DES MOUCHES VOLANTES
ART. ni. — DES MOUCHES VOLANTES.
585. Pendant l'examen au microscope, on peut être gêné par plusieurs espèces de mouches volantes. 11 faut donc savoir les distinguer des objets qu'on étudie. Bien qu'elles dépendent d'un état particulier, soit statique , soit dynamique de l'œil , le report de l'image qui frappe la rétine à une certaine distance (voy. p. 197- 1 98) fait que cfes mouches se montrent dans le clmmp du microscope, sur le même plan que l'image des objets qu'on examine. Cela porte à croire qu'il s'y trouve quelque objet à étudier alors que nulle préparation n'est posée sous l'objectif. On distingue plusieurs espèces de ces images endoscopiques, (Voy. p. 401 .)
A. Taches brillantes et irisées.
586. Elles se présentent sous forme d'anneaux concentriques, surtout quand on a regardé le soleil, ou un nuage brillant, ou la lumière d'une lampe, et qu'on porte, les yeux sur le microscope. Elles paraissent alors très-brillantes, puis rouges, ou tout d'abord rouges, puis jaunes, bleues, et s'évanouissent après avoir passé par les teintes intermédiaires à ces trois couleurs fondamentales.
En général, elles partent du centre du microscope, se portent en bas et en dedans, ou en haut et en dehors, et se perdent au bord du champ du microscope pour reparaître aussitôt au point de départ, avec la même couleur, et présenter la même marche. Ces taches, ordinah^ement arrondies, plus ou moins larges, masquent les objets et empêchent de les observer; il faut alors fermer les yeux jusqu'à ce que la rétine, trop fortement ébranlée par cette vive lumière, ait repris son état normal, et n'examiner au microscope qu'au bout de quelques minutes quand elles ont disparu.
Ces taches se montrent quelquefois quand on a marché beaucoup avant de se mettre à examiner, ou quand on s'est frotté trop fortement les yeux, ou enfui quand une cause quelconque détermine une congestion du globe oculaire. Si la cause n'est pas persistante, quelques instants de repos suffisent pour les faire disparaître, surtout en tenant les yeux fermés ; elles présentent, du reste, beaucoup de variétés, suivant les individus et les circonstances dans lesquelles elles se produisent.
GLOBULliS ET FILAMENTS DE L'ŒIL.
B. Des (jlobules el des filaments de l'œil.
587. 11 est d'autres mouc/fcs volantes, qui ne tiennent pas comme les précédentes à une continuation de l'ébranlement de la rétine trop vivement impressionnée par la lumière.
Celles-ci existent dans les deux yeux et se voient dés qu'on regarde au microscope, mais se montrent avec une intensité variable et aussi avec quelques variétés individuelles de forme.
Lorsqu'on les examine dans le champ du microscope, sans avoir placé d'objet au foyer, on aperçoit ces mouches sous l'aspect d'un amas de petits globules parfaitement ronds, tous d'égal volume, à peu de chose prés. 11 remplissent le champ du microscope, sauf un espace en dehors, égal à un sixième environ du champ et un autre espace encore plus petit en dedans. Deux ou trois filaments ilexueux, très-pâles, se voient un peu en dehors du centre de l'amas de globules, quelques-uns de ceux-ci leur adhérent (fig. 107).
Cet amas est limité en dehors par une ligne ou fdaraent aplati, a h un peu brillant au centre,, paraissant large d'un demi-millimètre, qui est rectiligne ou un peu courbé en bas, et traverse le champ du microscope de bas en haut. En dedans, il est limité par un filament plus brillant que le précédent, et surtout remarquable par les flexuosités ou ses replis sur lui-même, qui paraissent être plus ou moins marqués suivant les individus, mais sont très-nombreux, dans mon œil droit c d. Ce filament, à cause de ses replis ou contours, occupe une surface bien plus large, mais moins allongée que lô précèdent.
Tous les globules et tous les filaments se meuvent ensemble ; ils sont solidaires l'un de l'autre dans leurs mouvements, ou du moins s'ils peuvent s'écarter un peu les uns des autres, c'est dans les limites assez étroites et d'une manière relative, de telle sorte qu'ils finissent toujours par se retrouver à la mêmeplace. Il semble, d'après cela, appartenir à la même masse, et se mouvoir, comme le ferait un nuage floconneux en suspension, dans un liquide et parsemé de globules ; mais on . ne voit rien dans l'intervalle des globules, si ce n'est quelquefois, et d'une manière presque douteuse, de minces filaments comme ceux d'une toile d'araignée allant en divers sens d'un
globule à l'autre.
Il y a deux plans de globules ; les uns paraissent plus rapproches de l'œil, à contours plus nets , les autres, plus profonds ou plus éloignés, plus pâles, à contours plus vagues : ces deux plans de