TRAITE RAISONNE
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JAVART CARTILAGINEUX.
On désigne en médecine vétérinaire, sous le nom de javart cartilagineux , la carie partielle du fibro-cartilage de l’os du pied. C’est cette affection que M. Yatel a nommée tout récemment fibro-chondrite du troisième phalangien des s olive de s (i). On la trouve décrite dans les anciens ouvrages de maréchallerie, tantôt sous le nom de j av art- encorné , tantôt sous celui dy atteinte encornée . Cependant Soîleysel, tout en admettant que ces deux dénominations expriment la même maladie, établit entre elles cette différence : il appelle atteinte encornée la carie du fibro-cartilage due à une cause externe , et ja~ vari-encorné la même affection provenant d’une cause interne.
Lafosse fils reconnaît deux sortes de javarts-
(i) Elêmens de pathologie vétérinaire. Paris, 1828»
encornés : l’un qui n’est autre chose que le javart simple (furoncle cutané) qui se développe dans l’épaisseur du derme le plus voisin du bourrelet; c’est celui qu’il nomme javart-encorné proprement dit : l’autre qui consiste dans la carie du fibro-carlilage de l’os du pied, et qu’il appelle javart - encorné improprement dit ; c’est le javart cartilagineux.
On n’a jamais bien défini le sens propre que les anciens auteurs d’hippiatrique attachaient au mot générique de javart ; il est vraisemblable qu’eux-mêmes s’en servaient comme d’un mot consacré par [l’usage, et dont la valeur ne leur était pas bien connue, car aucun d’eux n’en a donné une explication satisfaisante. Cependant il est à croire que les premiers qui appliquèrent ce nom à des maladies qui aujourd’hui nous paraissent si différentes , avaient trouvé entre elles un point matériel de ressemblance qui porta à les désigner collectivement sous le même nom. En effet, un trait commun à chacune des maladies appelées javarts, est l’existence d’une portion de tissu dégénéré , dont la présence provoque et entretient des phénomènes morbides, et dont les efforts de la nature tendent à favoriser l’expulsion. C’est ainsi que le javart cutané consiste dans la gangrène d’une petite portion du tissu cellulaire cutané qui tend à s’échapper au de-
hors , et qu’on désigne sous le nom de bourbillon . C’est ainsi que dans le javart tendineux qui a tant de rapport avec le panaris de l’homme* il arrive souvent qu’une portion du tissu cellulaire sous-cutané ou du tendon s’exfolie , et soit rejetée au dehors. C’est ainsi , enfin ^ que dans le javart cartilagineux la portion du cartilage frappée de carie doit nécessairement être éliminée : c’est la condition de la guérison. Cette explication étymologique , à laquelle je n’attache d’ailleurs aucune importance , me paraît d’autant plus vraisemblable , que dans la plupart des anciens ouvrages vétérinaires on voit que ces portions de tissu mortifiées et expulsées étaient désignées elles “mêmes sous le nom de javarts. Aujourd’hui encore , beaucoup de vétérinaires , en parlant de la chute du bourbillon dans le cas de furoncle cutané, disent que le javart est sorti.
Avant d’étudier le javart cartilagineux, sous le rapport de ses causes, de sa marche, de son diagnostic , de son pronostic et du traitement qu’il réclame, il est, selon moi, indispensable de rappeler avec précision la disposition, les rapports , la texture du fibro-cartilage qui en est le siège ; de faire connaître les changemens qui peuvent survenir dans son organisation , et de décrire les caractères que lui imprime la carie.
J'insisterai, et pour cause, sur ces connais-* sances préliminaires trop souvent négligées dans l’étude des maladies chirurgicales, et qui sont ici surtout de la plus haute importance , puisque c'est sur elles que reposent essentiellement les bases du pronostic et du traitement raisonné de javart cartilagineux.
Des fibro- cartilages dit 3" phalangien.
Au nombre de deux pour chaque pied, ces fibro-cartilages, particuliers aux monodactyles ^ sont généralement plus développés dans les pieds antérieurs que dans les postérieurs ; ils présentent aussi dans un même pied cette légère différence, que celui du côté externe est un peu plus élevé que celui du côté interne. J’indique, sans m’y arrêter, ces particularités auxquelles se rattachent des considérations physiologiques pleines d’intérêt sans doute, mais tout-à-fait étrangères à l’objet de ce mémoire.
Examiné isolément , chacun de ces organes qui constitue une production fibro -cartilagineuse aplatie latéralement, est situé de chaque côté sur l’articulation du second avec le troisième phalangien qu’il recouvre. Il s’étend de bas en haut, depuis le bord latéral et supérieur de l’os du pied sur lequel il est implanté ,
jusqu’au niveau de l’articulation de Fos du paturon avec celui de la couronne; et d’avant en arrière, depuis le milieu à peu près de la face externe du ligament latéral antérieur, jusqu’à l’extrémité des talons.
