TERRAIN CRÉTACÉ
mée, le littoral de la Méditerranée, l'Algérie ont été couverts par les dépôts de cette période.
Dans cette immense étendue , le terrain crétacé présente de grandes variations minéralogiques qui ont d'abord conduit à le diviser en deux formations distinctes , la formation inférieure ou du grès vert et la formation supérieure ou crayeuse.
La formation inférieure est caractérisée par des dépôts arénacés qui alternent en grande proportion avec les roches calcaires. Les roches arénacées abondent en grains chloriteux qui leur donnent souvent une couleur verte caractéristique. Dans la formation supérieure dominent au contraire les calcaires ' crayeux. Les deux formations contiennent un grand nombre de corps organisés végétaux et animaux , parmi lesquels il y en a qui n'ont pas encore été trouvés dans les formations précédentes , et plus encore qui ne reparaissent plus dans les suivantes (ammonites, bélemnites, gryphées, etc.).
En France, et généralement dans toute la partie nord de l'Europe, les couches chloritées inférieures se rapprochent progressivement de la craie proprement dite qui forme les assises supérieures de manière à présenter la succession de quatre étages : 1° la craie glauconieuse ou chloritèe ; 2° la craie tuf au; 3° la craie marneuse; 4° la craie blanche; étages qui se subdivisent eux-mêmes en plusieurs assises.
Le terrain crétacé a été encore plus subdivisé en Angleterre ; ses affleurements y forment une zone qui encaisse la partie septentrionale du grand bassin tertiaire, et les contours de ces affleurements suivent comme en France les sinuosités principales de ceux du terrain jurassique.
La puissance moyenne de ce terrain, d'après les épaisseurs constatées en plusieurs points , est d'environ 600 mètres ; elle peut être plus grande , elle peut être moindre , suivant que chacune des assises constituantes prend un développement plus ou moins considérable. Les assises inférieures sont les plus variées, et celles qui caractérisent le plus spécialement l'Angleterre,
TERRAINS SECONDAIRES
car on a rarement pu trouver sur le continent des équivalents à toutes les subdivisions établies qui sont :
Formation l Crnie supérieure avec *ilex crayeuse. | Craie inférieure sans silex.
IjGrè* vert supérieur.
Grès vert. . . . (Marne bleue (gault). (Grès vert inférieur.
(Argile wealùienne (wcald-clay ).
Etage wealdicn. /Gré* ferrugineux iron-sand). {Calcaire de Purbcck.
On voit que la formation du grès vert se subdivise en deux étages. L'étage wealdien , ainsi nommé du canton des Wealds , dans le comté de Sussex , où il a été principalement étudié , peut être considéré comme représenté sur le continent par des calcaires et des roches arénacées qui forment sur beaucoup de points une sorte d'appendice à la base du terrain crétacé, et que l'on désigne sous le nom d'étage nèoeomien.
Les calcaires crayeux , à tissu lâche et poreux , sont les roches caractéristiques du terrain crétacé dans toutes les régions du nord et de l'est de l'Europe, mais dans les régions de l'ouest et du midi les calcaires sont beaucoup plus compactes et se mélangent d une plus grande proportion de roches arénacées et argileuses.
Dans les régions pyrénéennes , le terrain crétacé qui joue un rôle très-important, présente des caractères particuliers qui sont un exemple des variations nombreuses que subit ce terrain dans le bassin de la Méditerranée ; il est principalement composé de marnes noires, alternant avec des grès micacés, des poudingues et des calcaires gris-bleuâties. Ce terrain contient des couches de charbon à Pereilles, Ernani et Saint-Lon; on y trouve du soufre et du bitume à Saint-Boés , et il en sort de nombreuses sources salées, surtout aux environs d'Orthez et de Pampelune : ces sources salées , presque constamment accompagnées de gypse, d'ophite et de dolomie, sont toujours situées dans des localités où les couches sont très-bouleversées et prouvent l'existence souterraine du sel gemme. La masse de sel de
TERHA1N CRETACE.
