DISSOCIATION A L'AIDE DU PINCEAU
Au lieu de prendre un fragment de tissu, on peut faire une coupe la plus mince possible de celui-ci et la dilacérer ensuite; c'est le procédé que nous suivons de préférence. On doit généralement dissocier le plus possible, mais il est certains cas où l'on doit apporter la plus grande attention en dissociant ; c'est lorsqu'on a affaire à des tissus formés d'éléments d'un grand volume à détails délicats et fragiles comme le sont par exemple les grosses cellules nerveuses du cervelet et autres.
505. Outre ces moyens de dissociation, il y a ceux qu'on n'emploie généralement qu'après l'action de réactifs et surtout dé l'acide chromique faible. Pour les cellules nerveuses de la moelle épinière, par exemple, nous avons toujours très-bien réussi de lamanière suivante ; on prend un fragment de moelle qui a macéré dans l'acide cliromique faible et on le place sur la lame porte- objet, en ajoutant une assez grande quantité de liquide additionnel, alors, avec le plat d'un scalpel ou un objet plat quelconque, on frappe doucement sur le fragment de tissu ; de cette façon, on élimine très-facilement la matière granuleuse en enlevant le liquide à l'aide de papier buvard et le renouvellant plusieurs fois. Un autre moyen consiste dans l'emploi du pinceau. Pour cela on prend un fragment de tissu ou une coupe mince qu'on met dans une grande quantité de liquide additionnel et on place le pinceau perpendiculairement à l'objet, puis on frappe sur celui-ci en exécutant des mouvements précipités, sans être trop violents.
506. Nous voyons en résuméqueles objets quels qu'ils soient, pour être soumis à l'examen microscopique, ont besoin de subir une. préparation variant suivant le volume, la consistance les propriétés optiques et autres de l'objet. 11 faut, en d'autres termes, qu'il soit apte ou rendu apte à être placé sur la lame porte-objet et recouvert d'une lamelle mince pour être ensuite porté sur la plalineet mis au foyer de l'objectif.
Certaines manœuvres de la préparation sont communes à celle de tous les corps et nous citerons en premier lieu la fixation de ce dernier, d'une façon quelconque et la mobilité de l'appareil sur lequel il est fixé. Mais, en dehors des points communs à toutes les préparations microscopiques, on peut donner une idée d'ensemble du modiis faciendi de celle-ci de la manière suivante :
A. Préparations extemporanées ; 1° à sec; 2° avec liquide additionnel.
B. Préparations non extemporanées ; {" à sec ; 2» avec isolement
360 ISOLEMENT PAR IIYDROTOMIE.
des parties à l'état frais; S" avec ou sans isolement des parties après durcissement de l'objet.
^RT. V. — DE l'isolement DES ÉLÉMEiSTS ANATOMIQUES PAR INFILTRATION llYDROTOMIQUE.
507. Parmi les moyens qui peuvent être employés pour arriver à voir exactement à la fois ce que sont les éléments anatomiques et quel est leur arrangement réciproque, il faut noter spécialement les dispositions naturelles et les procédés artificiels qui tiennent ces parties écartées les unes des autres, tout en conservant leurs rapports essentiels.
Le type des dispositions naturelles de ce genre se rencontre dans le tissu de plusieurs organes des acalèphes dont les fibres et les cellules sont tenues écartées par une assez grande quantité de matière amorphe hyaline. Les coupes pratiquées à l'aide d'un rasoir ou de ciseaux permettent d'observer les parties élémentaires dans leurs rapports naturels et de bien voir leurs caractères individuels, sans dilacération et sans autre isolement que celui qui résulte de l'interposition de la matière amorphe transparente qui les tient à la fois réunis et écartés.
il est d'autres invertébrés encore chez lesquels des particularités de texture de cet ordre peuvent être mises à profil d'une manière analogue pour l'étude des éléments qui les composent et de l'arrangement réciproque de ceux-ci. Il en est encore de même sur un certain nombre de vertébrés, ainsi que je l'ai signalé depuis longtemps à propos du tissu connectif ou lamineux du rostre des poissoins cartilagineux {Annales des sciences naturelles, Paris, 1847, in-8, t. Vil, p. 279), de celui des embryons de poissons, de batraciens et de reptiles.
Là et dans les tissus pathologiques aux éléments anatomiques fio-urés desquels l'interposition d'une substance amorphe hyaline donne l'état dit colloïde les coupes du tissu frais pratiquées au rasoir ou à l'aide des ciseaux courbes, peuvent permettre de faire les mêmes observations. Souvent elles montrent non-seulement les divers éléments nucléaires, cellulaires et fibreux du tissu, mais encore les capillaires, remplis ou non de globules sanguins, les leucocytes inclus dans cette matière amorphe, etc. Elles permettent de bien voir les rapports des uns avec les autres, des noyaux et des cellules, par exemple, avec les fil)res au milieu des mailles que circonscrivent celles-ci.