On lui reconnaît deux faces et quatre bords. La face externe, légèrement convexe dans toute son étendue , n’offre rien de remarquable. La face interne concave présente en avant de son milieu et vers le bord inférieur , une petite éminence à laquelle vient s’insérer une production ligamenteuse émanée de l’extrémité de l’os navicuiaire ; un peu plus en arrière , elle reçoit un autre cordon tendineux qui termine latéralement l’aponévrose plantaire, et se perd dans le fibro-cartiîage avec lequel il se confond.
Le bord supérieur, très-mince, s’étend depuis l’origine supérieure du ligament latéral antérieur du pied, jusqu’il!! peu en arrière du ligament appelé latéral postérieur (t ). Le plus ordinairement droit, il affecte quelquefois une direction légèrement curviligne : postérieurement 7 il se
(ï) Il est nisé de seconvaincre, en disséquant quelques pieds, <jue ce faisceau ligamenteux, qu'on a désigné jusqu'à présent sous le nom de ligament latéral postérieur de l’os du pied, est plutôt un ligament suspenseur du petit sésamoïde. En effet, ce cordon fibreux descendant de F extrémité inférieure de l’os du paturon, se rend directement à l'extrémité
termine par une éminence plus ou moins prononcée, et dont le degré de saillie est déterminé par la profondeur d’une petite échancrure qui se trouve en avant.
Le bord inférieur, qui constitue la base du cartilage, présente deux parties bien distinctes : l’une (la moitié antérieure) qui tient à l’os du pied , dans les anfractuosités duquel elle s’enfonce , recouvre la petite éminence tubéreuse qui s’élève de cet os en arrière du ligament latéral antérieur; l’autre (la moitié postérieure) offre une disposition qui n’a encore été signalée que d’une manière vague et très - incomplète. En effet , à l’endroit où le bord inférieur quitte l’es du pied, le cartilage se replie à angle droit de dehors en dedans , et constitue une production aplatie de dessus en-dessous qui s’enfonce dans la base du coussinet plantaire, dans l’épaisseur duquel elle se perd insensiblement. De cette disposition il résulte que l’on pourrait distinguer dans la moitié postérieure du cartilage deux parties : l’une, aplatie d’un côté à l’autre, est la principale; l’autre, aplatie de dessus en-dessous,
du petit sésamoïde , et c est de là que s’échappent quelques fibres qui se portent, non pas à l’os du pied, mais bien à la face interne du fibro-cartilage. Cependant, pour être mieux compris, je lui conserverai dans le cours de ce mémoire le nom de ligament latéral postérieur.
constituerait un appendice continuant en dedans le bord inférieur. C’est dans l’angle formé par la jonction de ces deux parties que se trouve la plus grande épaisseur du fibro-cartilage ; c’est là aussi que se font remarquer les larges et nombreuses ouvertures par lesquelles passent les différens vaisseaux qui traversent cet organe.
Le bord antérieur , oblique de haut en bas , et d’avant en arrière, présente supérieurement un petit prolongement qui s’étend en avant, et recouvre presque toute la largeur de l’origine du ligament latéral antérieur, auquel il est intimement uni. Il se continue antérieurement avec le tendon extenseur par le moyen d’une membrane ligamenteuse extrêmement forte , et de laquelle il est impossible de distinguer le cartilage avant la dissection. Le bord postérieur, beaucoup plus épais à la partie inférieure, a une direction très-oblique de haut en bas, où il se termine par une pointe mousse qui se contourne en dedans , et forme la base de la partie molle des talons.
Rapports. Par sa face externe, le fibro-cartilage est en rapport dans toute son étendue avec un réseau vasculaire veineux très-considérable , rlont les différentes branches vont se dégorger dans la veine latérale du paturon, au niveau de l échancrure du bord supérieur : en dehors de
ce lascis vasculaire, les deux tiers inférieurs de cette même face sont recouverts par la paroi du sabot, et le tiers supérieur par la peau. Par sa face interne , il repose en avant sur la moitié postérieure du ligament latéral antérieur, duquel il est souvent difficile de le distinguer , lors surtout que dans un âge très-avancé , ce ligament a acquis la consistance et la nature fibro-cartilagineuses , ce qui, suivant M. Girard, arrive assez fréquemment. Un peu en arrière , au-dessus de Féminence tubéreuse de Fos du pied , dans Fintervalle que laissent entre eux les deux iigamens latéraux , le cartilage recouvre immédiatement une portion de la capsule synoviale de Farticulation du second avec le troisième phalangien. Plus postérieurement , et à sa partie moyenne à peu près, se trouve le ligament latéral postérieur, dont il est séparé par une couche épaisse de tissu cellulaire graisseux ; enfin, dans toute sa moitié postérieure , il n’est plus en rapport qu’avec la base du coussinet plantaire.
J’ai dit qu’il existait au bord supérieur une échancrure plus ou moins profonde; c’est au niveau de cette échancrure que l’artère latérale du paturon pénètre sous le cartilage , et c’est audessous qu’elle se divise pour fournir les artères plantaire et préplantaire.
