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ART. V. — URINES ET DÉPOTS URINAIRES

722. La marche générale à suivre dans l'examen des urines, est la même que pour les liquides dont nous avons déjà parlé (pages 333 et 534). On sait que, de tous les fluides de l'économie, c'est celui que les médecins ont le plus souvent à observer. Les divers dépôts accidentels qui doivent être soumis à l'examen microscopique, pourront être conservés pour une étude ultérieure dans des tubes étiquetés et bouchés où on les place après décantation du liquide qui surnage, ou en les retirant avec une pipette du fond des vases où ils se trouvent. On empêche la putréfaction de l'urine en versant sur le dépôt quelques gouttes d'huile de naphte ou de solution phéniquée. 11 est très-utile de faire une collection de préparations microscopiques des divers dépôts que l'on peut rencontrer.

725. Urines normales. Tout médecin devra avoir étudié les urines d'individus bien portants avant de passer à l'observation de celles, qui offrent des dépôts morbides.

L'excrétion sera reçue directement dans un verre à pied trèspropre, versée dans celui-ci à l'aide du vase dans lequel a eu lieu la miction, après qu'on aura eu soin de s'assurer que nul corps étranger n'y a été laissé. Cette recommandation s'applique naturellement à tous les cas dans lesquels des observations de ce genre doivent être faites. Mais comme, dans la pratiquemédicale, elle est loin d'être toujours suivie, il importe de rappeler qu'on peut trouver accidentellement dans les urines presque toutes les espèces de corpuscules décrits dans les poussières (pages 529 à 533), soit isolément, soit réunis en certain nombre. Parfois aussi, il' en est qui peuvent être ajoutés par ceux qui ont intérêt à simuler certaines maladies, telles sont les poussières de charbon, diverses variétés' de sable, la craie, le lait, elc. Il est des simulateurs qui s'introduisent dans 1 urèthre de la laine de matelas, des cheveux, etc crue repousse ensuite l'urine dans laquelle on les retrouve. C'est alors qu il importe c être familier avec l'examen des diverses sortes de poils, et cela d autant plus qu'il est des cas de véritable piUrnic tion, c est.a-dire d expulsion par l'urine de poils souvent chargés d urates ou d acide urique qui tombent dans la vessie par suite

de l'ouverture d'un kyste pileux dans sa cavité, ou par suite de la présence à sa surface interne d'une portion de tégument ayant la structure de la peau.

724, Par le refroidissement, un léger nuage ou énôorème se forme au milieu du liquide et tombe peu à peu au fond du vase. Si, après, s'être formé, le liquide a été agité, il se ;dôpose de nouveau, le mucus étant miscible à l'urine, mais non dissous par elle.

On examinera ce dépôt en allant l'aspirer avec un tube effilé avec lequel on opère comme avec une pipette ; c'est-à-dire en tenant un doigt sur son extrémité extérieure jusqu'à ce que la pointe soit plongée au contact du dépôt ou de la portion du dépôt à recueillir. En soulevant peu à peu le doigt, on voit monter celui-ci, et réappliquant le doigt au moment jugé convenable, on enlève la quantité voulue de liquide ou de dépôt. On laisse glisser une portion de ce derniersur le porte-objet, et, après l'avoir recouvert d'une lame mince, on l'étudié à un grossissement de 400 à 500 diamètres environ.

Ce dépôt est tellement ténu qu'on ne le voit pas toujours dans le tube. En tenant ce dernier verticalement pendant quelques instants, des parcelles de dépôt ou de tout autre descendent vers son extrémité effdée, et on attend qu'elles y soient rassemblées pour faire tomber sur le porte-objet la goutte de liquide qui les renferme.

Cette manière de faire, indispensable ici, est applicable à l'étude du plus grand nombre des dépôts peu abondants.

Cet énéorème ne montre que quelques cellules épitbéliales pâles, soit pavimenteuses, larges de 5 à4 centièmes de millimètre , ou du double plus grandes , venant de la vessie et de l'urèthre, soit sphéroïdales, venant de la vessie, tantôt isolées, tantôt réunies en petit nombre. 11 y en a généralement si peu, qu'il faut ordinairement les chercher longtemps avant de les trouver ; il est parfois nécessaire de les chercher sous un faible objectif que l'on remplace par un plus fort, après avoir fixé le porte-objet quand les cellules sont amenées dans le champ du microscope.

C'est des parois de la vessie, et non du rein ni de l'urèthre, que vient cette petite quantité de mucus et d'épithélium.

Dans ces circonstances comme dans toutes les autres dont il sera question ci-après, on peut trouver ces cellules èpithèliales entièrement couvertes de très-fines granulations contiguës et de volume uniforme, si on observe l'urine assez longtemps après la miction pour qu'il commence à s'y développer des vibrions. Leur noyau et

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leurs granulations propres sont' alors plus ou moins masquces par les granules précédents, qui sont de ceux qui ont été considérés comme des Micrococcus, etc. (V. p. 559.)

