INTERPRÉTATION DES IMAGES INCOLORES
et que pour avoir une idée complète de leur forme, etc., il faut tourner incessamment dans un sens et dans l'aulre la vis micrométrique qui nous fait voir successivement tous les points de leur épaisseur. C'est ainsi que nous arrivons à voir si nous avons sous les yeux des sphéroïdes, des cylindres ou des prismes aplatis ou non.
Les corps convex.^s, agissant ainsi que nous l'avons dit p. 2G5, à la manière des lentilles convergentes, on reconnaîtra leur forme sphérique à ce que, en partant du point où leur contour paraît net, leur centre deviendra brillant à mesure qu'on éloignera l'objectif; il deviendra foncé, si, au contraire, on le rapproche plus qu'auparavant. Si le corps est concave, comme le sont les hématies, il tend à disperser les rayons lumineux ; il faut par suite abaisser l'objeclif pour que le centre paraisse clair, et l'éloigner pour qu'il devienne foncé.
Les éléments anatomiques filamenteux, cylindriques ou prismatiques, recevant la lumière dans le sens de leur longueur, sur les faces opposées à celles qui sont tournées vers l'observateur, les rayons réfractés viennent se réunir du côté de l'élément, comme pour les corps sphériques ou lenticulaires ; ce qui donne lieu à la formation d'une bande claire, dans le sens de leur longueur, au niveau de leur axe et de la plus grande épaisseur de leur section, bande qui est bordée de deux lignes parallèles plus foncée au niveau de leurs faces latérales. L'intensité des teintes de ces lignes est naturellement proportionnelle au volume et à la puissance rén\nctive de la substance des éléments. 11 en est encore ainsi pour les saillies des écailles et autres objets microscopiques qui séparent les sillons dont elles sont striées, et c'est par là qu'on distingue les dépressions des saillies dans ces circonstances et autres analogues, comme par exemple sur les membranes plissées. Que ces filaments toient isolés ou contigus, ce phénomène à toujours lieu et permet de reconnaître la nature fibrillaire des parties complexes qu'on a sous les yeux, la direction des fibres dont les plans de contiguïté sont indiqués par les lignes foncées signalées plus haut séparant les bandes claires qui correspondent à la substance même de l'élément, s'il est au point de la vision distincte. Si, au lieu d'être parallèles, onduleuses ou non, les fibres sont entre-croisées et superposées, les entre-croisements des lignes claires et foncées donnent à la masse un aspect ponctué et granuleux. Si enfin la trop forte pression du tissu préparé a rendu ces parties -
4Î6 ioteuprétâtion des imac.es incolores.
molles cohérentes, au point d'en faire un amas homogène, celui-ci n'agissant dès lors que comme un seul prisme, la réfraction n'a plus lieu qu'en masse et confusément et non dans chaque fibre isolément.
Quand les cylindres et les prismes tubulôs ounonsontonduleux, repliés ou vus par l'un de leurs bouts, le microscope, en raison de ce qui a été dit plus haut (p. 444-445), n'en montre que la section, dont l'aspect même varie selon que le corps est droit ou oblique. Mais, -. dans ce dernier cas particulièrement, on peut, en faisant tourner la vis micrométrique, en même temps qu'au besoin on fait courir la préparation, on peut, dis-je, suivre l'élément sur toute son étendue, de manière à juger de sa longueur et de ses inflexions.
Il en est de même pour les membranes qui sont planes ou courbes, repliées ou plissées, etc., pour les noyaux ovoïdes, les prolongements qui sont coniques, etc., tels que certains poils des articulés, etc.; lorsqu'ils dirigent l'un de leurs bouts vers l'observateur, ils ne montrent que leur section plus ou moins exactement circulaire, qui les fait ressembler à un sphéroïde, tant qu'on ne tourne pas la vis micrométrique pour juger de leur longueur et de leur forme réelle d'après les changements de largeur de cette section.
En même temps que, par ces mouvements de la vis micrométrique qui permet de parcourir en épaisseur tous les plans du prisme que représente la préparation, on juge de la forme et du volume des objets que celle-là renferme, on constate l'ordi-e de leur superposition, celui des granules qu'ils renferment, l'aspect que ceux-ci ou toute autre particule présentent selon qu'ils sont ou non au point de la vision distincte, puis de quelle façon la superposition des uns gêne l'examen des autres, etc..
C'est de la même manière encore que l'on reconnaît si la surface d'un corpuscule est lisse ou hérissée de saillies, de lignes, etc., comme le sont beaucoup d'espèces de grains de pollen, etc., et quel est de plus le lieu de l'insertion de ces prolongements, de quelque ordre qu'ils soient.
Sphères creuses et cylindres creux.
595. Les considérations qui vont suivre, empruntées à Nâgeh et SchwendenerS s'appliquent aux cellules cylindriques, aux noyaux offrant des vacuoles, aux grains de fécule à cavités sphériques,
1 G KiiReli et S. Sclnvendener, Bas Mikroskop, Théorie und Anwendung, Leipzig, 1865, in-8», p. 199 et suiv. J'en dois l'analyse à M. Thorens. interne des hôpitaux de Paris.