CHAPITRE VI
L'étude générale des gîtes métallifères nous a déjà donné une idée de leurs conditions de développement dans certaines contrées. Mais ces contrées classiques, qui nous ont servi de base pour l'étude des phénomènes, ne sont pas les seuls éléments de la production ; et , pour faire apprécier d'une manière exacte les richesses métallifères du globe, il est nécessaire d'étudier successivement les principaux districts métallifères de chaque pays. Cette description, que les principes établis nous permettront de faire rapidement , aura en outre l'avantage de montrer comment 9'appliquent, dans chacun de ces districts , les règles de forme, de composition et de gisement posées dans le chapitre précédent. Elle donnera une idée des forces de production de chaque pays, du développement qu'elles peuvent acquérir encore, et des modifications possibles dans l'équilibre commercial qui en résulte aujourd'hui.
Dlfttrlets métallifères ' de l'Angleterre. — Depuis le
xiii' siècle, l'Angleterre s'est placée et maintenue en tête de la production européenne. Elle doit ce rang à la possession des deux riches districts métallifères situés principalement dans le Cornwall et dans le Cumberland , et à la puissance d'exploitation qu'y ont développée le bas prix du combustible et l'esprit industriel de la nation. Le pays de Galles est aujourd'hui un centre où se traitent non-seulement la plus grande partie des minerais extraits dans les îles Britanniques , mais encore de ceux qui sont importés de Cuba, du Chili et de la Bolivie.
Le Cornwall fournit seul tout l'étain et les sept huitièmes du cuivre produit par l'Angleterre. La surface ondulée et aride de
cette contrée ne présente presque exclusivement que des roches schisteuses de transition , accidentées à la fois par des granités et par des porphyres : la chaîne Ochrinienne , qui en forme l'axe , est une série de collines granitiques arrondies dont la hauteur ne dépasse pas 3 à 400 mètres au-dessus du niveau de la mer. Ces sommités granitiques sont enveloppées par des schistes argileux passant aux schistes talqueux et amphiboliques appelés killas , dont les couches se relèvent autour des masses qui les ont traversées. Ce sont les seules roches visibles dans les vallées et sur les plateaux , sauf les interruptions que leur font subir des dykes d'un porphyre appelé elvan. La réunion de ces trois roches, granité, elvan et killas, constitue le sol métallifère. Les filons qui contiennent l'étain et le cuivre , et forment le véritable caractère de la richesse du pays , ne dépassent pas Truro; le nord-est du comté , ainsi que la partie avoisinante du Devonshire où se montrent des grauwackes et des calcaires esquilleux postérieurs au killas , ne présentent plus que de rares filons de composition différente , tels que les filons d'antimoine de Huel-Boys et les filons de plomb de Pentiglaze.
L'oxyde d'étain et la pyrite cuivreuse , qui sont ainsi les deux minerais caractéristiques du Cornwall , se trouvent principalement en filons, disposés de telle sorte, qu'on peut regarder l'oxyde d'étain comme antérieur a la pyrite , mais avec une liaison indiquée par l'existence de certains filons à la fois stannifères et cuprifères. Il est ainsi démontré que la génération de ces gîtes n'a pas été instantanée, mais qu'on doit la considérer comme un phénomène lent et continu qui , entre les deux périodes, a présenté des alternances des deux minerais.
A une époque postérieure, d'autres fentes furent encore produites, mais elles sont remplies de matières stériles auxquelles s'adjoignent quelquefois des minerais plombifères et blendeux trop pauvres pour qu'on en ait pu tirer parti. Ces filons sont les croiseurs (cross course) , ainsi que l'indique la carte des filons planche XII.
Les dykes du porphyre quartzifère appelé dvan sont à la fois nombreux et puissants ; ils paraissent antérieurs au terrain houiller et appartiennent à l'époque la plus récente des terrains de transition. D'après les recherches de M. de La Bêche, les dykes d'elvan , un seul excepté , sont antérieurs aux filons métallifères; mais, outre cette exception, il existe des exemples nombreux de pénétration des principes métallifères , de l'étain surtout, dans l'elvan. Des circonstances d'enrichissement des filons par le contact de l'elvan autorisent à conclure que ce porphyre est réellement la roche métallifère de la contrée, roche dont la sortie a précédé les émanations métallifères , et contribué peut-être à provoquer la formation des fentes à filons; de telle sorte que les éruptions de l'elvan, la formation des filons et leur remplissage successif par des gangues d'abord stannifères, puis cuprifères, et enfin plombiferes, constituent une série de faits qui peuvent être considérés comme ayant commencé à l'époque de la formation supérieure de transition. Ces faits présentent une série géognostique d'actions dont les termes distincts alternent entre eux , ainsi qu'il arrive pour les produits des actions sédi montai "es.
La description intéressante de MM. Dufrénoy et Élie de Beaumont vient à l'appui de cette hypothèse. En effet , il en résulte que la direction générale de la grande majorité des filons d'elvan et des filons métallifères est parallèle à la série des protubérances granitiques qui forment l'axe du Cornwall , de telle sorte que les filons sont évidemment liés aux phénomènes qui ont déterminé le soulèvement de la contrée.
La production de l'étain en Cornwall représente, à peu de chose près , toute la production européenne : elle a atteint le chiffre de 45 000 quintaux métriques , tandis que celle de la Saxe ne dépasse plus 3500 quintaux , et que celle de quelques mines existant en Suède et en Autriche s'élève à peine à 1000 ou 1500 quintaux.
Les filons stannifères du Cornwall sont principalement composés de quartz ; ce quartz est mélangé tantôt de chlorite, tan-
tôt de tourmaline et même de mica : l'uniformité de ces gangues est accidentellement interrompue par l'hydroxyde de fer, quelquefois par du spath-iluor. Dans les gangues ainsi caractérisés, se trouve disséminé en particules, en petits cristaux, en nœuds, veines et druses cristallines, le peroxyde d'étain, but principal des recherches et des travaux souterrains. Comme minerais annexes, on y trouve d'abord la pyrite cuivreuse qui, dans certains cas assez rares, devient dominante à tel point qu'une mine d'étain devient accidentellement une mine de cuivre ; on y trouve en second lieu le mispickel , le fer arséniaté, l'uranite, le wolfram.
La richesse du filon , ou en d'autres termes la teneur des gangues , est très-variable ; on peut évaluer à 2 pour 100 au plus la teneur moyenne des massifs abattus , et à ce taux l'exploitation est encore avantageuse, même dans les roches dures, parce que les frais de préparation mécanique et de traitement métallurgique sont faibles pour ce minerai , qui est à l'état d'oxyde et dont la densité est considérable ; aussi les filons sont-ils presque toujours productifs pour peu qu'ils soient stannifères.
Il résulte des observations faites sur les influences qui paraissent avoir contribué à féconder les filons que les filons d'étain sont concentrés vers la limite de contact des granités et du killas, mais que leur siège principal est le granité. Ainsi les filons d'étain ont leur siège principal dans les environs de Saint- Just, vers l'extrémité S. O. du district, partie où dominent les granités. Il est cependant à remarquer que quelques filons stannifèrea , qui sont en totalité ou en partie dans le killas , y sont plus riches que tous les autres ; d'où l'on pourrait peut-être conclure que les cassures de Cette première époque ont porté principalement sur la région granitique , mais que le killas avait alors , comme Cela se trouve confirmé par les filons cuprifères postérieurs, une plus grande aptitude à condenser ou à retenir les émanations métallifères.
L'allure des filons d'étain est très-variable et telle qu'on doit
supposer celle de fentes produites dans des roches hétérogènes. Il y a des filons qui ont été suivis sur plus de 2000 mètres et dont la puissance moyenne est entre 0m,60 et lm,20 : ils présentent fréquemment des étranglements complets ou des rendements à 3 et 4 mètres. Généralement, un renflement correspond à une accumulation de minerai , et c'est pour cela qu'un filon s'enrichit d'autant plus , dans le cas d'intersection par un autre filon , que l'angle de croisement est plus aigu ; au contraire , si un filon vient à se bifurquer et à l'étrangler, il y a appauvrissement. Cette bifurcation se manifeste surtout dans un changement de terrain : ainsi , dans certains cas , des filons qui courent dans le granité, se bifurquent et s'éteignent dans le killas ; d'autres fois c'est l'inverse qui a lieu.
L'oxyde d'étain constitue en Cornwall quelques stoewerks qui existent surtout dans le granité et rarement dans le porphyre elvan. Parmi ceux que renferme le granité, celui de Saint- Austle est surtout remarquable parce que 6on exploitation à ciel ouvert permet d'en étudier les diverses parties. Le granité encaissant est devenu friable par la décomposition du feldspath en kaolin ; il est traversé par un grand nombre de veines composées de quartz tenant de la tourmaline et de l'oxyde d'étain. Ces veines ont 12 à 15 centimètres de puissance ; les principales sont verticales et dirigées E. O ; d'autres , inclinant vers le sud , coupent les premières et se soudent avec elles en donnant naissance à des d ruses. La disposition du gîte concorde avec l'idée d'une origine postérieure au granité encaissant qui aurait été successivement soumis à des mouvements qui l'ont fracturé, et à des émanations qui en ont, en quelque sorte, métamorphisé la masse.
Toutes les roches du district , préexistantes comme le granité aux émanations métallifères , peuvent donc présenter comme lui quelques cas d'un métamorphisme analogue. C'est ce qui arrive pour le killas avec des circonstances spéciales résultant de la structure schisteuse de cette roche. Ce genre de gîtes est connu dans le Cornwall sous la dénomination de tin-
Jloors ; il consiste en veines et petits amas d'oxyde d'étain avec les gangues ordinaires de quartz et de tourmaline. Ces gîtes sont disposés principalement dans le sens de la stratification et presque toujours placés vers le contact du granité avec le killas ; les plans de ce contact semblent avoir servi de cheminées aux émanations métallifères qui se sont infiltrées dans les plans de séparation des couches schisteuses. Cette disposition , qui a souvent été présentée comme une preuve de la contemporanéité du killas et de l'oxyde d'étain, ne nous semble qu'une manière d'être spéciale du gîte en stocwerks ; elle s'explique par la structure même du killas , dont les couches , ayant été soumises à une grande pression de la part des émanations métallifères qui tendaient à sortir vers la surface, ont dû se séparer, se disjoindre, et par conséquent se métamorphiser dans le sens de la stratification.
Il nous reste à citer encore, dans le Cornwall, les alluvions stanniferes , résultats évidents de l'action des eaux sur les gîtes préexistants. Ces alluvions sont anciennes et recouvertes, suivant les localités, de 5, 10 et jusqu'à 20 mètres d'autres alluvions ; on y trouve des fragments de granité, d'clvan et de killas ; la présence de l'étain y est annoncée par des galets composés de quartz et de tourmaline, gangues ordinaires des minerais en place. L'étain y est tantôt en grains très-fins , mêlé à des sables rassemblés à la partie inférieure du dépôt, tantôt disséminés en galets assez gros. Les pyrites et le mispickel ont disparu ; aussi les exploitations de ces alluvions, ainsi placées dans les mêmes conditions que celles de Banca, fournissent-elles de l'élain très-pur et très-recherché. Ces gîtes, désignés sous le nom de stream vorks, sont à la proximité de Saint- Just et de Saint- Austle , centres principaux des gîtes en place. Les stream vorks fournissent seuls l'oxyde d'étain fibreux et concrétionné , dit étain de bois ; mais cette variété a été trouvée en place dans de petits filons.
Les gîtes de minerais de cuivre consistent, dans le Cornwall , en filons puissants concentrés principalement vers l'est
du district , aux environs de Redruth. La roche constituante de cette partie du district est. ainsi qu'il a été dit, le killas. La direction générale des filons métallifères coïncide à peu près avec la direction générale des côtes et de l'axe de la chaîne Ochrinienne , tandis que des filons croiseurs coupent presque à angle droit les filons de cette époque.
La composition des filons cuprifères est simple , la gangue est exclusivement le quartz : l'hématite brune , les roches altérées des épontes et l'argile se joignent accidentellement au quartz , et font varier l'aspect et la dureté des masses. Dans les filons à gangue saine et dure , le minerai principal est la pyrite cuivreuse à laquelle se réunissent le sulfure de cuivre, l'oxydule, le cuivre natif; les minerais annexes sont la pyrite de fer, le mispickel , l'oxyde d'étain et la blende. Dans les gangues pourries, dont l'altération se manifeste surtout par la prédominance de l'hydroxyde de fer, les sulfures disparaissent, et Ton trouve le cuivre à l'état de bioxyde, de carbonate, d'arséniate, etc. Toutes ces matières imprègnent le quartz, et, lorsqu'il existe des fragments du toit ou du mur, ils sont liés entre eux et empâtés par ce même quartz métallifère.
L'argile ne se trouve qu'en salbandes; elle est ordinairement stérile. D'après l'allure de ces salbandes qui, dans beaucoup de filons, n'existent que d'un seul côté et passent quelquefois de l'autre côté en coupant le filon , on est conduit à supposer que cette argile est généralement postérieure au filon lui-même, qui a été en quelque sorte rouvert après un premier remplissage, et rempli de nouveau.
L'hydroxyde de fer domine surtout dans la partie supérieure des filons; il en forme l'affleurement, et indique en quelque sorte, par les caractères de sa composition, si le filon est riche ou pauvre et si l'on doit y entreprendre des travaux. En effet, cette gangue ferrugineuse, appelée gossan , paraît résulter de la décomposition des pyrites ; elle est plus facile à explorer par sa position superficielle , sa nature fendillée et quelquefois même pourrie, que les autres parties du filon , et peut fournir, i. 33
r.jl DESCRIPTION DES DISTRICTS MÉTALLIFÈRES.
par sa teneur en composés métallifères , des indices précieux sur la composition intérieure. Ces parties sont soigneusement recherchées lorsqu'elles contiennent des minerais décomposés et par conséquent plus faciles à traiter que les sulfures.
Les filons de cuivre sont remarquables par leur étendue; le principal d' Unilcd-Mines a été, dit-on, reconnu sur une lon- «Tueur de 9000 mètres. Ces filons sillonnent les environs de Redruth , concentrés principalement sur une largeur d'environ 12 kilomètres et une longueur égale : la planche XII donnera une idée de leur allure et de la manière dont ils sont accidentés par les croiseurs. Cette carte, faite d'après les notes de M. Daubrée, représente les principaux filons du district d' United et de Consolidât pd-Mines ; elle fait bien comprendre ce que Ton doit entendre par les directions générales, qui ne sont pas tellement rigoureuses qu'il n'en puisse résulter des croisements. La puissance moyenne des filons de cuivre est entre 1 et 2 mètres; cette puissance , comme celle des filons d'étain , est sujette à des renflements êt à des étranglements nombreux; leur allure est compliquée par de fréquentes divisions et bifurcations.
La richesse des filons n'est pas uniforme, même dans le sens de l'inclinaison , et l'on admet que la teneur s'accroît jusqu'à une certaine profondeur, à partir de laquelle il y a décroissance. Ainsi, dans les filons d'United-Mines, la richesse commence à 100 mètres environ, et paraît avoir suivi cette loi d'accroissement jusqu'à 4 et 500 mètres de profondeur ; à Saint-Austle , les filons , riches à la surface , se sont au contraire appauvris à 200 mètres.
Enfin, des circonstances remarquables d'enrichissement semblent liées tantôt à des croisements , tantôt à la nature des roches encaissantes. Ainsi, le grand croiseur N. S., indiqué dans les environs de Gwennap (planche XII), a été regardé comme ayant enrichi tous les filons croisés et a été surnommé le père des filons ; de telle sorte que l'enrichissement semble concorder dans les filons de cuivre comme dans ceux d'étain, non-seulement avec les croisements de filons contemporains et de même
nature, mais encore avec les croisements de filons postérieur?, stériles ou plonibiferes.
Ce qu'on a appelé l'influence de la roche encaissante se manifeste par certaines relations entre les caractères du killas et les variations de richesse des filons. Les exploitants de Cormvall trouvent que les filons sont plus riches dans le killas de couleur blanchâtre que dans le killas rouge ou de couleur foncée. Ces variations du killas sont plutôt le résultat que la cause de l'enrichissement, mais elles n'en sont pas moins utiles par les indications locales qu'elles fournissent.
L'observation dont on peut tirer le meilleur parti est celle de la concentration des filons métallifères dans la région de contact du killas et du granité et surtout dans les parties sillonnées par des dykes d'elvan. Les filons traversent tantôt ces trois roches sans autre changement que quelques modifications d'allure ou de puissance , tantôt ils se bifurquent ou s'arrêtent subitement à l'une d'elles ; d'autres fois ils ne sont riches que dans une seule de ces roches sans que le killas , le granité ou l 'cl van paraissent exercer d'influence réelle et constante sur leur existence ou sur leur degré de richesse. Les influences qui ont été remarquées dans plusieurs cas sont des faits purement locaux qui ont été contredits par d'autres; en sorte qu'un filon peut être riche et développé dans l'une des trois roches, comme il peut y être pauvre ou s'y perdre. Les faits dynamiques qui ont produit les cassures sont les seuls qui paraissent avoir déterminé la concentration des substances métallifères.
Les minerais de cuivre du Cornwall sont vendus en nature et fondus dans le pays de Galles. La teneur des minerais extraits peut être évaluée de 2 1/2 à 3 1/2 pour 100; le triage ou la préparation mécanique les concentre à 7 et 9 pour 100. La quantité de minerai extraite peut être évaluée à 400 000 tonnes, concentrées par les préparations mécaniques à 150 000 et contenant 8 1/2 pour 100; elles sont expédiées à Swansea au prix moyen de 150 à 200 fr. la tonne.
