Traité du javart cartilagineux
Ce fut en 1826 que je commençai à m’occuper du Traité que je publie aujourd’hui* A cette époque, ce que nous avions de plus complet sur le javart cartilagineux, se réduisait à quelques pages de la première édition du Traité du pied , de M. Girard ; article évidemment trop concis, et qui laissait beau» coup à désirer sur une maladie aussi grave et aussi fréquente. J’avais remarqué cette lacune au milieu de tant d’autres cjue présente la pathologie vétérinaire, et je travaillais depuis près de deux ans à réunir des matériaux pour la remplir , lorsque parurent l’article Javart du Dictionnaire de M. H. d’Arboval, et bientôt après, la deuxième édition du Traité du pied 9 par M. Girard.
La manière dont la carie du cartilage est présentée et décrite dans ces deux ouvrages, me parut beaucoup plus satisfaisante sans doute quelle ne l’avait été jusque-là ; mais je ri y trouvai pas cette précision de détails si utile dans F étude des maladies en général , et si indispensable dans la description d’une opération, comme celle du javart cartilagineux, dans laquelle il suffit qu’un précepte soit méconnu, qu’une indication soit imparfaitement remplie , qu’une manœuvre soit mal exécutée, pour éloigner de beaucoup le terme de la guérison , ou donner naissance aux accidens les plus fâcheux. D’un autre côté, quelques-unes de mes idées sur des points fondamentaux, n’étaient point d’accord avec celles de ces deux auteurs qui, eux-mêmes, professaient des principes entièrement opposés sur des matières de la plus haute importance dans le traitement.
Ces considérations me déterminèrent à continuer mon travail, en me prouvant qu’il pouvait encore être utile. Pour fortifier ou rectifier au besoin celles de mes idées que je trouvais en opposition avec
celles de MM. Girard et d’Arboval, je répétai sous les yeux des élèves les expériences que j’avais déjà faites ; leurs résultats furent confirmatifs de ceux que j’avais précédemment obtenus. Le hasard vint aussi me seconder dans mes recherches pratiques; jamais, peut-être, le nombre des chevaux affec» tés de javart ne fut si grand aux hôpitaux de l’école, que pendant les années 1827 et 1828 : trente-sept animaux m’y fournirent des sujets précieux d’observations. Non content des nouveaux et nombreux documens que je puisais à la clinique de l’école, je voulus encore éclairer ma conviction des lumières de ceux des vétérinaires que leur expérience mettait à même de juger sainement cette question. Plusieurs d’entre eux voulurent bien m’honorer de leurs avis , et me faire part du fruit de leurs observations. Je citerai particulièrement MM. Bouley jeune, Vatel , Rossignol, que je remercie bien sincèrement de leur extrême obligeance.
Enfin , je puis assurer qu’il n’est pas une seule assertion dans ce Traité, que je ne puisse soutenir de plusieurs observations, soit personnelles, soit communiquées par
des vétérinaires d’un mérite reconnu. Puisseje avoir fait un usage convenable de tous les élémens que j’avais pour bien faire !
Le nom de M. H. d’Arboval se trouve souvent répété dans cet opuscule, avec des discussions sur celles de ses opinions que je ne partage point. Je désire qu’on ne voie, dans ces critiques, aucune intention de jeter du discrédit sur le livre de cet auteur» Si j’ai plusieurs fois cité son nom, c’est que l’ouvrage qu’il a publié est , comme il mérite de l’être, entre les mains d’un grand nombre de vétérinaires , et que , pour cette raison, j’ai dû signaler plus spécialement les idées qui m’y paraissaient erronées. D’ailleurs, et pour ne laisser aucun doute sur mes intentions à cet égard, je déclare hautement que , malgré ses nombreuses imperfections , et beaucaup d’erreurs, le Dictionnaire publié par M. H. d’Arboval est, selon moi, un des ouvrages les plus utiles, sinon le meilleur, que possède actuellement la médecine vétérinaire.