X PRÉFACE
et de lui en voir suivre les péripéties avec une fidélité vraiment curieuse. Parmi les symptômes propres du diabète, la polyurie n'a-t-elle pas son équivalent dans la névrose par excellence, l'hystérie? et les symptômes nerveux de toute nature n'abondent-ils pas à toutes les périodes du diabète : névralgies, paralysies, accidents convulsifs, et au dernier terme le coma diabétique, dont les théories chimiques ne donnent aucune formule satisfaisante? Il y a toute une pathologie nerveuse intimement unie au diabète, et c'est sur elle que se fondera dans l'avenir la vraie théorie du diabète.
Déjà l'anatomie pathologique, longtemps détournée de son vrai chemin, commence à découvrir dans les centres nerveux les lésions du diabète. L'ouvrage de Frerichs met en lumière les altérations vasculaires et hémorrhagiques du bulbe, et un état inflammatoire particulier de l'épendyme, lésions dont la fréquence et l'uniformité chez les diabétiques indiquent assurément autre chose qu'une coïncidence.
11 serait prématuré d'assigner aux lésions nerveuses du diabète une localisation, dans le sens où la névrologie entend aujourd'hui ce mol; est-il même probable que ce soit d'une localisation circonscrite et peu étendue que puisse dériver une impulsion morbide comme le processus diabétique? Les centres nerveux dans le diabète doivent être plutôt le siège d'altérations diffuses, portant sur des segments entiers de l'encéphale; c'est ce que démontrent les faits signalés par Frerichs.