Une partie notab'e de la production en cuivre de l'Angle*
terre résulte de l'importation des minerais étrangers. La Bolivie, l'île de Cuba et les mines de Coquimbo au Chili , fournissent des minerais pour environ 125 000 quintaux métriques de cuivre.
Les mines de plomb d'Angleterre sont principalement concentrées dans le Cumberland , le Derbyshire , le Devonshire et le Cornwaîl. Dans le Devonshire et le Cornwall , ces mines consistent en filons qui traversent le schiste argileux (killas) et la grauwacke ; ces filons se retrouvent dans les gneiss , le micaschiste et la grauwacke de l'Ecosse et du pays de Galles , avec les caractères ordinaires. Mais, dans le Cumberland et le Derbyshire, la formation métallifère est enclavée dans les calcaires carbonifères de la partie inférieure du terrain houiller et les gisements y offrent des particularités remarquables.
Le calcaire carbonifère se compose d'alternances de couches calcaires avec des grès et des schistes analogues aux schistes houillers. Ces alternances sont fortement accidentées et souvent modifiées par les trapps appelés winstone et toadstone, lesquels se sont intercalés, dans le sens de la stratification , jusqu'à trois fois dans le Derbyshire, et sur des longueurs considérables. Dans les parties métallifères de ce terrain , les mineure distinguent trois modes de gisement : les rake-veins ou filons proprement dits; les pipe-teins et les flat-teins qui désignent, les premiers des amas allongés , et les seconds de véritables lits intercalas dans les couches. Les filons constituent la plus grande partie des gîtes; ils sont constamment composés de chaux carbonatée lamellcuse , de chaux fluatée , de baryte sulfatée et de quartz; les minerais contenus dans ces gangues sont la galène cubique ou grenue et la blende. La forme accidentée de ces filons leur a depuis longtemps donné de la célébrité ; en traversant les couches hétérogènes de la formation carbonifère et des trapps, ils éprouvent de nombreuses variations d'allure qui paraissent résulter du glissement des couches. Si . par exemple , le filon est vertical , les diverses parties contenues dans les couches traversées , au lieu de se
suivre et d'avoir le même axe, sont dans des plans différents et leur relation est souvent indiquée par des veines horizontales. Il en résulte une structure en zigzag qui avait d'abord paru une exception aux lois qui régissent la forme des filons , mais qui n'est en réalité qu'un accident. Ces filons sont en général beaucoup plus étroits en traversant les schistes et les grès que dans les calcaires où ils sont , au contraire , puissants et continus ; il y a même des cas assez nombreux où l'étranglement du filon est complet lorsqu'il traverse les grès ou les roches trappéennes. Enfin on a surtout observé que, dans les roches schisteuses, les filons étaient souvent remplis par des argiles et très-peu métallifères, tandis que les calcaires étaient le siège véritable des minerais et des gangues cristallines. Il y a donc eu, dans ces couches calcaires, une double influence qui y a favorisé l'extension des fractures et la concentration des substances métallifères. Peut-être le second fait n'est-il que la conséquence du premier.
Il résulte de ces deux conditions que les couches calcaires apparaissent , dans le Cumberland , comme le siège véritable des minerais, à l'exclusion des autres roches. Les couches supérieures ont été reconnues, en outre, comme plus riches que les couches inférieures ; il en est résulté : 1° une limite supérieure de la richesse, limite indiquée par la dernière couche arénacée de la formation houillère dite millstone-grit ; 2° une limite inférieure , indiquée par l'appauvrissement des gîtes , qui ne sont exploités dans la plupart des mines que jusqu'à la sixième assise calcaire de la formation , à une profondeur moyenne de 280 à 300 mètres. Entre ces deux limites il existe donc une zone horizontale métallifère d'une épaisseur moyenne de 200 mètres. Dans certaines mines, les filons ont été poursuivis beaucoup plus bas, de manière à démontrer qu'ils satisfont, malgré cette concentration apparente, à la loi de continuité en profondeur , loi qui est une des conséquences les plus essentielles de l'origine des filons. Les gîtes horizontaux ne constituent également aucune exception et
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doivent être considérés comme les épanchements ou ramifications des filons entre les plans de stratification des couches traversées.
Les caractères de structure des gîtes du Derbyshire sont les mêmes que dans le Cumberland ; seulement , les intercalations horizontales des trapps y sont beaucoup plus fréquentes et la plupart des filons sont limités subitement et complètement par ces roches. M. Farey a fait une statistique d'après laquelle, le nombre des mines exploitées étant de 280, il y en a seulement 19 dans lesquelles le filon se continue dans le toadstone , en changeant, il est vrai , d'allure et de structure, mais avec les mêmes caractères de composition. MM. Dufrénoy et Élie de Beaumont, qui ont visité plusieurs de ces mines, paraissent disposés à conclure que, dans les autres cas où l'interruption est admise, elle n'est qu'apparente et résulte du rejet et de la division du filon. Les exploitants ne peuvent avoir aucun motif pour rechercher la suite du filon ainsi appauvri dans une roche résistante et la suppression a été admise comme générale. Cette suppression pourrait d'ailleurs s'expliquer en supposant que les trapps ont été eux-mêmes injectés entre les plans de stratification des couches postérieurement à la formation des filons. Quoi qu'il en soit, les gîtes plombiferes du Cumberland et du Derbyshire, bien qu'ils aient été déjà lobjet d'observations nombreuses et intéressantes, peuvent être cités parmi ceux quiprésententencoreleplus de sujets d'études.
La production du plomb est évaluée en Angleterre à plus de G00 000 quintaux métriques provenant de 000 000 quintaux de minerai lavé et préparé.
L'Angleterre produit en outre environ 100000 quintaux métriques de zinc , qui résultent en partie du traitement de quelques minerais calaminaires qui existent dans le Derbyshire, mais surtout du traitement de la blende. La blende se trouve en assez grande abondance dans la plupart des gîtes de galène, et celte partie de la production anglaise eRt , sans aucun doute , destinée à s'accroître rapidement.
Districts métallifères de l'empire misso,
Les exploitations métallifères de la Russie sont rassemblées dans les monts Ourals, les monts Altaï et la Daourie, .qui constituent les trois arrondissements de mines de la Sibérie , désignés sous les dénominations d'Ékatherinbourg, deKolyvan et de Nertchinsk.
La chaîne de l'Oural , qui forme la limite de l'Europe et de l'Asie, est le plus productif de ces districts ; on y exploite l'or, le platine et de riches minerais de cuivre et de fer. Ces gîtes sont principalement situés sur le versant d'Asie, suivant une ligne qui commence à Ekatherinbourg et se continue jusqu'à 4 à 500 kilom. vers le nord. Les monts Altaï, qui séparent la Sibérie de la Tartarie, renferment les célèbres mines d'or et d'argent aurifère de Kolivan et de Zmeof; ces mines paraissent, dans l'Altaï comme dans l'Oural, appartenir aux schistes de transition. La Daourio, contrée montueuse qui sépare le lac Baikal de l'Océan oriental , renferme surtout d'abondantes mines de galène argentifère contenues dans des calcaires métamorphiques.
Le lavage des sables aurifères prend chaque année de nouveaux développements en Russie, la production était en 1841 :
Mines do l'Oural 4 750 kilogrammes.
Mines de la Sibérie orientale. ... 6 400
• Il 150
Depuis cette époque , la production a toujours augmenté , et elle atteint aujourd'hui le chiffre de 20 000 kilogrammes.
Presque tous les sables aurifères contiennent un peu de platine, mais ce métal est principalement eoncentré dans les sables de Nijni-Taguilsk , qui fournissent 1900 kilogrammes sur environ 2000 qui sont produits par l'ensemble des lavages.
Le lavage des sables aurifères fournit presque tout l'or produit par la Russie. Dans l'Oural , la région des sables aurifères
s'étend du S. 0. au N. E. sur une longueur de 50 kilom. environ , entre les rivières Atlian , Miass et Ouï. Les couches de ce sable sont assez ordinairement recouvertes par des couches stériles de quelques mètres d'épaisseur, formées surtout d'argile et d'alluvions tourbeuses. Quant à leur composition , elle consiste en conglomérats composés de roches anciennes , telles que granités, syénites, gneiss, quartz et schistes, réunis par une argile ocreuse et un sable quartzeux. Les gros fragments sont triés et rejetés , et toute la masse argileuse est ensuite passée sur des cribles formés de barres dont récartement est de deux centimètres au plus : ce qui ne passe pas à travers le crible est encore rejeté. L'or se trouve disséminé en particules, en paillettes et filaments, en pépites arrondies et aplaties dans le sable argileux le plus fin , qui sert ainsi de ciment aux roches de transport , et qui , étant concentré par le lavage , reste composé de quartz cristallin, de jaspe, de fer oligiste et de fer magnétique.
Ces sables aurifères ne sont pas continus ; ils sont divisés par les saillies des roches encaissantes , en lambeaux allongés qui ont depuis 50 jusqu'à 500 mètres de longueur, et lorsque, par exception , ils atteignent plusieurs kilomètres de longueur continue, ainsi que cela arrive dans les lits des ruisseaux de Miasta et de Tach-Koutargan , la teneur aurifère n'est pas homogène et les parties riches y forment des îlots isolés. La largeur est ordinairement comprise entre 10 et 60 mètres, de telle sorte qu'il y a généralement proportion entre les deux dimensions. Enfin, l'épaisseur varie de 0m,70 à 2 mètres.
I^es subies aurifères occupent rarement toute la largeur des vallées ; ils n'existent que dans la partie la plus basse et s'amincissent à mesure qu'ils s'en éloignent.
La composition de ces sables démontre qu'ils doivent leurs principes métallifères à la destruction des gîtes en place. On trouve en effet dans la chaîne plusieurs de ces gîtes dont les sables contiennent non-seulement les minerais , mais aussi les gangues. Aussi, bien avant que l'or et le platine, concentrés
par les opérations de lavage, puissent être très-apparents , on reconnaît le fer oxydulé, la pyrite de fer, le fer chromaté, le rutile , l'anatase , la pyrite cuivreuse et quelquefois même le cinabre et la galène. Outre les gangues de quartz cristallin, on trouve également de la dolomie, du spath magnésifère, de l'amphibole, de l'épidote, du grenat, du corindon, annexes constants de l'or dans les gîtes en place.
Ce sont donc les eaux diluviennes qui , par leur action érosive , ont désagrégé , roulé et broyé ces gangues , en ont isolé l'or, et ont rendu exploitables , sous cette nouvelle forme d'alluvions, des gîtes qui seraient restés sans valeur sous leur forme première.
Un seul des gîtes en place est exploité , c'est le filon de Berezow. L'or y est engagé dans un quartz chargé d'oxydes de fer et de pyrites ; souvent le groupement de ces trois substances est tel , qu'on est conduit à penser que l'or, d'abord engagé dans les pyrites, n'a été isolé que par leur décomposition. On retire de cette mine environ 80 kilogrammes d'or par année.
Les ingénieurs russes ont fait des observations intéressantes sur le gisement des sables aurifères. Ils ont remarqué qu'ils reposaient rarement sur le granité ou sur la syénite , mais plus ordinairement sur les roches schisteuses, dans le voisinage des serpentines et des roches amphiboîiques. Cette loi les a conduits à considérer l'or comme ayant son gisement principal dans le quartz ferrugineux des couches schisteuses métamorphiques , en relation de contact ou de voisinage avec les serpentines et les diorites. Quant à leur distribution géographique, les sables aurifères existent principalement sur les derniers versants, en forme de plateaux qui longent et terminent la chaîne ; ils apparaissent donc , sous le double rapport de leur distribution et des matières constituantes , comme résultat d'un phénomène diluvien général qui a affecté l'ensemble de la contrée.
C'est en 1814 que furent découverts les sables aurifères de
l'Oural, et ce fut en 1823 que l'exploitation prit quelque activité. Depuis cette époque jusqu'en 1836, on a lavé dans les divers arrondissements de l'Oural :
Sables Utés. Or obtenu.
Ekaterinbourg , 1 825 000 tonneaux. 5 872 kilog. Goroblogodat, 273 000 632
Bogoslov.k, 860 000 5 318
Zlataoust, 3 376 000 10 059
Mine» de particuliers , 18 245 000 37 056
ce qui met la loi ou teneur des sables lavés, par chaque tonne à :
0h,0327 Ekaterinbourg. 0\0630 Bogoslovgk.
0 ,0235 Goroblogodat. 0 ,0407 Ziataoust.
et pour les mines des particuliers à 0ki\033 d'or par tonne de sable lavé.
Dans l'Altaï, les exploitations datent seulement de 1830. Jusqu'en 1835, on avait lavé 282 000 tonnes de sables qui avaient produit 676 kilog. d'or, ce qui met la teneur à 0,0245 d'or par tonne.
Ces proportions ne s'appliquent qu'aux sables déjà criblés et préparés qui ont été transportés aux ateliers de lavage , et non à l'ensemble des roches abattues. La teneur véritable nous est donnée par le mouvement des ateliers de Miassk qui opèrent sur des sables argileux dont toute la masse est à peu près soumise au lavage. Depuis 1823, la teneur ordinaire a été de 8 grammes par tonne, le minimum de la moyenne ayant été en 1833 de 4 grammes. En résumé , les sables apportés contiennent depuis 17 grammes jusqu'au-dessous de 2 grammes par tonne ; mais on considère cette dernière proportion comme ne donnant lieu à aucun bénéfice. Les ateliers de Miassk opèrent annuellement sur environ 210 000 tonnes, et en retirent au minimum 850 kilogrammes d'or.
Les monts Ourals renferment les principales mines de cuivre de la Russie , dont les plus productives sont celles de Tourinsk
et de Nijni-Tanguilsk. L'abondance, dans ces gîtes, des carbonates, des oxydes de cuivre et du cuivre natif, donne à leurs produits une pureté remarquable : on a trouvé, par exemple, à Nijni-Tanguilsk un bloc de malachite pesant plus de 10 tonneaux. Comme gisement, il est à remarquer que les minerais de cuivre sont souvent au contact du calcaire et des trapps (mine de Bogoslovsk); ils appartiennent probablement à la classe des gîtes irréguliers et de contact.
Les mines d'argent et de plomb de l'Altaï paraissent , ainsi que les mines de cuivre, appartenir à la classe des gîtes de contact. Les principales , celles de Kolyvan , sont représentées par les ingénieurs russes comme des amas stratifiés , placés entre les couches métamorphiques et des porphyres qui les pénètrent. Les minerais des parties supérieures des gîtes sont des terres ocreuses, argentifères et aurifères, mélangées de carbonate de plomb. A mesure qu'on descend en profondeur, ces substances sont remplacées par des sulfures : il en est de même des gîtes de cuivre , riches en carbonates , oxydes et • cuivre natif vers les affleurements , et exclusivement composés de cuivre py ri teux ou panaché dans leurs parties inférieures. Il paraît môme que , comme ces gîtes s'appauvrissent très-souvent, les travaux ne sont poussés qu'à des profondeurs peu considérables ; de sorte qu'on les a souvent regardés comme limités dans tous les sens et formant de véritables amas.
Ainsi, le gîte de Zyrianofsk, le plus productif de l'arrondissement , nous est représenté comme enclavé dans les schistes talco-chloriteux : sa longueur en direction est de 160 mètres; sa puissance varie de 3 à 14 ; on l'a exploré jusqu'à 55 mètres. A sa base, ce gîte se divise en deux branches, et la roche qui les sépare est tellement cristalline, qu'elle a l'apparence du porphyre. La masse du filon est composée de quartz servant de gangue, dans la partie supérieure, à des minerais ocreux , et, dans la partie inférieure, à des minerais sulfurés ; en certains points , l'abondance de ces minerais est telle qu'ils éliminent complètement la gangue quartzeuse. La
galène argentifère , les pyrites de cuivre et de fer, le cuivre gris argentifère, la blende, sont les minerais sulfurés; le carbonate de plomb, les carbonates de cuivre, l'hydroxyde de fer constituent les minerais ocreux. Les minerais pénètrent quelquefois les schistes du toit et du mur; ils sont alors exploités. Le niveau moyen de la transformation des minerais est à environ 30 mètres des affleurements. Cette mine produit annuellement 6 à 7000 tonnes de minerais, qui rendent 8000 quintaux métriques de plomb, 5000 de cuivre, et 700 kilogrammes d'argent.
Dans un grand nombre de ces mines de Ko] y van , tous les minerais sont mélangés, et le mélange est quelquefois si intime, que le triage en est impossible. Cependant les gîtes de cuivre ont, dans le district, une tendance à s'isoler des gîtes d'argent.
Les mines de plomb argentifère de l'arrondissement de Nertchinsk traversent des alternances de calcaires , de schistes et • de grauwackes, et, comme en Angleterre, la distribution des
minorais est tellement irrégulière, que beaucoup de gîtes sont considérés* comme épuisés. Ces mines ne produisent que 3 h 4000 kilogrammes d'argent ; le complément du chiffre total de 16 000 kilogrammes est fourni par les mines de l'Altaï.
Districts métallifères de la Fraaee.
Si l'on applique à la constitution géologique de la France les principes généraux que nous avons énoncés sur la distribution des gîtes métallifères, on voit tout d'abord que ces gîtes ne peuvent être rationnellement cherchés que dans cinq districts composés de roches de transition et accidentés par les roches ignées des diverses périodes géognostiques. Ces cinq districts sont : 1° la pointe de Bretagne limitée par une ligne qui part du Cotentin, passe près d'Alençon, d'Angers, et se termine vers Parthenay ; 2° le massif des Vosges, s'élevant comme une île au milieu des terrains sédimentaires; 3° le massif qui constitue
le vaste plateau de la France centrale , et comprend l'Auvergne, le Limousin, le Forez, le Vélay, le Vivarais, la Lozère et les Cévennes ; 4° la chaîne des Pyrénées; 5° les Alpes. C'est en effet seulement dans ces contrées, qui constituent les régions élevées de la France, et vers les contacts des roches granitiques et porphyriques , soit avec les roches schisteuses anciennes , soit avec les terrains secondaires métamorphiques et accidentés , que se trouvent les gîtes connus jusqu'à présent.
