IMMERSION DES COUPES DANS LES TÉRÉBENTHINES
Strasbourg, vient généralement de la Suisse ou de la Savoie. Elle ne sèche pas à l'air, en sorte, que, lorsqu'on s'en sert, il faut cimenter les préparations comme si on employait un liquide proprement dit.
518. La térébenthine ou baume du Canada sert surtout pour la préparation des pièces très-opaques auxquelles on veut donner de la transparence. (Voy. aussi pages 545 à 546).
Toute coupe ou autre préparation doit, avant d'être mise dans la térébenthine du Canada, être soumise à une dessiccation préalable. On peut recourir, à cet effet, à la chaleur d'un bain-maric, ou bien exposer la préparation à l'action desséchante de l'acide sulfurique ou du chlorure de calcium et à d'autres procédés encore. (Voy. p. 528.) 11 est des objets qui peuvent être plongés ensuite pendant quelques minutes dans l'essence de térébenthine. S'il y a de l'air à l'intérieur de la pièce, il faudra un temps plus long et quelquefois même on se verra obligé de chauffer.
L'immersion dans le baume de l'objet dont on désire assurer la conservation se fait ainsi: après avoir bien essuyé le porte-objet, on l'expose à la chaleur d'une lampe à l'esprit-de-vin, pour la chauffer modérément et en évitant avec soin une température élevée. On prend ensuite, avec la pointe d'une baguette de verre, une goutte de la térébenthine qu'on dépose sur la lame. Le liquide s'étend, et, dans les circonstances heureuses, forme une masse homogène, sans bulles de gaz. S'il en restait (et il s'en forme un nombre considérable quand le baume se trouve sur une lame trop chauffée), on les touche avec la pointe d'une aiguille chaude pour les faire éclater, ou bien on les attire, à l'aide d'une aiguille froide, jusqu'au bord de la goutte debaume. Après cela, on place dans celui-ci l'objet à conserver ; puis on saisit, pour la seconde fois, la tige de verre garnie de térébenthine pour en étendre une couche très-mince sur la face supérieure de l'objet. En agissant avec promptitude, ou bien en chauffant légèrement, on verra bientôt le baume ajouté en dernier lieu s'unir à celui qui a été placé d'abord sur le porte-objet. On prend ensuite, à l'aide d'une pince, le couvre-objet qu'on a eu soin de nettoyer ou de chauffer légèrement, etonlelaisse tomber sur l'objet recouvertde baume, en ayant soin de commencer par appuyer le bord opposé à celui qui a été saisi avec la pince sur le porte-objet. On abaissera peu à peu la lamelle qui avait au commencement une position inclinée, jusqu'à ce qu'elle couvre le tout horizontalement. On peut encore à ce mo-
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ment chasser quelques bulles de gaz isolées au delà des bords de la lamelle, eu soulevant avec précaution un côté de celle-ci, pourvu, toutefois, que l'objet introduit dans le baume soit capable de supporter une certaine pression. Arrivé à ce point, on examine la préparation à l'aide d'un grossissement faible. Si on découvre encore quelques bulles de gaz, ce qu'on aura de mieux à faire géra de placer l'objet couvert d'une cloche sur un support chauffé,'ét de l'y laisser pendant des heures entières; on donne ainsi, en même temps, de la consistance à la térébenthine. Ce dernier procédé pourra être également employé avec avantage dans d'autres circonstances, (Frey.)
Si la quantité de térébenthine a été trop grande, on cherche à en diriger une partie vers les bords du couvre-objet, ou bien même on la laisse s'écouler au delà. Quand le baume sera durci, on enlèvera le superflu avec la lame d'un couteau; puis on nettoiera la surface du verre avec un morceau de linge trempé dans de l'essence de térébenthine ou dans de la benzine.
Le durcissement de la térébenthine enveloppant l'objet ne s'opère que très-lentement à l'intérieur. Souvent elle est dure à la circonférence depuis des jours et des semaines, tandis qu'elle est encore fluide au centre ; une manœuvre maladroite pourrait, dans ce cas, faire glisser le couvre-objet et détruire la préparation. C'est alors qu'il est bon de fixer ce dernier avec un ciment, ou avec deux à trois gouttes de cire à cacheter.
