DE L'ISOLEMENT DES ÉLÉMENTS ANATOMIQUES
porte sur le porte-objet, préalablement bien essuyé et sur lequel on a mis une goutte du liquide dans lequel doit être faite la dissociation par dilacération isolante. Celle-ci s'exécute le plus souvent en fixant avec l'aiguille à manche, que tient la main gauche, le fragment du tissu pendant qu'avec l'aiguille de l'autre main qu'on implante dans celui-ci on le divise en parcelles plus petites. Souvent c'est la main gauche qui est obligée d'exécuter les mouvements qu'a d'abord faits la main droite, et vice versâ. On continue ainsi jusqu'à réduclion en particules presque invisibles à l'œil nu et en tenant les aiguilles presque perpendiculaires ou sous l'inclinaison donnée à une plume quand on écrit.
Le liquide dans lequel on doit faire la dilacération maintient les particules en suspension et empêche leur déformation.* Il est en outre indispensable pour empêcher des bulles d'air de rester interposées entre ces parties et les lamelles de verre, ce qui masque les éléments anatomiques et gêne ou même rend impossible l'observation. 11 fait de la préparation un tout homogène que la lumière traverse plus facilement, sans rencontrer des surfaces libres sur lesquelles elle se réfléchit.
Dans la grande majorité des cas, on peut se servir d'eau pour préparer ainsi les solides organiques, parce que la plupart sont insensibles à son action. Elle est très-utile lorsqu'il s'agit de se débarrasser des g'obules sanguins. Dans ce ras même, et lorsque des éléments insolubles dans un réactif, comme les fibres élastiques, certains épithéliums, lemyolème, sont masqués par d'autres qui sont attaquables, tels que les fibres de tissu lamineux ou musculaire, on se sert directement d'acide acétique étendu pour y pratiquer la dissociation. Nous avons déjà dit que lorsqu'on prépare des éléments .matomiques attaquables par l'eau , il faut se servir d'autres liquides, et nous avons noté quels sont ceux qu'il faut choisir (voy. p. 274). Pour quelques tissus normaux ou pathologiques, il suffit de racler avec un scalpel sur une coupe fraîche de l'organe pour en exprimer le suc, ou en détacher quelques particules. Ce procédé peut être employé pour détacher les parcelles d'épiderme et d'épithélium et mêmes leurs cellules, ainsi que les ovules de l'ovaire de beaucoup de mammifères.
504. 11 semble aux commençants que de si petits fragments ne peuvent rien montrer de bien concluant, la dilacération devant rompre les cellules ou les fibres qu'il s'agit d'observer; mais l'expérience prouve que ce procédé si simple montre mieux ces parties que d'au-