L'importance de ces gîtes ne répond pas à l'étendue des cinq districts; ce n'est pas qu'ils soient rares ou peu puissants, mais leur richesse est assez généralement au-dessous de celle des gîtes de même nature exploités dans les pays voisins. Néanmoins le développement de notre industrie a compensé en quelques points cette infériorité générale , et plusieurs mines ont pu résister aux concurrences extérieures. Nous entrerons donc dans quelques détails, non-seulement sur les gîtes actuellement exploitas . mais aussi sur ceux qui nous semblent offrir quelques chances de reprise pour l'avenir.
Le massif de la Bretagne présente les plus grandes analogies de configuration et de composition avec le Cornwall. C'est une contrée montueuse, quoique généralement peu élevée au-dessus du niveau de la mer, composée de schistes de transition dont beaucoup se rapprochent du killas, accidentée par des granités, par des porphyres analogues à l'elvan et par des roches serpentineuses identiques à celles du cap Lisard. Malgré ces analogies de composition, les gîtes métallifères n'ont pas la même importance en Bretagne qu'en Cornwall ; les filons d'étain y sont à peine représentés, ceux de cuivre n'existent plus, et l'on n'y trouve que des gîtes de galène argentifère et de blende qui peuvent être assimilés aux filons qui existent en Cornwall à l'est de Truro.
L'oxyde d'étain a principalement été signalé sur deux points. Le premier est la côte de Pyriac, à 4 kilomètres N. O. de l'embouchure de la Loire ; le killas y est en contact avec le granité,
3(i6 DESCRIPTION DES DISTRICTS MÉTALLIFÈRES.
et le point de réunion des deux terrains est formé d'alternances de roches schisteuses et granitoïdes que M. Dufrénoy dénomme formation de granité et gneiss. C'est cette formation qui contient l'oxyde d'étain , soit en petits rognons disséminés , soit en petits filons à gangues de quartz : ce qui explique l'existence des sables stanniferes que l'on trouve au nord de-Pyriac, vers l'embouchure de la Vilaine, tandis qu'au sud, où la côte est exclusivement granitique, il n'en existe pas. Des recherches ont eu lieu sur cette côte en 1818, mais elles n'ont pas conduit à un gîte régulier et exploitable , quoiqu'elles aient produit environ 10 quintaux d'étain. Néanmoins, M. Dufrénoy a justement remarqué que les recherches, dirigées trop du côté du granité et pas assez vers le killas , n'auraient pas dû être bornées à l'exploration des côtes.
Le moulin de la Villeder, près le roc Saint-André, dans le Morbihan , est le second point sur lequel se montre un filon de quartz stannifère ; il est encaissé dans le granité. Sa direction N. 34° O. concorde assez bien avec la direction générale des filons du Cornwall. Le quartz prend une teinte verdâtre dans les parties stanniferes; il contient du fer arsénical, de la topaze etdel'émeraude. Ces deux gîtes, exploitables ou non, établissent d'une manière complète l'analogie géognostique des deux contrées, d'autant plus qu'il existe sur beaucoup de points des alluvions stanniferes. Dans la Bretagne, plus qu'en Cornwall , la généralité de la végétation est un obstacle constant aux explorations et aux recherches de mines.
La seconde époque métallifère du Cornwall, celle des filons cuprifères, ne paraît pas, jusqu'à présent, reproduite en Bretagne ; mais la troisième est représentée sur une échelle assez large, par des filons puissants , dont le minerai principal est la galène plus ou moins argentifère , et dont les minerais annexes sont : le plomb carbonaté et phosphaté, des terres ocreuses argentifères et la blende. Les plus riches de ces filons sont situés près de Morlaix, à Pouîlaouen et à Huelgoat où l'on a fait exécuter des travaux considérables. Le filon de Poul-
laouen 22°, dirigé du N. O. au S. 22° E., coupe les couches de grauwacke en plongeant de 45° vers le N. E. ; sa direction a été suivie par les travaux souterrains sur une longueur de 1500 mètres , et son inclinaison jusqu'à une profondeur verticale de 250 mètres. Ce filon est très - ramifié , et on a exploré jusqu'à cinq de ses branches dont la puissance est de 3 à 5 mètres; la somme des écartements du terrain est donc de 15 à 20 mètres. Les roches encaissantes sont en très-grande proportion dans le filon , qui , en certains points , a l'apparence d'un filon en stocwerk. On a reconnu près de là quelques filons de composition analogue, et, dans les schistes argileux d'Huelgoat, on exploite un filon puissant qui a été reconnu sur 1000 mètres de direction et 270 mètres de profondeur. Ce filon plonge de 70° vers le N. E. et donne aujourd'hui des produits supérieurs à ceux de Poullaouen , car on y trouve non-seulement la galène argentifère, mais encore des terres rouges et ocreuses contenant d'argent à l'état natif et à l'état de chlorure. Le produit annuel de ces mines est de 3000 quintaux métriques de plomb et 1400 kit. d'argent.
A Pontpéan , près Rennes, un filon contenant de la galène argentifère mélangée de blende a été exploité jusqu'à la profondeur de 130 mètres, sur environ 300 mètres de direction. Ce filon, incliné à 80°, est dirigé N. S. Vers la fin du xvin* siècle, il produisait, année commune, 7000 quintaux métriques de galène argentifère; la blende, en quantité supérieure à la galène , servait à remblayer les galeries ; l'exploitation a été abandonnée à cause des difficultés que présentait l'épuisement des eaux.
11 existe encore des filons de galène argentifère à Châtelaudren, près de Saint- Brieuc ; ils ont été abandonnés depuis 1790 par suite d'un appauvrissement en profondeur. Quant aux autres gîtes plombifères connus sur plusieurs points de cette vaste superficie de transition , il ne paraît pas qu'aucun d'eux ait assez d'importance pour donner lieu à quelque chance de reprise.
Les principaux gîtes métallifères connus et non exploités dans ce premier district sont :
Manche. Mine de mercure au Meuildot , commune de la Cbapelle-en-Suger ; elle a été exploitée à trois reprises dans le siècle dernier, et a donné des produits notables de 1730 à 1742. Mines de galène argentifère, blende et calamine, »ur plusieurs points de la Pointe du Cotentin , notamment à Pierrerille , exploitées de 1788 à 1790.
Loire-Inférieure. Mine d'étain à Pyriac , sur le bord de la mer. Recherches de 1819 à 1827.
Me- et- Vilaine. Filon de galène argentifère et blende, cité à Pontpéan. Abandon de la concession en 1796.
Côtes'du-Nord. Filons de galène argentifère a Châtelaudren. Abandon de la concession en 1790.
Vendée. Mine d'antimoine à la Ramée , commune de Bonpère. La renonciation du concessionnaire est de 1818.
Deux-Sicret. Mines de galène argentifère à Melle et aux environs ; il y existe d'immenses travnux dont la date n'est pas connue.
Le massif des Vosges est de tous les districts métallifères de France celui qui pourrait présenter le plus de chances à des travaux de reprise. Les gîtes de plomb argentifère , à la fois nombreux et puissants , y forment le trait principal de la richesse métallique. Ces gîtes , ouverts de temps immémorial , fournissaient encore des produits considérables dans le courant du siècle dernier; ils sont aujourd'hui presque tous abandonnes par suite de l'envahissement des eaux, et l'on ne pourrait y rentrer avec profit qu'après des dépenses assez considérables. Lorsque la facilité des premières exploitations donnait lieu à de grands bénéfices , une partie de ces bénéfices , placée chaque année en travaux de prévoyance, eût assuré l'avenir de ces mines; mais aujourd'hui presque toutes les exploitations de France n'existent plus que pour accuser les fautes du passé. Que l'on suppose ce district des Vosges entre les mains des populations du Harz ou de la Saxe, et sans aucun doute il eût été maintenu en exploitation, car les gîtes métallifères de l'Allemagne n'ont actuellement de valeur que par l'aménagement intelligent qui les soutient depuis des siècles.
Les environs de Sainte-Marie-aux-Mines renferment un grand
nombre de filons de galène argentifère , dont le principal est celui de Lacroix, célèbre par sa puissance, qui est de 20 mètres, et par des exploitations de plusieurs siècles poussées sur une étendue de plus de 4 kilomètres. Ce filon de Lacroix-aux-Mines traverse la montagne de Saint-Jean à 16 kilomètres de Sainte- Marie ; il court N. S, inclinant un peu à l'est, à peu près parallèlement à la jonction du gneiss et de la montagne de syénite qui le sépare des filons de Sainte-Marie. La masse du filon est principalement formée de débris de toute espèce et le minerai y affecte des allures très-variables ; tantôt disséminé en veines de 0ra,10 à 0m,2Q et jusqu'à 1 mètre de puissance, qui soudent ces débris entre eux, les traversent et forment ainsi une sorte de stocwerk ; d'autres fois , rassemblé en nœuds et en amas. Ce minerai consiste en galène argentifère et en plusieurs minerais annexes, tels que le phosphate de plomb, l'argent rouge , l'argent natif : la galène contient en moyenne d'argent. Les travaux réguliers, suivis par une galerie jusqu'à la limite de l'écoulement naturel des eaux , n'ont été poussés qu'à une faible profondeur au-dessous des vallons voisins. Ce filon a eu des périodes extrêmement productives ; on a trouvé beaucoup d'argent natif dans sa partie supérieure ; on en cite des morceaux de 30 kilogrammes et au delà. En 1756 il fournissait encore 12 000 quintaux métriques de plomb et 1460 kilogrammes d'argent.
Près de Sainte-Marie, les filons de galène argentifère sont nombreux, mais moins puissants ; ils traversent les gneiss, et leur direction E. O. incline un peu au nord. Deux d'entre eux ont été exploités sur une grande longueur ; ce sont ceux de Surlatte et de l'Espérance. Le filon de Surlatte a présenté une bifurcation remarquable en deux branches qui , après avoir longtemps couru parallèlement, ont fini par se rejoindre. La galène y est moins riche qu'à Lacroix , les schlicks ne contiennent guère que d'argent.
Sur la croupe méridionale des Vosges, Giromagny est un autre centre de filons métallifères qui ont été l'objet d'exploii. 24
tarions actives, puis abandonnées, et sont actuellement reprises. Ces filons traversent, suivant la direction N. S. , des schistes argileux et des porphyres.
A Saint-Jean-d* Auxel , il existe un faisceau de trois filons , courant l'un sur midi, le second vers onze heures, le troisième vers dix , dont la gangue est de quartz et de chaux carbonatée tenant de' la galène argentifère disséminée. Les travaux ont été très- considérables en ce point, et étages sur une hauteur de 800 mètres ; ils étaient encore ouverts en 1779.
Les filons continuent à se montrer tant que les syénites et les porphyres sont visibles. A Plancher-les-Mines , à Fresse , à Ternuay , dans la Haute-Saône , on connaît dix filons à gangues de' quartz, de chaux carbonatée, et de chaux fluatée , contenant, outre la galène argentifère, du cuivre gris et des pyrites Ces minerais sont disséminés dans les gangues par bouillons et colonnes, disait Gensanne, qui les a exploités le dernier.
L'ensemble du massif des Vosges présente donc deux systèmes de ftlons : l'un, dirigé N. S. , comprend les principaux filons de galène argentifère ; l'autre , dirigé à peu près E. O. , comprend, outre des filons de galène, un grand nombre de filons à gangues de quartz , chaux carbonatée et spath fluor , caractérisés, comme minerais, par le cuivre gris, la galène argentifère, l'argent sulfuré, le cobalt arsenical, l'arsenic natif et des pyrites quelquefois aurifères. Ces filons, dont le cuivre gris forme le trait principal , sont liés aux mêmes roches que les premiers; il est à remarquer cependant que, dans le groupe central où les granités et les syénites dominent, les filons se rattachent plus ordinairement au premier système, tandis que, vers la lisière des montagnes, là où les porphyres et les diorites se montrent prédominants , les filons cuprifères dominent ceux de galène. C'est ce qui a lieu pour les filons métallifères de Giromagny.
La liaison fréquente de ces deux systèmes de filons parait se rattacher à une sorte de contemporanéité des différentes éma-
nations métallifères. Ainsi, de même qu'à la limite de deux formations géognostiques différentes, on remarque très-souvent des alternances entre les couches caractéristiques de ces deux formations; de même, on voit une sorte d'alternance et d'oscillation entre les filons de cuivre gris argentifère des Vosges et les filons de galène. Il existe donc des filons mixtes, contenant à la fois des proportions de cuivre gris et de galène telles qu'on ne saurait dire auquel des deux systèmes ils doivent être assimilés de préférence. Les mêmes rapprochements existent entre les roches cristallines liées à l'existence des filons métallifères ; de sorte que les relations qui unissent entre eux les filons cuprifères et plombiferes se retrouvent entre les syénites porphyroïdes ou granitoïdes de Sainte-Marie, et les porphyres feldspathiques ou amphiboliques de Plancher-Ies-Mines, Giromagny, Ternuay, etc.
Le cuivre gris argentifère constitue, dans le district de Sainte-Marie-aux-Mines, le filon de Phaunoux , qui a été trèssuivi en même temps que les filons de galène de Surlatte et de l'Espérance; le cuivre gris y était accompagné de cobalt arsenical et d'arsenic natif testacé dont on tirait également parti. Ce filon de Phaunoux fait, ainsi que les filons de Surlatle et de l'Espérance, partie de ceux qui suivent la direction E. 0.
A Giromagny, les filons de Selschaft, Saint-Martin , Sainte- Barbe et Saint-Urbain présentaient de la mine à bocard composée de cuivre gris argentifère , sulfure d'argent et galène ; à Saint-Daniel, situé au revers de la montagne d'Auxelle, du côté qui regarde Giromagny, les schlicks qui provenaient de ces minerais, rendaient au traitement, en 1780, 18 livres de cuivre, 3 et 4 onces d'argent et une petite quantité de plomb. Les montagnes qui séparent Plancher*les-Mines de Giromagny sont entrelacées d'un nombre considérable de filons qui les traversent en tout sens et qui tous contiennent du cuivre , du plomb et de l'argent.
Le massif des Vosges renferme encore un assez grand nombre de mines de fer dont le gisement se rapporte à la classe
des gîtes particuliers. Le principal de ces gîte* est contenu dans la montagne de Framont, vers le contact d'une masse porphyrique centrale avec les couches de schistes et de calcaire que cette masse a fortement relevées. Dans cette position , le peroxyde rouge de fer, mélange'* de fer oligiste cristallin, forme un véritable filon de contact de 5 à 10 mètres de puissance , et dont la direction contourne le porphyre. En étudiant les profondes excavations qui ont été faites dans ce gîte , on ne peut s'empêcher de le considérer comme une véritable cheminée remplie par des émanations métallifères qui ont pénétré les roches en* contact et qui y ont intercalé des minerais par des phénomènes analogues à ceux que nous avons signalé» à l'île d'Elbe. Pour compléter l'analogie , les calcaires traversés par le minerai sont transformés en marbres cristallins , et passent même aux dolomies grenues et cristallines.
Sur beaucoup d'autres points que ceux que nous avons mentionnés, le massif des Vosges contient encore des gîtes métallifères ; ceux qui pourraient être repris avec quelques chances de réussite, sont :
Mottlle. Mine de plomb de Saint- Avold. Communes de Saint-Avold, de Hargarten-anx-Mines et Falck. (L*s travaux considérables auxquels ces mines ont anciennement donné lieu ont été repris quelque temps avant la révolution , et abandonnés faute de bénéfices. Jxjs ancien» travaux sont à sec et parfaitement
conservés.)
Mines de cuivre. Commune de Longeville. (On ignore l'époque de l'abandon. On y a fait il y a quelques années des recberebes qui n'ont pas eu de suite.) Mine de cuivre. Commune de Falck. Abandonnée depuis longtemps.)
Rat-Rhin. Mine de cuivre et d'argent de la Goutte-du -Moulin. Commune d'Urbeis. (Abandonnée de temps immémorial.)
Mine de enivre du ebateau du Cbamp-Brêcheté. Même commune. (Abandonnée de temps immémorial. Travaux fort étendus.)
Mine de cuivre et plomb des Coites. Même commune. (Abandonnée de temps immémorial. Travaux qui paraissent avoir eu peu d'extension.)
Mine de plomb de la Goutte-Henri. Même commune. (Abandonnée de temps immémorial. Reprise en 1780. Abandonnée deux ans après, faute de capitaux. Travaux peu étendus.)
Mine d'argent d'Aptaingontte. Même commune. ( Abandonnée depuis trèalongtemps. Filon puissant mais très- pauvre.)
Mine de cuivre, plomb et argent de Saint-Nicolas. Même commune. (Abandon très-ancien. Reprise en 1780. Abandonnée deux ans après.)
Mina de plomb de la Chapelle. Môme commune. (Abandon très-ancien. Ro prise en 1780. Abandonnée deux ans après )
Mine d'antimoine. Commune de Charpe. Reprise et abandonnée plusieurs fois jusqu'en 1805.)
Mine de plomb et argent. Commune de Delalaye.
Mine de plomb du chemin de Charpe. (Abandonnée , il y a environ trente ans, faute de capitaux.)
Mine de plomb et argent. Commune de Triembach. (Abandonnée de temps immémorial.)
Mine de manganèse. Même commune. (Abandonnée depuis environ vingt ans. Elle était exploitée par des paysans.)
