I. -- État du sucre dans l'organisme
Le sang de rhomme, pendant la vie, contient toujours du sucre qui ne dépend point de la nature des aliments, et sur lequel la plupart des maladies sont sans influence. Il est un des éléments essentiels du liquide nourricier, d'oîi il disparait le plus souvent peu de temps avant la mort.
Le sucre se produit et se détruit dans le sang suivant des lois que nous connaissons encore imparfaitement, mais qui ne pourront manquer de se découvrir, à mesure que nous serons mieux renseignés sur les échanges organiques et sur leurs modifications dans les maladies.
Le sucre du sang a tous les caractères de la dextrose, dévie comme elle la lumière polarisée à droite, subit la même fermentation, réduit les oxydes métalliques, etc. Sa proportion dans le sang varie entre des limites peu éten* dues, de 0,04 à 0,12 p. 100 (1), qui paraissent influencées
(1) Sur plus de 50 malades, j'ai trouvé pour la proportion du sucre dans le sang 0,04 a 0,12 p. 100. — Cf. Bock et Hoffmann, Studen ûber Biabeteê^ Berlin, 1874, p. 61.
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2 ROLE DU SUCKE.
en partie par la quantité des aliments ingérés, mais qui ne présentent jamais d'écart plus considérable. Dès que ces proportions sont dépassées, les traces du sucre en excès apparaissent bientôt dans Furine.
La question est très controversée et difficile à résoudre, de savoir si le sang contient la même quantité de sucre dans tons les départements du système vasculaire, ou s'il y en a de plus pauvres et de plus riches en sucre. On est d'accord sur ce point, que le sang artériei ne présente pas de différences sensibles pour les différentes parties du corps ; on ignore si la même condition existe pour le sang veineux, et ce problème a été tranché dans les sens les plus divers; il serait surtout important à résoudre, si l'on venait à confirmer les vues de Claude Bernard et d'autres observateurs sur les foyers de production et de destruction du sucre, vues au sujet desquelles il subsiste un doute légitime.
Comme dans le sang, et à peu près dans les mêmes proportions, on trouve aussi du sucre normal dans la lymphe et dans les fluides séreux qui s'en rapprochent, comme le liquide cérébro-spinal, et même le chyle.
A côté du sucre et des substances qui en dérivent, il y a encore dans l'organisme et en toutes circonstances, à l'état de santé comme dans les maladies, d^autres hydrocarbures, qui jouent un rôle essentiel dans la série des transformations organiques.
On constate toujours l'existence du glycogène dans le sang (1), oîi il provient surtout des globules blancs, et oîi sa présence se révèle le mieux lorsque les leucocytes sont en voie de destruction, et lorsqu'ils s'extravasent sous l'influence de processus inflammatoires (2) ; on trouve ainsi du
(i) A ma clinique, le sang a été examiné au point de vue du glycogène dans des circonstances différentes, où jamais il n'a manqué, pas plus que dans le diabète. (G. Salomon.)
(2) V07. pour les détails, vol. VI, fascicule 1, p. 38 de mon journal.