‹ Traité du diabèteChapitre 34 sur 87 · Anthrax* Diabète^ guérison durable après la cicatrisation · texte numérisé non relu

Anthrax* Diabète^ guérison durable après la cicatrisation

de Fanthrax,

G. H., âgé de soixante ans, d'un fort embonpoint, eut un vaste anthrax à la nuque, et en même temps une soif vive et des urines abondantes, avec 6 p. 100 de sucre. L'anthrax guérit après incision, le malade prit de l'eau de Garlsbad, et au bout de huit semaines toute trace de sucre avait disparu. On n'en retrouva pas on an plus tard.

GUÉRISON. il7

4. Attaque apoplectique, troubles de la parole, parésie du nerf facial^ diabète, guéinson; plus tard, mort par hémorrhagie cérébrale,

M. B., propriétaire, âgé de cinquante-quatre ans, est pris subitement de troubles de la parole, de parésie faciale droite et d'une soif Tive. Je trouve dans ses urines, qui s'élèvent à 5 ou 6 litres, 3 p. iOO de sucre. Le malade est soumis à un régime sévère et traité par les purgatifs salins, avec un repos complet et des applications froides sur la tête. La paralysie du nerf facial disparaît petit à petit, ainsi que rembarras de la parole, et trois mois après Tattaque, il n'y avait plus de sucre dans les urines, et il n'en reparut pas, quoique le malade négligeât complètement son régime. L'état était le même trois ans plus tard, et l'urine exempte de sucre. Il survint alors une hémorrhagie cérébrale, suivie de mort.

5. M. 6., ministre, âgé de soixante ans, a eu pendant trois ans de la polyurie, avec 2 à 3 p. 100 de sucre. Il abandonne ensuite les affaires, et par un régime approprié, ainsi que par l'usage intermittent d*eaux alcalines, le sucre disparaît peu à peu complètement. Mais, sur ces entrefaites, une artério-sclérose s'étant développée, il survient, trois ans plus tard, une hémorrhagie cérébrale, suivie de mort au bout de vingt-quatre heures.

6. M. F., professeur de chimie, devient diabétique sous l'influence de causes morales, et constate lui-même dans ses urines, assez abondantes, 2 à 3 p. 100 de sucre. Les choses durent ainsi environ un an. Le malade dépérit de plus en plus, et enfin on constate un carcinome de la glande sous-maxillaire. L'excrétion du sucre disparaît alors complètement, mais le développement rapide de la tumeur aboutit en quelques mois au marasme et à la mort.

7. Choléra, immédiatement suivi d'un diabète durant plusieurs années^ paralysie et catarrhe de la vessie, guértson persistante du diabète.

K. 6., âgé de cinquante-trois ans, a souffert longtemps de vertiges et de constipation, pour lesquels il s'est bien trouvé d'une cure à Harienbad. Peu de temps après il est pris du choléra, qui régnait alors et qui le jeta dans un grand épuisement. A peine remis de Tattaque de choléra, le malade s'aperçoit d'une soif ardente et incessante, et d'envies fréquentes d'uriner; la quantité d'urine va

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de 3,5 à 4 litres. Elle est d*abord exempte de sucre ; au bout d*uDe semaine, la densité s'élève à 1027 et on trouve 3 p. 400 de sucre. Sons rinfluence du bicarbonate de soude et d'un régime sévère, la proportion de sucre dans les urines descend à 0, 5 p. 400, et les forces se relèvent. Hais au bout de quelques mois survient de Tincontinence d'urine (parésie du spbincter de la vessie). Au moyen du fer, de la rhubarbe et de la noix vomique, on obtient une amélioration, mais non point la guérison. Le .sucre remonte à 4 — 1,5 p. 400. Les eaux de Garlsbad, les bains de boue de Franzensbad amènent une nouvelle amélioration, mais Tannée suivante la densité de l'urine est remontée à 4030 et le sucre à 4,8 p. 400. La paralysie vésicale persiste toujours. L'appétit n'est pas exagéré, la soif ne devient vive que vers le soir. Un an plus tard, la densité de l'urine n'est plus que de 4027, avec 2,8 p. 400 de sucre et 2,5 litres par vingt-quatre heures. Le malade revient encore un an plus tard ; la densité de l'urine est descendue à 4047, elle ne contient aucune trace de sucre, mais laisse déposer du pus, en raison de la persistance du catarrhe vésical.