Mine de cuivre et argent. Commune de Borsch. (Abandonnée de temps immémorial.)
Miue de plomb et argent Commune d'Orschwiller. (L'époque de l'abandon est inconnue. Travaux peu étendus.)
Mine de plomb et argent de Jœgerthal. Commune de Niederbronn. (Ouverte et abandonnée k plusieurs reprises jusqu'en 1824.)
Vosgn. Mines de cuivre. Commune de Bu»sang. (Une partie de ces miues est vierge, l'autre a été très anciennement exploitée. On voit encore les vestiges d'une ancienne galerie d'écoulement.)
Mine de cuivre et argent. Commune de Tillot. (Exploitation longue et considérable qui a fini en 1761, faute de moyens d'épuisement. Susceptible d'être reprise, suivant les avis donnés en 1785 par plusieurs ingénieurs.)
Mine de plomb, cuivre et argent. Commune de Rememnnt. (Exploitée fort anciennement pour le compte des ducs de Lorraine. On y a fait, en 1755, quelques recberebes qui n'ont pas eu de suite.)
Mine de cuivre et argent. Commune de Lubine. ( Les haldes annoncent une exploitation notable. L'abandon a eu lieu dans le milieu du siècle dernier.)
Mine de cuivre et argent. Commune de Fresse. (Abandonnée en 1734 à cause de l'abondance des eaux.)
Mine de plomb et enivre. Commune de Fresse. (Abandonnée de temps immémorial.)
Mine de cuivre. Commune de Saint-Maurice. (Abandonnée en 1761, on en ignore la cause.)
Mine de plomb, line, cuivre et argent. Commune de Lusse. ( Abandonnée de temps immémorial.)
Mine de plomb, cuivre et argent. Commune de Gernaingouttes. (Abandonnée de temps immémorial.)
Mine de cuivre et argent. Commune de Wildorsbach. (Abandonnée de temps immémorial.)
Mine de cuivre du haut Perheux. Même commune. (Abandonnée de temps immémorial.)
Mine de manganèse. Môme commune. (Reprise il y a environ deux ans et abandonnée peu de temps après à cause de l'affluence des eaux.)
Haut-Hhm. Mines de cuivre, plomb et argent de Giromagny, du Puits et d'Auxelle. Communes de Giromagny, du Puits et d'Auxelle. (Elles offrent 43 filons. L'exploitation a eu trois époques très-florissantes, savoir : au xiv" siècle , au xti- et au commencement du xvnr. L'abandon a eu lieu en 1791 ; la concession vient d'être reprise de nouveau.)
Mine* de cuivre, plomb et argent de la vallée de Saint- Amarin. Communes
de Saint-Amarin, Orbé et Mosch. Abandonnée» en 1760. Ancieunement productives. La plupart des travaux, étant en roche très-dure, sont conservés.)
Mine de plomb, cuivre et argent de Silberthal. Commune de Steinbacb. (Abandonnée vers 1750.)
Mines de cuivre et argent de la vallée de Sultzmatt. Commune d'Osenbach. (Depuis très-longtemps abandonnées. Reprises en 1750 , et abandonnées peu de temps après, faute de capitaux.)
Mine de cuivre et argent. Commune de Munster. ^Abandonnée au commencomeut du xvjii* siècle.)
Uauu-Saont. Mines de plomb, cuivre et argent. Commune de Planeher-les- Mines. Elles se composent de 7 filons qui ont été exploité* longtemps avec bénéfice. (L'abandon a eu lieu en 1760.)
Mine de cuivre. Commune de Château-Lambert. (Abandonnée en 175â , par suite de travaux mal conçus. Elle avait été anciennement productive.)
Mine de plomb du Baudy. Commune de Château-Lambert. ( L'époque de l'abandon est inconnue. On a voulu la reprendre, il y a une soixantaine d'années, au moyen d'une galerie d'écoulement qui u'a point été achevée , mais qui a élé poussée très-avant.)
Miue de plomb. Commune de Faucogney. (Ouverte en 1755 et abandonnée quelques années après.)
Mine de plomb. Commune de Saint-Bresson. (L'époque de l'abandon est inconnue. Elle a été momentanément repriseil y a environ 70 ans.)
Mine de cuivre, plomb et argent. Communes de Tannay et de Vannes. (L'époque de l'abandon est inconnue. Elle a été momentanément reprise il y a environ 70 ans.)
Mine de manganèse de Chauvillerain. Commune de Faucogney. (Abandonnée il y a environ 20 an».)
Le plateau de la France centrale, massif de terraiu schisteux et granitique qui domine le centre de la France et comprend les montagnes du Forez, de l'Auvergne, des Cévennes et de la Lozère, renferme un très-grand nombre de filons de galène argentifère. Beaucoup de ces filons ont été exploités et deux centres d'extraction subsistent encore : l'un à Pont-Gibaud , dans le département du Puy-de-Dôme ; l'autre à Vialas et Vilkfort, dans le Gard.
Les principaux filons exploités autour de Pont-Gibaud sont contenus dans un terrain de stéachistes et de micaschistes ; leur puissance moyenne est d'un mètre; M. Fournet, qui a longtemps dirigé les travaux dont ils sont l'objet , a fait ressortir dans plusieurs mémoires leur direction N. S., remarquable en ce qu'elle concorde avec la direction de tous les accidents da
sol dans la contrée. Ainsi le soulèvement granitique qui domine Clermont suit une direction N. S., direction à laquelle sont également assujetties les éruptions trachytiques qui forment le Cantal , les monts Dores et les monts Domitiques, les éruptions des volcans laviques qui forment la chaîne des Puys, enfin, tous les filons métallifères de la contrée.
La série de ces filons, qui comprend aussi plusieurs époques, commence aux exploitations d'antimoine d'Engle, se continue par des filons cuprifères parallèles signalé par M. Fournet au pied de la montagne de Bauson, par les filons de galène argentifère qui ont été exploités à Roure, Rosier, Mioche, Blotl'Église, et par ceux de Pranal, Barbecot, de Combrès, etc., qui suivent également la même direction N. S. Cette coïncidence de direction dans tous les accidents du sol qui ont été produits à des époques diverses, soit par soulèvement, soit par émission de roches ignées, soit par cassures et émanations métallifères, est un des faits les plus remarquables de la géologie de cette contrée.
Les filons de l'Auvergne présentent encore une association remarquable avec des porphyres identiques aux porphyres métallifères de tant d'autres régions. Ces porphyres se retrouvent constamment le long de la zone métallifère ; ils traversent les granités et les schistes sous forme de dykes qui marchent avec les filons. Un des filons de Pranal a pour épontes, d'un côté le micaschiste, de l'autre le porphyre; fait qui indique l'antériorité de ces porphyres, qui sont, en effet, croisés plusieurs fois par les filons avec lesquels ils marchent.
Les filons de cette contrée ont pour gangue principale des débris du toit et du mur, des matières argileuses et le sulfate de baryte ; la galène y est à petites facettes, et contient de «~ô à d'argent. On y rencontre quelques substances subordonnées, telles que le plomb carbonaté et phosphaté, la blende, la bournonite.
Beaucoup d'autres filons de galène argentifère existent en Auvergne, et les montagnes d'Ambert, qui dominent à l'ouest
la petite vallée de la Dore , en renferment qui ont donné lieu à des travaux d'exploitation. A Saint- Amand-Roche-Savine , à Giroux près Olliergue , les filons présentent une composition analogue à celle des filons de Pont-Gibaud ; la galène y est un peu moins riche, mais elle est assez abondante, et les gangues sont d'un abatage facile. Plus au sud , dans les montagnes qui dominent Jumeaux et dont le suc d'Esteil forme la cime principale, se trouvent un grand nombre de filons à gangue uniquement quartzeuse, souvent améthysée, contenant la galène à facettes très-fines qui contient jusqu'à 7^ d'argent. Mais cette galène est extrêmement disséminée , et la dureté du quartz en rend l'exploitation coûteuse.
Les mines de Vialas et de Villefort contiennent une douzaine de filons dont les directions différentes annoncent plusieurs époques de formation. Ces filons sont réunis en faisceau au contact du gneiss et du granité; l'ensemble du terrain métallifère fait partie du manteau de gneiss et micaschiste qui entoure les sommités granitiques du mont Lozère. Les gangues des filons sont le quartz , la chaux carbonatée et la baryte sulfatée ; la galène argentifère y est disséminée en rognons, mélangée de pyrite cuivreuse et de blende. La fonderie de Villefort ne fournit guère aujourd'hui que 500 kil. d'argent et 1000 quintaux de plomb ou litharge.
Dans l'ensemble de cette contrée, la classe des filons antimonifères paraît très-distincte par son âge et sa composition. Elle est représentée par des filons à gangues quartzeuses, dont la puissance dépasse rarement un mètre , et dans lesquels le sulfure d'antimoine se montre seul comme minerai. Ces filons s'isolent en outre par des directions et des inclinaisons spéciales. Leur composition est simple; le minerai y est accumulé en veines, nodules cristallins, druses, etc., plutôt que disséminé ; les minerais associés , qui sont principalement des oxydes d'antimoine , paraissent y résulter d épigénies postérieures à leur formation.
Les filons des Cévennes se trouvent presque toujours dans le
terrain de gneiss et de schistes qui recouvre les masses granitiques formant les points culminants de la contrée. C'est vers ses contacts avec les roches ignées que le terrain schisteux devient métallifère ; ce fait déjà signalé pour le groupe des filons de galène de Vialas et Villefort, existe également pour les filons antimoniferes qui se montrent à Malbosc et Bordezac (Ardèche). Ces filons sont composés de quartz; quelquefois ils contiennent de la chaux carbonatée, rarement du sulfate de baryte ; leurs salbandes sont argileuses. Ils se dirigent à peu près E. O., inclinant de 25° à l'est. L'antimoine sulfuré s'y montre en veines compactes ou filets suivis , ayant moyennement 0m(10 d'épaisseur : cette épaisseur est variable dans le même filon, et elle atteint, dans un des trois qui sont exploités, jusqu'à 0"\30. On y trouve aussi l'antimoine oxydé par taches fibreuses, rayonnées.
Depuis quelques années, plusieurs filons de Y Aveyron ont été l'objet de travaux de reprise ; M. Fournet a fait une étude spéciale de cette formation, et a distingué : 1° les filons anciens, qui paraissent liés aux porphyres, et sont caractérisés par des galènes à fines facettes , très-argentiferes, et par des quartz saccharoïdes; les autres gangues ou minerais, tels que la baryte sulfatée, la chaux carbonatée, le fer spathique, le cuivre pyriteux et la bournonite, étant de simples accidents; 2° des filons plus modernes qui se rapportent aux serpentines de Najac et de Milhau, et sont caractérisés soit par des quartz hyalins un peu gras, des carbonates de fer et de chaux, des galènes moins riches que les précédentes, du cuivre pyriteux et de la bournonite, soit par des quartz compactes associés à la baryte sulfatée.
Deux espèces de filons tendent encore à s'isoler sur quelques points du plateau central : ce sont d'abord quelques petits filons d'étain existant à Vaulry, près Limoges , et à Ségur, dans la Corrèze ; en second lieu , des filons blendeux, dont le gisement le plus important est celui de Clairac , dans le département du Gard. On y a reconnu les affleurements de
trois filons parallèles courant à peu près N. S. et traversant verticalement, sur une longueur de plus de 1000 mètres, les couches du lias métamorphisé jusqu'à une distance de 40 à 50 mètres du toit et du mur.
Les gîtes de contact ont eu, sur quelques points, une importance plus grande que celle des filons. Ces gîtes de contact ont pour siège principal les arkoses et les couches marneuses qui appartiennent au lias. Les mines de Chessy, aujourd'hui épuisées, étaient ouvertes sur un gîte placé au contact du granité et de grès inférieurs du lias : ce plan de contact contenait des amas de pyrite cuivreuse, de cuivre carbonaté et oxydé, dont l'exploitation a été des plus avantageuses. Les amas de manganèse oxydé de Romanèche sont dans une position géognostique analogue, et les petits amas de galène, calamine ou blende, qui existent dans les calcaires magnésiens du lias aux environs de Figeac , Villefranche , Lardin , appartiennent aussi à cette clas«e de gîtes. Enfin, le chrome oxydé, disséminé dans les arkoses des Écouchets, en offre encore un exemple intéressant.
Les mines connues pour avoir été exploitées dans cette région , et dont la reprise serait possible, sont :
Côlt-i'Qr. Mme de plomb argentifère. Commune d'Aligny. (Exploitée trèsanciennement; a été l'objet de quelques tentative* eu 1732 et en 1734. On y voyait encore, en 1774, une galerie très- étendue.)
Nièvre. Mine» de plomb argentifère. Commune de Chitry-les-Mines. (Ces minet ont donné lieu à l'une des plus considérables exploitations de France. Découvertes en 1493, leur extraction a été abandonnée vers le milieu du xvn* siècle. Leur existence et leur grande importance sont attestées par dix édits, enregistrés , pour la plupart , au parlement de Paris , dont le premier date de 1493, et le dernier de 1599.)
Mine de plomb. Commune de Saint-Reverien. (On ignore si ce gîte a été exploité anciennement. Quelques recherches ont été faites il y a quelques années.)
Mine de plomb et argent. Commune de Saint- Didier. (Abandonnée depuis fort longtemps. Elle a été exploitée dans le même temps que les mines de Chitry.)
Indices de mine de plomb argentifère. Commune do Frauchy. ( Découvert* vers 1775. On y a fait, en 17b5, quelques travaux qui donnaient des espérance*.)
Diqitize
Mine de plomb de Ganiex. Communes de Glax et Saint-Prix. (Découverte en 1792. On y a fait alors des travaux.)
• ma JL
Mine de plomb de Crieur. Commune dAunay. (Epoque de l'abandon inconnue.)
Mine de cuivre et plomb. Commune de Montceau. (Abandonnée depuis trèslongtemps. Sou existence est principalement attestée par des scories très-riches en cuivre et en plomb-)
Saône- tt- Loire. Mine de plomb. Commune d'Oyé. (Plusieurs filons sur lesquels il a été fait quelques recherches peu suivies il y a un certain norabro d'années.)
Mine de plomb. Commune de Gueugnon. (On y a fait quelques recherches il y a environ 45 ans.)
Mines de plomb. Commune de Saint-Christophe.
Mine de plomb. Commune de Saint-Prix. (Découverte en 1782. On y a entrepris quelques travaux de recherches abandonnés peu de temps après.)
Mines de chrôme oxydé vert des Écouchets. Commune de Saint-Pierre-de- Varennes. (A été l'objet de quelques travaux d'extraction qui ont duré pendant plusieurs années et qui ont fini en 1813.)
Jlher. Mines d'antimoine. Commune de Bresnay. (Exploitées et abandonnées dans le cours du siècle dernier.)
Mine d'antimoine. Commune du Jardinet. ( Exploitées et abandonnées dans le cours du siècle dernier.)
Mine d'antimoine. Commune de la Petite- Marche. ( Depuis longtemps abandonnée. On croit que l'abandon na tient point à son épuisement.)
Mine de p'omb. Commune de Nizerolle.
Puy-de-Dôme. Mine de plomb argentifère. Saurière prè* d'Issoire. (Époque de l'abandon inconnue. On y fait des recherches.)
Mine de plomb de Saint-Amand-Roche-Savine près d'Àmbert et de la Brugère près d'Esteil.
Aline de fer. A Compains. ( Abandonnée il y a environ un siècle faute de bois. )
Mines de plomb. Youx et Masboutin, près de Montaigu. (Exploitées vers 1730, reprises vers 1775, et abandonnées, faute de capitaux , quelques année» après.)
Rhône. Mines de plomb de Boussière et de Valetier. Communes de Tarare et de Joux. (Travaillées et successivement abandonnées en 1718, en 1813 et
on 1819.)
Mine de plomb. Commune de Bressieu. (Abandonnée en 1776 à cause de la rnreté des prodnits.)
Mine de plomb. Commune de Propières. (Exploitée anciennement; reprise il y a un certain nombre d'années et abandonnée peu de temps après.)
Mine de plomb. Commune de Chasselay. (Abandonnée en 1780.)
Mines de plomb du Fenoyl , de la Fouillons**, de Chambost, de la Tour, de Sainte-Paule, d'Étra. Commune* des Halles, de Juliennes, de Chambost, de la Tour-Salvagny, de Sainte-Paule, d'Étra. '
Mine de plomb de la Maison-Blanche. Commune de Vaugneray. (Quelques recherches furent faites il y a 12 ans.)
Mine de plomb de Chaponoet. Commune de Chaponost. (Quelques recherehes furent faites il y 12 a ana.)
Mine de plomb de Dizinieu. Commune de Longes. (L'existence d'un puits atteste qu'on y a fait anciennement des recherches.)
Mine de cuivre sulfuré. Commune de Chavayzoles. (La compagnie des mines de Chessy et Saint- Bel y a fuit anciennement des recherches qui ont été abandonnées en 1784.)
Vienne. Mine de plomb. Près de Sanxais. ( L'époque de l'abandon est inconnue. (On n'a fait qu'effleurer la tôte des filons.)
Mine de plomb. Près le Vigean. (On ignore l'époque de l'abandon. La tradition porte que les recettes n'out pas couvert les dépenses.)
Haute- Vitnne. Mine de plomb un peu argentifère. Commune de G langes , de Saint-Genêt et de Vie. (Exploitée avec des chances diverses depuis 1724 jusqu'à la révolution.)
Mines d'antimoine. Communes de Coussac-Bonneval et de Glandon, arrondissement de Saint-Yrieix. (Abandonnées en 1812 , après avoir été irrégulièrement exploitées pendant 50 ans.)
