INJECTIONS AU COLLODION
parfaite; maie il est toujours impossible de les placer flans l'alcool ; elles se conservent bien dans la glycérine ; cependant le rouge finit par pâlir. En laissant sécher les tissus injectes ou les coupes (et la dessiccation se fait très-rapidement dans ce cas), il devient facile de faire des préparations dans le baume de Canada dissous par le chlo- . reforme, car le chloroforme n'agit en aucune façon sur ces couleurs.
J'ai fait quelquefois avec ces injections de véritables préparations microscopiques de vaisseaux par corrosion. Il suffit de laisser les tissus injectés au collodion se décomposer lentement dans l'eau ; on trouve au bout d'un temps variable la matière à injection qui seule ne s'est pas décomposée.
Injections au collodion.
54. Passons à l'indication du procédé : 5 grammes de fulmicoton sont placés dans un vase bien bouché avec 200 grammes d'éther sulfurique et 20 gouttes d'alcool. Il est important de mettre lort peu d'alcool et, si le fulmicoton se dissolvait dans l'éther employé, on n'ajouterait pas l'alcool qui facilite l'infiltration de la ma tière colorante dans les tissus. On ajoute au collodion 10 centigrammes de la couleur que l'on a d'abord dissoute dans quelques gouttes d'alcool pur ; le bleu çt le violet peuvent être ajoutés directement et sans addition d'alcool. On filtre rapidement à travers un linge placé dans un entonnoir que l'on recouvre d'une plaque de verre pour empêcher l'évaporation. La canule étant fixée et remplie d'éther sulfurique, on fait pénétrer l'injection à l'aide dun instrument quelconque. Il suffit ensuite de laisser exposé à l'air l'organe injecté, la dessication s'opère rapidement. La peau, les muqueuses, les membranes minces sont étalées et desséchées sur une plaque de verre et traitées par le baume de Canada. Pour les muscles, le foie, les reins, etc., on pratiquera des coupes le lendemain de l'injection, on les placera sur une lame de verre ou elles sécheront promptement et on les traitera de la même façon. Il est possible de conserver des coupes fraîches dans la glycérine, mais la couleur rouge disparaît alors peu à peu, la couleur bleue persiste indéfiniment.
Malgré leurs inconvénients, ces matières à injection peuvent rendre quelques services; elles sont difficiles à préparer, désagréables à employer; on réussit plus rarement avec elles, mais ceux qui aiment les belles injections tenteront l'emploi de ces riches couleurs.
INJECTIONS BLANCHES Eï AUX SEhS L'AHGENT.
Injections blanches.
55. C'est avec inlealion que nous n'avons rien dit des matières à injections blanches, qu'il faut abandonner lorsqu'ils s'agit d'injections transparentes ; en effet, si l'on obtenait une matière colorante blanche et transparente, on ne pourrait pas la distinguer à la lumière réfléchie. Le carbonate de plomb, le chlorure d'argent ont été choisis par quelques anatoraistes ; nous aimerions mieux le sulfate de baryte indiqué par Frey et dont les particules sont très-fines ; en outre, ce précipité iie se décompose pas aisément comme les deux premières substaiices, et, sans être transparent, il ne donne pas une masse complètement opaque ; mais il est encore préférable de laisser de côté la couleur blanche, qui ne devientfacilement apparente qu'à la condition de diminuer la transparence.
Nous rejetons également les injections brunes ou noires, qui sont toujours plus ou moins opaques ; nous en avons essayé plusieurs espèces et les résultats obtenus ont été trop défectueux pour nous encourager dans ces tentatives ; quant aux injections par double décomposition, il faut les proscrire ; nous en dirons la raison plus loin.
Injections au nitrate ^d'argent.
56. La réaction du nitrate d'argent sur les éléments anatomiques sera étudiée dans un autre chapitre. Nous décrirons seulement ici le mode d'emploi de ce précieux réactif pour dévoiler l'épithélium qui tapisse divers canaux de l'économie. Lorsque ces canaux sont volumineux, ou lorsqu'il s'agit des séreuses, on peut les ouvrir et imprégner leur surface en les plongeant dans une solution argentique ; mais pour les conduits plus petits, il faut nécessairement employer le procédé de l'injection.
Une simple solution aqueuse d'azotate d'argent, suffisante pour les réseaux lymphatiques, donne, pour les vaisseaux sanguins, les conduits glandulaires et les terminaisons bronchiques, des résultats incomplets; l'imprégnation existe dans tous les cas, mais les parois reviennent peu à peu sur elles-mêmes, se plissent, et les cellules épilhéliales apparaissent confusément; il faut donc que les parois restent tendues.
On obtient ce résultat en mélangeant de la gélatine à la solution de nitrate d'argent. Mêlez dans un vase en porcelaine 50 grammes de gélatine et 550 grammes d'eau distillée; faites fondre la gélatine au bain-marie, puis ajoutez 100 grammes d'une solution de nitrate