EXÉCUTION DES COUPES DES TISSUS DUUS
ART. II. — DE l'exécution DES COUPES MINCES SUR LES TISSOS NATURELLEMENT DURS.
486. L'histoire de l'anatomie nous montre que les coupes des tissus proprement dits ont d'abord été laites sur des tissus naturellement durs comme divers tissus végétaux, la corne, les gros poils, les os, les dents, les carapaces des crustacés, les coquilles des mollusques, etc. Mais elles sont restées des objets de curiosité jusqu'au moment où l'introduction de la notion d'élément anatomique a permis d'interpréter exactement les aspects observés. Alors seulement elles sont devenues réellement utiles aux progrès de la science. Elles sont aussi les premières préparations qui aient été conservées en collections.
L'exécution des coupes qui étaient faites sur des tissus assez consistants pour se laisser trancher sans céder devant l'instrument a été graduellement étendue jusque sur les tissus mous ramenés à la consistance des premiers, ou à peu prés, par les divers agents que nous avons indiqués, qui ne causent pas une trop notable déformation des éléments anatomiques. On peut dire que c'est à ilannover qu'est due l'introduction de ce procédé anatomique, qui a été un pas considérable ait dans ce sens et le point de départ de nombreuses découvertes scientifiques. Il date de l'époque où cesavantanatomiste a étudié l'action durcissante, etc., de l'acide chromiquesur le plus grand nombre des tissus mous des vertébrés dont la structure se conserve pourtant parfaitement. En même temps, il montra d'autre part comment le durcissement permet de couper les tissus nerveux, rétinien et autres, en tranches minces propres à l'observation microscopique, sans que les parties élémentaires soient dérangées (Ilannover. Die Chromsaure, ein vorzûgliches Mittel bei mikroskopischen Untersuchungen, in Archiv. fûer Anat. u. Physiol. 1840 in-8»p. 549, Recherches microscopiques sur le sijst. nerveux. Copenhague, 1844, in-4°, p. 14), tandis que la créosote et le carbonate de potasse, auparavant utilisés dans le même but, pour durcir le cerveau, elc, en altèrent la structure.
Toutefois, quels que soient les moyens durcissants employés, Ja conservation de l'étal naturel des parties n'est pas absolue, tant s'enfaut, et il suffit, pour s'en assurer de les observer comparativement dans ces conditions et à l'état frais sur beaucoup de glandes, de muqueuses. Aussi ne peut-on avoir une connaissance réelle de ce que sont les tissus aussi bien que les éléments anatomiques que lors-