DESTRUCTION INSUFFISANTE DU SUCRE DANS LE SANG
dans le diabète, et les causes de cette destruction des principes albuminoïdes (1), qui frappe de déchéance tous les tissus jusqu'à épuisement complet.
Le diabète demeure donc pour nous une énigme, dont l'avenir cherchera le mot pendant longtemps encore.
Mais de combien de maladies n'en peut-on dire autant, lorsqu'on veut en pénétrer la nature? C'est affaire à nous de ne pas formuler précipitamment nos opinions, et de ne pas prendre pour des vérités des hypothèses plus ou moins plausibles.
(1) On peut se Texpliquer en partie par la formation de principes non azotés pour les besoins de la respiration, comme Font fait entrevoir les recherches de Penzoldt et Fleischer, poursuivies d'ailleurs dans un autre but; mais cette raison ne rend pas compte des faits d'une manière satisfaisante, car les hydrocarbures provenant de Ja destruction des matières albuminoïdes ne sont que fort peu utilisés par la respiration, et s'éliminent en grande quantité par les urines.
âtude comparative de la nutrition chez on sujet diabétiqae
et chez un sujet bien portant.
L. S., femme de chambre, âgée de vingt-cinq ans, petite et mal nourrie, issue de parents sains, est bien portante elle-même jusqu'au mois de janvier 1875; à celte époque, elle prend froid en travaillant longtemps pieds nus dans Thumidité, et présente aussiôt après une exagération de la soif et de Tappétit. Pendant le printemps et l'été suivants, elle dépérit de plus en plus, maigrit et perd ses forces, au point qu'elle est forcée de quitter sa place pour entrera la clinique le 20 novembre. Elle se plaint surtout de faiblesse générale, de sécheresse delà bouche et d'envies fréquentes d'uriner ; en vingt-quatre heures, elle rend 1 1 ,000 ceotimètrescubes d'urine limpide, jaune-verdâtre, d'une densité de 1 ,032, et avec 8 p. 100 de sucre, soit880 grammes par jour;cette urine est très acide, exempte d'albumine et se colore fortement en rouge violet par l'addition d'une solution étendue de perchlorure de fer. La malade présente tous les signes d'un état cachectique avancé, mais sans lésion d'organe; la peau est pâle, sèche, en desquamation, et à peine un peu rosée sur le5 deux joues; fonte complète du tissu graisseux et des muscles; poids du corps 43''",58, température 36%8— 37* le matin, 37" le soir.
Rien dans les poumons ni dans les plèvres, bruits du coeur normaux, matité cardiaque de 4 centimètres; foie indolent, mesurante, 10 et 11 centimètres; rate petite et profondément située; dents en bon état, langue pâle avec un peu d'enduit
blanchâtre, légère odeur aromatique de Tbaleine; un peu de constipation, matières alvines dures.
Rien à noter du côté des organes des sens ; la rétine et les milieux de l'œil sont sains; pas de céphalalgie, sommeil bon, interrompu seulement parles envies d'uriner; au point de vue psychique, la malade est indifTérente et apathique, mais elle a toute son intelligence et accepte volontiers le traitement et le régime auxquels elle va être soumise.
On est donc en présence d'un cas de diabète complet et parfaitement approprié à des recherches sur la nutrition des diabétiques, vu Tabsence de toute complication, telle que phthisie pulmonaire, furunculose, néphrite, etc., qui aurait pu modifier rinfluence propre du diabète sur les phénomènes de nutrition.
Pour mener à bien cette expérience en tenant un compte exact de tous les ingesta et excréta de la malade, et pour se mettre à Tabri des fraudes auxquelles se laissent aller les diabétiques les plus intelligents, il était indispensable d'isoler la malade et de la surveiller de très près.
On l'enferme donc, le 29 novembre, avec une infirmière de 44 ans, ayant le même poids et la même constitution que la nommée L. S. ; on leur donne à l'une et à l'autre des quantités identiques de boissons et d'aliments, qu'elles sont obligées de consommer en présence d'un médecin pour éviter tout échange dans les rations. Portes et fenêtres sont soigneusement fermées, afin que rien ne puisse être introduit du dehors.
On évalue ensuite les quantités d'urine, de sucre, d'urée, d'acide phosphorique et de matières fécales rendues par les deux femmes ; on les pèse de temps en temps pendant qu'elles font usage d'un régime d'abord mixte, puis fortement azoté, et enfin exclusivement animal; en dernier lieu on expérimente Taction de l'iuuline et de la glycérine sur l'excrétion du sucre.
Pour rendre plus compréhensibles les résultats obtenus pendant les trente-deux jours qu'a duré cette expérience, on les a réunis ici sous forme de tableaux.
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Tableau II. — Excrétion du sucre.
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