‹ Traité du mariage et de ses effets (volume 3)Chapitre 1 sur 165 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Le mariage est le plus important des actes de la vie. Il fonde les familles qui sont elles-mêmes les éléments de la société ; il crée des rapports nombreux et variés entre les différents membres de chaque agrégation domestique ; il établit des droits , des devoirs ; il fait naître des intérêts divers qui tantôt s'unissent, tantôt se croisent et se contrarient, qui se combinent de mille manières et qui pénètrent même par une foule de voies dans toutes les parties du corps social auquel ils impriment un heureux mouvement.

Mais ces combinaisons multipliées ne tarderaient pas à devenir dangereuses pour Tordre public si elles étaient livrées aux caprices de la volonté et à Feffervescence des passions. Il a donc fallu les soumettre à des règles fixes qui en développassent les avantages, en en réprimant les excès.

C'est ce qu'ont tâché de faire les législateurs de tous les temps, de tous les peuples. Tous ont fixé avec sollicitude leur attention sur le mariage ; tous^ par leurs règlements, se sont proposé de concilier les lois de la nature avec les besoins des familles et ceux de chacun des membres qui les composent, comme aussi de mettre en harmonie les exigences des indi-

n PREFACE.

vidus avec les intérêts généraux et avec Torganisation de la grande famille ou de la société entière.

Tel a été le double but d^s législateurs des Codes français. Ce but, ils l'ont atteint autant qu'il était possible. Nourris des leçons des savants qui les avaient précédés, enrichis de l'expérience des siècles, ils ont posé sur le mariage et sur ses effets des principes à la sagesse desquels toute l'Europe a applaudi et où plusieurs nations ont puisé leurs lois.

Mais les principes ne peuvent prévoir tous les cas; ils ne peuvent déterminer toutes les conséquences de leur application ; ils forment un horizon qui ne laisse apercevoir que les points culminants de la doctrine* C'est un panorama où les détails ont dû être négligés, A la jurisprudence et aux jurisconsultes il appartient de remplir le vide.

Nous le tenterons pour le mariage et pour les conventions tacites ou stipulées qui s'y rattachent, en embrassant , dans notre essai , tout ce qui est relatif aux personnes et tout ce qui s'applique aux biens ; entreprise trop vaste, peut-être, et qui serait peu proportionnée à nos forces , si nous ne comptions^ pour être soulagé , sur l'appui des écrits qui ont précédé le nôtre et sur les secours que nous fourniront les arrêts nombreux qui ont déjà fixé le sens de la loi dans ses obscurités, ou suppléé à son silence dans les omissions qu'elle présentait.

Jusqu'à présent^ si l'on en excepte les cours généraux du droit civil , la matière que nous allons examiner a été divisée en des traités particuliers ; les uns restreints au mariage dont les règles sont consignées dans le titre 5 du livre 1" du Code civil ; les autres

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