DE L'EAU COMME RÉACTIF
On peut employer de l'eau pour étudier la circulation chez les batraciens et les poissons ainsi que leurs spermatozoïdes, et les cils vibratiles des branchies sur les mollusques, ainsi que sur les infusoires. Pour cet ordre d'examen, il faut prendre de l'eau de mer, et non de l'eau douce, quand il s'agit des animaux marins, et vice
versa.
379. L'eau en trop grande quantité fait au contraire cesser les mouvements des cils vibratiles et des spermatozoïdes des mammifères et des oiseaux, ainsi que ceux des fibres musculaires placées sous le microscope. Pourtant, ajoutée en petite proportion au sperme ou au mucus, dans lequel sont des épithéliums vibratiles, de manière à ce qu'elle n'arrive que lentement à ces corps, elle rend leurs mouvement plus rapides ou plus étendus.
L'eau sert de réactif gonflant et dissolvant pour les hématies et les leucocytes, pour les cellules de la notocorde , 'pour celles des épithéliums en voie de développement, et de beaucoup de glandes, ou même de certaines muqueuses. 11 faut par conséquent en éviter l'emploi quand on veut voir quelles sont réellement les dispositions normales de ces éléments et des couches qu'ils forment.
L'eau rend grenues et opalines certaines cellules, comme les cellules nerveuses et la plupart de celles.qui couvrent les tissus des embryons, ainsi que les ovules pris dans les ovaires et l'utérus. Elle agit de même sur beaucoup de substances amorphes intercellulaires et interfibriUaires. On peut constater ce fait en plaçant dans l'eau une portion delà rétine, celle d'une séreuse quelconque, etc. Ces membranes perdent alors de leur transparence et deviennent opalines. Ce n'est donc également ici que comme réactif qu'il faut en user, et il faut choisir d'autres véhicules pour l'étude des dispositions anatomiques réelles de ces parties.
On voit d'après ce qui précède qu'il est un grand nombre de parties constituantes des animaux pour lesquelles l'eau n'est pas un liqûide inoffensif, et dans l'examen desquels son emploi doit être évité. 11 doit l'être en particulier dans beaucoup des observations faites dans un but de recherches scientifiques nouvelles.
380. Ce n'est pas seulement parce que l'eau est un liquide d'un emploi facile qu'on s'en sert beaucoup en analomie. C'est encore parce que la faiblesse de son pouvoir réfringent permet, si l'on peut dire ainsi, aux divers corps d'origine organique plongés dans son épaisseur sous le microscope de trancher nettement sur elle, par
INFLUENCE DU l-OUYOIR RÉFRINGENT DE L'EAU. 279
la manière dont ils dévient la lumière comparativement au milieu (luelle représente par rapport à eux.
Quand cette dilTérence est considérable, ces corps forment entille en quelque sorte et-ils dessinent sur la rétine une image bien trancbée à contours foncés, aisément apercevable, a centre clair
ou même brillant. . . ,,.
Sous ce rapport, ilnestpas inutile de donner ici 1 mdication de la valeur de l'indice de réfraction, des seuls tissus animaux sur
lesquels il ait été mesuré. ... -a
L'indice de réfraction de l'eau est 1 ,556, celui de la cornée i .oO suivant les modernes, et de 1,350 selon Chaussât; celm de la capsule du cristallin 1,559 d'après Chaussât et 1,405 suivant les auteurs modernes; celui des couches molles, ditos coucbes moyennes par les physiciens, est de 1,595 suivant Chaussât et de 1 429 suivant les modernes ; celui du noyau central est de 1,454 selon ces derniers et de 1 ,420 suivant Chaussât. Celui de l'humeur vitrée est de 1,559 d'après celui-ci, 1,548 selon les autres. Son pouvoir dispersif est 0,012 ou 0,014, c'est-à-dire le même que celui de l'eau.
L'indice de réfraction d'un objet comparé à celui du hquide employé étant la cause de la vision plus ou moins nette de cet objet et de l'accentuation de ses contours, on peut dire en règle générale qu'avec des objets complètement frais cl non coagulés, on doit employer des fluides à indice de réfraction faible et le plus possible inolfensifs ; l'iodsèrum, le sérum, l'eau albumineuse, l'acide chromique faible et entin l'eau distillée seront les liquides employés.
