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SÉROSITÉS ET SUC GASTRIQUE COMME VÉHICULES

Le blancd'œuf délayé dans 5 à iO fois son volume d'eau, avec ou sans 1 à 4 p. de chlorure de sodium pour 100, selon les cas, et au besoin filtré sur un linge fin, donne des liquides (sérums artificiels) qui n'attaquent pas les éléments anatomiques comme l'eau et permettent de les observer vivants, plus ou moins longtemps et aussi bein que les précédents.

Aux liquides d'origine organique pouvant être utilement employés dans les manœuvres préparatoires qui précédent presque tout examen microscopique il faut joindre la sérosité sous-arachnoïdienne, l'iodsérum et le suc gastrique dont l'action se rapproche du reste de celle des acides faibles.

Emploi du liquide sous-araclinoïdien et du liquide amniotique.

375. La sérosité que je préfère à toutes les autres'pour servir de véhicules aux préparations, pour étendre le sperme contenant des spermatozoïdes vivants, les mucus contenant des épithéliums à cils vibratiles en mouvement, etc., c'est la sérosité céphalo-rachidienne. Toutes les fois qu'on peut s'en procurer, il est facile de la conserver pendant des mois sans altération, avec ou sans camphre placé à la surlace. Comme elle est très-pauvre en principes albuminoïdes, elle a l'avantage de ne pas se coaguler et se troubler quand on traite par l'acide acétique, etc., les éléments anatomiques qu'elle a servi à préparer. Celle du chien, du cheval et de l'homme sont également favorables.

Quand on a des œufs entiers de ruminants, de chiens, de chats, etc., contenant un liquide amniotique limpide, comme il l'est ordinairement quand les fœtus sont encore peu développés, il faut le garder pour en user comme de la sérosité sous-arachnoïdienne dont à cet égard il partage les propriétés.

Emploi du suc gastrique.

376. L'emploi du suc gastrique comme isolant a été proposé et utilisé par Faivre (1858) dans ses recherches sur le système nerveux de la sangsue. Polaillon (1866) en a obtenu de bons résultats dans l'étude des ganglions nerveux des vertébrés, et c'est le moyen qui lui a rendu les plus grands services pour arriver à l'isolement et à l'examen des rapports réciproques des cellules nerveuses ganglionnaires. Nous y reviendrons en parlant du mode de préparation de ces éléments.

Quand on s'est procuré du suc gastrique on peut le conser-

276 ■ EMPLOI DE L'IODSÉIIUM.

ver plusieurs jours sans altération, surtout en plaçant à sa surface un petit morceau de camphre, si on est en été particulièrement.

Employé à froid son action prolongée pendant 5 ou 6 heures est peu différente de celle de l'acide acétique étendu. Mais au bout de 24 heures de macération le tissu lamineux du ganglion est dissous et les éléments propres de ce dernier se dissocient sous forme dedebris par l'agitation du vase qui les contient. ,

La paroi propre des tubes et des cellules ganglionnaires est attaquée, dissoute et lagaîne médullaire elle-même se dissocie de sorte qu'on ne voit bien, après l'isolement, que le corps de la cellule et souvent sur une petite longueur seulement les cylmdres-axes qui en portent. A chaud, c est-à-dire à la température du corps humain au bout de 2 pu 5heures le gonflement etla dissociation précédente

sont 3.cllGV6S

La quantité de suc gastrique doit être proportionnée à la masse du tissu soumis à son action. Deux gouttes de suc gastrique su hsent pour la désagrégation de 5 à 6 ganglions rachidiens de rat placés dans un petit tube bouché et tenu spus l'aisselle, comme le faisait Spallanzani pour les digestions artificielles.

• lodsérum.

377 L'iodsèrumestunliquideinoffensifdontl'usageaétéconseiUé par M.' Schultze et qui donne d'excellents résultats pour 1 étude des {issus délicats, du système nerveux, des glandes, des leucocytes, des hématies, etc. Il peut servir comme isolant quand on y laisse mace- Ïerletissupendant quelques30urs.il doit du i.ste eti. employé chaque fois que l'on veut voir des éléments parfa.tement normaux. Cependant on peut toujours dire qu'ils ont subi un certain degré de coagulation et que par là même ils ne sont pas absolument dans

M Schultze l'a mis en usage avantageusement aussi pour étudier les cellules des couches profondes de l'épiderme dont il montre la

forme paiticuUère. • j„ „„mî

L'iodsérum se fait avec l'eau de l'amnios de carnassiers, de luminants, derongeurs, etc.,àlaquelleon ajouteunecer tam^^^^^^^^ teinture d'iode qui la trouble. On (ilire et ce liquide filt e doit etie a o^à l'eau amniotique encore à l'état naturel. On ajou e envi in 6 à 8 gouttes du premier liquide iodé à 50 grammes d a. de 'amnios. On obtient alors un fluide coloré en jaune qui pal.t bientôt iTs alors nécessaire d'ajouter de nouvelles quantités de teinture

EMPLOI DE L'EAU COMME VÉHICULE. 277 iodée 11 s'altère et se trouble assez vile quand il est fait avec le liquide amniotique des ruminants ; pourtant on peut empêcher celte altération en laissant un petit morceau de camphre sur le fluule. D'après M. Schullze, le liquide suivant peut remplacer 1 lodserum :

Blanc d'œuf 30 grammes.

Eau 2.0 -

Chlorure de sodium. . . 40 centigrammes.

On ajoute ensuite à ce fluide filtré ou non environ 6 gouttes de teinture d'iode pour 30 grammes de liqueur {iodsérum artificiel).

ARTICLE II. — DES LIQUIDES NEUTRES SERVANT DE VÉHICULE" OU DE RÉACTIFS.

Emploi de l'eau.

378. Tout anatomisle doit avoir à sa disposition de l'eau distillée pour certaines opérations dont il sera question plus loin. Il doit aussi avoir en permanence devant son microscope un verre ou un autre vase à large ouverture, plein d'eau distillée ou simplement filtrée, pouvant être préservée des poussières par un couvercle. Celte eau sera renouvelée dès qu'on s'apercevra qu'il s'y développe des infusoires.

Comme presque tous les objets soumis à l'examen microscopique doivent être étudiés dans un liquide, une goutte d'eau portée avec une baguette sur le porte-objet, servira pour y placer, avec ou sans dissociation selon la nature des objets ; ceux de ces derniers qu'on veut préparer et observer, sans avoir pour but de les conserver en colleclions. Elle sert aussi de véhicule pour les préparations exlemporanées de presque tous les éléments et les tissus végétaux, les poils, les écailles, les téguments, les coquilles ou carapaces, les tissus squelettiques des vertébrés et des invertébrés.

Elle sert également pour la préparation, dans ces conditions^ de la plupart des éléments et des tissus épithéliaux, des éléments et des tissus élastiques et fibreux, de ceux des tendons, des nuiscles, de beaucoup de glandes, etc., des coupes de la plupart des tissus durcis par divers ugents chimiques, ou par la dessiccation ; coupes auxquelles on ajoute ensuite ou non de la glycérine, etc.

Elle sert pour étendre et gonfler beaucoup de mucus, dont elle n'altère pas les cellules épithéliales, pour dissocier les matières fécales et la plupart des concrétions nalurelles ou morbides, pour examiner les coupes de celles-ci, «te.

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