Mine d'étain. A Vaulry. Exploitée par les anciens. L'administration y a fait exécuter des recherches à plusieurs reprises, depuis 1819.)
Corrèse. Mine de cuivre carbonaté vert et bleu , mélangé de sulfure de cuivre et du cuivre rouge. Montagne des Forges. Commune de Louignac. 'Quelques recherches ont été faites en 1823 et abandonnées à cause de l'irrégularité du gtte.)
Indice de mine d'étain. A Ségur. (Trouvé il y a 50 ans.)
Mine de plomb à Meretcur. ( D'anciens renseignements parlent de cette mine comme renfermant plusieurs filons. Dans le cours de la révolution elle a été l'objet d'une demande en concession qui n'a pas eu de suite.)
Mine de plomb. Commune de Moustier-Ventadour. ( Parait avoir été abandonnée un peu avant 1765, à cause de la mauvaise exploitation et de la modicité du produit.)
Gard. Sables et terres aurifères. Aux environs de Saint- Ambroix et de Malboac, dans le lit de la Cèze et de la Gagnère, dans celui de plusieurs ruisseaux affluents , ainsi que dans une partie des terrains cultivés qui forment les bassins de ces deux rivières. (La cueillette de la poudre d'or, ancienuemeut très-productive, n'est plus pratiquée que par quelques paysans.)
Mines d'antimoine. Près de Sessous. (Des travaux ont été ouverts il y a quelques années et abandonnés faute de produits suffisants.)
Mine d'antimoine de Coignas et Latrau. Commune de Portes. ( Abandonnée en 1824 après plusieurs années d'exploitation. Minerai peu abondant et de médiocre qualité.)
Mine de plomb et argent. Commune de Laval. (Il existe un immense tas de déblais sur le terrain. )
Lozère. Mines de plomb et argent de Saint-Sauveur. Communes de Meyrueis et Gatuzières (Lozère), et Saint^Sauveur (Gard). (Exploitées très-anciennement ; reprises en 1755 sur un grand pied ; abandonnées en 1789. Renonciation à lu concession le 13 mai 1822. Ces mines sont décrites dans le tome VIII des Annules des Minet, pages 474 et suivantes. Elles se composent d'un grand nombre de filous en général bien réglés.)
Mine d'antimoine de Téraillon. Commune de Saint - Martin-de-Loubaux. (Abandonnée depuis peu de temps à cause de la pauvreté du gîte.)
Mine de plomb. Commune de Saint-Michel-de-Dère. (On ignore l'époque et la cause de l'abandon.)
Mine de plomb. Commune deCassagnas. (L'époque de l'abandon est inconnue. Un bocard et de» reste» de bâtiment» indiquent une exploitation d'une certaine importance.)
Dordogne. Mine de plomb. Commune de Nontron. (Des tentatives d'exploitation faite» à différente» époque», et dont la dernière a eu lieu en 1823, n'ont eu nucuoe suite.)
Mine de plomb. Commune de Saint-Martin. (Dans une tentative fnite en 1824, on a dépensé environ 4000 francs. La recette a été d'environ 700 francs.)
Indice» de mine d'antimoine. Commune du Gmnd Jumilhac.
Mine de manganèse. Commune de Milhac de Nontron. (Fouilles à ciel ouvert abandonnées depuis quelque» années.)
Indices de mine de manganèse. Commune d'Eyzerat. (On n'y a encore fait aucun travail. )
Indice» démine de manganèse do Valajoux. Commune de Montignac (Ce gîte, découvert il y a plusieurs année», n'a pas encore été exploré.)
La chaîne des Pyrénées n'offre que de faibles ressources en filons métallifères, mais il y existe un grand nombre de gîtes de fer oxydé ou de fer spathique qui alimentent les forges catalanes.
Le plus important de ces gîtes est celui de Rancié , près Vicdcssos, qui entretient à lui seul environ 50 foyers catalans, et qui est exploité depuis plus de 600 ans. Le terrain encaissant est composé de calcaire blanc saccharoïde , de calcaires gris plus ou moins cristallins, et d'argile schisteuse. L'ensemble de ces couches, longtemps regardé comme appartenant au terrain de transition , a été placé par M. Dufrénoy dans la partie inférieure de la formation jurassique ; il s'y trouve en effet sur quelques points des bélemnites, des térébratules et des entroques , qui caractérisent les marnes supérieures du lias.
Les couches de la montagne de Rancié sont verticales , et l'une d'elles est tellement pénétrée d'hématite brune accompagnée d'hématite rouge, de fer spathique et quelquefois d'oxyde de manganèse , que le minerai de fer peut y être considéré comme la roche dominante. En effet , non-seulement le calcaire est imprégné d'oxyde de fer de manière à être souvent tout à fait masqué, mais un grand nombre de veines sont rem-
plies d'oxyde pur; on y trouve, comme dans les filons, des druses cristallines , des cavités tapissées de couches concentriques d'hématites brune et rouge. Cette couche a été reconnue depuis la cime de la montagne jusqu'à sa base, sur une hauteur de 600 mètres ; on n'en connaît pas la limite inférieure. La puissance moyenne est de 20 mètres, elle va jusqu'à 40 dans les renflements, et est quelquefois étranglée à 4 mètres. Ce beau gîte métallifère doit être regardé comme un stoewerk, plutôt que comme une couche isolée; sa disposition parallèle à la stratification du terrain l'a fait longtemps considérer comme de formation contemporaine, mais les observations de M. Dufrénoy ne permettent plus de douter qu'il ne soit postérieur au terrain encaissant. Sa formation se trouve ainsi liée aux épanchements granitiques qui ont contribué au relief du sol , et qui , en beaucoup de points , ont transformé les couches calcaires en marbres et en dolomies.
La masse du Canigou présente la génération des gîtes de fer spathique sur une échelle encore plus grande. Une roche granitique a percé au milieu des terrains stratifiés, et la zone ellipsoïde, d'environ 16 kilom. de diamètre, suivant laquelle a lieu le contact des deux espèces de roches, renferme des gîtes nombreux de fer carbonaté spathique et de fer oxydé. Telle est la loi de groupement des mines de Batère, de Rocas-Negros, de la Droguère , d'Olette , de Filiols , de Vellestavia , Saint-Martin, etc., qui forment des amas, veines ou filons, tous coordonnés d'après ce principe.
Les gîtes des Pyrénées autres que les gîtes de fer sont restés jusqu'à présent sans importance, mais l'utilisation de la blende paraît devoir ranimer l'exploitation sur quelques points et surtout dans l'Arriége. Il existe des filons de blende et galène notamment autour du mont Crabère, aux environs de Sintin, de Castillon et d'Aulus. Parmi les anciennes mines, on cite encore les mines de cuivre de Baigorry, dans le département des Basses-Pyrénées, et celles de plomb argentifère d'Aulus, dans la vallée d'Erce , département de l'Ariége* qui ont été aban-
données après avoir été ouvertes à plusieurs reprises. Les principaux gîtes connus pour être dans le même cas sont , indépendamment d'un grand nombre de gîtes de fer oxydé ou spathique :
Aude. Mines de cuivre de la Canale , de Pech-Egute , de Sainte-Mnrie , etc. Commune de Maisons. (Abandonnées vers 1750 après un asscr grand développement de travaux souterrains.)
Mine de cuivre. Communes de Lnnet et de Bouysse. (Travaux de reconnaissance à plusieurs époques : les derniers datent de 40 ans.)
Mine de enivre antiraonial et argentifère de Feugerolle. (Commune deQuintillan. (Anciennement exploitée, reprise en 1782. Abandonnée en 1793.)
Mine de plomb argentifère de Rocas-Negros. Commune des Bains de Rennes. (L'époque et la cause de l'abandon sont inconnues.)
Mine de plomb. Commune de Mont-Gaillard. ( L'époque et la cause de l'abandon sont inconnues.)
Mine d'antimoine. Commune de Quintillan. (Abandonnée en 1805 par suite de la rareté du minerai.)
Mine d'antimoine de las Corbos. Commune de Maisons. (Exploitation suspendue depuis 1823.)
Mine de manganèse de Villerambert. Commune de Cannes. (Abandonnée vers 1802 faute de débit.)
Hérault. Mine de cuivre. Commune de Vieussau. (Abandonnée il y a deux siècles ; reprise en 1789 et abandonnée presque aussitôt sans motifs connus.)
Indices de mine de plomb argentifère. Riols . près de Saint -Pons. (Ils consistent en un beau filon découvert il y a peu d'années, sur lequel il n'a été fait aucun travail, et que les rapports signalent comme devant être productif.)
Mine de cuivre. Commune de Boussagues. (L'époque de l'abandon est inconnue. On y a fait des travaux souterrains considérables.)
Mine de plomb de la montagne de Caroux. A Colombières. (La cause et l'époque de l'abandon sont inoonnues.)
Mine de plomb argentifère de la Maloie et du Pradel. Communes de Mourcairol et de Villemagne. (La cause et l'époque de l'abandon sont inconnues. L'étendue des anciens travaux atteste une grande et longue exploitation. Quelques travaux de reconnaissance ouvert* il y a 30 ans n'ont point eu de suite. )
Ariégt. Mine de plomb argentifère. Commune d'Anlus, canton d'Oust. ( Plusieurs gîtes voisins les uns des antres ont été superficiellement exploités dans dos temps très-reculés. Il y a eu une reprise mal administrée et mal conduite sous le rapport de l'art il y a environ un demi-siècle. Il paraît qu'on a méconnu le principal minerai , qui est un carbonate de plomb argentifère , tantôt solide et tantôt terreux. Des rapports circonstanciés annoncent que ces mines peuvent donner lieu à une exploitation.)
Sables et terres aurifères. Environs de Pamiers, principalement dans le lit des ruisseaux de Benagnes-Ferriès, Gros-Milly, Trebans, Pailhès, etc., etc., et dans un grand nombre de terrains cultivés qui font partit des bassins ds ces ruisseaux.
Bassin» et lits des ruisseaux de la Béouse et de Taliol, entre Foix et Saint- Giron».
Bassins et lits des ruisseaux de Nert et du Salât, dans le» environs 6e Saint- Giron».
(Avant la découverte de l'Amérique, la cueillette de la poudre d'or dan* l'Ariége donnait lieu à une industrie importante et qui datait de temps immémorial. Les orpailleurs étaient tenus de livrer for à un prix déterminé à la Monnaie de Toulouse , mais il y avait souvent contrebande. Depuis 1500, cette industrie a successivement diminué. Vers la fin du xvi* siècle , la quantité d'or portée annuellement à la Monnaie de Toulouse ne s'est plus élevée au-dessus de deux cents marc». De 1750 à 1762 , le bureau de Pamiera n'a reçu en tout que quatre-vingts marcs. Aujourd'hui, la cueillette n'occupe plus que quelques paysans. Elle a été autrefois l'objet d'un grand nombre d'arrêt», d'édits et de règlements. I>es principaux sont ceux des 14 mai 1472, 18 octobre 1481 et 9 novembre 1671. L'or est à un très-haut titre. Ces gîtes sont décrits par Réaumnr, Mémoires de J' Académie royale des sciences , année 1718; par Guettard, idm, année 1761 ; et par Dietrich, Description des gttts de minerai* de France, 1. 1.)
Haute-Garonne. Mine da plomb et argent. Sur la montagne d'Uls, commune do Mellea. (Abandonnée en 1824, les produits ne couvrant pas la dépense.)
Tarn. Mine de plomb Brassac. (Découverte en 1790 ; a été peu de temps aprëi l'objet de quelques travaux qui ont produit 5 k 6000 kilogrammes d'alquifoux et qui n'ont pas eu de suite. Elle est décrite, Journal des Mines , t. XXVIII.)
Mine de cuivre de Rosières. Carmeaux. ( Abandonnée de temps immémorial) ; a été l'objet de travaux considérable» dont une partie est encore accessible. Elle est décrite, Journal des Mines, t. XXVIII.)
Les seuls gîtes actuellement exploités dans les Alpes françaises sont les amas de fer spathique , gîtes de contact qui se trouvent entre la vallée de la Romanche et celle de l'Arc. Le* mines les plus productives de ce groupe sont celles des environs d'AUevard.
La vallée de l'Oisans renferme des filons qui ont été exploités à plusieurs reprises. Le petit filon de la Gardette, composé de quartz contenant de la pyrite de fer et de l'or natif, est remarquable par sa régularité : sa puissance n'est que de 0-,30 et cependant il a été suivi sur plus de 300 mètres.
Le gîte le plus intéressant de ce district, celui qui a donné lieu aux travaux les plus développés est celui d'Allemont , situé dans la montagne des Chalanches , à 2 myriamètres est de Grenoble. Cette montagne est composée de schistes talqueux et amphiboliques, enclavant des couches calcaipes, et surmontant des granités qui en forment la base. Des galeries
furent ouvertes à 2100 mètres de hauteur dans un filon trèsirrégulier traversant une roche quartzeuse micacée qui fait partie du terrain schisteux et dont les couches inclinent au S. O. Ces gîtes sont irréguliers comme l'allure du terrain, et la marche de leurs accidents porte à croire qu'ils ont été produits par les causes qui ont accidenté les Alpes françaises, c'est-à-dire postérieurement aux terrains secondaires dont les assises ont été si violemment disloquées et si profondément altérées.
La gangue de ces gîtes est argileuse et variée par cette multitude de substances qui caractérisent les montagnes de l'Oisans et dont l'on retrouve des échantillons dans les collections minéralogiques. Ce sont : la chaux carbonatée dont on a compté treize variétés , la chaux carbonatée manganésifère , la chaux sulfatée, la baryte sulfatée, le quartz hyalin , enfumé ou laiteux, le jaspe, plusieurs variétés de grenat, le feldspath, l'axinite,' l'épidote, l'actinote, l'asbeste, le talc, la chlorite. Tous ces minéraux servent de gangues à l'argent natif, à l'argent sulfuré accompagné d'un grand nombre de substances métallifères, telles que la galène argentifère , le nickel arsenical , 'l'arsenic \ l'antimoine natif, le cuivre sulfuré, le cuivre carbonaté, le cuivre gris, l'oxyde de manganèse, enfin le mercure sulfuré et natif.
Les autres gîtes sur lesquels on peut appeler l'attention sont :
Hautet-Alpet. Mine de plomb. A Lapierre. (Abandonnée depni« 80 an» comme trop pauvre.)
Mine de plomb. A l'Argentière. (Abandonnée depuis 40 ans environ comme trop pauvre.) %
Mine de cuivre. Aux Acles. (Abandonnée depuis 40 ans comme troD vre. ) p pau-
Kor. Minières de fer chromaté de Gassin. (Terrain en partie concédé et e partie non concédé.) Snr la plage de Cav&laire. (L'exploitation a été rècem ment abandonnée par l'effet de la concurrence du fer chromaté de Balti,™™ Etats-Unis d'Amérique.) uaitimore,
Mine de plomb argentifère. A Cogolin. (Seulement explorée; abandonnée de puis plusjeurs années à raison du peu d'abondance du minerai )
Indices do minos de plomb et zinc sulfurée tenant cuivre et mrgent. A La-
garde-Frainet. 'N'ont jamais été exploités ni explorés.)
Indices de mines de plomb argentifère. À Moutali, près Grimaud. (N'ont jamais été exploités ni explorés.)
Indices de mine de plomb argentifère. A la Gambade. ( N'ont jamais été exploités ni explorés.)
Indices de mine do plomb. Près de Gassiu. (Ont été l'objet de quelques travaux de reconnaissance. )
Autres indices analogues dans un rayon d'un k deux myriamètres autour de Saint-Tropex , notamment près du bois Noir. (Ceux-ci ont été reconnus par quelques fouilles.)
Mine de plomb argentifère avec cuivre et fer. Au lieu dit les Ameniers. (Explorée en 1823, abandonnée depuis lor*.ï
Mine de plomb. Commune du Canet du Luc. (L'époque de l'abandon est inoonuue.)
Indice démines de cuivre pyriteux. Au Luc. (On ne croit pas que ce gisement ait encore été attaqué.)
Indices de cuivre carbonaté. Entre Hières, Sollies et Toulon. ( Point encore explorés. Minerai disséminé dans des grès bigarrés.)
Indices de mine de graphite (plombagine). A une demi-lieue du plan de la Tour. J 11 ne parait pas qu'il y ait des recberebes faites sur ce* indices.)
Indices de graphite. A Ratuatuelle, au sud de Gassin.
Ba$*t$-Alpts. Mine de plomb. Commune de Saint-Geniez-de-Dromont. (Non exploitée depuis 1788.)
Mine de plomb argentifère. Commune de Curban, au pied de la montagne Aujarde. (On y a fait des tentatives d'exploitation en 1718 , en 1770 , en 1783 , et définitivement en 1785. Elle a été abandonnée vers 1790, probablement à cause de l'appauvrissement du gîte.)
Mine de plomb argentifère. Commune de Piégn , hameau de Nairac. (On y a fait des tentatives d'exploitation en 1718, en 1770, en 1783 , et définitivement en 1785. Elle a été abandonnée vers 1790, probablement à cause de l'appauvrissement du gîte.)
Mine de plomb de la Malune. Entre les vallées de Verdon et de Barcelonnette. (Découverte en 1762, exploitée eu 1766, reprise vers 1786, et abandonnée peu de temps après à raison du peu d'abondance des produits.)
