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TERMINAISONS DU DIABÈTE

Le diabète peut se terminer de différentes manières, et rissue n'en est pas toujours défavorable, comme on l'admet communément.

Il y a même des cas de :

A. Guérisorij dont je puis fournir ici une série d'exemples.

I . Névralgie du trijumeau^ diabète, guériêon^ avec persistance d'une

hypéresthésie cutanée.

B., âgé de cinquante-huit ans, a subi une grave opération sur les yeux, à la suite de laquelle s'est déclarée une névralgie du trijumeau avec hypéresthésie générale des nerfs cutanés. Bientôt après Tapparilion des douleurs faciales, il est atteint de diabète, souffre d'une soif insatiable, et rend de huit à dix litres d*urine, contenant 5 p. 100 de sucre. En môme temps se montre une forte excitation de Tactivité cardiaque, avec cent vingt pulsations. L*état s'améliore après une cure à Carlsbad ; on emploie ensuite la créosote* et huit semaines après le commencement du diabète, le sucre disparaît sans laisser de traces, et pour ne plus revenir. L'urine contient beaucoup d'urates, mais est d'ailleurs absolument normale. J*ai revu le malade huit ans après son diabète, et examiné de nouveau ses urines, sans y trouver la plus petite quantité de sucre. La guérison s'était donc maintenue. Il ne restait que l'bypéresthésie cutanée, contre laquelle on administra le bromure de potassium, la quinine, la morphine, les bains, etc.

2. Paralysie faciale gauche, piosis à droite, paralysie des muscles mth teurs de Fœil droit, soif intense, Guérison progressive de la paralysie faciale, amélioration de la paralysie de foculo-moteur, persistance de V amaigrissement, avec polyurie, i à^p, 100 de sucre, et albumine. Amélioration par l'eau de Carlsbad et Vopium. Guérison {hémor* rhagie du plancher du quatrième ventricule ?).

J. W., âgé de soixante-dix ans, robuste, d'un certain embonpoint, a mené une vie très active, a eu dans sa jeunesse plusieurs inflammations pulmonaires, puis, entre quarante et cinquante ans, une paralysie faciale qui n*a pas laissé de traces. Plus tard, il a souffert à plusieurs reprises de troubles urinaires, contre lesquels il a eu recours avec beaucoup de succès aux bains de Pfâfers.

Au commencement de mai 1871, il est exposé à un très fort refroidissement, en faisant un trajet de plusieurs heures en voiture découverte, contre un vent du nord violent et très froid ; il peut encore sortir le matin pendant deux ou trois jours, quoique se sentant mal à Taise pendant la nuit, avec insomnie et sensation de chaleur. Un de ses amis lui ayant fait remarquer qu*il avait la bouche de travers et déviée vers la droite, il va consulter un mé-' decin, qui ordonne des purgatifs, puis des émissions sanguines locales, contre de la chaleur à la tête et des vertiges survenus par la suite. Malgré le traitement, Tétat s*aggrave au point qu*à la paralysie de la moitié gauche de la face s'ajoutent une chute de la paupière supérieure droite et l'impossibilité de mouvoir le globe oculaire du même côté dans aucune direction. A la même époque, le malade commence à ressentir une soif tellement vive, qu'il absorbe souvent trois carafes d'eau par jour. Au bout de quatre semaines, la paralysie faciale s'améliore sensiblement ; mais les mouvements de l'œil droit sont toujours abolis; on a recours alors aux injections sous-cutanées de strychnine, et à une solution de sulfate de cuivre contre une conjonctivite concomitante. Au bout de quatre semaines, l'amélioration s'accentue et il ne reste plus que de la diplopie; le malade peut recommencer à sortir, la guérison se continue lentement, mais avec de la pâleur, de l'amaigrissement, de l'inappétence et une soif vive. Un traitement thermal à Prâfers demeure sans résultats, au contraire la soif et l'amaigrissement augmentent, et dans l'urine, qui n'avait pas été examinée au début, on trouve du sucre et de l'albumine; deux litres d'urine par jour avec i à 2 p. 100 de sucre. On prescrit un régime sévère, de

l'eau de Vichy, puis environ pendant six semaines des sels de Garlsbad et de la teinture d'opium, 0^,5 par jour. Les effets de ce traitement sont si heureux, que le malade se voit débarrassé de tous ses maux, et se considère comme complètement guéri ; la quantité d*urine descend à i 500 centimètres cubes, en Tingt-quatre heures ; mais Turine du soir a encore une densité de 1028, celle de la nuit 1022; il y a toujours du sucre et de l'albumine. En décembre, on supprime Teau de Garlsbad pour continuer seulement l'opium ; Tétat du malade se maintient excellent jusqu'au jour de l'an, mais alors il se plaint de nouveau d'une soif ardente; Torine du soir contient beaucoup de sucre ; celle de la nuit, par contre, a sensiblement diminué de densité, les proportions de sucre et d'albumine y sont bien moindres; la quantité d'urine rendue pendant la nuit est considérable (1300 cent, c); celle rendue pendant le jour ne peut être mesurée, le malade ne restant pas chei lui (on peut estimer toutefois que la quantité n'en est pas très supérieure à celle de la nuit).

Vers le nouvel an, toute médication avait été suspendue, le régime moins rigoureusement observé ; de là sans doute l'aggravation momentanée.

Celle-ci d'ailleurs ne dure pas, le mieux reprend, et au commencement de février, le sucre disparaît complètement de l'urine, l'albumine diminue peu à peu, mais on en trouve encore 0,1 à 0,2 p. 100.

L'état du malade se maintient ensuite excellent ; il n'éprouve plus de troubles cérébraux d'aucun genre.

Je crois que dans ce cas, d'après l'invasion et la marche des accidents, on est autorisé à les attribuer à une extravasation sanguine au niveau du plancher du quatrième ventricule. L'observation m*a été communiquée par mon collègue Naunyn et par le fils du malade.

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