‹ Traité du diabèteChapitre 82 sur 87 · IV · texte numérisé non relu

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Ces tableaux font ressortir les profondes modifications que subissent les échanges organiques dans le diabète, abstraction faite des pertes en hydrocarbures qui sont le propre de la maladie. Nous reviendrons plus loin sur les différents points relevés dans cette étude, après que nous aurons exposé la marche ultérieure et la terminaison de la maladie, ainsi que les résultats de Tautopsie.

Jusqu'au 28 novembre, la malade reste levée et ne se plaint d'autre chose que de la soif; à partir du 1*' décembre elle éprouve souvent le besoin de se coucher ; le 10 décembre, survient de la névralgie dentaire ; la soif augmente, la conjonctive de l'œil droit s'enflamme légèrement. Température du soir 37^2, pouls 100.

Le 12 décembre : symptômes de catarrhe stomacal; perte subite de l'appétit, enduit grisâtre sur la langue, douleurs à l'épigastreet autour de l'ombilic, vertiges, abattement, connaissance intacte, odeur aromatique plus prononcée de l'haleine ; l'urine prend presque la couleur de Tencre avec le perchloriiro de fer; la production d'acétone a beaucoup augmenté. Température matin 36^,8, pouls 96 ; soir 37**, pouls 100.

13 décembre. La malade a beaucoup de peine à se tenir debout et se traîne difficilement jusqu'à la bascule, qui est à quelques pas de son lit. Température 37'' matin et soir. pouls 96. ,

14 décembre. Un peu d'otite suppurée ; transpiration abondante pendant la nuit, surtout dans le creux de l'aisselle ; c'est la première fois depuis cinq mois.

25 décembre. La faiblesse augmente, pourtant la malade se lève encore pour faire sa toilette et prendre ses repas.

29 décembre. L'appétitdéclinede plus en plus. Température du soir 37%3, pouls 104.

30 décembre. La malade prend 60 grammes d'inuline; on est obligé de la soutenir pour la mener jusqu'à la bascule. A l'examen du thorax, un peu de matité et d'expiration bronchique dans la région sus-claviculaire droite ; pas de toux ni d'expectoration. Le soir, douleurs vives sous la clavicule droite, suffocation. Température 37'',5, respiration 28, pouls 100.

31 décembre. Les douleurs persistent ; la malade est portée sur la bascule. Connaissance un peu diminuée. Température du soir 37*, respiration 26, pouls 104. Â onze heures du soir, délire bruyant et agité, angoisse, cris, tentatives d'évasion.

1*' janvier 1876. Le calme est revenu, mais l'intelligence reste troublée; vertiges et impossibilité de se tenir debout; pas d^appétit ni de soif. Température 37'',6, respiration 28.

A cinq heures du soir, la malade s'élance hors de son lit.

pousse des cris et se roule par terre. Faciès asphyxique, respiration 30-32. On recueille difficilement l'urine au moyen de la sonde: elle est jaune foncé, un peu trouble, et après décoloration par Tacétate neutre de plomb, on y constate au polarimètre de Soleil 1,75 p. 100 de sucre ; beaucoup d'albumine, que Ton coagule préalablement par l'acide acétique. La quantité d'urine obtenue est seulement de 290 centimètres cubes. Mort à 11 heures et demie du soir.

Autopsie : dans la cavité crânienne, entre la dure-mère et la pie-mère, caillot sanguin recouvrant presque toute la surface de rhémisphère droit ; ce caillot est épais de 1 centimètre au centre, et formé surtout d'une masse cruorique avec très peu de fibrine. Le sang est épanché entre les méninges ; la duremère présente une légère coloration brune sur quelques points ; la pie-mère est lisse, transparente et un peu congestionnée.

Le cerveau pèse 1150 grammes; les artères de la base sont saines, les ventricules étroits; le parenchyme cérébral est ferme et assez hyperémié ; dans la protubérance seulement les vaisseaux sont remplis de sang rouge foncé. Pas de foyers morbides, rien d'appréciable à Tœil nu dans le quatrième ventricule.