Organisation. La texture organique du fibro-
cartilage de l’os du pied n’est pas la meme dans tous les points de son étendue. Plus on l’examine antérieurement, et surtout vers sa base, plus sa substance ressemble à celle des cartilages proprement dits : elle est blanche, flexible, cassante et homogène. A mesure qu’on s’approche de sa partie postérieure, il perd ses caractères d’homogénéité; il n’est plus aussi cassant; et si on le déchire , on distingue dans son épaisseur des ilia mens fibreux interposés. Plus postérieurement encore , l’organisation fibro» cartilagineuse est plus prononcée; et en regardant avec attention , il semble qu’il existe des noyaux cartilagineux isolés et entourés de substance entièrement fibreuse ; enfin, tout-à-fait à son extrémité postérieure , il est fibro-graisseux, pénétré par beaucoup de tissu cellulaire ^ et se confond avec le coussinet plantaire. Cet état du fibro-cartilage, si différent à sa partie antérieure et à sa partie postérieure, n’est pas seulement remarquable sous le rapport de l’élasticité du pied ; il est aussi fort intéressant à constater sous le rapport de la pathologie et de la thérapeutique du javart cartilagineux, comme nous aurons occasion de nous en convaincre plus tard ; ajoutons seulement ici que la vitalité de ce fibro-cartilage est en raison inverse de sa densité, et conséquemment qu’elle est beaucoup plus dé^
veloppée dans sa partie postérieure que vers sa base et son extrémité antérieure.
Ossification . Le fibro-cartilage de l’os du pied peut s'ossifier plus ou moins complètement. Les vieux chevaux sont ceux chez lesquels on rencontre le plus souvent cette ossification, ordinairement plus précoce chez les chevaux de trait que chez ceux qui font le service de la selle. Elle a rarement lieu chez les chevaux audessous de quatre à cinq ans; cependant M. Sanitas, vétérinaire à Longjumeau, a eu occasion de la remarquer sur un cheval de trente mois, chez lequel la transformation osseuse du cartilage était presque complète.
Cette ossification se présente sous diverses formes: tantôt, et c’est principalement sur les vieux chevaux , elle occupe toute l’étendue du cartilage dont il ne reste plus de vestige; dans ce cas, on n’a pas à craindre de voir s’y développer la maladie qui nous occupe: tantôt l’ossification n’a envahi qu’une petite partie de la base du cartilage , et elle ne paraît qu’un développement excessif, qu’une extension outre mesure de l’éminence tubéreuse de l’os du pied. Quelquefois toute la face externe du cartilage est transformée en substance osseuse, et la face interne a conservé sa texture normale. D’autres fois l’ossification n’existe que dans le tiers ou la
moitié antérieure seulement , tandis que la partie postérieure n’a éprouvé aucun changement d’organisation ; mais je ne sache pas qu’on ait jamais rencontré la disposition inverse. Enfin il arrive, mais plus rarement, que l’ossification est rayonnée, c’est-à-dire qu’elle consiste en lames il filamens osseux parlant de la base et s’étendant vers tous les points de la circonférence ; les interstices de ces prolongemens sont remplis par la substance fibro-cartilagineuse.
Quoi qu’il en soit de ces états différens sous lesquels se présente l’ossification du fibro-cartilage, il n’en est pas moins extrêmement probable qu’une fois commencée elle ne s’arrête plus, et qu’elle finit par envahir tout le cartilage, en procédant toujours de la base.M. Bracy-Clark pense ,
et c’est avec raison je crois, que la ferrure est une
des causes les plus ordinaires de l’ossification du cartilage; il explique son action par l’immobilité à laquelle elle condamne le pied, en empêchant l’exercice de son élasticité naturelle. C’est pour la même raison sans doute que l’ossification est plus fréquente sur les gros chevaux de trait, chez lesquels l’élasticité est moins souvent et moins fortement mise en jeu, soit à cause de l’épaisseur plus grande de leur sabot , soit , et plutôt, à cause de la nature de leur service* M. Regnier, vétérinaire aux messageries royales,
serait fondé à croire que i’ossificalion du fibrocartilage est quelquefois sollicitée par une irritation long-temps entretenue sur cet organe. Il a observé dans plusieurs circonstances que des chevaux chez lesquels il s’était assuré de la flexibilité parfaite du hbro-cartilage , ayant été affectés du javart , et opérés après avoir été traités pendant quelque temps sans succès par les caustiques, avaient offert des points d’ossification bien remarquables au voisinage des parties malades.
