PRÉPARATION DES LÉSIONS HÉPATIQUES
On peut parfois, par la dissection sous la loupe ou le microscope, isoler des vésicules closes de la Ihyréoïde, pour en voir la paroi propre, etc., après avoir ou non ramollie et rendue transparente sa trame par le séjour dans le liquide acétique de Beale, ou dans l'acide tartriqiie.
Pour voir la forme et les rapports réciproques des vésicules closes et de la trame glandulaire, on fera durcir l'organe dans l'alcool, dans la solution de bichromate de potasse ou dans le liquide de Mùller, et on pratiquera ensuite des coupes minces examinées à des grossissements faibles, puis de plus en plus forts. On procédera d'une manière analogue pour étudier les vé- ' sicules closes et la disposition des autres éléments des capsules surrénales, des glandes pituitaire et pinéale. La solution de bichromate de potasse et le liquide de Mùller sont ici les meilleurs agents durcissants à employer.
Les préparations se conservent bien dans ces liquides additionnés ou non de glycérine, ainsi que dans ce dernier fluide.
805. Pour observer la forme des lobules du foie, les minces cloisons de tissu lamineux qui les séparent , et même les capillaires qui se distribuent entre leurs cellules polyédriques, surtout s'ils sont congestionnés, on fera durcir le foie frais dans la solution de bichromate de potasse, et on pratiquera des coupes aussi minces que possible.
Ces coupes pourront être examinées dans cet état, pour constater les particularités relatives à la forme et au volume des lobules, ainsi qu'à l'épaisseur des cloisons, à la distribution des canaux hépatiques biliaires dans leur épaisseur.
Mais pour voir la structure même de celles-ci, les mailles capillaires de la veine portent dans les lobules non injectés, et les cellules épithéliales dans ces mailles ; on enlèvera ces cellules en frottant doucement avec le pinceau (voy. p. 259) la coupe mince tenue dans l'eau ou dans le liquide durcissant. La préparation sera alors mise dans la glycérine ou dans l'eau glycérinée , et étudiée à des grossissements de 300 à 500 diamètres.
C'est par isolement des cellules, qu'on étudiera l'hypertrophie et l'état granuleux particulier des cellules dans l'hépatite et dans la pneumonie biheuse. On procédera de même, et on fera aussi des coupes minces sur le foie durci, dans les solutions chromiques, puis traitées par l'éther ou l'essence de térébenthine rectifiée, pour étudier Y état gras du foie, le dépôt huileux de gouttes
084 l'IlÉPARATlON DES GLANDES LYMPHATIQUES,
plus grosses oX réagissant aulroinent que dans ce dernier cas, qui distendent les cellules et atrophient les réseaux sanguins, en respectant l'organe biliaire.
Dans le ramollissement rapide, aign ou de l'ictère grave, on fera des préparations du tissu frais pour étudier le passage à l'état de substance amorphe, de presque toutes les cellules, sans atrophie proprement dite de celles-ci , avec hypertrophie de tissu lamineux, interlobulaire et persistance de la graisse, si elle existait dans les cellules, graisse qui est jaune comme dans les cas dits du cancer, et autre chimiquement que celle du foie gras.
C'est sur des coupes et des dilacérations de tissu frais, sur des coupes du tissu durci, qu'on étudiera dans les cas de cirrhose l'hypergenèse du tissu lamineux des cloisons avec atrophie des cellules des acini glycogènes , la compression et l'atrophie des réseaux de la veine porte ; l'état grenu jaune verdàtre , graisseux, des cellules plus petites persistant encore ; l'atrophie et la compression simultanées de l'organe biliaire et la réplétion de ses conduits par la matière colorante concrète.
Vétat ou aspect cireux: 1" par atrophie; 2° par production de concrétions azotées considérées à tort comme amyloïdes, s'étudie sur des préparations faites comme celles du foie cirrhosé.
806. Glandes hjmphatiques. C'est d'une manière analogue que l'on procédera pour débarrasser de leur épithélium les coupes minces des glandes lymphatiques injectées ou non, et voir le reticulum trabéculaire du tissu glandulaire propre et des sinus lymphatiques.
L'alcool et le liquide de Mûller sont ici les meilleurs agents durcissants, dans lesquels on doive faire séjourner les glandes avant de les traiter ainsi.
Leurs épiihéliums doivent, au contraire, être observées sur des Mandes prises sur des sujets aussi frais que possible, et préparée comme nous l'avons dit pour les éléments qui doivent être vus isolément (voy. p. 352).
