VOLUME DES GRANULES DÈS COULEURS A INJECTIONS
que l'on attende un ou deux jours et surtout que l'on fasse préalablement passer un courant d'eau dans le système vasculaire, l'épithélium, très-altérable, sera partiellement entraîné, et l'on aura presque à coup sûr des infiltrations.
38. La matière colorante la plus grossière est le jaune de chrome, même broyé àl'huile.ll est formé de petits cristaux allongés en aiguille, ayant? à 8 dix-millièmes de millimètre delarge, sur 3ou4 millièmes de millimètre de long. Ces cristaux les plus volumineux ne sont pas les plus abondants; la plupart sont bien plus petits, et beaucoup sont en poussière si fine , qu'on ne peut pas en mesurer les granules, même à l'aide des plus forts grossissements du microscope.
Le blanc de plomb ou blanc d'argent (carbonate de plomb, deuxième et première qualités) viennent ensuite avec le vermillon et le bleu de Prusse. Les deux premiers sont formés de petits grains sphériques, ou à peu près , ayant au plus 6 dix-millièmes de millimètre, et le reste est représenté par une poussière d'une finesse m commensurable au microscope et dont il est difficile de se faire une idée avant de l'avoir vue. Le bleu de Prusse est peut-être encore plus fin que les substances précédentes ; les plus gros corpuscules qui le composent sont plutôt allongés que sphériques, et leur plus grand diamètre ne dépasse pas celui indiqué pour le vermillon e îacèruse. A côté de ces grains, se voit une poussière tellement impalpable , qu'on s'aperçoit de son existence sous le microscope plutôt par la' teinte donnée au liquide que par la vue de granules
moléculaires colorants. , . . ^
11 est probable que, dans les cas où les matières a injection ranssudent au travers des vaisseaux avec une légèr.e teinte sans qu il y ait rupture de capillaires . c'est cette poussière, impalpable même a l'œil aidé de l'objectif le plus fort, qui est entraînée. Lorsque dans le bleu, le blanc et le rouge, on trouve des grains plus volumineux que ceux indiqués plus haut, on peut s'assurer, en pressant les lames de verre entre lesquelles ils sont placés sous le microscope, que ce sont des amas dus à l'agglomération de plusieurs fins granules
de matière colorante. ^ .i„»;.,«
39. Derrière l'injection liquide à l'ossence ou même a la gélatine après avoir laissé se vider les gros troncs par la ^anf , il f^tj ordinairement pousser une matière colorée comme celle-la, mais chaude et solidifiable. Cette masse Peut servir également a miipln les réseaux quand on fait plonger l'animal dans eau tiède, ou a remplir les gros troncs et leurs branches quand on ne veut m-
liNJECTIONS AU SUIF. 29
jcctcr que celles-ci; alors, il est inutile de se servir d'eau tiède.
11 suffit pour cela d'injecter du suif ramolli et rendu moins cassant par addition d'un tiers ou de moitié d'axonge , suivant qu'on lait l'injection en clé ou en hiver. On peut quelquefois se contenter de le ramollir avec de l'essence de térébenthine ou ajouter celle-ci à l'axonge. Ce dernier corps est la masse qui offre le plus de liant et qui est le plus pénétrant. En hiver on peut l'injecter seule ; mais il vaut mieux cependant y ajouter du suif, parce que si l'on conserve les préparations jusqu'à l'été, elles se ramollissent trop pour permettre une dissection facile à cette époque. Cet inconvénient se montre surtout quand on la pousse derrière une masse liquide à l'huile ou à l'essence, parce que le mélange de ces substances au corps gras solidifiable le rend plus mou; dans ces circonstances, il faut ajouter moins d'axonge au suif que dans le cas contraire.
Du reste, les proportions des unes et des autres varient suivant les usages et les habitudes, sans qu'on puisse rien dire de précis à cet égard, d'autant plus que pour bien colorer le suif ou l'axonge, il faut mettre préalablement en suspension dans l'essence de térébenthine la couleur en poudre et l'ajouter ensuite, ou mieux les colorer avec la matière même qu'on veut injecter hquide à froid. On arrive par tâtonnements à voir si la masse est assez chargée de couleur, en étant prévenu que les quantités indiquées dans les livres comme nécessaires sont en général beaucoup trop considérables.
■ Il faut fondre les injections solides au bain-marie, autrement la température du suif monte trop haut, et le vermillon devient noirâtre ou brun, le bleu de Prusse grisâtre, et le jaune de chrome prend une teinte jaune rougeâtre sale.
40. ' Le mercure se range parmi les matières à injections opaques, nous verrons comment et dans quels cas il faut l'employer; disons seulement qu'on doit veiller à sa pureté; toute trace d'alliage avec un autre métal diminue sa fluidité et sa pénétrabilité ; s'il a été mouillé par l'eau, on s'expose au même inconvénient lorsqu'on ne prend pas soin de le dessécher. On le conservera dans un vase en grès ou en fer, et, au moment de s'en servir, on agira prudemment en le passant à travers une peau de chamois.
Des injections opaques froides et coagulables.
41 . L'albumine et le lait seuls ou chargés de matières colorantes sont des substances très-pénétrantes que l'on peut coaguler dans les vaisseaux en plongeant la pièce, soit dans l'eau chaude pour l'aibu-
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mine, s.oil dans un acide dilué ou l'alcool. Malgré leur facilité de pénétration, nous ne conseillons pas l'emploi habituel de ces mjections, qui ont toujours un vilain aspect. La matière contenue dans les vaisseaux devient très-granuleuse après la coagulation et souvent elle se fragmente. Néanmoins, on peut se trouver dans des circonstances telles, que ces substances, malgré leurs imperfections, deviendront une précieuse ressource pour l'anatomiste, par exemple, dans le cours d'une exploration scientifique au bord de la mer, etc.