EAU
Ces différentes analyses prouvent que les diverses parties qui entrent dans la composition du sang diminuent, sousle rapport delà fibrine, du nombre des glo-
bules. Si la quantité des matières inorganiques varie peu , celle de l'eau présente quelques petites différences. L'albumine offre également une diminution, dans les huit analyses.
Le sang examiné au microscope montre que les globules sont assez réguliers dans leur forme.
Digestion.
Les malheureux crétins , condamnés, la plupart, à passer leur vie dans leur ht ou dans une étable, privés, pour ainsi dire , de tout mouvement , ne se livrant à aucun exercice, avalant une quantité énorme d'aliments végétaux grossiers, devraient avoir les digestions difficiles ; cependant il n'en est rien. Il n'y a que les individus qui sont affectés en même temps d'entérite chronique, de dyssenterie, qui aient cette importante fonction troublée; il est vrai que, chez les petits crétins, les vomissements sont fréquents, mais ils disparaissent ordinairement vers l'âge de cinq ans. Les coliques sont assez rares. Il n'en est pas de même de la dyssenterie , dont ils sont souvent affectés pendant les grandes chaleurs de l'été.
La faim est ordinairement très-grande chez les crétins; chez ces malheureux, dont la maladie est portée au plus haut degré, ce besoin d'aliments ne se manifeste qu'à une certaine heure, et cela d'une manière périodique. Us ne sortent de leur sommeil et de cet accablement que lorsque ce sentiment de la faim les
réveille et les rappelle pour un instant à la vie de relation, qui cesse dès qu^ls sont rassasiés. Ils mangent alors , ou mieux avalent leurs aliments sans paraître rassasiés, et ne s'arrêtent qu'alors que l'assoupissement le plus profond s'empare d'eux. Quelques-uns , à leur réveil, sont tourmentés par une faim violente, par un besoin d'aliments qui paraît si pressant, que, ' s'il n'est pas satisfait rapidement, ils entrent alors dans des accès de fureur telle, qu'ils saisissent, lorsqu'il leur reste encore quelque force musculaire , tous les objets qu'ils peuvent rencontrer , pour en frapper les personnes qui sont à leur portée.
Le choix des substances leur est indifférent, et il en est qui mangent même leurs excréments.
Les crétins moins affectés sont également tourmentés par une faim vorace; ils se fâchent et frappent leurs parents mêmes, lorsqu'ils ne leur donnent pas promptement leur nourriture.
Leur appétit paraît pourtant plus réglé, à mesure que le crétinisme est moins prononcé.
Ils prennent leur repas sans mâcher les aliments; ils ne vivent que de bouillies ou de soupes très-claires, dont ils avalent une quantité prodigieuse.