Cardonne, si remarquable par sa puissance et par sa pureté (planche IV), est enclavée dans les grès crétacés; ces grès rouges, à grains quartzeux et à pâte argileuse, schisteux et micacés, semblent quelquefois se rapprocher du grès bigarré.
Cette puissante masse est un exemple des amas de sel que le terrain crétacé peut renfermer accidentellement et qui se retrouvent en effet sur d'autres points de l'Europe.
Aux gisements de combustibles précédemment signalés, il faut ajouter les lignites et les bois fossiles de l'île d'Aix. C'est dans la formation du grès vert que se trouvent ces lignites : le terrain est composé de sables verts , de calcaire marneux et de marne argileuse; il contient des gryphées, des peignes, des spatangues , et surtout des débris végétaux que l'on a généralement rapportés aux fucoïdes. Le lignite est quelquefois compacte , le plus souvent il a parfaitement conservé le tissu ligneux et les formes végétales ; il est accompagné de silex , de pyrites, etc.
En suivant ainsi les terrains crétacés dans le sud- ouest de la France et dans les Pyrénées , on voit se modifier les roches tendres , sableuses et calcaires , qui caractérisent les gisements septentrionaux. On voit leur succéder des grès et des poudingues plus solides; des calcaires durs, compactes et presque saccharoïdes. Dans le sud-est, ces caractères se modifient de nouveau et s'éloignent encore plus du type observé dans le comté de Sussex , la Champagne , la Picardie , etc. Les calcaires blancs et compactes , qui sont les roches les plus apparentes, n'ont de relations avec les calcaires crayeux du nord qu'une grande homogénéité, une structure massive, et peu de fossiles ; ils ressemblent beaucoup plus aux calcaires du terrain jurassique , auxquels ils ont été pendant longtemps assimilés. Dans les Alpes et notamment aux Fis en Savoie , des calcaires noirs, compactes , -qui se retrouvent sur plusieurs sommités de la chaîne du Buet. , ont été reconnus appartenir à la cruie , ainsi que (es calcaires marno-sableux et bitumineux (Entrevernes) qui contiennent de la houille anthraciteuse.
TERRAINS SECONDAIRES
Les calcaires dits alberese et les roches , arénacées que l'on appelle macignos ou grès à fucoïdes, appartiennent à la partie supérieure de la craie et forment sur le littoral de la Méditerranée une nouvelle anomalie aux caractères du terrain dans le nord de l'Europe.
Ces variations minéralogiques donnent une grande importance aux fossiles caractéristiques qui facilitent la reconnaissance et l'étude du terrain crétacé. En France, on prend surtout pour terme de comparaison les caractères des deux formations du grès vert et de la craie qui sont à découvert autour du grand bassin tertiaire dont Paris occupe le centre, caractères que nous préciserons par quelques détails.
Formation du grés vert. — La formation crétacée inférieure est facile à étudier dans le nord de la France , sur les falaises d'une partie du littoral de la Manche, et dans les puits nombreux qui ont été percés dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais, pour atteindre les terrains houillers sousjacents. Elle commence par des bancs arénacés appelés tourtia par les mineurs du nord. Ces bancs sont souvent incohérents et formés de sables et de cailloux roulés ; d'autres fois ce sont des grès solides, un peu argileux, caractérisés par une grande quantité de grains chloriteux qui les colorent en vert.
La craie glauconieuse apparaît en beaucoup de points de la Seine inférieure en stratification concordante avec la craie marneuse qui forme la partie inférieure de la formation crayeuse. Cette roche est une véritable craie compacte à grains verts 1 qui deviennent plus abondants dans les assises inférieures , de telle sorte que le calcaire finit par n'être plus qu'un
l. Le* grains verts chloriteux de la criiie glauconieuse ont été analysés par M. Borthier, qui a obtenu les résultats suivants :
Silice 0,50
Protoxydc de fer 0,21
Alumine 0,07
Potasse 0,10
Knn 0.11