8. La femme W., âgée de cinquante-quatre ans, autrefois très grasse, et atteinte de diabète à la suite de fortes émotions, présente au début 5 p. 400 de sucre dans ses urines; sous l'influence de l'eau de Garlsbad, la quantité de sucre diminue, puis enfin il disparaît sans laisser de traces. Deux ans plus tard survient un catarrhe stomacal persistant, les urines sont troublées par des urates et contiennent des traces d'albumine, mais point de sucre.

9. Goutte^ diabète ancien^ puis pyilo-néphrite et disparition du sucre.

En dernier Ueu^ catarrhe vésical.

Le comte B., âgé de cinquante-deux ans, d'un très fort embonpoint et d*une taille de géant, a eu plusieurs attaques de goutte. Peu après celles-ci apparaît dans les urines du sucre, dont la proportion oscille entre 5 et 3 p. 400. Plusieurs cures à Vichy donnent passagèrement de bons résultats, le sucre ne disparait pas complètement, et son excrétion est accompagnée d'un abondant dépôt d'urates. Peu à peu se développent les symptômes d'une pyélo-néphrite, l'urine contient du mucus et de Talbumine, mais celle-ci en petite quantité. Ensuite le sucre disparaît entièrement, après que la maladie avait déjà duré dix ans. Le catarrhe vésical persiste seul, puis s'améliore lentement par l'emploi des astringents.

10. Sch./ libraire à Berlin, âgé de cinquaule-huit ans, pâle, gros, est issu d*une famille où les maladies mentales et les affections nerveuses sont fréquentes ; son fils est atteint de monomanie. En 1860, sans cause connue, il présente tous les symptômes du diabète; la proportion du sucre dans l'urine s'élève à 7 p. 100. Une cure à Carlsbad aurait donné de bons résultats, d*après les constatations faites par un médecin des eaux» mais Tamélioration ne persiste pas. En juillet 1864 je trouve 4,5 p. 100 de sucre, et la quantité des urines dépasse la normale de moitié. Après un traitement de quatre semaines (eaux et bains de Carlsbad) la densité de Turine est descendue à 1019^ et le sucre a disparu, ainsi que la sensation de sécheresse de la gorge. Cet état satisfaisant se maintient jusqu'en janvier 4866. Après Tingestion de beaucoup de pâtisseries sucrées à Toccasion de NoGl, la soif était revenue, la densité de Turine s*était élevée à 1025, il y avait un dépôt d*acide urique libre et 1,9 p. 100 de sucre. Un régime sobre et l'usage du bicarbonate de soude avaient ramené en quelques semaines les urines à Fétat normal.

Pendant Tété de 1866, j'examine plusieurs fois les urines sans y reconnaître aucune altération; l'état général est excellent aussi, malgré les soins donnés par M. Sch. à ses nombreuses affaires.

Au printemps de 1867, à la suite de plusieurs écarts de régime, survient une récidive, la quantité des urines s'élève à 3000 centimètres cubes, avec près de 6 p. 100 de sucre. Le malade maigrit et perd ses forces. On remarque que les urines, outre le sucre qu'elles contiennent, laissent déposer un sédiment abondant, formé de corpuscules bruns, rouges et noirâtres ; au microscope, ce sédiment est reconnu comme composé de lames rhomboïdales épaisses, donnant par la chaleur un résidu imperceptible de soude, puis d'acide urique, et enfin de petites masses rougeâtres, qui se liquéfient en dégageant des vapeurs empyreumatiques et laissent des cendres rouges, abondantes, formées pour la plus grande partie d'oxyde de fer. La matière organique unie à celui-ci est de l'acide hippurique, car en chauffant avec addition d'acide chlorhydrique on obtient des cristaux qui ont la forme spéciale à l'acide hippurique, et en chauffant dans une éprouvette il y a dissolution et sublimation avec odeur manifeste de nitrobenzine.

