FONCTIONS PHYSIOLOGIQUES
Respiration. — Circulation.
Chez les crétins, la respiration est courte, la circulation lente, et la chaleur du corps plus faible que chez les hommes bien conformés.
Ayant compté avec soin le nombre de respirations chez plus de cinq cents crétins, dans des contrées fort éloignées les unes des autres , j'ai trouvé que le nombre de respirations chez l'homme sain , étant généralement de 18 par minute, il n'était que de 14 en moyenne chez le crétin. Il consomme donc beaucoup moins d'oxygène, ce qui explique la grande quantité de sang noir que l'on trouve contenue dans le parenchyme pulmonaire.
Les battements du cœur sont lents, mais réguliers chez le crétin. Son pouls donne rarement plus de 50 pulsations par minute ; aussi la température de son corps est-elle inférieure de deux à trois degrés de celle du corps de Thomme sain.
De la nature du sang chez les crétins. Aujourd'hui que Ton ne met plus en doute l'altéra-
tion des liquides et spécialement du sang, dans un grand nombre d'états morbides , il était de la plus haute importance d'examiner l'état du sang chez les crétins en général , et en particulier chez les crétins plus ou moins dégénérés.
J'ai mis le plus grand soin à cette étude, et je donne ici les résultats que m'ont fournis et l'analyse microscopique et l'analyse chimique. L'examen microscopique m'a donné pour résultat la connaissance du nombre et de la disposition des globules séparés par le sérum, mais comme il ne me permettait pas d'apprécier les quantités de fibrine et d'albumine qui restaient en dissolution, l'analyse chimique est venue me l'apprendre.
Si j'avais évalué les rapports en quantité entre les caillots et le sérum, en me contentant , comme on le faisait autrefois , de comparer le volume du caillot à la quantité de sérosité au milieu de laquelle il s'était formé par le repos , j'aurais été en droit de conclure, de ce simple examen du sang des crétins, qu'il contenait peu de fibrine et beaucoup de sérum.
Mais le caillot peut contenir une notable quantité de sérum, d'où il résulte que la quantité réelle de fibrine contenue dans le caillot n'est pas toujours représentée par son volume.
Au contraire, la fibrine domine d'autant plus dans le caillot, que la consistance de co dernier est plus considérable. Ainsi donc, la simple considération
du volume et de la consistance du caillot spontanément formé, bien que pouvant fournir des données approximatives , ne suffît cependant pas pour arriver à des conclusions rigoureuses. J'ai dû chercher à isoler les uns des autres, d'une part, les matériaux organiques, et d'autre part, les matériaux inorganiques de la partie privée de fibrine, en n'oubliant pas que la plus grande partie des matières organiques était de l'albumine. Pour y arriver, je me suis servi des procédés indiqués par M. Dumas.