Carie. La carie est la terminaison la plus ordinaire de l’inflammation du fibro-cartilaçe de l’os du pied. Quand on examine un cartilage sur lequel elle existe ^ on trouve des désordres toujours en rapport avec l’ancienneté et l’intensité de la maladie. Dans tous les cas , on remarque rarement que les portions qui ont subi la dégénérescence verte qui constitue la carie , aient une étendue excédant celle d’une petite pièce de cinq sols ; on ne saurait mieux les comparer qu’à la plumule d’un haricot : elles ont la forme d’une petite plaque d’un vert pomme , ordinairement alongée, et tenant aux parties saines du cartilage par celle de leurs extrémités qui est la plus antérieure et la plus profonde. Les points du hbro-cartilage qui sont en contact immédiat avec la portion cariée, ont eux-mêmes une finance d'un vert très-pâle ou d’un blanc terne
légèrement brunâtre; mais le plus souvent cette exfoliation ne touche directement le cartilage que par son extrémité fixe ; dans tout le reste de son étendue, elle en est séparée, isolée en quelque sorte par un tissu rougeâtre mollasse , qui paraît être du tissu cellulaire infiltré. Ce tissu tapisse tout le trajet fistuleux, depuis l’ouverture extérieure jusqu’au fond ; il semble destiné à mettre le cartilage qu’il revêt à l’abri de l’irritation qu’y produirait inévitablement le passage continuel du pus. Les parties qui avoisinent le cartilage sont plus ou moins tuméfiées* La fistule qui s’étend à travers ces tissus depuis le point carié, n’a pas toujours une direction droite ; quelquefois elle se dirige sans dévier de dehors en dedans jusqu’à une certaine profondeur ; puis tout à coup elle se courbe sous un angle plus ou moins obtus, et se prolonge de haut en bas de manière à former différentes sinuosités. Ces changemens brusques de direction qu’affectent assez souvent les trajets fistuleux , surtout quand ils sont anciens , sont fort importons à connaître, lorsqu’il s’agit de décider à quel genre de traitement on devra recourir; et il est souvent arrivé à des vétérinaires d’avoir employé le feu ou les caustiques à plusieurs reprises et sans succès, parce que le cautère actuel ou potentiel qui pénétrait bien jusqu’à l’endroit
où la sonde s’arrêtait , fallait pas jusqu’à la carie, à cause des sinuosités de la fistule.
Quand par les seuls efforts de la nature, la portion cariée se détache et est poussée au dehors , déjà , le plus souvent , son contact a affecté les portions qui l’avoisinaient; celles-ci, passant par les mêmes degrés d’altération, se détachent et finissent par être éliminées à leur tour , jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien du cartilage.
Lorsque la carie existe à la partie postérieure , les choses ne se passent pas toujours ainsi que nous venons de le dire : là , le fibro-cartilage est moins homogène; il n’est pas partout continu à lui-même, et les différens noyaux cartilagineux qui s’y trouvent, étant à quelques endroits complètement entourés de tissu cellulaire fibrograisseux, il en résulte que la portion cariée n’étant point en contact avec un tissu semblable à elle, mais avec un tissu plus vivant, y développe une inflammation dont la terminaison a lieu par suppuration ; des bourgeons charnus se forment , et il s’établit là une véritable inflammation éliminatoire, sous l’influence de laquelle le bourbillon se détache plus promptement et est expulsé, avant d’avoir pu affecter par sa présence les tissus de même nature qui l’avoisinaient.
J’ai vu à l’École d’Alfort deux chevaux destinés aux travaux des élèves , sur lesquels le
cartilage avait été complètement détruit par les seuls progrès d’une carie lente abandonnée à elle-même. Chez l’un de ces animaux où elle existait depuis neuf mois, il ne restait plus que la largeur d’un centime de cartilage déjà à moitié verdâtre, vers la partie antérieure et inférieure, un peu en avant de la capsule synoviale : tout le reste du fibro-cartilage avait été détruit, et était remplacé par un tissu fibreux , comme lardacé , blanchâtre, très-résistant ,et doué d’une certaine élasticité. La tuméfaction de la couronne n’était pas très - considérable ; on y voyait de nombreuses cicatrices , traces des fistules par lesquelles s’étaient successivement échappées les différentes portions du cartilage, au fur et à mesure qu’elles s’étaient cariées.
L’autre cheval était à peu près dans le même état ; mais je ne pus savoir depuis combien de temps il était malade : il y avait sans doute fort long-temps, car le sabot était sensiblement rétréci , et ce resserrement occasionnait une forte claudication. Ce tissu lardacé , dont je viens de parler , existe toutes les fois que le cartilage a été détruit, soit par la carie , soit par les caustiques ou le feu , soit par l’instrument tranchant. Il paraît, jusqu’à un certain point, destiné à l'emplir les fonctions du fibro-cartilage qu’il remplace.
Marche de la Carie . La marche de la carie est toujours en rapport avec l’intensité d’action de la cause qui î’a déterminée , la partie de l’organe affectée et le tempérament du sujet. Ordinairement lente quand elle résulte d’une cause qui a agi sans violence sur un cheval peu irritable , elle est au contraire très-rapide quand elle est la suite, par exemple^ d’une forte contusion qui a profondément agi sur le cartilage, et que le ma» lacle est d’un tempérament irritable. Il est bien remarquable que les progrès de la carie se font toujours de la partie postérieure vers la partie anterieure , de dehors en dedans et de haut en bas. Je n’ai jamais vu de fistules se diriger dans un autre sens, à quelque point de la couronne qu’elles aient existé.