Indices de plomb. Près de Colmars, partie supérieure de la vallée du Verdon. (Il y a eu des travaux de recherche qui ont fourni de beaux échantillons de minerai.)
hère. Mine d'argent des Chalanches, près d'Alleraont, commune d'Allemont. ( Découverte et exploitée en 1768, abandonnée depuis 1815 par suite de la mort du concessionnaire et de ses mauvaises affaires dans d'autres entreprises. Malgré de grandes et fâcheuses vicissitudes administratives et l'exiguïté de la mise de fonds, l'exploitation, qui a duré quarante-nx ans, a produit 42 525 marcs d'argent. La recette totale a été de 2296 367 francs. La dépense totale a été de 2 415 317 francs. Déficit, 115 650 francs. Ce déficit provient des viugttrois dernières années, la dépense annuelle [31 000 francs terme moyen] ayant été constamment trop faible pour donner un développement suffisant aux tra-
vaux souterrains. Tons les rapports s'accordent sur les avantages de la reprise
do cette mine, pourvu qu'on y applique des capitaux suffisants.)
Mines de plomb. Vieille et Vaulnaveys. (Abandonnées depuis quinze à ringt ans comme trop pauvres.)
Mines de plomb. Sechilienne et Saint-Barthélémy. (L'époque de l'abandon est inconnue. On présume qu'elles sont pauvres.)
Mines de plomb argentifère. Huez et lienx environnants. (Abandonnées à une époque inconnue et très-ancienne, probablement à cause de leur pauvreté.)
Mine d'or de la Gardette. Commune de Villard-Eymond , près du bourg d'Oisans. ( Recherches suivies de quelques tentatives d'exploitation , au commencement de 1700, en 1733, en 1765 et en 1770. Exploitation faible de 1781 à 17ô7, pendant laquelle on a dépensé 27 371 francs. La recette en or et en cris, taux de roche a été de 8000 francs. Cette mine a été reprise en 1837, elle est décrite dans le Journal d*t Mim$, t. XX, p. 103.)
Districts métallifères de l'Allemagne septentrionale.
L'Allemagne est la terre classique de l'exploitation des mines. Sa vaste superficie peut être subdivisée en plusieurs zones , dont les caractères sont tout à fait distincts sous le rapport des minerais et des industries qu'ils alimentent.
Dans toute cette région, le terrain de transition est le terrain métallifère par excellence; la forme de filons est la plus habituelle pour les gîtes ; et si l'on vient à comparer la manière d'être de ces filons, ce qu'on appelle leur allure, ainsi que la nature des minerais qui s'y trouvent disséminés dans les divers districts, on reconnaît entre ces districts des différences notables. Ces différences conduisent à diviser les régions métallifères en trois zones distinctes.
L'Elbe , le Veser et le Rhin servent de limites à ces trois zones.
Entre l'Elbe et le Veser, les régions du Harz, de l'Erzgebirge et du Thuringerwald, renferment des filons classiques par leur régularité ; et bien que des gîtes irréguliers se mêlent aux filons, cette forme est tellement dominante qu'il en résulte un caractère spécial. Les minerais ordinaires consistent en sulfures éclatants et cristallins , tels que la galène , l'argent rouge , la pyrite cuivreuse ; en métaux natifs ou alliés, tels que l'arsenic,
le cobalt ou le nickel arsenical. Les minerais de fer sont également en filons et se présentent surtout à l'état, d'oxydes cristallins , tels que le fer oligiste et les hématites fibreuses.
Entre le Veser et le Rhin, ces caractères se trouvent modifiés, sous le double rapport de la forme et de la composition des gîtes. Les filons sont généralement concordants avec la stratification du terrain , et irréguliers dans leur allure, au point que les filons curvilignes sont les plus fréquents, et qu'il n'est pas rare d'en trouver qui sont contournés en S. Parmi les minerais, la blende est la caractéristique la plus générale ; elle domine partout la galène, à laquelle elle se mélange constamment. Enfin , dans cette zone, le fer spathique manganésifère domine tous les autres minerais de fer.
Sur la rive gauche du Rhin , se trouve une troisième zone métallifère , caractérisée d'abord par la forme tout à fait irrégulière des gîtes , qui sont même en amas plutôt qu'en filons , et, en second lieu, par leur nature qui consiste en hydroxydes de fer , lithoïdes et caverneux et en calamines plus ou moins mélangées de ces hydroxydes.
Ces différences caractéristiques des gîtes métallifères sont en quelque sorte écrites dans les industries des trois zones. Entre l'Elbe et le Veser, sont les principales usines de plomb, argent , cuivre , cobalt , et les forges qui produisent les fers de qualité. La zone intermédiaire, entre le Veser et le Rhin , est spécialement représentée par la production des fontes cristallines, pour la fabrication des aciers allemands. Enfin, la zone belge rhénane est en possession de la production des fontes communes, des fers à rails et du zinc.
La zone intermédiaire , qui se trouvait plus limitée que les autres dans ses produits , est entrée dans une période nouvelle, depuis que le traitement de la blende s'exécute aussi facilement que celui de la calamine. La présence de la blende, qui entravait les exploitations , est ainsi devenue un puissant auxiliaire, et le développement des travaux en a reçu une impulsion remarquable.
Jetons un coup d'œil rapide sur les richesses métallifères de ces trois zones , en commençant par la plus orientale , dont les deux principaux éléments sont contenus dans les provinces de l'Erzgebirge et du Harz.
L ' Erzgebirge est la chaîne de montagnes qui sépare la Saxe de la Bohême ; sa forme linéaire est très-prononcée et sa direction O. 35° N. très-nette, quoique la crête de séparation soit peu élevée. Les points culminants sont formés par les dômes porphyriques et par quelques dykes basaltiques de 1200 à 1500 mètres d'élévation absolue, dont les masses, généralement arrondies, dépassent de 100 à 300 mètres au plus la ligne d'intersection des deux versants. La longueur de cette chaîne est de 150 kilomètres.
Le versant de la Saxe est peu incliné ; il présente la forme d'un vaste plateau qui , depuis les environs de Freiberg , s'élève graduellement jusqu'à la ligne de faîte. Les vallées y sont larges et peu accidentées, les cours d'eau y coulent doucement et par de longs trajets vers les plaines de l'Elbe. Ce versant est exclusivement composé de gneiss et de quelques alternances schisteuses développées surtout vers la partie occidentale de la chaîne.
Le versant de Bohême offre des caractères tout à fait différents. Les pentes y sont généralement rapides , et le terrain profondément sillonné s'abaisse sur une distance de quelques kilomètres jusqu'au niveau des plaines. Cette différence de constitution est mise en évidence par la disposition des cours d'eau principaux qui, au lieu d'être, comme vers le nord, dirigés perpendiculairement à l'axe de la chaîne , lui sont parallèles et se rendent directement à l'Elbe par les vallées profondes de l'Éger et de la Bila. Les ravins multipliés qui amènent dans ces vallées les eaux de l'Erzgebirge , leurs flancs dénudés par les eaux, présentent d'ailleurs plus d'intérêt aux géologues. Les terrains y changent en peu de temps : aux porphyres , granités et gneiss de l'axe culminant succèdent rapidement les affleurements des dépôts secondaires et tertiaires qui les
recouvrent ; et la grande formation basaltique de la Bohême , qui s'annonçait sur la crête par des buttes détachées, se développe par des plateaux , par des dykes qui couronnent les collines , et donne encore un nouveau caractère au sol par la variété des minéraux accidentels.
Du haut des protubérances de porphyre ou de gneiss qui dominent la rencontre des deux versants , le Kahlerberg ou le Keilberg , par exemple , on peut apprécier ce contraste de leur constitution physique et géologique. Les formes des montagnes , la couleur des roches et jusqu'à la végétation , tout contribue à faire ressortir la différence de ces deux versants, que l'on voit finir, en quelque sorte, l'un vers Freiberg et Chemnitz perdus dans l'horizon , l'autre vers Tœplitz et Carlsbad que l'on domine par des descentes rapides.
Du sommet de ces observatoires clair-semés sur le faîte de l'Erzgebirge , aucun obstacle n'arrête les regards , et l'on peut voir encore une multitude de cités fondées par l'industrie des mines , et dont les noms rappellent presque tous les gîtes célèbres dans l'histoire de la science : Freiberg, où naquirent la minéralogie et la géologie, est le centre des filons les plus classiques ; Altenberg , Zinnwald , petites villes modestes dans leurs constructions , mais célèbres par leurs gisements d'étain ; vers 1*0., Ehrenfriedersdorf, Geyer, Marienberg, Annaberg, Johangeorgenstadt, dont les minéraux variés enrichissent les collections ; Schneeberg , la ville du cobalt et du nickel ; et , sur l'autre versant, Joachimstall , le joyau des mines de la Bohême, Bleystadt, Schlackenwald , etc.
Les gneiss, qui constituent presque entièrement le versant saxon , sont peu variés dans leurs caractères ; ces caractères sont d'ailleurs ceux qu'on peut choisir comme types minéralogiques de cette roche. Dans tout le district de Freiberg, cette vaste nappe ondulée de gneiss présente un aspect identique , à peine modifié par quelques bancs de quartzites qui affleurent surtout vers le S. O. et le S. E. Si quelque protubérance frappe les yeux , on peut immédiatement la supposer due à des
porphyres qui forment le trait principal de la chaîne culminante , et dont les masses détachées sillonnent toute l'étendue du versant.
Cette vaste nappe de gneiss , dont Freiberg occupe le centre, ne forme en réalité que le premier terme excessivement développé du terrain de transition de Saxe. Vers 1*0. et vers le N. , se trouvent des zones de micaschistes et de schistes argileux qui complètent la série des roches de ce terrain avant qu'il disparaisse 6ous les dépôts secondaires.
Nous avons décrit précédemment les filons des environs de Freiberg représentés sur la carte ( planche XV ) , et ceux de Joachimstall représentés sur la carte (planche XIV) ; ces deux champs de fracture renferment les filons les plus célèbres de la contrée, mais ils ne sont pas les seuls.
La partie occidentale de l'Erzgebirge contient une 6érie de gîtes que l'on a souvent appelée une seconde formation métallifère , à cause des différences notables que ces gîtes présentent dans leur composition. Des minerais plus argentifères, le cobalt , le nickel , l'urane , caractérisent les filons les plus récents de cette seconde formation , qui présente d'ailleurs des gîtes d'âge très-variable; les uns étant encore liés aux porphyres quartzifères, et les plus modernes aux basaltes. Les gîtes de Schneeberg , Marienberg , Annaberg , Johangeorgenstadt sont presque aussi célèbres que ceux dont nous avons précédemment donné la description , si ce n'est dans les archives de l'exploitation , du moins dans l'histoire géologique des mines et dans les travaux minéralogiques.
Outre les filons , il existe dans l'Erzgebirge un assez grand nombre de gîtes irréguliers qui sont principalement caractérisés par l'oxyde d'étain.
On trouve en Saxe de l'oxyde d'étain dans quatre classes de gîtes : 1° en stocwerks , composés de veines et de petits amas dans certaines masses de granités et de porphyres (ce sont les gîtes que nous avons appelés gîtes éruptifs ) ; 2° disséminé dans les couches du terrain schisteux avec les substances
annexes qui lui servent de gangues , telles que le quartz , la tourmaline, la topaze, la chlorite, etc. ; ce sont des gîtes irréguliers métamorphiques ; 3° formant de véritables filons-fentes, remplis postérieurement à la formation du terrain qui les encaisse ; 4° en alluvions stannifères dans les vallées où l'action des eaux diluviennes a détruit des gisements préexistants sous les formes déjà citées , et accumulé des masses plus ou moins considérables de débris.
Le stocwerk de Zinnwald, dont une galerie est représentée planche VII, fig. 1, se compose d'une masse hémisphérique de ' greisen à gros grains. Cette masse est divisée en zones qui suivent la courbe convexe de sa surface extérieure , et sept de ces zones, de 0m,30 de puissance, sont en partie composées d'étain oxydé. Ces zones de greisen, qui semblent résulter d'une espèce de liquation par refroidissement, sont coupées par de petits filons verticaux , de chaque côté desquels les zones stannifères éprouvent des rejets assez considérables, ainsi que l'indique la figure ; ces filons verticaux sont stériles. Ce gîte est évidemment contemporain du greisen dont il fait partie. La masse du greisen stannifère est comprise dans un terrain de porphyre auquel s'arrêtent les zones de minerais.
Le gîte d'Altenberg présente un caractère différent. C'est une masse de porphyre grisâtre, quartzifère, d'environ 400 mètres de longueur sur une largeur de 200 à 300 mètres. Cette roche est stannifère dans toute sa masse , et plus elle est quartzeuse, plus elle est riche en étain. Dans une partie de son périmètre le porphyre passe soit au granité , soit à la syénite ; mais alors il s'appauvrit , et c'est seulement lorsque la roche reprend sa première nature de porphyre gris quartzifère que le , minerai reparaît. Cette roche d'Altenberg peut être considérée comme le greisen de Zinnwald , à l'état compacte , et mélangé de feldspath.
Chacun de ces amas ou stocwerks , ou , en d'autres termes . chacune de ces masses stannifères éruptives est différemment caractérisée par la forme et la disposition des veines stannifères.
A Geyer, par exemple , les veines suivent des dessins tout à fait irréguliers, mais dont les allures se rapprochent le plus souvent de la verticale; elles se soudent et se ramifient, sans que l'on ait pu constater aucune disposition spéciale, si ce n'est une certaine tendance au parallélisme avec les strates des micaschistes qui s'appuient sur la roche stannifere.
Il est difficile de voir dans ces divers exemples autre chose que des gîtes contemporains d'une roche ignée dont la nature varie et dans laquelle la présence du minerai d'étain est liée à certains caractères minéralogiques qui, eux-mêmes, ne sont pas constants d'un gîte à l'autre. Cette contemporanéité range l'oxyde d'étain parmi les principes constituants des roches éruptives.
Les autres manières d'être des gîtes stannifères , en Saxe , ne présentent rien de particulier : ce sont, comme dans les autres districts et notamment le Cornwall , les gîtes métallifères les plus anciens ; les gangues y sont caractérisées d'une manière assez remarquable par le quartz , la chlorite , la tourmaline et la topaze.
En résumé, le porphyre quartzifere de l'Erzgebirge est la roche métallifère par excellence ; les gîtes d'étain , qui peuvent être considérés comme liés aux phénomènes directs de l'éruption des masses principales , sont par conséquent les plus anciens de la série. Les galènes argentifères et les pyrites pauvres argentifères, qui forment le trait caractéristique des filons de Freiberg, minerais liés, à Marienberg, aux minerais d'étain, formeraient une seconde période bien distincte de la période des minerais éruptifs ; enfin , les minerais de cobalt , urane . bismuth et argent , contemporains des basaltes , seraient l'expression la plus récente des actions qui ont produit les minerais. La formation métallifère se serait ainsi prolongée depuis le commencement de l'époque crétacée jusque vers la fin de l'époque tertiaire.
Les chiffres de la production saxonne sont, année moyenne : 66 000 marcs d'argent ; 8000 quintaux métriques de plomb ;
2200 d'étain. A cette production se joint une quantité considérable de produits accessoires , tels que 6000 quintaux de smalt de cobalt , du speiss de nickel , de l'oxyde d'arsenic , etc. La production de l'argent est devenue la principale industrie de Freiberg et l'usine d'amalgamation d'Halsbruck entre pour moitié dans la production totale. On y traite des pyrites argentifères qui fournissent , en moyenne , 7 loths au quintal de Saxe.
Le Harz a été très-bien défini : un îlot protubérant formé par les terrains de transition et surgissant au-dessus des plaines secondaires de l'Allemagne septentrionale. Cet îlot elliptique a 10 myriamètres de longueur, depuis Grund jusqu'à Mansfeld, sur 3 de largeur moyenne ; il est orienté du S. S. E. au N. N. O. Ses contours sont assez nettement dessinés par le relief du terrain de transition et par les affleurements des couches relevées du Rothliegende , du Zechstein , du grès bigarré , du Muschelkalk , du Keuper, du Lias et de la craie , qui sont appliquées sur les derniers versants, et forment sur son périmètre des lisières ou zones d'affleurements étroites et concentriques.
Vu de quelques kilomètres, et lorsqu'on se place sur les dernières ondulations formées par ces lisières d'affleurement, le Harz apparaît comme une gibbosité surbaissée , dont les pentes s'élèvent doucement et assez régulièrement jusqu'au Brocken , qui est le point culminant ; mais cette apparence de régularité cesse lorsqu'on pénètre dans l'intérieur, et l'on ne voit plus qu'un groupe de montagnes arrondies, tantôt entassées, tantôt séparées par des vallées larges et ouvertes. L'étude des roches constituantes devient dès lors indispensable pour apprécier l'ensemble et les détails de la structure du pays.
Le cône culminant du Brocken (1132 mètres d'élévation), qui forme le trait le plus prononcé de la structure du Harz, est composé de granité ; plusieurs montagnes , également élevées et de même composition, se rattachent au Brocken, et constituent une masse saillante et cristalline autour de laquelle
se contournent et se relèvent les dépôts stratifiés du terrain de transition.
A TE. de cette masse, qui occupe environ 150 kilomètres carrés, les granités en forment une seconde beaucoup moindre en superficie comme en élévation ; ce sont les montagnes de Rostrapp. Ces granités sont généralement trèscristallins, et peuvent , être assimilés aux types de la pointe du Cotentin .
Les terrains de transition du Harz se partagent en deux formations puissantes : celle des thonschiefer ou schistes argileux , et celle des grauwackes. Ces deux formations, qui paraissent concorder dans la plupart des circonstances , semblent cependant former deux termes assez distincts.
Le développement des thonschiefer commence par des roches siliceuses, kieselschiefer, et se termine en se chargeant de quelques alternances calcaires. Il en est de même des grauwackes, qui commencent par les quartz/eh ou quartzites et se terminent par des calcaires.