807. Les préparations du tissu de la rate sont les plus difficiles à faire de toutes, et exigent tout particulièrement une étude préalable approfondie des éléments anatomiques frais qui la constituent, et une dissection attentive au point de vue de l'anatomie descriptive de ses vaisseaux.
On étudiera ensuite sa trame sur des rates d'enfants ou d mdividus jeunes, ou encore de divers animaux, durcie dans l'alcool, le ,
PRÉPARATION M lA RATE. GSS
bichromate de potasse ou dans le liquide de MùUer ; coupes débarrassées de leur épilhélium (voy. p. 259), comme il vient d'être dit à propos du foie, et mises dans l'eau glycérinée pour être observées à un grossissement de 300 à 500 diamètres.
L'épaisseur des parois artérielles fait bien distinguer ces vaisseaux^ des veines, et c'est dans le voisinage des premières qu'il iaut, sur les coupes, chercher les grains glanduleux de Malpiglii, sphéroïdaux ou ovoïdes, épais d'un dixième de millimètre ou environ.
Les rates préalablement injectées par la veine ou par l'artère avec la solution de nitrate d'argent (voy. p. 39) , avant d'être durcies par l'alcool et préparées en coupes minces, montrent bien les épilhéliums vasculaires et glandulaires.
La rate des poissons, celle des plagiostomes en particulier, telles que les raies, etc., se prête bien à ces études, à celle de la distribution des capillaires surtout. .
On obtient aussi de bons résultats en injectant de la gélatine incolore avec ou sans addition de la solution de nilrate d'argent, pour distendre les vaisseaux avant de durcir l'organe et faire les coupes pour montrer l'arrangement des épithéliums dans sa partie glandulaire, et les dispositions réciproques de ce dernier tissu entre elles et avec les vaisseaux. Cette distension donne aussi de trèsbons résultats au point de vue de l'égalité du durcissement de la rate, du maintien de la forme et des rapports des vaisseaux avec les grains glanduleux deMalpighi ou vésicules closes, et les cavités de la pulpe. On peut aussi remplir la veine et même l'artère avec le liquide durcissant pour les maintenir pleines à l'aide d'une ligature et les plonger aussitôt dans un vase plein du même liquide (vovez p. 41).
Si on prend le bichromate de potasse ou le liquide de Mùller pour liquide durcissant, il est bon d'injecter l'artère avec la solution d'acide chromique à 3 ou 5 parties d'acide pour 1000, au lieu de prendre les liquides dans lesquels on plonge l'organe, parce que les artérioles colorées un peu en jaune se distinguent mieux dans les coupes minces sous le microscope.
Les rates très-congestionnées et durcies dans l'acide chromique ou dans le bichromate de potasse, donnent des coupes dans lesquelles la distribution des capillaires peut parfois être très-exactement suivie, sans préjudice pour l'examen de la juxtaposition des épithéliums et de la disposition de la trame de fibres lamineuses et musculaires.
686 l'UÉnnATION DE lA GLANDE COCCYGIENNE.
808. On propare la glande coccygienne de l'homme, découverte par Luschka, en 1860, comme les glandes lymphatiques. Cet organe n'a le plus souvent que la grosseur d'un grain de chènevis, et il est formé, soit par un corps unique de forme arrondie, soit par l'agglomération de plusieurs petites granulations. 11 est situé à la partie antérieure de la circonférence de l'extrémité inférieure de l'os coccyx ; là, il se trouve en rapport avec le ganglion impair du nerf grand sympathique, duquel parlent dé petits filaments qui le rattachent à ce ganglion et avec les branches de l'artère sacrée
Fig. iTà. — Tissu dé la glande coccygienne de l'homme, grossi 120 fois. (Luschka.)
moyenne. Il est intercalé entre l' extrémité postérieure du sphincter externe de l'anus et le releveur.
A l'état frais, la substance de la glande est d'une couleur rouge pâle ; elle possède une assez grande élasticité pour que, comprimée, soit en masse, soit par fragments, entre des plaques de verre, elle s'échappe facilement sous cette pression, et oppose une assez forte résistance quand on essaye de la déchirer.
Relativement à la structure de la glande coccygienne, il faut distinguer : a) la trame, formée par un tissu connectif compacte (fig. 175) fibrillaire, dépourvu d'éléments élastiques, riche en noyaux ; b) le tissu glanduleux, composé d'utricules dont les parois sont limitées