Les méninges spinales et la moelle sont congestionnées.

Cœur petit et mou, contenant des caillots fibrineux ; muscle cardiaque très pâle, valvules normales.

Rien dans les plèvres; poumons congestionnés, un foyer grisâtre de la grosseur d*une noisette à la base gauche, un autre foyer semblable, gros comme un œufd'oie et mal limité, au sommet droit. Ce dernier foyer, dont la surface de section est granuleuse, contient un noyau de la grosseur d'une cerise, ramolli, verdàtre, à odeur et à réaction très acides.

Estomac dilaté, muqueuse épaissie et vivement injectée par places. Muqueuse de Tiléum congestionnée, celle du côlon décolorée. Les ganglions mésentériques un peu hypertrophiés présentent un développement anormal des travées conjonctives, contiennent un petit nombre seulement de cellules lymphatiques crénelées, et laissent écouler un suc aqueux et limpide, qui renferme très peu de granulations graisseuses et de corpuscules lymphatiques.

Frerichs. ~ Le Diabète. i B

Dans le gros intesiiD, 730 grammes des cybales dures et noires.

Paneréas peiit et ferme, riche en tissu conjonctif développé aux dépens des acini. Les quelques lobules glandulaires qui subsistent sont gorgés de liquide, transparents et atrophiés: poids du pancréas, 100 grammes.

Rate exsangue, parsemée de follicules petits; poids^ 80 grammes.

Reins gros et congestionnés ; quelques points troubles et grisâtres dans la substance corticale.

Foie, 1610 grammes, flasque, surface lisse, teinte rouge brune, acini apparents. A la face inférieure du lobe gauche, on remarque quelques dépressions de 0,5 à 1 centimètre de diamètre, et d'autres plus larges, de 3 à 5 centimètres, à surface froncée, d*une teinte brune uniforme, et existant aussi sur le lobe droit du foie. Sur les coupes on yoit également des vacuoles de la grandeur d*une lentille, de couleur sombre, et se confondant insensiblement avec le parenchyme adjacent.

Les cellules hépatiques, dans la zone des capillaires de la veine porte, prennent une couleurintense de vin de Bourgogne parla teinture d'iode; celles qui touchent aux radicules des veines sus-hépatiques contiennent du pigment biliaire et restent insensibles aux réactions du glycogène; le lendemain, la même coloration ne s'obtient plus par la teinture d'iode; on ne trouve nulle part dans le foie de dégénérescence graisseuse.

Afin de procéder à un examen plus complet des vaisseaux du foie, le D' Hoffmann injecte la veine porte en jaune et l'artère hépatique en rouge. Dans les excavations signalées cidessus, on voit les vaisseaux capillaires manifestement dilatés, surtout la zone capillaire de la veine porte. Sur certaines coupes et à un faible grossissement^ ces capillaires présentent une disposition striée particulière. En ces mêmes points, les cellules hépatiques sont très petites, presque atrophiées.

Les nombreux documents consignés dans les tableaux qui précèdent mettent bien en lumière les troubles de nutrition qui interviennent chez les diabétiques, par comparaison avec rétat d'un sujet bien portant et placé dans des conditions identiques sous tous les rapports. Les chiffres sont par eux-mêmes très

significatifs et peuvent se passer de commentaires. Je m'abstiendrai d'en tirer des conclusions générales ou de les prendre pour base de quelque théorie, car il ne s'agit là que d'un cas isolé, qui est loin de représenter toutes les déviations des échanges organiques relevant du diabète; celles-ci sont beaucoup plus complexes et comportent un nombre infini de variétés. Je pourrais en indiquer plusieurs, mais ce sont des questions encore à l'étude, où les lacunes sont considérables.

Pour faire mieux apprécier quelques-uns des résultats de l'expérience qui vientd'être rapportée, je donne, pour terminer, les remarques à l'appui rédigées par le D' von Mering.

Diaprés des évaluations rigoureuses, le régime des deux sujets en expérience offrait la composition suivante :

Carbone. Sacre.

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