Causes . Les causes du javart cartilagineux sont quelquefois ignorées ; cependant il n’en est pas moins certain qu’elles sont toutes physiques, et le plus souvent extérieures. On ne croit pas aujourd’hui que cette maladie puisse se développer spontanément.
Les plus fréquentes de ces causes sont, sans contredit , les contusions que se donne l’animal , ou qu’il reçoit sur les parties latérales de la couronne, contusions que l’on désigne en médecine vétérinaire sous le nom d'atteintes. Quand ces contusions ont lieu sans altération
sensible de la peau , on les appelle atteintes sourdes . La carie est quelquefois produite par la piqûre d’un clou de rue à pointe mousse, qui a pénétré profondément dans la sole des talons , et a atteint la partie postérieure du cartilage. Il arrive aussi qu’en opérant la bleime suppurée, ou en faisant l’ablation du quartier, on met à découvert, on blesse, on comprime trop fortement le cartilage sous-jacent aux portions de corne qu’on a enlevées, et on donne lieu au javart cartilagineux. On peut encore déterminer la carie du cartilage quand, après une brèche quelconque faite à la paroi, et qui nécessite une forte compression , on fait prendre un point d’appui à la ligature sur la partie molle des talons. Cet accident arrive surtout après l’opération du javart cartilagineux , tout l’appui de la ligature se faisant alors sur un seul talon. Lorsqu’à la suite d’une bleioie suppurée, d’une piqûre ou d’une enelouure, le pus qui se forme sous îa sole ne trouve pas d’issue en bas, il fuse sous la paroi, la détache du tissu feuilleté qu’il détruit ou altère, et pénètre jusqu’au cartilage, dont il produit l’inflammation et îa carie , et quelquefois en meme temps celles de l’os du pied. C’est de la même manière qu’agissent les furoncles très-aigus qui surviennent à la peau du bourrelet 3 et auxquels succède si souvent le
javar! cartilagineux ; le produit de la suppuration ne pouvant s’échapper au dehors à cause de la résistance opposée par le biseau de la corne, séjourne sur le cartilage et le carie; d’autres fois la carie ne survient qu’après la chute d’une large portion de peau qui laisse ainsi le cartilage au contact de l’air.
On a dit que la matière des eaux aux jambes pouvait donner un caractère ulcéreux aux plaies existantes déjà sur la couronne, et causer ainsi la carie du cartilage. Je ne pense pas qu’il y ait rien de spécifique dans cette action de la matière des eaux aux jambes ; car le même effet est produit par la malpropreté, sur de simples atteintes qui se seraient promptement cicatrisées par les seuls soins de propreté.
En général, les contusions et les plaies contuses du fibro-cartilage sont les causes les plus fréquentes de la carie ; et ii ne paraît pas qu’elle soit produite aussi inévitablement par les blessures simples , par celles qui , comme les coupures ou les entamures avec des instrumens bien tranchans , les piqûres avec des corps trèsaigus , agissent sur le fibro-cartilage sans le meurtrir ni l’écraser. C’est ce que j’avais cru remarquer plusieurs fois, et ce qui m’a été démontré par les expériences suivantes faites à l’École d’Alforl.
fck *9
i°. J’ai fait pénétrer la pointe d’un clou à ferrer sur plusieurs points du fibro-cartilage et à diverses profondeurs; j’ai répété la même opération sur les quatre couronnes du même cheval; il n’a pas boité un seul instant, et il n’y a pas eu d’apparence de suppuration. L’animai ayant été sacrifié deux mois après, j’ai vainement cherché sur les cartilages les traces qu’auraient pu laisser ces blessures.
a0. J’ai mis à découvert le tissu fibro-vascu-
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laire qui recouvre le cartilage, dans une étendue d’un demi-pouce carré; je n’ai point fait de pansement , et la plaie s’est cicatrisée au bout de huit à dix jours, sans qu’il y ait eu un seul instant manifestation de la carie.
3°. Après avoir mis à nu la largeur d’un centime de cartilage vers le milieu de sa face externe , j’en ai enlevé la grosseur d’un pois à peu près avec une feuille de sauge. Deux de ces expériences ont été suivies de la guérison pure et simple au bout de quinze jours, après une légère suppuration. Dans une troisième expérience semblable en tout aux deux premières , la carie s’est manifestée le neuvième jour, et le cheval a été sacrifié le quinzième.