Nous avons dit plus haut comment ilfaut procéder pour empêcher la térébenthine du Canada de pénétrer dans les canaux de Havers, dans les ostéoplastes et leurs canahcules radiés, dans les canalicules de l'ivoire, etc., lorsqu'on en place les coupes dans cettesubstance. (Voy. p. 345.)
Les précautions dont il s'agit ici doivent être également prises pour la préparation de ces pièces, lorsqu'au lieu de la térébenthine utilisée comme qu'il vient d'être dit, oïl emploie sa solution dans le chloroforme.
Solution de térébenthine au chloroforme.
519. Cette solution s'obtient en mélangeant du chloroforme à la térébenthine du Canada, jusqu'à ce que le tout ait la consistance d'un sirop épais. On a ainsi une substance dans laquelle on peut conserver les pièces durcies, les injections, toutes les parties habituellement mises dans les térébenthines. Mois elle a le grand avan-
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tage de pouvoir être employée à froid et d'être bien plus facile à manier que celles-ci. Il est bon de mettre assez de la solution sur le porte-objet, pour qu'elle déborde la lamelle minci; et fasse ciment périphérique en se desséchant. Si, pendant le dessèchement, la diminution de volume est assez grande pour que l'air entre sous la lamelle mince, on ajoute une ou deux gouttes de cette substance.
Cette solution qui pénètre bien les tissus est très-utile aussi pour conserver les pièces solides des articulés el même les animaux entiers qui sont d'un très-petit volume, qu'ils aient ou non été préalablement conservés dans l'alcool. C'est avec la gélatine ghcérinée dont il sera question plus loin et les mélanges de glycérine avec l'alcool, l'acide acétique, etc., un des liquides conservateurs les plus utiles et qu'il importe le plus d'avoir habituellement sur la table de travail.
Ciment à la résine ou colophane de la térébenthine du Canada.
(Hepworth.)
520. Faire sécher au feu du baume du Canada pur, jusqu'à ce qu'il soit dur comme delà glace. On le dissout ensuite dans du chloroforme pur ou encore dans de l'essence de térébenthine rectifiée. Le chloroforme est préférable. Une solution un peu épaisse du baume du Canada dans le chloroforme donne un lut meilleur encore que le hitume de Judée pour entourer la lame mince dans un grand nombre de préparations. (Lockart-Clarkes, Rutherford, Tuke, etc.) Il s'emploie de la même manière et donne un ciment incolore ou à peu près.
Cette solution conserve beaucoup de tissus. Elle peut être employée comme véhicule conservateur et comme ciment tout à la fois.
A l'aide d'un pinceau, ou d'une tige en verre, on dépose, goutte à goutte, un peu de celte solution froide sur la lame de verre ; on y place l'objet en imbibant les surfaces libres et on le couvre. 11 s'introduit parfois, par suite de l'évaporalion du chloroforme, un peu d'air entre la bande et le couvre-objet. Ën inclinant le porte-objet, on ajoute encore quelques gouttes de solution, jusqu'à ce que toute Ifl coupe soit bien enveloppée.
Emploi dès solutions de térébenthines et de résines.
521 . Pouf conserver dans les solutions précèdenles ou même dans les térébenthines des partiesmoUes, gorgées de liquides, on cherchera
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d'abord àdébarrasscr ces préparations de l'eau qu'elles contiennent, en y faisant pénéirer un fluide capable de former un mélange avec elle ; puis ce premier fluide sera remplacé par un autre, et amsi de suite jusqu'au moment où les matières précédentes pourront les mouiller et y rester. Les coupes minces de la moelle epmiere, du rein ou de la raie, de l'intestin, dont les vaisseaux saugums ou s les vaisseaux lymphatiques ont été injectés, celles du cerveau ou d'une glande lymphatique, etc., doivent être privées d eau Bour éviter les contractions occasionnées par la dessiccation simnle • pour cela on placera l'objet, pendant une derai-journee et môme pendant une journée entière, dans de l'alcool très-fort, ou, ce qui est préférable, dans l'alcool absolu. . En sortant l'objet de l'alcool absolu, on le plonge pendan une demi-heure dans de l'alcool méthylique ^rès-concentre (toutefois cette dernière partie du procédé n'est pas indispensable) On eli- ^ . nsi l'eau qui est i' mplacée par l'alcool. On retire la preparation de l'alcool méthylique ; onla reçoit sur un filtre et on la depose dans l'essence de térébenthine au moment même de 1 evapo- 'ration. Au bout de quelques heures, tout ^^^f^^^^^ chassé par l'essence, el l'objet se trouve eu état ^ e e m,s d-s une solution au chloroforme de baume du Canada. G est a deg en Général, qu'il faut sécher toutes les parties injectées avant de les onfermer c a. s cette solution. On réussit à conserver ainsi beaucoup d d ta Is histologiques, mên.e l'èpitbélium prismatique et d autre
nules fort délicates qu'on peut rendre f^^^^^T^^^^ l'aide de la coloration par le carmin ou le bleu d aniline, loutes es tlctil transparentes à la gélatine, s'y conservent bien, rey Iti^^llled-ajouter'une goutte d'acide ^^^^^^r^'^' à chasser l'eau des parties injectées avec le bleu de Prusse.
