EMPLOI DES LAMES SENSIBLES
paré dans la térébenthine du Canada, qui, pour une expérience ordi naire, serait beaucoup trop transparent, se trouve dans des conditions favorables. On peut aussi placer les objets dans la laque copal ou dans la glycérine, c'est-à-dire dans un milieu qui réfracte fortement la lumière et rend l'objet transparent. (Gerlach, G. Valentin. 1861.) On doit éviter avec soin toute lumière directe dans ces expériences minutieuses ; on y réussit en plaçant un écran devant ou sur la plafine.
De fines lames de sulfate de chaux cristallisé (gypse) et de mica, d'épaisseurs diverses, fixées ou non au-dessus du polarisateur, constituent un moyen auxiliaire souvent employé pour obtenir de vives couleurs et pour décider si des tissus animaux sont anisotropes ou non; en d'autres termes, elles accroissent la sensibilité de l'appareil polarisateur. (Biot, 1841.) On les oriente d'abord par des tâtonnements graduels au-dessous de 45". Les lames de gypse fournissent des couleurs plus vives que celle de mica. Parmi ces lames, {lames sensibles de Biot, 1841), les plus utiles sont celles dont l'épaisseur donne le rouge de premier ordre. Cependant la puissance de l'appareil polarisateur du microscope est aussi augmentée par l'emploi de lames tellement minces que le champ visuel n'en peut recevoir aucune couleur.
Lorsque le champ du microscope reste obscur, malgré les divers mouvements imprimés aux prismes ou à l'objet soumis à l'examen, on a la preuve que ce corps n'agit pas sur la lumière polarisée ; son action se manifeste, au contraire, quand il devient visible en tout ou en partie et qu'il se luiance de couleurs variées. Il est certains corps qui présentent simultanément les deux phénomènes. Les granules obtenus avec du verre fondu puis jetés dans l'eau, les grains de fécule ont chacun deux méridiens qui se coupent à angle droit et n'agissent pas sur la lumière polarisée, car ils restent constamment noirs; mais les segments compris entre ces méridiens présentent des couleurs variées qui indiquent leur action. (Biot, loc. cit., 1857.)
Pour observer les cheveux et autres poils, les ongles de divers animaux, qui influent fortement par la lumière polarisée, il estbon de les préparer dans l'huile, la glycérine ou dans la térébenthine du Canada. Les autres tissus animaux et les corps cristallins se préparent comme à l'ordinaire ^
' Voy. Ch. llobin et, Verdcil, C/tiwie a)i«<o;m(jri(e,Paris,1855, in-8", t. I, p.'i24.
m PRÉCAUTIONS A PRENDRE RELATIVES A L ŒIL.^
Sur les coupes transversales des tissus végétaux, celles des pins surtout, la substance intercellulaire reste obscure, la membrane primaire des cellules offre une vive clarté; les couches d'épaississement des fibres ligneuses n'offrent qu'à un faible degré la double réfraction et leur couche interne non lignifiée est brillante. Les ponctuations et les canaux poreux peuvent donner une croix noire comme les grains de fécule et comme toutes les fois que des couches de densités différentes sont disposées concentriquement autour d'un point. (Mohl, Schacht.)