4®. Cinq chevaux morveux ayant été mis à ma disposition , ont été soumis aux expériences suivantes : j’ai appliqué F extrémité d’un gros poin-
çon très-oblus sur la face externe des cartilages de chacun des pieds de ces animaux, et en frappant avec un fort marteau sur la tète de ce poinçon , j’en ai fait pénétrer la pointe dans le cartilage à diverses profondeurs. Sur vingt plaies contuses de ce genre , seize se sont terminées par la carie avant le septième jour ; les quatre autres se sont recouvertes de bourgeons charnus de belle apparence ; une suppuration louable et peu abondante eut lieu , et la cicatrice était presque complète quand on a sacrifié les animaux. Il est à remarquer que parmi les quatre plaies qui ne se compliquèrent pas de la carie , trois avaient été faites à la partie postérieure du cartilage.
Les javarts cartilagineux s’observent bien plus souvent sur les chevaux de trait que sur ceux qui font le service de la selle; ils sont plus fréquens chez ceux qui sont soumis à des exercices fatigans , qui travaillent sur des terrains inégaux et caillouteux^ ou au milieu des houes âcres des grandes villes. Ce n’est pas que chez ces animaux le cartilage soit par sa nature plus disposé à contracter la carie , mais c’est parce qu’ils sont plus exposés à l’action des causes occasionnelles des javarts ; c’est parce que les poils qui leur couvrent l’extrémité inférieure des membres , dérobent le plus sou-
vent aux yeux des propriétaires les atteintes qui deviennent bientôt des javarts ; c’est parce que le peu de soin que donnent à beaucoup de ces animaux les charretiers auxquels ils sont confiés, est cause qu’un accident fort simple dans son principe, et qu’un traitement rationnel aurait fait disparaître , donne naissance à la carie , parce qu’il a été complètement négligé. Les chevaux de troupes qui marchent quelquefois en peloton serré, les chevaux qui reviennent de foire , et qui sont attachés par bandes les uns à à la suite des autres, peuvent ainsi se donner réciproquement des atteintes, desquelles la carie serait peut-être bien souvent la conséquence , si les militaires ou les marchands étaient moins attentifs à en prévenir le développement par des soins bien entendus.
Chabert a remarqué que les chevaux qui forgent (i) étaient par cela même plus fréquemment affectés de javarts cartilagineux, suite des blessures qu’occasionne la pince des pieds postérieurs sur les talons des pieds antérieurs.
Les chevaux que leur service expose à s’attraper souvent (les limoniers), et dont les fers
(i) On dit qu’un cheval Jorge, en maréchallerie vétérinaire, quand, pendant la marche, la pince des pieds postérieurs vient heurter les talons, les éponges ou la voûte des fers des pieds antérieurs.
sont pourvus de crampons à l’éponge interne, sont plus exposés que les autres à être atteints de javarts cartilagineux; aussi est-ce un des graves inconvéniens que Gohier reproche avec raison aux crampons trop élevés, surtout quand ils sont anguleux.
Les vieux chevaux sont en général plus souvent affectés que les jeunes de la carie du cartilage; la raison en est, sans doute, qu’en vieillissant ces animaux passent entre les mains de personnes qui les soignent moins bien à cause de leur moindre valeur.
La carie du cartilage paraîtrait, jusqu’à un certain point, avoir lieu plus fréquemment aux membres postérieurs qu’aux membres antérieurs. C’est du moins ce qui résulte d’un relevé fait sur ii 7 observations que j’ai réunies : 69 existaient sur des membres postérieurs, et 4b seulement sur les membres antérieurs ; doit-on en chercher la raison dans une différence qui existerait dans les propriétés physiques et vitales des fibro-cartilages des uns ou des autres de ces membres? doit-on la chercher plutôt dans la position des membres postérieurs qui seraient plus exposés à l’action des causes du javart ? c’est ce que je ne saurais décider ; peut-être même chacun des membres y est-il également exposé, et ne dois-je qu’au hasard d’avoir rassemblé plus d’observa-
lions de carie des extrémités postérieures. Ce qui est moins douteux , c’est que cette affection se remarque plus fréquemment au cartilage du dedans qu’au cartilage du dehors , et vers la partie postérieure du cartilage que vers la partie antérieure. ' ✓
Diagnostic . La carie du cartilage est le plus ordinairement facile à reconnaître; il est pourtant des cas où le vétérinaire serait assez embarrassé de se prononcer sur son existence. Elle s’annonce par une tumeur plus ou moins volumineuse qui survient h la couronne sur le côté correspondant à l’affection ; cette tumeur, presque toujours dure, est plus ou moins chaude et douloureuse, suivant l’irritabilité des sujets et la nature de la cause qui a déterminé la carie.