11 y a parfois en même temps dans la préparation quelques leucocytes (globules muqueux). Le mucus vésical qui les accompagne est tellement ténu et gonflé par l'eau, qu'il ne montre pas alors les stries qu'il offre dans les cas de catarrhe vésical et propres à la plupart des mucus qui n'ont pas séjourné dans un liquide aqueux.

725. Dans l'urine normale, au moment de la miction, on voit flotter deux, trois, ou un plus grand nombre de fdaments d'un gris blanchâtre, bien décrits par M. Donné, qui tombent lentement au fond du vase laissé en repos. Ils ont de 1 à 2 ou 3 centimètres de long, et de 1 à 3 dixièmes de millimètre environ d'épaisseur. On peut parvenir à les saisir isolément avec la pipette, comme il a été dit plus haut pour les préparer et les examiner sous un grossissement de 400 diamètres au moins. Du reste, le microscope en montre parfois de plus petits, invisibles à l'œil nu dans le dépôt, presque imperceptible, ou dans l'énéorème des urines normales. On en peut naturellement aussi trouver dans divers dépôts morbides.

Ils sont constitués par un filament microscopique de mucus assez ferme, se gonflant peu à peu dans l'urine, ordinairement strié en long, parfois à stries nulles ou à peine visibles, mais se produisant au contact de l'acide acétique.

Ce mucus englobe de fines granulations, des leucocytes plus ou moins déformés et allongés, mais reconnaissables comme tels après l'action de l'acide acétique, des leucocytes sphériques, parfois des cellules épithéliales pavimenteuses, et quelquefois, enfin, chez l'homme, des spermatozoïdes morts ou même vivants si l'urine est fraîche. Ces filaments sontrectilignes ou diversement flexueux, selon les hasards de la préparation. Ils contiennent des leucocytes en quantité variable, d'un sujet à l'autre, etmême de l'un à l'autre des filaments. Ces éléments sont plus nombreux sur les individus qui ont eu des blennorrhagies que dans les conditions contraires, et les filaments eux-mêmes sont plus blancs et plus abondants alors que dans les conditions contraires.

D'un auteur à l'autre, on trouve ces filaments désignés comme étant: 1° des cylindres provenant des tubes du rein ; 2° plus souvent comme venant des canaux prostatiques ; Z" et enfin, comme venant des tubes lesliculaires et épididymaires. Mais à l'état normal, et même à l'état morbide, aucun de ces organes ne produit du

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muais. Je me suis assuré, au contraire, que ces filaments simples ou ramifiés sont formés de mucus uréthral accumulé entre les plis / de sa muqueuse, où il englobe des leucocytes, des cellules épilhéliales, etc. Sur l'homme, on les trouve particulièrement dans les plis du golfe de Vurèlhre ou de Lecat, à la jonction des parties membraneuses et bulbaire du canal. C'est là qu'ils englobent quelques spermatozoïdes qui sortent en petit nombre, normalement en dehors de toute perte séminale chez les individus qui s'abstiennent de coït pendant plusieurs semaines, par une cause quelconque. On peut en trouver là, ainsi que dans l'urine, même chez les vieillards, fait que j'ai constaté, du reste Beale l'avait déjà vu. Les fdaments formés dans les heures qui suivent le coït, en renferment aussi.

Il importe d'étudier ces produits dans l'urine normale, pour ne pas leur attribuer, dans les dépôts morbides, une importance autre que celle qu'ils ont. On voit qu'ils sont formés de mucus uréthral et non vésical, rénal, etc. Les leucocytes et l'épithélium qu'ils contiennent viennent aussi de l'urètlire.

La présence de ces fdaments avec des leucocytes dans l'urine des femmes, tant dans les conditions ordinaires que dans l'état de grossesse, montre qu'ils ne viennent pas des tubes prostatiques ni des tubes séminaux. .

• 726. Les individus atteints de blennorrhagie, ou qui sont guéris depuis peu de cette affection, apportent souvent à examiner des urines qui contiennent plus de ces filaments que celles des sujets dont l'urèthre est tout à fait sain. Ces derniers contiennent surtout un bien plus grand nombre de leucocytes qui les rendent blanchâtres.

Pendant la durée de la blennorrhagie, on voit en outre flotter dans ces urines, ou on retire du fond du verre à pied où elles ont reposé de petits lambeaux de l'épithélium pavimenteux de l'urèthre, et quelques leucocytes. Parfois on y trouve un ou deux petits flocons nuageux ou bien limités, formés de mucus uréthral englobant un nombre plus ou moins grand de leucocytes.

On peut conserver les filaments muqueux décrits plus haut dans un mélange à parties égales d'alcool et de glycérine, ou dans les liquides de Pacini, qu'on fait glisser entre les lames de verre, après avoir enlevé l'urine par capillarité, à l'aide d'un linge fin ou de papier brouillard.

727. Un des points importants de l'application du microscope à

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