381. On se sert généralement de l'eau parce que c'est le liquide qu'on a ordinairement sous la main ; mais on vient devoir que ce liquide est loin d'être toujours inoffensif. Lorsqu'on voudra observer des éléments dans leur état aussi normal que possible, il faudra la remplacer, dans ce cas, et du reste en général, par la solution d'une partie d'acide chromique dans 5,500 p. d'eau ; cette dernière solution, outre qu'elle est à pi;u prés inoffensive, offre l'aNanlage de colorer légèrement les éléments, et par là d'accentuer leurs contours.
L'iodsèrum, le sérum sanguin, l'humeur aqueuse, la sérosité sous arachnoïdienne, etc., sont cependant préférables lorsqu'on a ces liquides à sa disposition. En outre, ils possèdent un indice de réfraction qui ne se rapproche pas trop de celui dos éléments anatomiques, et par là même ne gêne pas beaucoup l'observateur.
280 EMPLOI DE l,k C.LYCÉRINE.
surtout s'il fait usage des diaphragmes qui lui permettent de déterminer exactement la proportion de lumière la plus utile pour examiner tel ou tel objet.
L'eau sucrée est aussi employée dans les préparations extemporanées, mais cependant il faut tenir compte de son indice de réfraction plus grand que celui de l'eau et qui rend déjà les contours des objets moins nets.
Glycérine.
382. La glycérine est peu employée comme réactif proprement dit. On l'utilise le plus souvent ou pour donner de la transparence à des objets durcis par l'acide chromique ou l'alcool ou colorés d'une façon quelconque.
Elle s'emploie pure ou étendue d'eau. Son indice de réfraction est de 1 ,475 quand elle est pure ou de 1 ,400 quand elle est mêlée d'un volume égal d'eau; aussi les cellules du cristallin qui forment une couche dont l'indice de réfraction est 1,405 ne peuvent-elles presque pas être aperçues dans son épaisseur.
L'action de la glycérine sur les tissus frais est assez analogue à celle de l'acide acétique en ce qu'elle rend ceux-ci trés-transparents, le plus souvent même trop, et cela à cause de son indice de réfraction aussi élevé que celui des tissus mêmes et de l'imbibition des éléments eux-mêmes dont elle gonfle un certain nombre, tels que les fibres lamineuses, musculaires et autres. Elle rend évidents les noyaux et les fibres élastiques au milieu des éléments qu'elle a gonflés et rendus transparents.
L'emploi le plus fréquent de la glycérine consiste dans la conservation des pièces, et dans ce cas on la prend pure ou étendue d'eau. On peut conserver ainsi des coupes d'organes ou des éléments isolés préalablement traités par l'acide chromique et aussi des injections. La glycérine associée à la gélatine gommée constitue un excellent moyen de conservation. Comme elle ne s'évapore pas, elle permet de garder longtemps les préparations sans qu'il soit besoin de les cimenter. ^ '
11 faut savoir toutefois qu'ajoutée à une préparation déjà placée dans l'eau entre deux lames de verre, elle amène le dégagement de petites bulles d'air qui peuvent gêner dans l'examen des objets.
383. Les diverses particularités précédentes font que la glycérme constitue un véhicule très-souvent employé. Elle est très-utile pour étudier les coupes d'os frais faites à l'aide d'un scalpel, qu'elle rend
EMPLOI DE L'ALCOOL. transparentes, homogènes ; en mème< temps elle amène un dégagement de gaz dans beaucoup d'osléoplastes et dans leurs canalicules, ce quilesi'end très-nettement apercevables.
Elle sert aussi très-avantageusement à l'étude et à la conservation des parties dures des invertébrés. Toutefois elle exerce une action dissolvante sur les plaques calcaires des Comatules (Antedon, etc.,) et autres crinoïdes (Carpenter) et sur les premiers points d ossification du squelette (Ch. Robm) ; on ne doit donc pas 1 employer pour faire les préparations de ces tissus que l'on désire conserver. On ne sait pas encore si celte action dissolvante est due a la glycémie môme ou à ce que sa purification imparfaite la laisse mélangée a des traces d'acide sulfurique
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EMPLOI m IMLCOOL COMME D^CISSAM.
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' L'acide chromique P^^^^^^^^ "^^^ chromique l'emporte
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ter des cléments. Tous deux du ,,,,pcs ladistribu-
l^^es dans les capillaires^tonp^^^ , longe
pas dissoute par lui.