En parcourant l'intérieur du Harz , on reconnaît que la disposition des roches stratifiées est constamment subordonnée aux masses granitiques, ainsi désignées comme centres principaux d'éruption et de soulèvement; mais on reconnaît aussi que la structure du groupe offrirait plus d'unité et de simplicité si les formes n'eussent été compliquées par d'autres causes. Ces causes sont manifestes par la présence fréquente des roches amphiboliques éruptives , désignées sous les dénominations de grunsteins , amphiboîites , diorites , pyroxengeistein, etc.
Ces amphiboîites, d'un vert sombre, souvent cristallines et affectant les structures radiées et globulaires si fréquentes dans ces roches, se rencontrent dans toutes les parties du groupe; les accumulations principales suivent une ligne transversale depuis les environs de Lerbach jusqu'au delà d'Altenau , ligne interrompue par le cap granitique de Ziegenrucke, mais qui reparaît au delà de ce cap, vers Goslaret Harzburg. On retrouve
les mêmes roches amphiboliques autour des granités de l'E. , à Andreasberg, à Wieda, etc.
Les roches amphiboliques du Harz justifient , par les variations de leurs caractères, la multiplicité des dénominations qui leur ont été données. L'adjonction du feldspath qui les fait bien réellement passer aux diorites, et la substitution de l'hypersthène à l'amphibole, sont les principaux éléments de ces transformations. Ces diverses roches, en se soudant aux roches stratifiées suivant le plan desquelles elles se sont souvent insérées, en ont altéré la nature minéralogique et la texture, de manière à déterminer des roches mixtes ou métamorphiques qui ont souvent reçu des dénominations spéciales. Telles sont les blatlersteins et les mandthteins qui reproduisent les caractères de nos spillites et de nos amygdaloïdes.
Les roches amphiboliques sont les roches métallifères du Harz. Nous avons déjà signalé leurs relations directes et intimes avec les minerais de fer. Ces relations , quoique moins directes, sont cependant analogues entre les diorites des environs d' Andreasberg et les filons métallifères qui sillonnent ce champ de fracture situé dans les schistes argileux. (Voir la planche XIII et la description des filons d' Andreasberg.)
Dans les environs deClausthal et de Zellerfeld, les filons sillonnent la zone des grauwackes ; nous avons précédemment indiqué les caractères généraux de ces filons , qui forment la richesse principale du Harz , et dont le vaste réseau est représenté par la carte (planche XVI).
La composition générale des filons de Clausthal est assez homogène, et se réunit aux caractères de forme et d'allure pour indiquer que tous ces filons, s'ils ne sont pas strictement de la même époque de formation , se rapportent du moins à la même période géologique, et ont été formés par les mêmes influences.
Cette composition générale peut être définie comme un remplissage brêchiforme de roches du toit et du mur, soudées et traversées par des substances nouvelles qui tendent toujours à déterminer dans l'ensemble la disposition caractéristique des
filons , par bandes symétriques parallèles au toit et au mur. Cette disposition symétrique devient même complète lorsque , accidentellement et dans les parties peu puissantes, les substances nouvelles remplissent seules la fracture.
Ces substances sont , parmi les gangues : le spath calcaire pur ou ferrugineux (braunspath), le fer spathique, le quartz, la baryte sulfatée; et, parmi les substances métallifères : la galène argentifère qui forme le trait le plus essentiel , la pyrite cuivreuse et la blende.
On peut considérer comme filon principal , le filon intermédiaire qui commence à Wildeman , passe sous Zellerfeld et se termine environ à 2000 mètres à l'E. de Clausthal , à la rencontre d'un autre filon , le Rosenbusthergang ; ce second filon se prolonge à 1*0. de Clausthal, par une partie renflée et trèsdivisée, dite Rosenhofer Zng , qui est un des points les plus riches de la contrée. Plus au S. , le Silbernaater commence aux environs de Grund , et se perd dans le même groupe de fissures infléchies à l'approche de la ligne des amphibolites et des gîtes de fer.
Au N. du filon principal , se trouve d'abord un système de fissures très-rapprochées qui peut être considéré comme appartenant à un même filon composé du Hulschenthaler , du Spiegeltha/eretdu Jferzberger Zug. Le filon de Bockwieser, qui se termine à Schuïenberg , est un second système remarquable par sa puissance; enfin , plus au N. , celui de Lauthenthal et Hannenkleer termine le groupe des cassures métallifères qui embrassent ainsi un champ de 9000 mètres de l'E. à l'O. , et de 7000 mètres du N. au g.
En résumé, ces six filons principaux courent, suivant une direction générale de TE. à l'O. (direction moyenne de 8 heures), en coupant le terrain de grauwacke et de thonschiefer dont les couches fortement inclinées sont dirigées comme les masses amphiboliques du N.-45°.-E. au S.-45°.-0. Ce qui est à remarquer, c'est que ces filons puissants s'arrêtent à une limite tracée par les roches amphiboliques qui courent de Ler-
bach à Altenau , et dont la ligne n'a jamais été coupée par eux ; c'est en quelque sorte une barrière devant laquelle ils s'infléchissent et s'arrêtent.
AinsLconsidérée dans son ensemble, la disposition des filons du district de Clausthal devient très-simple, puisqu'elle se réduit à six fractures ou plutôt à six artères principales auxquelles se rapportent tous les filons de la contrée. Ces six artères ont elles-mêmes dans leur ensemble des rapports évidents de parallélisme; de telle sorte que le champ des fractures métallifères peut être considéré comme sillonné par des fentes à peu près contemporaines qui ne se croisent pas entre elles , ne se rejettent dans aucun cas, mais présentent des exemples nombreux de soudures. Quelques failles, postérieures aux fiions métallifères, leur font quelquefois éprouver des rejets; mais ces failles sont toujours stériles.
La puissance des filons est très-variable. Lorsqu'ils sont simples, ils ont ordinairement dé 3 à 4 mètres, et il n'est pas rare de les voir se renfler jusqu'à 8 et 10; lorsqu'ils se ramifient , la puissance des branches se réduit souvent à 2 mètres , quelquefois à un seul , mais la somme de ces branches constitue presque toujours un écartement plus considérable que celui des parties plus simples ( Burgstadter , Rosenhofer). Dans les filons simples et puissants, la partie métallifère n'occupe ordinairement qu'une portion des filons, les salbandes prenant une épaisseur considérable.
La plupart des gîtes métallifères du Harz appartiennent à une seule et même période , contemporaine des éruptions amphiboliques et dioritiques ; cette période ne devant pas être considérée comme un phénomène instantané , mais bien comme une époque de longue durée pendant laquelle ont eu lieu des éruptions analogues dans leurs produits , leurs formes et leurs influences. Il y a, en outre, des distinctions essentielles à établir entre les divers degrés de cette liaison géognostique qui subordonne les minerais à une classe de roches éruptives. Ainsi, on peut distinguer :
1° Les minerais de fer oxydés , formant des gîtes irrkguîiers de contact , immédiatement subordonnés aux roches amphiboliques. (Gîtes de contact de Lerbach à Altenau.)
2° Les minerais d'argent, argent antimonial , argent sulfuré, argent rouge, etc., accompagnés de galène argentifère et d'une grande quantité d'arsenic natif, ayant pour gangues le spath calcaire et le quartz avec géodes tapissées de silicates et de substances zéolithiques. Ces minerais et ces gangues remplissent les filons du territoire d'Andreasberg; ils sont postérieurs aux principales masses dioritiques et antérieurs à quelques autres.
3° Les galènes plus ou moins argentifères , et les blendes accompagnées de pyrites martiales et cuivreuses , avec gangues de spath calcaire, spath ferrifère, quartz et baryte sulfatée. Ce sont les principaux filons du pays; ils sont concentrés dans le district de Clausthal et postérieurs aux principales masses amphiboliques de Lerbach et d' Altenau.
4° Les filons cuivreux , où la pyrite cuivreuse est presque isolée des autres minerais ; les gangues sont quartzeuses , et l'on y trouve du spath fluor en plus grande quantité que dans les autres. Ces filons cuivreux sont ceux de Lauterberg.
5° Enfin il y a encore au Harz quelques exemples de filons peu puissants , caractérisés principalement par la présence du sulfure d'antimoine. Les filons de Stollberg, remarquables par le spath fluor qui domine souvent les autres gangues , appar tiennent à cette cinquième catégorie , et leur position vers le contact du terrain schisteux traversé par des masses porphyriques éruptives , les assimile , sous le rapport des conditions de gisement, aux filons d'Andreasberg. Près de Wernigerode, les filons sont cobaUifères. Le plomb sélénié de Tilkerode se trouvait dans un gîte placé immédiatement entre une roche éruptive (Hypersthène et Labrador) et le terrain schisteux; outre ce plomb sélénié, on y a trouvé de l'or natif et du palladium en paillettes , la gangue était formée de spath calcaire et d'oxyde de fer.
Tels sont les gîtes principaux qui alimentent la production de ce district.
Les travaux souterrains du Harz se sont considérablement accrus en étendue et en profondeur depuis la description classique qui en a été publiée en 1815. La profondeur moyenne des puits de Clausthal dépasse aujourd'hui 500 mètres; le Samson, qui a dépassé 800 mètres , est actuellement le puits d'exploitation le plus profond. La grande galerie d'écoulement qui débouche à Grund sera bientôt remplacée par une autre de 16 000 mètres; enfin toutes les mines de Clausthal sont actuellement reliées par des galeries et des canaux souterrains, et forment le plus bel ensemble de travaux qui ait jamais été exécuté.
Le travail du Harz peut être évalué d'après les chiffres suivants : la production annuelle en minerais triés (non compris les minerais de fer), est d'environ 1 000 000 de quintaux métriques qui proviennent d'une extraction de minerais bruts d'environ 4 000 000 de quintaux. Il résulte des travaux de triage et de traitement mécanique, environ 180 000 quintaux métriques de minerais en morceaux, provenant principalement du Rammelsberg, et 113 000 quintaux de schlicks, qui fournissent ensemble 31 000 quintaux de plomb et litharge, 3000 quintaux de cuivre, 70 de zinc, 50000 marcs d'argent et 11 marcs d'or.
La production de la fonte est de 500 000 quintaux métriques , celle du fer de 180 000.
Un des traits les plus intéressants de la richesse métallifère de l'Allemagne est la petite couche schisteuse métallifère, connue sous la dénomination de kupferschiefer et dont nous avons précédemment indiqué les conditions de gisement.
Les travaux d'exploitation ont surtout été développés aux environs d'Eisleben , Gerlstadt et Sangerhausen ; on y extrait toute l'épaisseur de la couche dans laquelle se trouve disséminé en veinules et en particules , un cuivre gris un peu argentifère. Par quintal de kupferschiefer on obtient en moyenne 2 kilog. de cuivre. On extrait également l'argent. Les produits, qui se sont élevés, en 1806, jusqu'à 8000 quintaux métri-
DISTRICTS MÉTALLIFÈRES DE L'ALLEMAGNE. lOi
ques de cuivre et 3000 kilogr. d'argent, ne sont guère aujourd'hui que de 4000 quintaux de cuivre et 1700 kilogr. d'argent.
Cette couche métallifère est parfaitement stratifiée et présente un exemple remarquable des sédiments dont le dépôt et le métamorphisme sont contemporains. La seule hypothèse probable , et par laquelle on puisse rattacher cette couche à la généralité des gîtes métallifères , est d'admettre que les émanations ont été produites dans les eaux qui déposaient les principes terreux; il est à remarquer que presque tous les calcaires qui accompagnent le kupferschiefer sont à l'état dolomitique.
La Silèsie est un district métallifère d'une grande importance. Les minerais s'y trouvent non -seulement dans les montagnes du Riesenbirge , de l'Eulengebirge et des Sudètes qui en forment les hautes régions , mais aussi dans la partie basse , aux environs de Tamowitz , point sur lequel une couche calcaire se montre très-souvent métallifère et contient des amas nombreux de plomb sulfuré, de fer oxydé et de calamine. Les mines de plomb les plus suivies dans cette couche s'étendent de Georgenberg à Benthen : les mines de fer s'étendent surtout au N. E. de Tarnowitz; les mines de zinc sont réparties au S. E. de Tarnowitz et près de Scharley sur une longueur de 11 kilom. et une largeur de 7.
La mine de plomb de Tarnowitz produit 25 000 quintaux métriques de minerai qui donnent à la fonte 19000 quintaux de plomb et 1500 marcs d'argent. Les mines de zinc produisent en moyenne 600 000 quintaux métriques de minerais qui fournissent 150 000 quintaux de métal ; c'est le principal élément de cette fabrication en Europe.
Le massif du terrain de transition , qui est traversé par le Rhin à la hauteur de Cologne, Bonn et Coblentz, et comprend les provinces du Weslerwald, du Taunut , de X Eifel et du
lluîidsruck, présente quelques exemples de gîtes assez remarquables.
Cette contrée n'offre pas, comme les précédentes, une forme déterminée, coordonnée à un point culminant ou à une crête de partage; c'est une surface inégale et ondulée, dont J'accidentation générale ne présente aucun trait d'ensemble. Les roches schisteuses en composent toute la surface , avec prédominance des schistes argileux à l'ouest , et des grauwackes à l est ; les roches ignées, en masses clair-semées, ne constituent aucun de ces centres de soulèvement qui déterminent à la fois un caractère physique, et les traits de direction générale, d'inclinaison et de succession des dépôts sédimentaires qui les enveloppent.
Les gîtes métallifères paraissent en quelque sorte partager cette absence d'unité et de centralisation des conditions physiques et géognostiques de la contrée. Ils se trouvent , comme par l'effet du hasard, dans telle montagne, dans tel vallon , sans qu'on puisse rattacher leur présence , soit aux masses éruptives, qui n'affleurent pas, soit à la forme physique , qui n'a aucun trait prononcé. Aussi trouve-t-on ces gîtes clairsemés se rapportant bien plus souvent aux types irréguliers qu'aux filons.
Le pays de Siegen , compris entre le Rhin et Cassel , est la partie de ce terrain de transition la plus riche en gîtes métallifères. Les minerais de fer, consistant en peroxydes et surtout en fer spathique manganésifère , y constituent le trait principal de la richesse minérale. Ces minerais ont donné naissance à la fabrication directe des aciers dits aciers naturels ; des gîtes d'oxydes de manganèse, nécessaires à cette fabrication , sont presque toujours liés aux gîtes ferriferes. Il existe, en outre, dans ce massif, une quantité très-considérable de filons contenant des minerais sulfurés, blende, galène argentifère, pyrite cuivreuse, etc. On peut classer tous ces gîtes métallifères en trois catégories très-distinctes :
1° Les filons de fer spathique , filons puissants , dont le gîte
PROVINCES RHÉNANES
du Stahlberg ^planche XIV) est l'exemple le plus développé. Ces gîtes affectent souvent des formes et allures plus rapprochées de celles de filons réguliers; ainsi, à Arnzau , prèsLinz, il existe un véritable filon de fer spathique dont la puissance vane de 2 à 12 mètres; il a été suivi en direction sur une longueur déplus de 200 mètres. Les environs d'Ucherath con tiennent des filons de la même nature.
2° Les filons de blende et galène, qui sont les plus nombreux. En première ligne se trouvent ceux qui forment un faisceau si remarquable dans les environs d'Holzappel et d'Obernhoff, et s'étendent jusque vers Saiut-Goar , de l'autre côté du Rhin. Beaucoup de ces filons , dont le Westerwald est sillonné, se lient aux fers apathiques ; tels sont ceux du Si hwabengrube dans le Stahlberg ; celui d'Arnzau , exploité pour les galènes qui accompagnent le fer spathique ; ceux de la Louise, près Uoherath; ceux de i'Àntonius, etc., aux environs de Siegburg. Ces filons sont très-remarquables par leur situation presque toujours concordante avec la stratification du terrain, et les allures souvent curvilignes qui en résultent.
3° Les filons cuprifères, à gangues de quartz, constituent la troisième catégorie. Le plus célèbre de tous est celui de Rheinbreitbach , qui fournit de beaux échantillons de cuivre oxydulé capillaire et de cuivre phosphaté. Le minerai normal est un cuivre panaché mélangé de pyrite et de sulfure; dans quelques autres filons c'est la pyrite cuivreuse qui domine, mais tous ont le quartz pour gangue presque exclusive.
Ces divers filons sont tous concentrés dans les terrains de grauwackes et de schistes argileux ; mais , au contact de ces terrains avec les schistes et calcaires anthraxiferes , il existe des gîtes de nature toute différente ; ce sont les hydroxydes de fer et les calamines. Ces gîtes traversent les provinces rhénanes des environs de Liège à Stolberg, et jusque vers Brilon, sur la rive droite du Rhin, se maintenant toujours dans la même zone géologique.
Le principal gîte calaminaire se trouve à Moresnet, entre Herbesthal et Aix-la-Chapelle ; on le désigne sous le nom de la Vieille -Montagne . Ce gîte se présente sous la forme d'une vaste excavation ellipsoïdale , creusée dans un amas allongé , situé au contact des schistes anthraxifères et des ctUcaires carbonifères. Dans cet amas de 400 mètres sur 150 à 200 de largeur, la calamine chargée d'oxyde de fer forme des masses irrégulières, noyées dans des argiles délayables, jaunes , rouges, noires, rubanées, bariolées, sans stratification réelle. Le minerai proprement dit est jaune, compacte et criblé de géodes cristallines dans lesquelles se reconnaissent les prismes de la calamine et les rhomboèdres de la smithsonite.
Vers leurs contacts avec les roches stériles , les masses calaminaires affectent une structure bréchiforme très -prononcée. Elles contiennent des fragments anguleux de schiste , d'argile endurcie, appartenant évidemment aux roches encaissantes , et dont la présence jusque dans les masses centrales démontre que ce gîte est d'origine postérieure. Mais quels peuvent être les détails de cette origine? quel en est même le principe? ce sont des questions auxquelles il est presque impossible de répondre si, après avoir étudié le gîte de Moresnet, on n'examine aussi les autres, afin de considérer le phénomène des gîtes calaminaires, non-seulement dans ses détails, mais encore dans son ensemble.