Une ou plusieurs fistules s’ouvrent sur Eétendue de cet engorgement , et donnent écoulement à une humeur puriforme généralement peu abondante, quand les symptômes inflammatoires locaux sont peu prononcés. Lorsque ces fistules sont profondes , il est facile de reconnaître l’existence de la carie par l’introduction d’une sonde en plomb ou en gomme élastique. La sonde dont on se sert pour explorer les fistules doit être mousse et très-flexible, notamment quand la fistule se dirige vers l’articulation du deuxième avec le troisième phalangien : autrement , et
sans une extrême précaution , on serait exposé à blesser la capsule, si la carie avait déjà traversé le cartilage sur la partie de cet organe qui la recouvre immédiatement. La flexibilité de la sonde offre en outre ce précieux avantage, qu’elle peut pénétrer dans toutes les sinuosités ^ suivre tous les contours , et donner ainsi la mesure de l’étendue des désordres et de la gravité de la maladie. Mais il arrive quelquefois que la sonde ne pénètre pas assez profondément, pour don-
ner la certitude d’une altération du cartilage. On est surtout fort embarrassé quand la couronne est le siège d’un engorgement considérable. Cette impossibilité , ou cette difficulté de faire pénétrer la sonde, peut dépendre de trois causes : ou bien la fistule ne s’étend pas jusqu’au cartilage, elle n’intéresse que l’épaisseur des tissus tuméfiés et indurés , et alors il n’j a réellement pas de javart; ou bien elle ne se prolonge que jusqu’à la superficie du cartilage, et le javart offre peu de gravité; ou bien elle est très-profonde ; mais son changement brusque de direction empêche le stilet de la suivre : ce cas est sans contredit le plus dangereux. Il importe donc beaucoup, quand on soupçonne l’existence de la carie, de ne pas s’en laisser imposer par le peu de profondeur apparente de ta fistule, et de ne pas prononcer légèrement qu’il y a ou qu’il n’y a
pas carie du cartilage; pne semblable méprise pourrait avoir les plus graves conséquences, et exposerait , soit à traiter , comme atteint du javart, un cheval qui n’aurait qu’une affection ulcéreuse de la peau ou des parties sous-jacentes; soit a essayer des moyens peu énergiques pour combattre comme superficiel un javart qui s’étendrait jusqu’à la base du cartilage , et aurait réclamé de suite l’emploi d’un traitement plus complet. Les caractères du pus pourront aider à sortir d’embarras dans ces circonstances douteuses. On a dit que dans le javart cartilagineux, le pus avait l’odeur de la carie des os et une couleur légèrement verdâtre : c’est une erreur. J’ai vu un grand nombre de chevaux chez lesquels le produit de la suppuration n’avait aucune odeur ni couleur particulières. Toutes les fois donc que le pus a une fétidité remarquable, il doit cette qualité à des causes indépendantes de la carie du cartilage. Mais un caractère particulier et plus constant du liquide qui s’écoule des fistules, c’est d’être plus ou moins clair, visqueux ou glaireux, filant à la manière de la synovie. Ces caractères sont d’autant plus saisissables, que ce liquide est moins étendu dans le produit de la suppuration des parties environnantes. S’il arrivait ( comme cela a lieu quelquefois ) que ce pus particulier qu’on voudrait examiner,, ne s’écoulât que trop
lentement pour qu’il lût possible d’en apprécier les caractères, on appliquerait un linge recouvert d’un plumasseau sur l’ouverture de la fistule; on maintiendrait ce petit appareil avec quelques tours de bande , et le lendemain il se serait déposé sur la toile une assez grande quantité de liquide pour permettre d’en reconnaître la nature. C’est seulement quand la maladie a déjà fait des progrès, qu’il s’échappe de temps en temps par les fistules des parcelles verdâtres, débris mortifiés du cartilage , qui sortent par exfoliations naturelles.
Mais il n’existe pas toujours de fistule à la couronne; et, dans quelques circonstances, le mal aurait déjà bien étendu ses ravages , si l’on attendait qu’il s’en établît sur cette région pour constater l’existence de la carie. C’est lorsque cette affection est consécutive à des causes qui ont porté leur action directe à la face inférieure du pied ; ainsi des bleimes , des piqûres, etc. , etc. Voici alors quels sont les signes à l’aide desquels on peut, je ne dirai pas affirmer, mais soupçonner la maladie; ils sont loin d’être aussi certains et aussi faciles à saisir que les précédens : les douleurs locales sont très-vives; la boiterie est extrême et beaucoup plus forte que ne comporte une simple piqûre ou une bieime., lorsqu’on a pratiqué une issue à la matière; la couronne qui,
dans le principe de la maladie primitive, n’avait pas paru malade-, se tuméfie, devient chaude, douloureuse ; elle blanchit dans toute la partie que recouvre le périople du coté du mal; et, sur ce point, on voit manifestement un suinte» ment séro-purulent , indice de la présence d’un liquide sous la peau de la couronne ou sous le biseau de la muraille; c’est ce qu’on exprime en médecine vétérinaire, en disant que la matière souffle au poil. Cependant ces symptômes peuvent bien survenir sans être pathognomoniques de la carie; ils indiquent seulement que le pus a fusé sous la paroi qu’il a séparée du tissu feuilleté. Mais alors ^ comme on est obligé d’en venir à l’extirpation de la portion de paroi que la suppuration a détachée (quand les moyens plus simples ont été inutilement employés), le cartilage se trouvant pour ainsi dire à découvert par cette opération, il est aisé de se convaincre du véritable état de cet organe, et de procéder à son ablation séance tenante, si le cas l’exige. C’est ce qui sans doute est déjà arrivé à plus d’un vétérinaire.
