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POLARISATION LAMELLAIRE ET CHROMATIQUE

sodium et le verre, isotropes naturellement, dépolarisent la lumière polarisée, après qu'ils ont été trempés par refroidissement brusque. Mais ces corps et d'autres se trouvant dans des conditions analogues, donnent alors des dessins dont la forme est en rapport avec celle dos lames de verre, etc., tandis que, pour les cristaux biréfringents, la ïorme dos plaques n'influe pas sur ces phénomènes optiques.

Ainsi la superposition naturelle des matières en lamelles minces imprime à la lumière polarisée qui traverse leurs plans interstitiels de jonction des inégalités ou intermittences de transmission, d'où résultent des phénomènes de coloration, par inégale dispersion et interférence, comme dans les cas où, soit la compression, soit l'expansion, artificiellement opérées dans des coTps cristallisés ou non cristallisés , peuvent y développer une double réfraction accidentelle.

Biot a depuis longtemps montré que, parmi les corps organisés, un des plus beaux exemples de polarisation lamellaire, dans lesquels la forme des corps influe sur celle des images colorées, est fourni par les grains de fécules. (Voyez Biot, Différences physiques entre V amidon et la dextrine. Comptes rendus de l'Académie des sciences, Paris, 1837 in-4°, t. V, p. 905 et t. XVIII, 18M, p. 795.) Ce fait est surtout tranché dans les fécules des légumineuses. Ce sont des faits de cet ordre qu'à signalés M. Bouget [Journal de la Physiologie. Paris, 4862 in-S", p. 254 et suiv.)comme phénomènes de polarisation uniquement liés à l'arrangement de parties organiques, au mode de juxtaposition des parties composantes de ces corps et à la forme des surfaces, mais non à leur constitution chimique. Ainsi, l'eau, la glycérine, les essences, les térébenthines, les corps gras, les vernis, l'alcool, la gélatine, la chitine, l'albumine liquide, etc., ne jouissent pas de la double réfraction. Mais, lorsque les bords libres des minces couches ou des gouttelettes qu'ils constituent, viennent à former un angle de ±45° avec la section principale du prisme de Nicol, agissant à la manière d'une superposition de lamelles minces ils polarisent la lumière qui les traverse et la colorent, tandis que la partie moyenne des lames est sans action. S'il s'agit de gouttes ou de solides à surfaces convexes, les bandes colorées ainsi produites par l'effet des surfaces courbes sur la lumière polarisée, s'étendent plus ou moins loin des bords de ces objets, du côté de leur centre ou de leur axe. Les plis très-fms, les ondulations, les dépressions ou stries, et les saillies de ces substances et autres, comme les plissements de la moelle des tubes nerveux, amenant des dispositions de

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