FORMATION TERTIAIRE MOYENNE
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la forme de gros blocs mamelonnés , à surfaces arrondies et tuberculeuses , englobés dans des sables blancs. Ces blocs présentent quelquefois des cavités remplies de sables , où se trouvent des groupes de cristaux rhomboédriques de chaux carbonatée quartzifere. Lorsque les sables ont été enlevés par l'action des eaux, le grès de Fontainebleau est resté en masses arrondies et disloquées, qui sont entassées les unes sur les autres.
Les meulières et marnes calcaires d'eau douce supérieures forment un étage superposé aux sables et grès marins. Cet étage est le plus souvent représenté par des meulières et des sables argilo- ferrugineux, qui alternent avec des marnes verdâtres, rougeâtres ou blanchâtres. Les meulières caverneuses rougeâtres sont les plus communes , les variétés blanchâtres ou bleuâtres sont les plus estimées ; elles ne renferment pas de corps organisés, et se présentent en blocs très - irréguliers et peu continus. Ces meulières se distinguent des calcaires siliceux de Champigny et de la Ferté-sous-Jouarre, en ce qu'elles ne contiennent ni quartz cristallin , ni calcédoine mamelonnée.
Au-dessus.de ces meulières sans fossiles on ne trouve souvent que la terre végétale , ou le terrain alluvien ; d'autres fois il existe encore des silex ou des marnes et des calcaires qui renferment des coquilles d'eau douce ou d'autres débris de corps organisés non marins. Les silex sont tantôt pyromaques, tantôt jaspoïdes (Triel) , souvent cariés et à l'état de meulières qui se distinguent des meulières précédentes par une «texture plus compacte et par des débris organiques abondants (Montmorency, Saint-Cyr, Sanois , etc.). Ce sont des lymnées , des planorbes, des hélices, des cyclostomes..., et de petits corps ronds cannelés , connus sous le nom de gyrogonites , qui ne sont autre chose que des graines de chara , plante qui croît dans les marais actuels. Le calcaire d'eau douce supérieur, caractérisé par ces mêmes fossiles , est blanc ou gris jaunâtre, tantôt tendre et friable, comme de la marne et de la craie, tantôt solide, compacte, à grains fins, quelquefois mélangé de silice (Charen-
TERRAINS TERTIAIRES ET ALLl VIENS.
ton, plaine de la Trappe...), et formant une roche cariée, composée de silice caverneuse , pénétrée de marne et de calcaire.
Les f aluns , dépôts arénacés marins, qui couvrent une partie de la Touraine et de la Loire-Inférieure, forment le dernier étage de ce bassin , et semblent le dernier produit des eaux chassées de la dépression parisienne, lorsqu'elle fut comblée. Ce sont tantôt des roches sableuses, renfermant une multitude de coquilles , la plupart brisées , mais parmi lesquelles il en est de très-bien conservées ; tantôt une sorte de macigno ou grès calcaire que l'on exploite dans les environs de Doué, Savigné, Rennes, Nantes, etc., sous le nom de grisou. On a trouvé dans ces diverses couches, dont l'épaisseur est généralement au-dessous de 10 mètres , des ossements de mammifères , parmi lesquels se trouvaient encore des débris de paheothériums.
Les caractères des formations tertiaires inférieure et moyenne du bassin parisien se retrouvent en partie dans beaucoup de bassins plus petits et moins complets.
Ainsi , dans les bassins tertiaires du Puy en Vélay et de la Li magne on trouve, outre des étages argileux, calcaires et arénacés , des traces de l'étage gypseux avec débris caractéristiques d'ossements fossiles , ainsi que des calcaires lacustres.
Dans la Limagne on distingue nettement deux étages tertiaires. L'étage inférieur est généralement argilo -sableux ; il se compose de sables ou grès qui passent au grès calcarifère et quelquefois à l'arkose , et se lient par alternances à un développement argileux, composé de marnes différemment colorées. L'étage supérieur se compose de calcaires blancs ou jaunâtres, compactes ou grenus, qui passent fréquemment au calcaire marneux friable et renferment souvent des blocs concrétionnés, dont l'intérieur présente des tubulures attribuées à des animaux analogues aux larves des friganes. Ces dépôts tertiaires de la Limagne sont de 'plus en plus cachés par les dépôts alluviens, à mesure que l'on descend la vallée de l'Allier ;