandis que la partie fibrillaire et finement granulée des cellules, celle qui constitue le véritable protoplasma, au point de vue fonctionnel, est dépourvue de glycogène.

(1) Eod. /oc, p. 39.

(2) Dans les reins, et notamment dans les fibres jeunes du muscle car* diaque, etc. (voy. loc. cit, p. 34, 36 et suiv.). U est à remarquer qu'on n'a jamais pu découvrir de glycogène dans le pancréas, les ganglions lymphatiques, la moelle osseuse, la rate, les glandes mammaires.

(3) Voy. les importants travaux de Cl. Bernard, et Hodet : Recherches sur la structure du placenta du lapin. Dissert, inaug. Berne, 1877.

(4) Et non pas sous forme de granulations, de goutteleUes, ou de concrétions, comme on Ta souvent prétendu. Voy. loc. cit., p. 40, 42 et suiv.

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De même dans les muscles, les fibrilles ou éléments contractiles propres du tissu musculaire manquent de glycogène, tandis qu'il en existe dans la substance unissante interfibrillaire. li semble, d'après ces modes de répartition, que le glycogène constitue un approvisionnement pour Tactivité des éléments primitifs (1).

La proportion du glycogène dans les deux organes précédemment cités varie très sensiblement suivant la nature et la quantité des aliments. Dans le foie, cette proportion peut descendre de 1 0,9 à 1 ,0 et au-dessous, dans les muscles de 0,4 à 0,1 p. 100.

Le glycogène ne se comporte pas partout de la même façon. Dans les épithéliums complets il est insoluble dans l'eau, dans les cartilages, peu soluble, tandis que dans le foie et les autres organes, il est facilement entraîné par l'eau. Partout il est uni à une autre substance, qui présente, selon les organes, des degrés différents de solubilité. On ne sait encore au juste quelle signification attribuer à ce principe accessoire du glycogène, s'il représente un degré chimique inférieur de celui-ci (un hydrocarbure, comme la gomme animale de Landwehr), ou s'il lui donne naissance (comme composé albuminoïde). Quoi qu'il en soit, ce principe ne peut manquer de jouer un rôle important, car si l'on peut isoler l'accessoire du glycogène sous forme de corps sphériques jaunes, le glycogène au contraire ne s'obtient jamais seul et débarrassé de son congénère.

On n*a que des données incertaines sur les proportions respectives du sucre et du glycogène dans l'organisme vivant, sur leur mode de répartition, et sur la mesure dans laquelle ils prennent part à l'ensemble des échanges organiques. On doit quelques vues générales sur ces difficiles questions aux travaux consciencieux de Bôhm et Hoffman (2), qui ont serré le problème de très près, en soumettant des

(I) /6id., p. 42.

l'ï) Bôhm el IlolTinonu, Archiv f. experiment. PatkoL, vol. ViU.

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