‹ Traité du gisement et de l'exploitation des minéraux utilesChapitre 56 sur 95 · FORMATION TERTIAIRE MOYENNE · texte numérisé non relu

FORMATION TERTIAIRE MOYENNE

aussi ce n'est qu'en la remontant qu'on peut observer la succession des couches. Les alternances sableuses et argileuses que l'on voit d'abord à découvert dans les découpures principales représentent l'étage inférieur ; à mesure que l'on s'élève , l'on voit surgir des collines calcaires, qui sont très -multipliées dans toute la partie basse du département du Puy-de-Dôme. Aux environs de Clermont , ces calcaires d'eau douce sont souvent noircis par du bitume, et ceux qui environnent les puys de Crouelle et de la Poix en sont totalement imprégnés. Les fossiles sont presque entièrement concentrés dans cet étage calcaire : ce sont des lymnées, des plan orbes , des hélices, des paludines, des cypris faba. On y a trouvé des ossements d'anoplothérium , d'anthracothérium , d'hippopotame, de tortue, de crocodile , etc.

La grande vallée qui sépare les Alpes du Jura présente un immense développement de roches conglomérées, qui se prolongent dans les plaines de la Bavière. Ces roches consistent en alternances arénacées désignées sous les noms de nageîflue, de macignos et de molasses , qui passent à l'argile , au calcaire et au grès , et dont les alternances s'élèvent quelquefois à des hauteurs considérables sur les flancs des Alpes.

Cette composition des dépôts tertiaires de la Suisse en roches conglomérées, dont les couches sont souvent bouleversées, leur donne une physionomie toute particulière. Les molasses, composées d'un mélange variable de sable , de calcaire et d'argile, sont généralement tendres et en assises très-épaisses, dont la stratification n'est guère indiquée que par l'intercalation de bancs subordonnés de grès coquiller, de calcaire fétide ou d'argile. On y trouve peu de corps étrangers, si ce n'est des nodules calcaires disséminés suivant les plans de stratification, du calcaire spathique, et quelques cristaux de gypse. La molasse la plus répandue est grise , jaunâtre ou verdâtre , et souvent employée comme pierre de construction.

Dans sa partie inférieure, la molasse suisse contient un système de calcaire fétide, de marnes et de lignites, où l'on

trouve des coquillages d'eau douce et des ossements de mammifères.

Le nagelflue, qui forme l'étage supérieur de ce puissant dépôt, est principalement composé de fragments arrondis de calcaire, de grès et de quartz compacte, réunis par un ciment de molasse et quelquefois par un ciment calcaire. A Salzbourg, non-seulement le ciment est calcaire, mais tous les fragments le sont également. Cependant le nagelflue renferme le plus souvent des roches très-diverses , et l'on y trouve même en un grand nombre de points des blocs de plusieurs mètres cubes de roches dures anciennes , telles que des granités et des porphyres. En général l'agglutination de tous ces éléments n'est pas très-prononcée ; mais quelquefois elle est telle que la roche est susceptible de poli, et que les blocs et les fragments les plus durs se brisent plutôt que de se détacher. La stratification est très - peu sensible dans le nagelflue , et l'on ne peut guère la saisir que lorsqu'elle est indiquée par des lits intercalés de marnes ou d'argile. Cette roche , étant supérieure aux molasses, constitue la plus grande partie des collines de la Suisse.

Formation tertiaire supérieure. — Les dépôts tertiaires de la formation supérieure constituent au pied des Apennins des collines très-étendues, composées de dépôts sablonneux ou marneux. Ces dépôts subapennins se rapportent à deux étages distincts.

L'étage inférieur se compose d'alternances de marnes grisâtres et bleuâtres dans lesquelles se trouvent un grand nombre de coquilles, dont l'ensemble annoncerait une époque presque équivalente à celle des faluns. Les couches sableuses, superposées à ces marnes bleues, présentent, outre des coquilles encore plus proches des espèces actuelles, des ossements de mammifères, tels que des éléphants, des rhinocéros, des cerfs, etc. , qui les placent parmi les dépôts les plus superficiels.

Le dépôt arénacé de la Bresse, décrit par M. Élie de Beau-

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