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III. — Destruotlon du sucre et du glycogène dans le sang

Le sucre et le glycogène subissent dans le sang une destruction continue, dont le mode et le lieu sont encore très imparfaitement connus.

Les hydrocarbures introduits avec les aliments dispa-

(i) Cl. Bernard, loc, cit., p. 544 et 545.

(2) La formation sur place du glycogène dans les muscles semblerait prouvée par leur réaction avec l'iode (coloration bleue), ainsi que par l'apparition du glycogène dans les embryons de poulet avant le développement du foie. Comp. Kiilz, Travaux de riîistitut physiologique de Marbourg, Bonn, 1881.

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raissent au bout de peu de temps. Pour le sucre injecté directement dans le sang, une fraction seulement est éliminée pas les reins. La plus grande partie disparaît et est détruite (1). La question est de savoir où s'accomplit celte destruction, et par quel processus.

On a vu plus haut jusqu'à quel point on peut admettre que le sucre introduit par la digestion dans le sang de la veine porte contribue directement à la formation de la matière glycogénique dans le foie et dans les muscles. On manque de données précises sur la façon dont ces phénomènes s'accomplissent, et encore plus sur les quantités qui y entrent en jeu, bien que le processus en lui-même ne puisse guère être mis en doute.

Dans le sang extrait des vaisseaux, le sucre disparaît complètement au bout d'un certain temps, pas aussi vite toutefois que le pensait Cl. Bernard; mais toujours dans un délai plus ou moins long, selon la température ambiante; il se transforme, pour la plus grande partie, en acide lactique (2). On ne sait si le même fait se passe dans le sang vivant, si l'acide lactique forme un des termes de la série des oxydations organiques, et contribue ainsi à la calorification. Une opinion maintes fois exprimée, mais passible de sérieuses objections, tant que la preuve n'en aura pas été faite, c'est que les processus d'oxydation et la production de Tacide carbonique, n'ont point ou très peu leur siège dans le sang, et s'accomplissent surtout dans

(i) VoUmer, von Mering et Zunlz. — Sous l'influence de la surélévation excessive de température qui suit un refroidissement prolongé, Bôhm et Hoffmann [Archiv f. experim. PaihoL, Bd VIIl, p. 3) ont trouvé au bout de 30 heures, les hydrocarbures corhplëtement disparus du sang, du foie et des muscles.

(2) Nencki et Sieber {Journ, fur praktische Chemie, neue Folge, Bd XXIV, p. 498} ont démontré qu*un mélange de sucre de raisin et de lessive de potasse maintenu à une température de 25-40*', dans un tube fermé avec de la ouate, ne contient plus de sucre au bout de 24 heures, mais seulement de l'acide lactique. Les carbonates alcalins ne produisent pas cette réaction, mais la base peut ôtre remplacée par de la neurine.

les éléments cellulaires des tissus (1). On n'a pas encore pénétré le détail de ces processus.

On connaît seulement les produits ultimes résultant des échanges gazeux de la respiration (acide carbonique, etc.)» mais on ignore si les phénomènes sont les mêmes dans tous les tissus. Même obscurité pour la destruction du glycogène, dont la présence est reconnue dans le foie et dans les muscles.

On est conduit, en résumé, à considérer les muscles, en vertu de leur activité fonctionnelle, comme les organes dans lesquels le glycogène est détruit, Tacide carbonique mis en liberté, et la chaleur produite. On sait aussi que les muscles en activité deviennent acides, bien que Thypothèse ait été réfutée, qu'il s'y développe de Tacide lactique libre (Hoppe-Seyler, Pfltiger). 0. Nasse a même démontré qu'il y a production de sucre.

On ignore comment ce processus contribue à la contraction musculaire et à la production de la chaleur. Toutefois, les recherches de J. Gaule (expériences sur le cœur des grenouilles, privé de sang) (2) ont montré que, parmi les substances qui excitent l'activité musculaire, un liquide riche en alcalins, en albuminoïdes, et surtout en pepione, a une influence plus marquée que le glycogène et le sucre, et qu une forte quantité de sucre, passant à travers le tissu musculaire, abaisse la contractilité, et finit par l'abolir complètement. Le seul fait prouvé dans l'activité musculaire, c'est la destruction du glycogène et la production diacide carbonique et de chaleur.

Ce qu'on peut en outre considérer comme certain, c'est

(1) D'après les recherches de Schmiedeberg, quand certaines substances sont incorporées aux liquides de l'organisme, il se produit des combinaisons dans lesqueUes entrent les éléments du sucre; telle est, par exemple, la formation d'acide camphroglycurique après l'ingestion de camphre. Doit-on supposer que des combinaisons du môme genre servent d'échelons intermédiaires aux termes les plus avancés des échanges organiques?

(2) Archiv fur Anat und Physiol^ 1878.

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