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MICROSCOPES A PRISMES REDRESSEURS

200. C'est im microscope composé, mais donirimagc est redressée à l'aide de deux prisnios disposés à angle droit. L'objeclil' est formé de qualrç lentilles d'un pouvoir amplifiant faible, et variant pour chacune d'elles, de telle sorte qu'on peut les employer séparément, ou deux à deux, ou toutes les quatre ensemble. On a ainsi un grand nombre de grossissements qui varient entre 6 ou 8 et 40 diamètres^ avec une longueur focale qui est encore de 1 cenlimètre dans ce dernier cas, et de 4 ou 5 centimètres pour les faibles grossissements.

Dans le tube ou cojyw |du microscope (pl. 111, fig. 2, o) se trouve un premier prisme qui redresse l'image dans un seul sens. L'autre prisme a été ingénieusement disposé par M. Nachet, de manière à former le verre oculaire ou supérieur de l'oculaire (fig. 2, b, et 3, b). La nécessité d'incliner ce prisme sous un angle de 45 degrés environ (fig. 5, b) est devenue un moyen de faciliter l'emploi de ce microscope. Au lieu d'avoir besoin de pencher la tête sur l'oculaire, c'est le prisme qui, disposé de manière à en former la lentille supérieure, est dirigé vers l'observateur.

Le verre de champ (fig. 2 et 5, c) ayant concentré un peu les rayons lumineux comme dans l'oculaire des microscopes composés ordinaires, ceux-ci éprouvent dans le prisme b le même effet qu'en a; ce qui n'a pu être figuré ici. Ceci achève de redresser l'image. Les rayons rencontrant la face inclinée du prisme en d, sont réfiéchis, et vont former dans l'œil une image qui est reportée à une certaine distance dans la direction des rayons do, en e/'par exemple. La lumière n'a par conséquent à traverser de plus que dans les autres microscopes que les deux surfaces du prisme a placé entre l'objectif et le verre du champ de l'oculaire. Aussi on n'en perd qu'une petite quantité, et les forts grossissements sont les seuls qui nécessitent l'emploi de la lentille destinée à concentrer la lumière.

Le champ de ce ipicroscope est assez large pour permettre de voir une assez grande étendue de l'objet qu'on dissèque et des instruments qu on emploie. Sous ce rapport, il l'emporte déjà de beaucoup sur les doublets, dont pourtant l'usage ne présente pas de difficulté bien sérieuse à cet égard.

201. Le pied du microscope est unelarge plaque de cuivre (pl. IH, tig. 1, i^j dont le poids donne beaucoup de solidité à l'instrument, et permet de disséquer dans les baquets à fond do liège ou de cire, tout en laissant le poignet reposer sur la table ou su. ce pied lui-

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même, ce qui prévicnl toute fatigue. Celle plaque a 18 centimètres de long sur 16 de large ; à l'une de ses extrémités (fig. 1, li) est fixée une forte colonne de cuivre, haute de 12 cenlimèlres, et coudée à angle droit à son sommet. Cette portion coudée s'avance horizontalement (lig. 1, h) jusqu'au centre de la plaque. Elle porte à ce niveau un anneau (fig. l,rrr) dans lequel on fait monter et descendre un tube mobile (fig. 1 , i), à l'aide d'une crémaillère dont il est pourvu (fig. l,m), et qui est engrenée dans une roue dentée qu'on tourne à l'aide d'un pignon ?i. Ce tube mobile i reçoit le corps ou tube du microscope o qu'on y fait glisser par frottement doux, et dont on peut ainsi tourner en tous sens le prisme oculaire oblique b.

Du centre de la plaque à la colonne verticale h on compte 8 centimètres, et autant en hauteur de la branche horizontale h à la plaque g. Ceci permet de se servir de baquets de IG centimètres de diamètre sur 8 de hauteur, et de disséquer ainsi sous l'eau de grandes pièces ou d'en étudier les injections. Le peu d'élévation du pied laisse concentrer la lumière à l'aide d'une lentille, bien plus facilement qu'avec tout autre microscope à dissection..

202. Lorsqu'il s'agit d'étudier un objet par transparence, on enlève le corps du microscope du tube mobile où il est placé par glissement, et on le porte sur un auti-e pied qui ne diffère du précédent que parce qu'il est disposé comme celui des autres microscopes. Il est formé d'un tambour cylindrique renfermant un miroir qui réfléchit la lumière, et éclaire l'objet par transparence au travers d'un large trou circulaire percé au centre de la platine qui recouvre le tambour. On peut aussi se servir de ce pied pour disséquer les corps opaques, mais l'élévalion du tambour rend la dissection et l'éclairage plus difficiles.

Le pied, formé d'une plaque quadrilatère (pl. III), peut être remplacé par un pied à trois branches (fig. 68, g g g) imaginé par M. Lacaze-Duthiers, au centre duquel est fixée la cqlomle verticale h, de telle sorte qu'elle peut tourner sur son axe, et porter ainsi le corps du microscope au-dessus de plusieurs baquets placés entre chaque branche du pied, sans être obligé de déranger celui-ci. Les baquets sont aussi plus immobiles avec ce pied qu'avec les autres.

205. Lorsqu'on n'a pas encore fait usage de cet instrument, il semble toujours que le champ n'en est pas assez large. Il n'est pas d'essai qu'on ne veuille tenter à cet égard et de questions dont on n'accable les opticiens. Pourtant, lorsqu'on arrive à s'en servir, on

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reconnaît bientôt que le champ a nne étendue en général plus que suffisante, et lors même qu'il serait plus grand, on ne se servirait jamais que de sa partie centrale. En effet, le point qu'on dissèque n'est jamais aussi large que le champ du microscope, et lorsqu'il se trouve hors du centre ou à peu près, on l'y ramène toujours instinctivement à l'aide d'un léger glissement imprimé au baquet à dissection. Aussi , quand on a disséqué à l'aide d'instru-

Fig. 68. — Microscope à dissection à tige tournante.

ments grossissants, on reconnaît, aux plaintes ou aux désirs exprimés relativement à l'étendue du champ du microscope* que ceux qui les émettent n'en ont pas encore fait usage ou ne font que commencer à s'en servir.

11 en est aussi de même pour ce qui concerne les forts grossissements, et quoique l'on puisse disséquer, avec ceux qui gi ossissent trente fois, il est extrêmement rare d'être obligé d'employer ceux qui dépassent 10 à ]8 diamètres. La plupart des disseclions de filets nerveux, de capillaires les plus fins, de vers intestinaux et d'insectes môme les plus petits, etc., se font avec un grossissement de 8 à 12 diamètres, sans qu'on cherche jamais à les grossir davantage. Ainsi l'expérience montre bientôt que, sous le point de vue de la largeur du champ, de la longueur de la distance focale et du grossissement, les microscopes tels que nous les avons remplissent toutes les conditions nécessaires aux observations zoologiques et aux dissections, toutes les fois qu'on veut y mettre la patience que nécessitent tous ces travaux.

204. Avec ce microscope il faut, pour étudier les tissus, des aiguilles d'acier fortes et inflexibles, droites et courbes (une paire de chaque) dites aiguilles de Strauss ou de Lcberl, à manche hexagone (pl. [, fig. 8 et 9); d'autres minces et Qexibles, à manche

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