PRÉPARATION DU TISSU TESTICULAIRE
Avant de le traiter ainsi, on étudiera son 6pitliélium polyédrique, les granulations et le noyau de ses cellules , sortant en général vers les exircmités rompues des tubes. Quand l'épithélium sort sous forme de masse ou de prolongement cylindrique, on peut distinguer vers le milieu de l'amas qu'il représente ou qui est mis en liberté par la dissociation, les ovules mûles ou cellules mères des spermatoïdes, dont le contenu ou vitellus est segmenté ou non.
On cherchera si dans ces cellules de segmentation se trouvent ou non en voie de développement des spermatozoïdes. Enfin, on cherchera ces derniers au milieu des éléments précédents et des granulations qui les accompagnent.
Il est de toute importance de faire cet examen et celui dont il va être question sur des testicules de fœtus, d'enfants et d'individus arrivant à l'état de puberté à l'état adulte. Il faut procéder de même pour l'étude du testicule des divers vertébrés, et chez ces derniers, ainsi que sur les invertébrés, observer comparativement le tissu testiculaire pendant le rut et dans ses intervalles.
Pour voir le mode de juxtaposition des tubes entre eux et avec les. cloisons testiculaires, la disposition de l'épithélium à la face interne de la paroi propre, l'épaisseur de celle-ci, la largeur et la forme du canal central de ces conduits, on pratique des coupes minces sur des testicules durcis dans le bichromate de potasse ou dans le liquide de MùUer. On tiendra compte, en les examinant, de ce que les flexuosités des tubes font que ceux-ci peuvent être tranchés sous des inclinaisons très-diverses plus souvent que transversalement- Cette étude sera faite sous des grossissements de plus en plus forts, depuis 50 diamètres jusqu'à 500 ou environ.
Ces remarques s'appliquent également à l'étude de la structure de Fépididyme, dont on peut faire aisément des coupes comprenant toute l'épaisseur de l'organe et sa tunique fibreuse. On en pratiquera en même temps sur le corps d'Hygmore, soit parallèlement, soit perpendiculairement à la direction des conduits qui le traversent.
C'est aussi dans les liquides précédents qu'il faut faire durcir le testicule des poissons, sur le plus grand nombre desquels les tubes n'exi^tent plus, à proprement parler, et sont remplacés par des vésicules ou dilatations communiquant par une portion rétrécie avec les conduits excréteurs. La marche à suivre pour les étudier dans ces conditions et à l'état frais est la même que celle qui a été indiquée ci-dessus.
l'RÉPAHATlOIN DU TISSU DUS UVAIUKS. OKO
Les préparations fraîches peuvent être conservées longtemps clans les liquides de Pacini (p. o77). Celles des cou[)es du tissu durci doivent être placées dans la térébenthine du Canada, surtout si elles sont injectées. Un peut également les conserver dans la glycérine gélatinée et dans les liquides durcissants môme additionnés ou non d'une certaine quantité de glycérine.
Ovaires, vésicules de de Graaf ou ovisacs et ovules.
8iO. Dans l'étude de l'ovaire à l'état frais, il faut d'abord, sur les mammifères, isoler par la dissection, à l'aide de pinces fines, du bistouri ou des ciseaux, un ou plusieurs ovisacs plus ou moins développés et entiers que l'on pourra étudier à l'aide d'un faible grossissement. Souvent on trouve leurs vaisseaux suffisamment con gestionnés pour que leur distribution dans la paroi propre de ces vésicules puisse être bien suivie. La séparation de celle-ci, par rapport au tissu dans lequel elles sont plongées, est en général assez facile.
On fendra ensuite les vésicules sur le porte-objet, pour eu étudier à de plus forts grossissements le liquide, l'ovule et l'épithélium. On observera ensuite la texture de la membrane propre, étalée, examinée dans ses parties les plus transparentes, et môme un peu dilacérée. Cette dilacération est nécessaire pour l'isolement des cellules propres que l'on retrouve ensuite à l'état d'hypertrophie dans les corps jaunes.
