VIII PRÉFACE
grandement à nous faire entrevoirie mot de l'énigme.
Les nombreuses théories qui ont été formulées sur la pathogénie du diabète sont un aveu implicite de l'imperfection de nos connaissances; elles ont eu chacune leur moment de célébrité, mais elles se nuisent et se détruisent par leur profusion même, et ne constituent guère qu'une suite de documents dans l'histoire du diabète. La découverte de la glycogénie hépatique par Claude Bernard semblait, à son avènement, lever tous les doutes et faire enfin la lumière; il en a été de cette interprétation comme de toutes celles qui plaçaient la cause du diabète dans un seul organe, dans une seule fonction ; la glycogénie hépatique est demeurée une vérité physiologique incontestable, tandis que le foie était reconnu indemne de toute altération chez la plupart des diabétiques. Ni la théorie gastro-intestinale, ni la théorie hépatique qui visent des troubles passagers, des accidents locaux de la nutrition, ne sont à la hauteur de la grande perturbation des échanges organiques, d'où résulte le diabète. Quant aux théories plus restreintes encore, la théorie pulmonaire, les théories chimiques (acidité du sang, intoxications par divers produits excrémentitiels), le laboratoire les réclame, la clinique ne saurait s'en contenter, non plus que de la théorie pancréatique, qui s'est efforcée de relever un peu le rôle du pancréas dans la pathologie, en mettant le diabète à sa charge.
Pourtant une contribution importante avait été four*
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nie au débat par rexpérimentation physiologique, lorsqu'il fui reconnu que la piqûre du plancher du quatrième ventricule faisait apparaître du sucre dans l'urine, et c'est encore à notre Claude Bernard qu'est due cette révélation. Par une singulière inconséquence, c'est à peine si cette donnée a été mise à profit pour la théorie du diabète, tandis que les préférences se portaient obstinément vers la glycogénie hépatique. C'est pourtant la glycosurie par lésion nerveuse qui donne la meilleure explication du diabète, à la condition qu'on groupe autour du fait expérimental les enseignements complexes, mais concordants, qui ressortent de l'histoire clinique du diabète. Cette histoire tout entière impose l'attribution du diabète au système nerveux.
Le système nerveux seul peut rendre compte d'une dyscrasie telle que le diabète, qui s'attaque à la composition chimique des humeurs et des tissus, et à tout l'équilibre de la nutrition. Un désordre aussi persistant dans les échanges organiques ne se conçoit pas en dehors d'une action nerveuse ; le diabète revient de droit aux centres nerveux, comme aux régulateurs de tous les actes intimes de la nutrition. L'éliologie, la seméiologie, l'anatomie pathologique, tout parle dans ce sens, tout proclame l'origine nerveuse du diabète. Efforts physiques, secousses morales, épuisement intellectuel figurent au premier rang parmi les causes du diabète; il est commun, presque banal, de le voir succéder à l'ébranlement nerveux sous toutes ses fqrmes.