La boiterie n’est pas un symptôme constant du javart cartilagineux. Chez quelques chevaux, comme chez les gros chevaux de trait, à tempérament lymphatique, elle est à peine sensible et même nulle pendant assez long-temps. Elle est
généralement moindre aux pieds de derrière, et quand la carie affecte la partie postérieure du cartilage.
Lorsque le javart cartilagineux rie date que de quelques jours ou de quelques semaines,, le sabot n’en paraît pas encore sensiblement affecté. Mais lorsqu’il est déjà ancien , il est facile de s’en apercevoir à la forme du sabot, dont la muraille du coté correspondant à la carie a changé de direction : le quartier se resserre de telle sorte, que la corne quia poussé de ce côté depuis que la maladie existe , affecte visiblement une direction plus verticale que celle qui se trouve plus près du, bord plantaire du sabot, avec laquelle elle forme par conséquent un angle plus ou moins obtus. Ce changement dans le sens de l’accroissement de la paroi est d’autant plus marqué, que l’engorgement du bourrelet est plus considérable. C’est en me rappelant que la muraille croît de sept à huit lignes par mois, et en tenant compte de l’étendue de cette corne qui avait déjà pris une nouvelle direction, que plus d’une fois, en présence des élèves, j’ai fait avouer la vérité à des propriétaires qui cherchaient à m’en imposer , en m’assurant que des javarts déjà anciens n’existaient que depuis quelques semaines. Solleysel, qui avait fait attention à ce resserrement du sabot à la suite du javart, a observé une chose fort juste
en disant que « la boiterie qui accompagne sou- » vent le javart est quelquefois le résultat du » dessèchement, du resserrement de l’ongle au- » dessous de l’enflure. »
Pronostic. Le javart bien constaté est une maladie généralement grave; non pas parce qu’elle intéresse des organes prochainement indispensables à la vie, mais parce qu’elle nuit essentiellement, ou s’oppose tout~à-fait aux travaux de l’animal qui en est attaqué; parce qu’elle réclame un traitement ordinairement long, quelquefois incertain , et nécessite souvent une opération délicate et très-douloureuse, dont les suites peuvent bien n’ètre pas heureuses dans tous les cas.
Le pronostic est d’autant plus fâcheux que l’animai boite davantage, soit que cette boiterie dépende du plus d’irritabilité du sujet, car alors les suites de l’opération sont plus â craindre ; soit qu’elle dépende de complications particulières, car alors les désordres étant plus étendus, la cure sera plus longue, plus difficile, et les résultats plus douteux. C’est ainsi que le javart est plus grave, quand il est la suite des bleimes,de clous de rue, etc., etc., parce que dans ce cas il est souvent compliqué de carie de l’os du pied, ou au moins de destruction d’une portion du
tissu podophylleux, dont l’intégrité est si indispensable à une prompte guérison.
Le plus ou moins d’ancienneté du javart influe très-peu sur le pronostic , quand il n’y a que le
cartilage d’affecté, et que le resserrement de l’ongle n’est pas assez considérable pour faire boiter l’animal.
Le javart est plus à craindre aux membres antérieurs : d’abord, parce que les animaux en souffrent davantage; ensuite et surtout, parce que, dans le cas où l’opération a dû être mise en usage, il est d’observation que la guérison se fait attendre plus long-temps, et que les animaux se redressent plus difficilement. Il en est de même des suites de l’opération considérée sur ie cartilage interne et sur celui de dehors : elle est généralement plus heureuse sur ce dernier. La carie qui existe à la partie postérieure du cartilage offre beaucoup plus de chances de succès aux traitemens les plus simples y que celle qui affecte la partie antérieure, pour laquelle on est presque toujours obligé d’avoir recours à l’ablation complète de l’organe.
Lnfin, toutes choses égales d’ailleurs, le javart est plus grave sur un cheval de selle ou destiné à une allure vive, que sur un cheval destiné à travailler au pas; plus grave sur les animaux
qui habitent les grandes villes, que sur ceux qui servent dans des campagnes; ces derniers , vu la nature du terrain sur lequel ils cheminent , pouvant encore rendre des services, soit pendant le traitement , lorsqu’il est simple, soit long-temps avant la parfaite guérison, lorsqu’on a pratiqué l’opération. Je n’ai pas besoin de dire que le pronostic doit être plus fâcheux toutes les fois que, par l’effet des progrès du mal ou de toute autre cause, le bourrelet est détruit en totalité ou en partie; j’en expliquerai plus tard la raison. L’écoulement de la synovie par une ouverture ulcéreuse de la capsule , est un des accidens les plus funestes qui puissent accompagner la carie du fibro-cartilage.