‹ Traité du gouvernement représentatifChapitre 1 sur 17 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Eo livraut cet ouvrage au public, mon dessein n'est point d'acquérir la réputation d'un profond politique ou d'un écrivain distingué. Il y aurait de ma part plus que de la présomption, ce serait une extravagante et folle témérité. Poussé par ces sentimens nobles et généreux qui caractérisent une aine bien née, j'ai plutôt consulté mon courage que mes forces : les mouvemens du cœur l'ont emporté sur Içs délibérations de

l'esprit ; et je me suissenti bien malgré moi entraîné dans une carrière périlleuse et pour laquelle il me manquait le conducteur le plus fidèle, l'âge et l'expérience.

Ami dévoué, partisan sincère de la révolution de juillet , je cru» un instant que la France allait reprendre son antique splendeur. Je me berçais de cette douce illusion, que le mouvement libéral qui lui avait été donné rallierait tous les esprits, et ferait cesser cette division entre les partis, si funeste au progrès et au bonheur social.

Par malheur mes illusions furent bientôt déçues et mes espérances cruellement trompées. Le gouvernement né de la révolution ne comprit pas sa mission : la résistance et la force devinrent sa règle de conduite; et, de ce moment tous les partis s'aigrirent, leur lutte contre le pouvoir fut opiniâtre , chacun érigea son système, et la révolution, marcha à faux.

Au milieu de ce conflit d'opinions, de.

ces controverses, de ces disputes si animées, mon esprit flottait dans le doute, et je ne savais quel parti prendre. Dans les jouer

«aux, clans les écrits, partout je cherchais la vérité; et loin de la découvrir je ne trouvais que les ténèbres et le chaos. Un jour enfin les œuvres de MM. Bûchez et Roux me tombèrent sous la main .* les maximes sages et profondément sociales qui y sont développées ranimèrent mes espérances; et c'est alors que cédant à la voix de ma conscience, je résolus de ne pas rester plus long-temps dans l'incertitude qui m'accablait, et je développai quelques idées sur notre situation politique. Inspiré d'uu ardent amour pour la patrie, plein de zcle pour tout ce qui peut contribuer à sa gloire, à son bonheur, j'ai consulté des hommes sages, éclairés, j'ai recueilli leurs avis, et leur approbation seule a pu m'engager à transmettre ces idées au public.

Que le lecteur ne cherche point dans cet écrit l'œuvre d'un publiciste ni d'un homme d'état, mais l'œuvre d'un jeune homme désintéressé , impartial et qui aime le bien. Si j'ai pris un ton alfirmatif, c'est que j'ai écrit avec toute la franchise dont mon cœur est capable : m'inquiéta nt peu de plaire aux

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différents partis politiques , je n'ambitionne pas plus leurs suffrages que je ne crains l'oubli auquel ils condamnent. L'utile et le vrai , telle sera toujours ma devise : le désir seul de contribuer au bonheur de mon pa ys, tel a été mon but. Puisse ce désir être accompli! Je ne demande pas de plus douce récompense.

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