PRÉPARATION DES PRODUITS D'ALTÉRATION URINAIRES
l'étude des urines, consiste dans la détermination de la nature des corpuscules qui, ne lui appartenant pas naturellement, se produisent au sein de ce liquide ou à sa surface, après son émission, et peuvent se trouver mêlés à ceux qui proviennent normalement ou accidentellement des parties constituantes naturelles. Ainsi, en abandonnant l'urine à elle-même, on verra se produire les corpuscules indiqués plus haut (page 559, 1», 2" et 3°), pouvant former une couche superficielle molle, glutineuse, plus ou moins épaisse, chargée de cristaux, de phosphate ammoniaco-magnésien, parfois assez gros pour apparaître sous forme de granules brillants. Cette couche dans laquelle prédominent souvent les vibrions est d'autant plus épaisse et se forme d'autant plus vite, que l'urine est mélangée à une plus grande quantité de substances organiques coagulables, telles que du mucus ou de l'albumine. Cette formation a attiré l'attention des accoucheurs qui ont appelé kiesteïne le mélange azoté complexe qu'on en retire.
Elle peut se former aussi contre les parois du vase ; elle peut se rompre et tomber en particules jusqu'au fond. Lorsque la décomposition est plus avancée, il se développe parfois des monades dans l'urine. Ces mêmes granules et ces vibrions ou encore des Leptothrix on bactéries, peuvent se produire plus ou moins vite d'une urine à l'autre, selon sa composition dans toute la masse du liquide commençant à s'altérer. (Voy. Beale, De Inrine, des dépôts urinaires, etc., trad. franç., Paris, 4865, in-12, p. 315; et Ch. Robin. Leçons sur les humeurs, Paris, 1867, in-8, p. 744.) Ces particules lui donnent un aspect opalescent tout parliculier que l'examen microscopique fait distinguer aisément de l'opalescence qui se produit quand débute le dépôt des urates de soude de certaines urines en voie de refroidissement, et de l'opalescence due à des matières grasses.
Nous avons indiqué aussi (page 559 , 3» et 4°) quels sont les cryptogames qm se développent (fig. 160) souvent dans les urines soit sucrées, soit albumineuses, etc., et plus ou moins rapidement selon leur composition. Ajoutons immédiatement qu'il peut s'y développer ou y tomber quelques autres végétaux unicellulaires (voy. Ch. Robin, loc. cit. , p. 744) , et spécialement des Sarcines reconnaissables à leurs cellules cubiques frès-petites, juxtaposées en groupes ou fragments cuboïdes ou prismatiques pouvant être parfois assez gros pour être visibles à l'œil nu.
728. Pour examiner les mucus urinaires morbides dans les cas de
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cystile, de catarrhe vésical, etc., on laissera reposer le liquide et on prendra avec un tube une portion de la couche qui est au fond du verre ou du flacon. Quand le mucus est filant, Irès-visqueux, celui qui a monté dans la pipette ou dans le tube est retenu par
Fi'^ 160, - Spores d'espèces indélerminces, soit à contenu granuleux (c, d, l, m), soit a contenu transparent (a, i], à divers degrés des modifications qu'elles subissent lors de leur germination (f, çj, li j, k. l] ; trouvées dans une urine albumineuse, commençant à s'altérer. Grossissement de 450 diamètres.
la masse lorsqu'on veut retirer ce dernier. 11 faut alors décanter l'urine qui estau-dessus du dépôt et saisir une portion decemucus avec des pinces, pour le poi'ter sur la lame de verre et l'étudier à un grossissement de 400 fois ou environ.
On y constatera les caractères connus du mucus proprement dit, la présence de cellules épithéliales pavimcnteuses de la vessie.