On trouve parfois chez les femmes âgées de quarante ans ou au delà quelques rares vésicules de de Graaf, contenant un ovule de grandeur ordinaire, qui, au lieu d'un vitellus, contient un certain nombre de cellules analogues aux globes vitellins résultant de la segmentation vitelline consécutive à la fécondation (fig. 177, b) avec quelques gouttelettes hyalines (c). Les unes et les autres sont éparses, sans ordre, dans la cavité de la membrane vitelline (a) qu'elles ne remplissent pas.
On procédera d'une manière analogue à celle qui va être indiquée (p. 690), pour l'étude des corps jaunes; seulement ici la dilacération destinée à montrer les éléments sera faite sur des coupes mmces enlevées à l'aide des ciseaux courbes, si l'épaississemeut de la paroi propre des ovisacs est encore peu prononcé, ou pratiquées a l aide du rasoir, si le tissu est déjà épais et ferme. C'est également ainsi qu'on cpérera pour observer ce (issu dans les oariules uni sont PU voie d'atrophie.
IloniN. — Microscope.
090 l'Iilil'AUATlUN IJII TISSU DliS OVAIRES.
Enfin, il l'audra étudier sur des coupes minces, fraiclies, dilacérées ou non, la trame propre de l'ovaire prise entre les ovisacs ou dans la partie profonde de l'organe, pour voir ses éléments analomiques et leur arrangemsnt réciproque.
Quant aux rapports du tissu ovarien avec le péritoine, avec les
Fi;;. 177.
vésicules considérées individuellement, quant aux ovules à des périodes diverses de leur évolution, à compter du premier mois de la vie intra-utérine chez l'homme, il faut les observer sur des coupes minces d'ovaires durcis dans la solution de bichromate de potasse, le liquide de Mùller ou dans la solution d'acide chromique.
Un séjour de l'ovaire pendant quelques heures ou quelques jours dans la solution concentrée d'acide oxalique permet de pratiquer sur lui des coupes très-bonnes pour l'étude de l'apparition des ovules dans des tubes, chez l'embryon, et de la formation des ovisacs. (Pflùger, E. van Beneden, etc.)
C'est également sur des coupes de ce genre que seront examines la distribution des ovisacs en couche ovicjène dans le lissu oVarien superficiel, le volume relatif de cenX-cU l'épaisseUr de letir paroi
. ovule anormal d;une ^„n.e de iH^- ^ environ <^^lJZ:XlS£::^. vitelline. h. Cellules é,,arses dans sa '^' '^''^.f^fll]^^^^^^ de la cavité
O:^vi;ir0p;e^^êï;nr^^^^^^ - - -a„,0.008.
PllÉPAUATION DU TISSU DES OV.VlItES. C91
propre et de leur épithéliuni, l;i situation de ('elui-ci dans ces vésicules; ses rapports avec la couclic épiihéliale précédente, etc. Souvent les coupes bien réussies donnent des sections des ovules euxmêmes qni sont très-utiles pour étudier l'épaisseur de la membrane vitelline, la situation réelle de la vésicule germinative dans le vitellus, etc.
Toutes ces préparations se conservent de la même manière que celles du testicule.
811. Sur les oiseaux, les reptiles, les batraciens, les poissons, les crustacés, beaucoup de mollusques, les acalèphes, tels que les rbizostomcs, on étudiera aussi toutes les particularités de même ordre que les précédentes, en pratiquant des coupes minces des ovaires durcis de la même manière que ceux des mammifères. A l'état frais, on les prépare comme il vient d'être dit p. 689. (Voy. aussi p. 556, § 505.)
On procédera d'une manière analogue également pour durcir et trancher en coupes minces les œufs proprement dits des ovipares, pris après la ponte ou dans l'ovaire pour étudior le jaune, la cica- Iricule, la constitution et les rapports de leurs membranes propres, etc. (Voy. du reste ci-après, article XI.)