Le gîte de la Vieil le -Montagne n'est pas isolé ; dans des positions identiques , c'est-à-dire vers le contact des schistes et des calcaires carbonifères , tantôt dans un des deux terrains, tantôt dans l'autre, quelquefois dans les deux à la fois, on trouve de nombreux indices et quelquefois d'autres gîtes calaminaires, toujours disposés entre les plans de stratifico tion. Ainsi, on rencontre ces calamines àHerrenberg, près Stolberg, où il a existé des exploitations assez importantes , et vers l'ouest, dans la vallée de la Meuse, à Engis, à Huy, à Verviers , à Corphalie ; tous ces gîtes affectent en réalité une disposition linéaire suivant la direction des couches schisteuses et leurs affleurements.
PROVINCES RHENANES.
M. Davreux a bien défini le gîte de la Vieille-Montagne en le représentant , non pas comme un amas unique , mais comme résultant de l'accumulation sur un seul point d'un grand nombre de petits amas disposés irrégulièrement , et enveloppés soit dans les calcaires dolomitiques , soit dans des argiles bolaires dont la variété noire rappelle beaucoup les caractères de l'ampelite alumineu*. Ces amas ont souvent la forme de veines et de filons irréguliers; nulle part ils n'ont l'apparence de couches.
La puissance et la richesse de ces gîtes est extrêmement variable. Tantôt ils te réduisent à des veines ou lits irréguliers interposés entre les couches, veines toujours apparentes par leurs couleurs ocreuses ; tantôt ces veines prennent de l'importance , se renflent et conduisent à de véritables amas , comme celui d'Engis qui a 10 mètres d'épaisseur, ou comme celui de la Vieille-Montagne qui en a 100. A Engis, ces gîtes traversent la stratification de plusieurs couches calcaires qui paraissent contenir ainsi des amas dans des fractures.
La teneur en zinc est également très-variable. Le minerai de la Vieille-Montagne , exploité à ciel ouvert , presque sans distinction , sort par un simple triage au titre de 35 pour 100. A Engis , le minerai trié et lavé pour le débarrasser de l'argile contient 25 pour 100. En beaucoup de points, il ne contient plus que quelques centièmes ; les oxydes de fer venant , en quelque sorte, éliminer le silicate et le carbonate de zinc. Sur beaucoup de points , et notamment à Engis , Stolberg. Corphalie, la calamine contient souvent des sulfures, tels que la blende, la galène et la pyrite de fer.
Les gîtes calaminaires sont donc essentiellement irréguliers dans leurs formes et dans leur composition ; mais ils sont constamment dans la même position géologique. Ces plans de gisement des amas métallifères ne paraissent d'ailleurs justifiés par la présence d'aucune roche ignée postérieure aux roches stratifiées encaissantes ; aussi les ingénieurs du pays les ontils souvent regardés comme de simples dépôts ou remblais,
intercalés dans desvide3ou poches qui existaient dans le terrain . opinion qui semble souvent confirmée par l'apparence bréchiforme des amas. Si l'on vient cependant à discuter cette origine des gîtes par l'étude des roches qui les constituent et des roches qui les encaissent , on pourra rassembler un grand nombre de faits qui les distinguent des véritables minerais stratifiés , tels , par exemple, que les minerais de fer d'alluvion.
Il résulte d'un premier examen que ces minerais calaminaires sont postérieurs aux roches encaissantes, puisqu'ils en contiennent des fragments anguleux , véritables débris du toit et du mur. Il n'y a aucune trace de stratification horizontale comme dans les minerais alluviens ; les minerais sont cristallins, on y trouve des géodes, des druses comme dans les filons, et des zones ondulées parallèles aux contours des masses. Enfin, les sulfures, tels que la galène, la blende, la pyrite martiale ou cuivreuse, sont des minerais que nous sommes habitués à attribuer aux phénomènes métamorphiques.
Les contours des grands amas calaminaires ne sont pas nettement définis comme ceux de cavités remplies par une action sédimentaire. Il y a le plus souvent pénétration , imbibition du minerai dans le terrain encaissant; de telle sorte que les limites se pressentent par le mélange des éléments du toit et du mur. Cette pénétration s'oppose à toute assimilation avec les cavités remblayées , si fréquentes dans !e terrain jurassique ; pour en apprécier l'origine , étudions les conditions dans lesquelles se présentent les roches encaissantes.
Ces roches sont toujours les schistes anthraxiferes ou les calcaires carbonifères; or, dans les deux cas, elles offrent des circonstances remarquables d'altérations métamorphiques, altérations qui sont ordinairement propres aux plans de contact de ces roches avec les roches ignées. Les calcaires sont massifs, cristallins et dolomitiques ; les schistes sont pénétrés de pyrites, et, en beaucoup de points, convertis en schistes aluniferrs ; souvent même on voit les roches encaissantes s'altérer et se modifier vers les contacts, au point qu'il y a sou-
PROVINCES RHÉNANES. 407
vent des passages entre elles et les minerais. Ainsi , au milieu du gîte de Moresnet, les calcaires qui, d'abord, sont devenus durs et dolomitiques vers le contact, s'avancent dans la masse calaminaire , et là se colorent , sont friables , et contiennent une quantité notable de calamine, souvent jusqu'à 5 et 10 pour 100.
Si l'on considère la position fortement accidentée et toujours trè8-incîinée des couches du terrain anthraxifère , on concevra que le terrain , placé dans une position aussi anormale , a dû subir des ruptures en beaucoup de points , et que les plans de contact de deux roches aussi hétérogènes que les schistes et les calcaires devaient servir de clivages naturels. Or, le terrain disloqué se trouvant au-dessus du foyer souterrain , ces plans de rupture ont servi d'évents naturels, et il s'y est établi des solfatares métallifères dont les gîtes calaminaires, les schistes pyriteux aluniferes et les dolomies sont aujourd'hui les diverses expressions.
Les calcaires ont été le siège principal de ces sublimations ; outre les calamines , ils contiennent , sur beaucoup de points du pays de Namur et de Liège, des gîtes de galène et de cuivre carbonaté, accompagnés de gangues caractéristiques, telles que le spath fluor et la baryte sulfatée. Au contact de tous ces minerais , le calcaire se transforme constamment en dolomie ; et comme aujourd'hui les idées théoriques sont assez positivement fixées sur l'origine des galènes, pyrites de cuivre, etc., la concordance des caractères que prennent les roches encaissantes au contact des galènes ou des calamines devient encore une preuve de l'identité d'origine qui réunit tous les minerais de la contrée.
La majeure partie des minerais de fer exploités dans la vallée de la Meuse appartient à des gîtes irréguliers, dont beaucoup sont intimement liés aux gîtes de calamine. Ces minerais de fer, liés aux gîtes calaminaires, se trouvent surtout vers la rive gauche; dans le canton de Héron, le fer hydroxydé constitue sept à huit filons verticaux, dont l'ensemble
a plus de 1000 mètres de longueur et dont la puissance varie de 0°\30 à 2, 3 et jusqu'à 10 mètres. Ces filons, comme les calamines, traversent le calcaire et ses dolomies; ils contiennent de la galène et du plomb carbonate qui ont donné lieu autrefois à des exploitations assez actives ; on y trouve de plus de la calamine et de la blende.
La galène, le plomb carbonaté, la calamine se retrouvent encore dans les minerais de Rocheux et des environs de Theux ; à Landenne , on a exploité un filon rempli de calamine et de galène. Enfin, on trouve dans le pays de Liège, de la galène, de la calamine, et surtout des oxydes de fer, presque partout où il existe des dolomies , et suivant toute la ligne qui sépare les ampelites alumineux du calcaire anthraxifère.
La disposition de ces terrains du pays de Liège et les conditions de distribution géographique des minerais qui s'y trouvent, sont très-bien exprimées par cette note de MM. Lamine et Davreux : - Si l'on part des environs d' Ampsin qui se trou-
- vent au sud-est du terrain houiller, en se dirigeant au nord- « ouest, sur Villers, de manière à couper les affleurements -successifs des terrains fortement inclinés, on rencontre :
- 1° une bande de calcaire de 50 à 60 mètres désigné sous le « nom de petit calcaire concomitant , contenant des parties de
- dolomie et coquiller à sa limite nord-ouest ; 2° une bande de «120 à 140 mètres de schistes et de psammites micacés ;
3° trois petites couches de minerai de fer oligiste, terreux,
- granuliforme, désigné sous les noms de grosse mine (0",40d'é- « paisseur) , belle mine (0-.33) et petite mine (0m,30) ; ces trois « petites couches forment , avec les schistes qui les accompa-
- gnent , un ensemble de 40 mètres de puissance ; 4° un psam- « mite très-quartzeux de 10 mètres , propre à faire des pavés ; « 5° une bande de psammites et de schistes micacés de 40 à ** 50 mètres , contenant une petite couche de calcaires à entro-
- ques ; 6° une large bande de 250 à 300 mètres composée de, «dolomies et de calcaires anthraxifères : ce sont ces roches qui
uigi
PROVINCES RHÉNANES
» sont désignées par les ouvriers du pays par la dénomination
- de grands rochers des ahnieres ; 7° la zone métallifère carac-
- térisée par les minerais de fer, zinc et plomb ; 8° l'ampelite
- alumineux ; 9° le terrain houiller, proprement dit. Tout ce « système de roches incline au sud-est. «
Ainsi , la position géognostique des minerais est fixe ; et quoique ces minerais soient postérieurs au terrain , quoiqu'ils appartiennent à la classe des gîtes irréguliers, les phénomènes générateurs, en agissant suivant un clivage bien déterminé du terrain , leur ont fixé une place où l'on peut les rechercher à priori et avec autant de certitude que peut en fournir i'étude géologique des terrains .
Si l'on compare les gîtes du pays de Liège à ceux dont les descriptions précèdent, on trouvera entre eux des différences prononcées, et par l'irrégularité indéfinissable des formes de ces gîtes et par leur position géognostique constante. On sera frappé de voir ces minerais dépendre en quelque sorte du terrain encaissant par leurs habitudes de gisement.
Districts métallifères de l'Aatrlelie. du Piémont,
de l'Italie.
La partie méridionale de l'Allemagne renferme plusieurs districts métallifères d'une grande importance.
C'est principalement dans le Tyrol, Ja Bohême et la Hongrie que se trouvent les mines de l'Autriche ; ce pays peut être considéré comme celui de tous les Etats européens qui produit la plus grande quantité d'or et d'argent , les mines de la Russie étant presque toutes situées en Asie. L'étude de cette production présente donc quelque intérêt non-seulement à cause du gisement, mais encore sous le point de vue de l'exploitation.
A Bockstein , dans le Salzbourg , à Zell en Tyrol , on exploite des filons à gangue de quartz, avec schiste argileux provenant des débris du toit et du mur, qui contiennent de la
pyrite aurifère, du mispickel argentifère, du cuivre gris argentifère et de l'argent sulfuré. On est arrivé à retirer avec avantage l'or de minerais qui n'en contiennent que de 0,000015 à 0,000006, et même encore au-dessous. Ainsi à Zell, do 50 000 quintaux de minerai, on retire année commune 35 marcs d'or, c'est-à-dire que la teneur moyenne n'est que de 0,000004. L'argent contenu dans ces minerais est de six à sept fois la teneur de l'or, c'est-à-dire dans la proportion de 0,000025.
Cette loi ou teneur des minerais aurifères et argentifères du Tyrol doit être remarquée ; elle fera apprécier, lorsque nous citerons les circonstances de gisement et de richesse des minerais des Amériques, tout ce que l'art de l'exploitant a dû faire dans ce pays pour rendre possible l'extraction de quantités si minimes.
L'Autriche possède une partie des mines de la Bohême, situées sur le versant méridional de l'Erzgebirge. Ces mines, outre les métaux ordinaires, livrent au commerce une quantité considérable de smalt de cobalt (2000 quintaux) et d'arsenic blanc. Cette partie de la Bohême alimente aussi cinquante hauts fourneaux, mais le siège principal de la production du fer est la Moravie, la Styrie et la Carinthie; cette dernière province produit, en outre, une quantité considérable de plomb extrait de gîtes irréguliers qui existent dans la montagne de Bleyberg. L'importance de ces divers districts de mines peut être appréciée par les chiffres de leurs produits
annuels :
Fer, quint.
Cui»r*. qain
U Or, m.rc.
Argent, mare».
TUrnb, <)ai,
Bohème.. . .
Carinthie.. . .
Salzhourg. .
Le mercure produit par l'Autriche est entièrement dû au gîte de cinabre d'Idria en Carniole.
Dans la Hongrie comme dans le Tyrol , le gisement des mi-
rirais d'argent paraît se confondre avec celui des minerais d'or; Schemnitz et Kremnitz sont le centre du district de la Basse- Hongrie, le plus riche de tous; la Haute-Hongrie forme un second district, comprenant les établissements de Schmolnitz et Arandjydka ; le troisième est la contrée de Kapnick et de Nagy-Bania, sur la frontière de Transylvanie ; leBannat, voisin de la Turquie, forme le quatrième : tous fournissent des minerais cuivreux argentifères.
Le gisement de ces minerais est en filons puissants mais peu continus, assez généralement parallèles entre eux, coupant le terrain encaissant sous des angles de 40 à 45 degrés , et s'intercalant quelquefois entre les plans de la stratification des couches. Le terrain encaissant se compose de porphyres souvent amphiboliques , liés à des syénites qui passent au granité. Les gneiss, micaschistes et calcaires semblent subordonnés aux roches ignées, tant celles-ci acquièrent de puissance.
Les filons de Schemnitz ont rarement au-dessous de 6 à 8 mètres, et atteignent, en quelques points, jusqu'à 40 mètres de puissance. Les gangues sont : des quartz drusiques, cariés, ferrugineux ; de la chaux carbonatée ferrifere ; du sulfate de baryte ; quelquefois de la chaux fluatée.
Les minerais disséminés dans ces gangues sont : de l'argent sulfuré mélangé d'argent natif et d'une quantité variable d'or ; du cuivre gris , du carbonate de manganèse , de la galène argentifère, de la blende, des pyrites de cuivre et de fer. Toutes ces substances se trouvent isolées ou mélangées en toutes proportions , de manière à fournir des minerais dont la richesse varie depuis 60 pour 100 d'argent jusqu'au titre le plus pauvre. L'or accompagne presque toujours l'argent dans une proportion variable.
Les filons de Kremnitz peuvent être assimilés aux précédents ; on a seulement signalé, dans les gangues, une prédominance plus notable du quartz, et, dans les minerais, une plus grande proportion d'or ainsi que la présence de l'antimoine sul-
4i2 DESCRIPTION DES DISTRICTS MÉTALLIFÈRES.
furé. Les filons de Kapnick renferment plus de chaux fluatée que ceux des autres localités ; ils contiennent en outre beaucoup d'arsenic sulfuré jaune et rouge.
Les principales exploitations sont groupées autour de la ville de Schemnitz, et sont desservies par des machines à colonne d'eau d'une puissance et d'une exécution remarquables. Dans ces usines, qui sont exploitées par le gouvernement autrichien, on a commencé , il y a plus de cinquante ans , le travail souterrain le plus gigantesque : c'est une galerie d'écoulement , dite de Joseph II , qui a son embouchure aux bords de la Gran , et se dirige par les mines de Hodritz vers celles de Schemnitz ; sa longueur sera de 16 000 mètres. La production des quatre districts métallifères de la Hongrie et de la Transylvanie est actuellement :
Or. 5 000 marc». Argent. 75 000 marée.
Cuivre. 50 000 quintaux. Plomb. 20 000 quintaux.
Mercure. 150 » Fer. 250 000 »
Antimoine. 6 000 • Cobalt. 5 000 »
Les Alpes ne renferment pas des gîtes métallifères proportionnés à l'importance de leur accidentât ion. Diverses exploitations ont été ouvertes dans le Valais, dans les Grisons, etc., sans mériter d'être classées dans la production, et ce n'est guère que dans les Alpes piémontaises que nous pouvons trouver quelques gîtes qui méritent notre attention. Ces gîtes sont généralement liés à la sortie des roches serpentineuses ; les minerais de fer y sont en première ligne. A Traverselle dans la province d'Ivrée, à Cogne dans la province d'Aoste, des masses de fer oxydulé fournissent environ 100 000 quintaux minerai par année.
Divers filons des Alpes piémontaises , les uns contenant de la galène argentifère, les autres exploités pour la pyrite aurifère , nous offrent quelque intérêt par leur proximité , et parce que Pesey, où se trouvent les mines principales, fut , sous l'Empire , le berceau de notre école des mines.
Les seules mines d'argent et de plomb en exploitation dans
les États sardes sont celles de Pesey et Macot, dans laTarentaise, celle de Saint-Jean de Maurienne et de Tende. La mine de Pesey, découverte en 1714, fut d'abord exploitée pour le compte d'une compagnie anglaise à laquelle succéda une compagnie de nationaux, puis le gouvernement français; elle appartient aujourd'hui à l'État, qui y occupe 250 ouvriers. La mine de Macot n'a été découverte qu'en 1807 ; elle a toujours été exploitée au profit de l'État ; elle occupe 230 ouvriers. Enfin la mine de Saint- Jean de Maurienne , qui n'est exploitée que depuis une vingtaine d'années environ , et qui n'a jamais employé plus de 20 à 30 ouvriers, est aujourd'hui presque entièrement épuisée. Les produits réunis de ces mines ont donné dans l'espace d'un siècle les résultats suivants :