On ordonne les eaux de Carlsbad et un régime sévère. Au commencement de la cure, la proportion du sucre est d'environ 6 pour 100; après quatorze jours, elle n'est plus que de 1 p. 100, la densité

de rurine = 1028, avec un sédiment abondant diacide urique; au bout de trois semaines, il n^y a plus que des traces de sucre, et au bout de quatre semaines elles ont complètement disparu.

Au printemps de 1868, nouvelle récidive, provoquée par des émotions,rurine contient encore 4,3, p. lOOde sucre ; densité 1023, quantité 2100 centimètres cubes. Un traitement de quatre semaines par les eaux de Carlsbad fait encore disparaître complètement le sucre, diminue la soif et la quantité des urines ; les bains de mer sont prescrits pour faire suite à la cure. Le résultat est favorable.

En janvier 1869 les accidents reparaissent une fois de plus ; le teint devient pâle, Turine contient 1^8 p. 100 de sucre. Le 9 février, on en trouve 2, 5 p. 100. Le régime et les eaux de Carlsbad font encore disparaître complètement le sucre des urines.

En février 1870, le régime ayant été tout à fait négligé pendant rhiver, et le malade s*étant livré en outre à des excès vénériens, son état change notablement. Il survient un rhumatisme articulaire fébrile, Turine est presque toujours troublée par de Tacide urique, sa densité s*élève à 1050, et elle contient 5, 7 p. 100 de sucre. On a recours pendant plusieurs semaines à Tiodure de potassium et aux courants continus, la fièvre tombe, ainsi que le gonflement des jointures,la proportion de sucre dans les urines descend à 1,1 p.lOO, leur densité à 1027, et vers la fin de mars tonte trace de sucre a disparu .

Depuis ce moment^ les urines sont restées exemptes de sucre et Tétat général satisfaisant, bien qu'aucun régime ne fût suivi. Le sujet de cette observation est mort de pneumonie, à Tâge de soixante-dix-huit ans.

11. Mademoiselle B., âgée de cinquante-trois ans, a eu autrefois, d*après le diagnostic de médecins français, un rhumatisme goutteux. Le diabète est survenu en 1858, et il y aurait eu alors, d*après une analyse de Miahie, 45 grammes de sucre par litre d*urine. La malade a fait plusieurs fois usage des eaux de Vichy.

En juin 1863 je la vois pour la première fois. Elle est très grasse, et hystérique à un haut degré ; elle a mené une vie agitée, et a été exposée à la cour à beaucoup d'émotions . Elle se plaint surtout de soif, de douleurs et de pesanteurs dans les jambes, et de troobles de la vue ; l'œil gauche est atteint de cataracte. Les fonctions des poumons, du cœur et de l'appareil digestif sont normales; l'appétit est conservé, l'intestin un peu paresseux.

Urines, 2900 centimètres cubes, avec 6 p. 100 de sucre. Une cure à Garlsbad donne de bons résultats ; la quantité d'urine descend à 1950, la proportion de sucre se réduit à quelques traces.

Mais cette amélioration ne dure pas; la malade retombe dans le courant de Tété ; elle maigrit de plus en plus, les troubles de la vue augmentent, les urines s*élèvent à 3010 centimètres cubes avec 5,3 p. 100 de sucre. Garlsbad et un régime approprié procurent encore de Tamélioration, mais pour peu de temps.

Pendant Tété de 1865, un état cachectique se déclare, les urines de vingt-quatre heures atteignent 3300 centimètres cubes, avec 4, 5 p. 100 de sucre.