Pour monter les objets avec du baume du Canada il st con;enab e d'avoir quelques instruments très-simples dont 1 emploi Ue d pertes de temps et de la peine. Comme source e chaleur L lampe à esprit-de-vin est ce qu'il y a de mieux.en ce qu elle est tr fa iTà rè' er et qu'elle ne donne pas de fumée Quand on a a pr na beau oup Objets à la fois, il est commode de se servi ou b en (?un bab^marie couvert d'une lame métallique ou bien d un n aaue de métal soutenue au-dessus de la lampe à alcool a une d ta^ce leU que sa température ne dépasse pas cent degr . FredeSk ar^halle a fait connaître la disposition suivante, q: 1 par la plus commode. Un bain-marie en étain est d.s-
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posé de manière à permettre qu'on pose au-dessus un support plat, pour recevoir la lame, ou bien encore qu'on puisse mettre à l'intérieur un flacon à large ouverture contenant le baume. Lorsqu'on porte le bain à la tempér-ature de 100», ce dernier se liquéfie sans qu'il se forme de bulles d'air, et la lame est maintenue suffisamment chaude pendant, qu'on achève la préparation. Sans renouveler l'eau du bam-marie, on peut préparer 10 à 12 objets. En marquant sur le support le contour de la lame et son centre on voit de suite, à quel endroit du verre il faut placer l'objet. Pour tenir la lame de verre, quand on la chauffe sur la lampe, ou qu'on la refroidit ensuite et pour exercer en même temps une pression convenable, sur le couvre-objet on peut employer un appareil ingénieux que M. James Smith a nommé instrument à préparations. 11 se compose d'une lame de cuivre dont les bords sont relevés et sur laquelle peut reposer la lame de verre. Au centre de ce support est un orifice circulaire assez grand qui permet de chauffer la lame de verre par-dessous. Un manche sert à soulenir la lame de cuivre. Sur ce manche et dans une direction parallèle est une tige de cuivre terminée d'un côté par un bouton d'ivoire qui vient se projeter au centre de l'orifice cii'culaire, et fixée de l'autre par une articulation à une oreille que porte le manche de la lame. Un ressort tend à écarter la tige du manche de l'appareil, mais une broche filetée fixée vers le milieu du manche la traverse librement, et ■au moyen d'un écrou, l'on peut combattre la répulsion exercée par le ressort, rapprocher autant qu'on veut la tige du manche et exercer sur le couvre-objet une pression plus ou moins énergique. On peut employer aussi la pince à lame de Page dont l'élasticité permet de serrer convenablement une lame d'une épaisseur ordi. naire. Deux lames de bois serrent la lame de verre, et, au moyen d'un pied recourbé en cuivre, l'appareil repose sur la table et maintient en l'air la lame de verre chauffée. Cet instrument est particulièrement avantageux quand le baume doit être déposé sur la lame, et s'y solidifier pour y fixer des corps dont on veut faire des sections très-fines.
Outre une paire de pinces d'acier à pointes fines pour tenir l'objet que l'on veut préparer, il faut en avoir une autre paire plus commune pour tenir le verre à couvrir, car elle peut être enduite do baume. Il est indispensable d'avoir une paire de fortes aiguilles emmanchées pour manier les objets et pour fuire disparaître les bulles d'air. Lorsqu'on veut fixer les verres à couvrir, et qu'on n'a pas lesins-