‹ Traité du gisement et de l'exploitation des minéraux utilesChapitre 68 sur 95 · FORMES DES MASSES PORPHYRIQUES · texte numérisé non relu

FORMES DES MASSES PORPHYRIQUES

massive; les blocs en sont irréguliers comme les masses ellesmêmes, et ce n'est qu'accidentellement qu'on trouve des exemples de structure prismatique , de structure globulaire à couches concentriques, et, en général, de toutes les structures pseudo-régulières qui peuvent être déterminées par les fissures de retrait.

Formes et gisement des masses porphyriques. — Ainsi que nous l'avons dit précédemment, les masses porphyriques présentent rarement des formes facilement définissables ; ce sont en général des dykes puissants et ramifiés qui traversent les terrains préexistants, ou des masses arrondies qui constituent des pitons et des montagnes coniques autour desquelles le terrain est soulevé.

Lorsqu'on étudie les formes des masses porphyriques , on est en même temps conduit à examiner les conditions de leur gisement, c'est-à-dire de leurs relations avec les masses minérales voisines. On reconnaît que telle roche qui a soulevé et traversé un dépôt sédimentaire lui est nécessairement postérieure , tandis qu'elle est antérieure aux dépôts qui l'ont régulièrement recouverte ou qui contiennent souvent des débris qui leur sont empruntés.

C'est ainsi qu'on a pu constater que les ophites des Pyrénées, en dykes et pitons, qui ont soulevé les terrains crétacés et nummulitique8 , ont cependant fait éruption avant les terrains tertiaires proprement dits dont les couches horizontales enveloppent leur base. C'est ainsi qu'on a établi l'âge des serpentines du Piémont et de la Toscane qui ont soulevé les macignos de la craie supérieure ; celui des trapps des îles Britanniques dont les dykes traversent les calcaires carbonifères, les grès houillers, les grès rouges et même le lias ; celui des masses porphyriques des Vosges antérieures aux dépôts du trias ; celui des porphyres de la Saxe qui ont précédé les dépôts Pénéens; enfin celui de toutes les grandes formations éruptives au contact desquelles on peut observer la série des terrains stratifiés.

Les roches porphyriques se trouvent surtout dans les régions montagneuses ; elies contribuent au relief du sol par leurs niasses et par les bouleversements que l'éruption de ces masses • a déterminés dans les terrains stratifiés. En France et dans les contrées avoisinantes, on peut étudier ces roches sur un grand nombre de points. Ainsi, le plateau central, notamment aux environs de Roanne, présente des porphyres quartziferes, feldspathiques et amphiboliques très- remarquables. La région la plus montagneuse des Vosges abonde en porphyres les plus variés qui se lient à des mélaphyres, des trapps, des spillites et des serpentines. Les ophites des Pyrénées, les serpentines et les variolites des Alpes, complètent la série des roches que ce terrain présente.

Les trapps du Derbyshire, du Yorkshire, etc.. ., ceux du Palatinat, qui s'étendent au sud de la Nahe, entre le Rhin et la Sarre ; les grunsteins du Nassau, aux environs de Dillenburg et de Veilburg ; les grunsteins diorites et amphibolites du Hartz, les porphyres de l'Erzgebirge, les porphyres et mélaphyres du Tyrol, etc., sont les exemples les plus étudiés du développement des roches porphyriques ; mais il en existe de plus importants en puissance et en étendue dans diverses contrées de l'Amérique et de l'Asie.

En Amérique, la côte orientale de Fundy-Bay, dans la Nouvelle-Écosse, est bordée, sur une longueur de 300 kilomètres, par des escarpements de trapps qui sont sortis au jour en soulevant les schistes de transition. En Asie, la pointe occidentale de l'Inde renferme un groupe de roches trappéennes qui paraissent occuper une surface encore plus considérable. Dans tous les gisements des diverses parties du monde, ces roches conservent non-seulement leurs caractères principaux , mais les caractères accessoires qui résultent du développement sur le périmètre des masses éruptives de roches spéciales et subordonnées , telles que les amygdaloïdes, les spillites, les variolites, etc.

Les formes qu'affectent les masses porphyriques ou trappéennes , présentent surtout de l'intérêt au point de vue de

Page 1