L exercice régulier au grand air^ autant que les forces
da malade le permettent. Trousseau (1), Boochardat (2), et smlout Ktilz (3) ont fait ressortir les bons effets des exercices corporels ; Trousseau prétendait même que chez les individus pourvus d'embonpoint, s^ils font de la gymnastique tous les jours, le diabète peut être considéré comme une indisposition plutôt que comme une maladie grave.
Un médecin anglais fort distingué (je pense quMl vit encore) me racontait qu'il guérissait toujours de son diabète lorsqu'il allait passer le temps de la diasse chez son frère, où il se donnait beaucoup de mouvement. Un agriculteur que j'ai soigné voyait toute trace de sucre disparaître de ses urines, quand il s'occupait de grands travaux dans ses propriétés, sans même se soumettre à un régime sévère. Mais il y a des diabétiques, etKiilz en avait déjà cité des exempies, chez lesquels ces effets ne se produisent pas, ou bien qui ne sont pas en état de se livrer à un exercice musculaire suffisant. En pareil cas, si les malades veulent se surmener, il peut en résulter de sérieux accidents, qui vont parfois jusqu'à la mort subite (Voyez plusieurs observations de coma diabétique) . \\ faut donc être très circonspect avec les sujets affaiblis, et s'assurer d'abord par des tentatives modérées comment ils supporteraient un exercice plus actif à la campagne.
2. Après les exercices musculaires, on doit s'attacher à entretenir \q fonctionnement de la peau au moyen de bains chauds ou d'affusions froides, selon la saison et la constitution des malades. Ces pratiques sont surtout utiles dans les cas si fréquents où la peau est sèche et inerte. Chez les sujets
(1) Trousseau, CUtdqiu médicale de VHôiel'IHeu de Paris. 7* édition. Paris, 1885.
(2) Bouchardat, Du diahite sucré ou glucosuriCf son traitement hygiénique. Paris, 1852 {Mémoires de V Académie de médecine. Paris, 1852), et De (a ^/yeosurie ou diabète sucré. Paris, 1875.
(3) E. Kûlz, qui a étudié cette question avec le plus grand soin, a fait la remarque que chez les chiens soumis à un exercice violent, le glycogène disparait dans le foie (Kûlz, Travaux du laboratoire de physiologie de Marbourg).
L'HYGIIÈNB PHYSIQUE. ^3
prédisposés à une transpiration abondante, il vaut mieux donner la préférence aux affusions froides.
3. Le régime alimentaire réclame la plus grande attention, car l&s fonctions digestives chez les diabétiques se prête^ raient à l'absorption de quantités considérables de farineux. Il faut les en priver autant que possible, et dans les formes légères cette seule prescription suffit à faire disparaître le sucre des urines. Il n'en est pas de même dans les formes graves. L'expérience n'a malheureusemoAt pas confirmé la proposition de Dupuytren et Thénard (1) : « que le traitetement, qui consiste surtout dans un régime purement animal, a le même degré d'efficacité que le quinquina dans les fièvres intermittentes, » Malgré tout, la privation d*aliments hydrocarbures demeure une partie essentielle du traitement du diabète. On a beaucoup essayé de remplacer le pain, qui parait indispensable à tant de malades, par «différentes préparations, entre autres par le pain de gluten sans amidon. Je n'ai trouvé aucun aliment de ce genre, capable de plaire assez longtemps à mes malades; d'ailleurs, à une analyse attentive, le pain de gluten présente toujours une assez forte proportion d'amidon. Je ne me suis pas mieux trouvé du pain de son, employé par Prout, ni du pain d'amandes, qui avait été vanté par Pavy, ni enfin de l'inuliqe, quej'ai essayée, sur les conseils de Kiilz. Le mieux est de permettre aux malades de petites quantités de pain, en composant surtout leur régime de viandes, de poissons, de légumes verts et d'autres végétaux dépourvus d'amidon.
On a pensé que le lait constituerait une alimentation exempte de dangers pour les diabétiques. Une seule fois j'en ai obtenu de bons effets, mais le plus souvent il a été nuisible ; avec la diète lactée de Donkin, j'ai vu li^ polyurie plus abondante et la proportion de sucre plus élevée dans les urines. Les meilleures boissons à permettre aux diabé-
(1) Dupuytren et Thénard, Annales de chimie, t. IX, p. 45, 18Û6.
tiques sont la bière, de bonne qualité, peu sucrée, et le vin rouge, en petites quantités ; mais il faut proscrire énergiquement les vins d*Espagne et de Hongrie, qui contiennent beaucoup de glycose. Rien ne s'oppose enfin à Tusage modéré des spiritueux, pourvu qu'ils soient purs et sans mélange, comme le cognac.
Après le traitement hygiénique et diététique, vient le