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EXCÈS DE PRODUCTION DU SUCRE

élucidés dans les premiers chapitres de cet ouvrage, d'après nos recherches personnelles et celles des auteurs qui ont étudié les mêmes sujets.

Ces différents processus, ainsi que nous l'avons montré, continuent à s'accomplir dans le diabète comme à l'état normal. Les principes glycogéniquesne cessent pas d'exister dans le sang, dans le foie, dans les muscles; on en rencontre en outre sur quelques points où leur présence n'est pas habituelle, dans les reins par exemple.

On a supposé, mais non point démontré, que le foie, ce grand entrepôt des hydrocarbures de l'organisme, se laissait traverser plus rapidement par le sucre, d'où l'excès du sucre dans le sang. Le fait se réalise seulement quand il y a accélération du courant circulatoire sous l'influence de troubles de l'innervation.

Cohnheim (1) a ramené à sa juste valeur l'importance de ces phénomènes; mais il n'en reste pas moins plausible d'attribuer au système nerveux une influence sur le foie, analogue à celle qu'il exerce positivement sur la formation et la destruction du sucre par les muscles dans Iqs mouvements volontaires; ce qui vient à l'appui de cette hypothèse, c'est qu'après la piqûre du 4° ventricule, la glycosurie ne survient que si le foie contenait préalablement du glycogène.

Pour serrer de plus près ce problème, nous avons recueilli des fragments du foie pendant la vie sur des diabétiques et sur des sujets bien portants, ayant fait usage de la même alimentation riche en féculents, et nous avons analysé le contenu des cellules hépatiques^ surtout au point de vue du glycogène et du sucre (2).

(1) Cohnheim, Vorlesungen ûber allgemeine Pathologie, l. H, Berlin, 1882.

(2) L'opération était faite par le professeur Khrlich au moyen d'un trocarl (in, soigneusement désinfecté et inlroduil dans le parenchyme du foie. Le stylet une fois retiré, on trouvait dans la canule du trocart, tantôt quelques gouttes de sang, tantôt quelques cellules hépatiques, soit isolées, soit réunies par groupes ; accidentellement le trocart ramenait un fragment du foie plus volumineux, moulé sur la canule, et dont on pratiquait des coupes

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Par ce moyen, dous avions Tespoir de surprendre Torgane en pleine activité et de saisir les caractères distinclifs des cellules hépatiques dans le diabète et à Télat normal. La conclusion de ces recherches, c'est qu'avec les progrès du diabète la glycogénie hépatique disparaît peu à peu complètement, et que les principes sucrés provenant de Tintestin pénètrent directement dans la grande circulation avec le sang de la veine porte, et produisent ainsi Thyperglycémie. Ce fait est confirmé par une expérience que j'ai répétée bien des fois ainsi que Kiilz. Lorsqu'un diabétique ingère des aliments riches en amidon, en farine ou en sucre, celui-ci se retrouve dans les urines au bout d'une demi-heure ou

après durcissement dans l'alcool et montage dans la celluloîdine. Par ce procédé, nous avons pu à trois reprises examiner le tissu du foie pendant le fonctionnement môme de la glande. Dans les trois cas, les sujets, l»ien portants et diabétiques, avaient fait un repas copieux, composé surtout de farineux. La ponction était faite de quatre heures et demie à cinq heures et demie après le repas.

Dans le premier cas, qui se rapportait à un homme bien portant, sauf un peu d'alcoolisme, il y avait beaucoup deglycogène (pi. III, fig. I). Dau5 la zone périphérique des acini, les cellules étaient graisseuses, mais conlenaient néanmoins du glycogène.

Dans le second cas, il s'agissait d'un diabétique. Ici les cellules hépali- (pios étaient presque dépourvues de glycogène, à peine voyait-on en quel- ([ues points une légère teinte jaunâtre indiquant des traces de glycogène ^pl.lll, fig. 2).

Dans le troisième cas, celui d'une femme diabétique, il y avait dans les cellules hépatiques d'assez grandes quantités de glycogène (pi. III, fig. 3 . Sa répartition n'était point régulière. Il était abondant sur certains points, et rare en d'autres. A la périphérie des acini, on voyait, en assez grand nombre, des amas volumineux de glycogène, qui souvent remplissai»»nt entièrement les cellules (pi. 111, fig. 4 et o). Ces masses ne se composaient pas de glycogène pur, mais surtout du corps accessoire du glycogène, comme le prouvait leur couleur franchement jaune. Il n'y avait pas à voir là des productions accidentelles, résultant de l'action de l'alcool, car on les retrouvait exactement semblables sur les préparations sèches (pi. III, fig. 5 . Les noyaux étaient généralement dépourvus de glycogène; en un point seulement il semblait que le glycogène se fût déposé autour du nucléole (pi. m, fig. 7). C'est un fait ordinaire en anatomie végétale, où l'on trouîe toujours l'amidon autour des nucléoles.

L'examen des préparations sèches, provenant de différentes ponctions, a donné les mêmes résultats : absence de glycogène dans le second cas, quantité assez considérable do glycogène dans le troisième cas.

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