Comme les batraciens, les poissons, etc., mais avec des différences faciles à constater, les-mollusques, les tipulaires culiciformes, etc., pondent leurs œufs dans l'eau, au sein d'une masse gélatineuse dont les dispositions varient beaucoup d'un genre et d'une espèce à l'autre. C'est dans ces masses qu'il faut les chercliu. et les préparer comme il a été dit pages 356 et 557.
Burdach {Physiologie. Paris, 1858, in-8, trad. franç , t. II, p. 412) donne le nom de nidamentum à toutes les enveloppes extérieures produites par la mère qui s'ajoutent à l'œuf déjà individualisé, pourvu d'une enveloppe propre, et qui servent à l'incubation, telles que les nids, les frais ou masses nidiformes formées de substances homogènes, enveloppantes, etc. Ainsi, pour la plupart des insectes dont les larves sont aquatiques, la masse des œufs est entourée d'une substance gélatineuse analogue au frai des grenouilles et destinée aux mêmes usages. Les botanistes avaient vu de cds niasses gélatineuses chez les Chironomes, mais les avaient prises pour des plantes; c'est ainsi que Agardh {Systema algarum; London, 1 825, in-8, p. 16) les avait décrites parmi les algues diatomacées, sous le nom générique de glœonema ou gloionema, mais cependant sans être sûr s'il s'agissait là de corps dénature végétale ou animale. Bory de Saint-
692 l'KÉPAIlATlON IJliS OVULliS.
Vincent (1825) et Berckoley (1845) naonlrèrenl que de ces masses sortaient les larves des insectes. On les prépare, ainsi que ce qu'elles englobent, commeles mucus (p. 582). Voy. aussi p. 476 à 480, pour l'étude de ces ovules, etc.
812. Depuis le moment où, de l'état de cellule, l'ovule est arrivé à . l'état d'organe spécial, doué d'une individualité particulière, et à compter de celte époque jusqu'à celle où débutent les phénomènes de la segmentation, dont le résultat final est la production du blastoderme, il est le siège de phénomènes physiologiques assez nombreux, que l'on doit chercher à constater une l'ois qu'il a été préparé comme il a été dit (p. 476 et suivants).
Ce sont : 1" le retrait du vitellus ; 2° la pénétration des spermatozoïdes et la fécondation; 5° les changemenls survenant dans la structure intime du vitellus après la fécondation; 4» les mouvements propres et la déformation consécutive du vitellus, se continuant pendant la durée des phénomènes suivants, et même pendant la segmentation, sur les sphères ou globes vitellins dont celle-ci amène la production ; ces mouvements, qui sont de l'ordre des mouvements amiboïdes déjà décrits (voy. p. 565), sont très-différents des diverses sortes de rotation de l'embryon dans l'œuf, gyration due à des cils vibratiles ; 5° la production des globules polaires; 6" la production du noyau vitellin qui précède iramédiatemenl le début de la segmentation et qui se rattache, à quelques èo-ards, aux changements de structure intime du vitellus après la fécondation, et qui marque la fin de ces divers phénomènes.
Si l'on excepte la pénétration des spermatozoïdes dans l'œuf, ces phénomènes ont généralement été considérés comme peu dignes d'être rattachés à ceux qui les précèdent ou à ceux qui leur succèdent. Ils méritent cependant toute l'attention des physiologistes; car lorsqu'on vient à les considérer sous le rapport de leur similitude d'un animal à l'autre et de leur succession chez un même être, ils acquièrent une véritable importance. On voit alors que tel de ces actes, qui en lui-môme paraissait pouvoir être négligé, est pourtant la condition essentielle de l'accomplissement de quelque autre qui lui succède dans le même œuf; ou bien il représente, chez certains êtres, l'ébauche d'un phénomène dont la nature ne pouvait être saisie sans la connaissance exacte du premier.
Le phénomène de retrait du vitellus est caractérisé par une diminution de volume du vitellus telle, que son diamètre devient plus petit qu'il n'était, du sixième au quart environ d une espèce