CES INJECTIONS NATURELLES
d'employer des plaques de liège fin, pour que les épingles puissent être piquées solidement et exactement à l'endroit même où il est besoin que la membrane examinée soit fixée. Le liège grossier ne se prête pas a ces exigences en raison des nombreux trous pleins de cellules du suber désagrégées qu'il présente. J'ai vu les anatomisles et les physiologistes de Stockholm remplacer avantageusement les moyens précédents habituellement employés par le suivant.
Sur une lame porte-objet du microscope, ils collent, avec du baume du Canada, de la cire à cacheter ou du bitume de Judée, une rondelle mince du Pohjporus borealis Fries, percée d'un trou de la largeur voulue pour la grandeur de la membrane vivante à examiner. On peut aussi limiter cet espace par quatre bandeleltcs du tissu de ce champignon, qui est blanc, très-homogène, se laisse piquer aisément, et qui, par l'homogénitè et la consistance de son tissu, maintient avec force les aiguilles, lors même qu'elles ne sont enfoncées que sur une profondeur de 2 millimètres ou environ. On maintient de la soile les membranes entre deux couches de liquide, l'une représentée par l'espace que circonscrit le tissu du champignon et la bande de verre porte-objet, l'autre par la goutte d'eau que l'on place sous la lamelle mince supérieure. Il est probable que d'autres Polypores à tissu compacte pourraient remplacer le Polyporus borealis, qui n'est commun que dans le Nord et en Suisse.
La queue des têtards ou des poissons peut être utilisée pour ces observations comme la patte, et la langue des grenouilles, ainsi que celle des salamandres de petite taille qui sont peu pigmentées. Il en est de même pour les branchies extérieures de leurs larves ou têtards. Chez ces dernières, les globules sanguins sont très-volumineux, et on voit tous les détails de la circulation avec un faible grossissement; on utilisera également leur mésentère.
0. Les efforts de l'animal obligent de l'attacher, sur la plaque de liège soit avec une bandelette d'étoffe, soit avec des épingles plantées dans la peau des pattes antérieures, de la tête et des côtés du corps. Mais les hémorrhagies souvent déterminées par ces épingles et les mouvements qui ne sont jamais complètement empêchés de la sorte,' gênent souvent l'observateur et troublt-iit la circulation. Il est préférable d'examiner des animaux rendus complètement immobiles par le curare ou le chloroforme; on évite par là l'emploi des liens et des épingles, ou au moinsies violents mouvements de l'animal , qui non-seulement gênent l'observation en changeant de place l'organe examiné par rapport au foyer de l'ob-