On éprouve une fois de plus Theureuse influence des eaux de Garlsbad, qui réduisent les urines de douze heures à 1200 centimètres cubes, avec 0, 9 p. 100 de sucre.

Les bains de Wildbad font disparaître momentanément la sensation de faiblesse et de langueur, mais pendant Thiver suivant tous les accidents se reproduisent à un haut degré.

A la fin de juillet 1869, l'excrétion du sucre a complètement cessé ; pendant les deux dernières années, la cataracte s'est complétée, et la malade se prépare à en subir l'opération.

12. Madame von St., très pléthorique et d'un fort embonpoint, âgée de quarante ans, a présenté à plusieurs reprises des troubles psychiques et pendant longtemps de la constipation, à la suite de laquelle est survenu un prurigo très tenace des parties génitales. Les règles ont toujours été abondantes, souvent accompagnées de vives douleurs ; la malade était restée sans enfant au bout de vingtcinq ans de mariage. Elle avait eu une existence fort plantureuse, et on avait constaté chez elle une hypertrophie du foie. Les eaux de Vichy et de Garlsbad avaient été employées à plusieurs reprises, pour combattre Tembonpoint ; le résultat avait été de peu de durée, et les traitements locaux dirigés contre le prurigo donnaient peu de résultats. Une légère exagération de Tappétit et un penchant pour les aliments sucrés me donnent l'idée d'examiner les urines ; elles contiennent beaucoup de sucre. A Hombourg, où la malade se rend en avril 1866 pour faire usage de la source Elisabeth, on trouve pour vingt-quatre heures 2600 centimètres cubes d'urine avec 857 grammes de sucre. Un traitement de quatre semaines à cette station donne de bons résultats, le prurigo disparaît complètement, rétat général est satisfaisant et se maintient ainsi jusqu'au commencement de juillet. Il se déclare une disposition lypémaniaque,

qui empêche la malade de vaquer à ses occupations; elle s'accuse de vices et de péchés sans nombre, et cherche à s*étrangler. Pourtant ces scènes ne se produisent jamais quand madame St. est seule, mais toujours en présence de son entourage ; elle a d'ailleurs conscience de l'inopportunité de ces tentatives. Les idées lugubres font place ensuite à une gaîté excessive, à des danses folâtres. Je vois la malade en cet état au mois de septembre ; à part les troubles psychiques, toutes les fonctions s'accomplissent bien ; Turine est exempte de sucre, la soif et Tappétit n*ont rien d*anormal. On ne peut dire au juste à quel moment a cessé l'excrétion du sucre. La malade a eu antérieurement plusieurs attaques des mômes désordres cérébraux, dont on Ta débarrassée en la faisant changer de milieu. Je conseille donc une cure de raisins sur les bords du lac de Genève.

Au retour il y a du mieux, mais l'esprit reste encore troublé pendant Thiver. En mai 1867, voyage à Paris, dans un but de distraction. Plusieurs années après, cette malade eut une néphrite et de l'hydropisie, auxquelles elle succomba.

Malheureusement, la terminaison du diabète par guérison est rare; il arrive plus souvent qu'il aboutit

B. A une autre maladie : dans beaucoup de ces cas Texcrétion du sucre disparaît, mais pour faire place à quelque autre désordre grave.

Les terminaisons de cette sorte sont :

a. La néphrite. — Avec l'apparition de l'albumine dans l'urine le sucre peut ne plus s*y rencontrer, ce qui arrive parfois, mais le plus souvent il en reste des traces, jusqu'à ce que la néphrite entraîne la mort par hydropisie consécutive.

Le diabète considéré isolément et en lui-même est rarement une cause de maladies des reins; ce sont généralement d'autres complications, phthisie, athérome, lésions valvulaires du cœur, qui y donnent lieu.

b. La transformation du diabète sucré en diabète msipide.

J'ai observé souvent cette terminaison, et la plupart du

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