EXAMEN DU DÉVELOPPEMENT OVULAIKE
à l'autre. Chez les espèces dont l'ovule a la foririo d'un ovoïde allongé comme chez les diptères, ce retrait n'a lieu que dans le sens de la longueur du vitellus, qui laisse ainsi à chaque extrémité de l'œuf un espace plein d'un liquide clair. Ce phénomène a lieu à l'époque même de la disparition spontanée de la vésicule germinative chez la plupart des animaux, mais il en est comme les diptères chez lesquels il ne s'opère qu'un peu après la ponte. Il résulte de ce retrait que le vitellus qui jusque-là remplissait exactement la membrane vitelline laisse entre lui et cette dernière un espace qui est plein d'un liquide limpide, ou qui permet à la membrane vitelline de se plisser pour s'appliquer contre le vitellus.
Les phénomènes de déformation et de gy ration du vitellus ont lieu consécutivement au retrait du vitellus. Ils sont des plus remarquables par leur longue durée, par leurs interruptions à des périodes déterminées et par leur retour d'une manière non moins régulière. 11 ne faut pas les confondre avec la rotation ciliaire des embryons.
Us commencent, en effet, quelques minutes après la ponte chez les grenouilles, les poissons, les insectes, les mollusques et les hirudinées, pour se continuer jusqu'à l'époque où, comme conséquence de la division du vitellus en nombreuses parties, le blasrtoderme se trouve formé par celles-ci; ils continuent même sur ce derniei'. Il est très-important de connaître ces phénomènes, car ils déterminent de tels changements de forme et de situation relative des globes vitellins et même des premières cellules blastodermiques, qu'ils font prendre des aspects très-différents à la masse embryonnaire pendant la durée de chacune de ses phases. Aussi est-il arrivé à un grand nombre d'auteurs de décrire une même période évolutive vers la fin de la segmentation particulièrement, comme représentant autant de phases distinctes, que les globes vitellins offraient de modes successifs d'accolement et de situation relative.
Sous les noms de globule muqueux, huileux ou transparent, de corpuscule hyalin, etc., etc., la plupart des embryogénistes ont signalé l'apparition d'un globule translucide sur les côtés de l'embryon. Une fois produit, il reste sous la membrane vitelline, étranger aux phénomènes qui se passent près de lui, et il est abandonné avec l'enveloppe précédente lors de l'éclosion. Devenu inutile, en effet, aussitôt même qu'il est formé, sa production a préparé le début de la segmentation du vitellus ; elle a préparé, par suite, les actes essentiels de la génération des cellules du blastoderme, puisque c'est à celte génération que conduit le fractionnement du vitellus.
094 KXAMEN DU DÉVIiLOPPRMENT OVULAIRE.
Le point même de la surface du vitellus où naissent ces globules marque, quelques heures d'avance, le pôle de ce dernier qui va se déprimer, puis se creuser d'un sillon de division devenant peu à peu équalorial; de là, le nom de (ilobule.s polaires x[m doit leur ùlre donné. C'est aussi le point où apparaîtra plus tard rexlrômité cêphalique.
Faute d'avoir suivi les phases de l'évolution des globules polaires, beaucoup d'hypothèses contradictoires ont été émises sur leur nombre, sur l'époque de leur production et sur leur nature.
Je suis arrivé à reconnaître que chez les animaux dont le vitellus se segmente api'ès la ponte, c'est de quatre à six heures après celle-ci que commencent à naître les globules polaires, c'est-à-dire de douze à vingt-quatre heures après la disparition de la vésicule germinative. La durée des phénomènes de leur production est de deux heures et demie à trois heures et demie, et c'est environ deux heures après leur achèvement que débute la segmentation.
Le mode d'après lequel naissent les globules polaires est des plus remarquables. Il est essentiellement caractérisé par une véritable gemmation de la substance limpide du vitellus, suivi d'un resserrement, puis de la division transversale de la base de ce prolongement. Ce phénomène débute par le retrait des granules du vitellus sur une portion circulaire de la surface, large de cinq centièmes de millimètre ou environ, de manière à laisser la substance hyaline complètement seule et translucide. Au bout de quelques minutes, cette portion transparente forme une saillie hémisphérique, puis conoïde. Sa base se resserre, ce qui lui donne momentanément la forme d'un cylindre large de deux centièmes de millimètre environ sur une longueur double ; mais bientôt ce resserrement cause un véritable étranglement de cette saillie devenue ainsi pyriforme ; au niveau de sa jonction avec le vitellus, elle achève de se séparér rapidement de ce dernier par une division transversale, tout en lui restant conliguë.
815. Jusqu'à présent, les observations existant dans la science ont toujours fait penser que les premières cellules de l'embryon apparaissaient d'une seule manière chez tous les animaux; que la segmentation du vitellus était un phénomène absolument général ; qu'elle seule amenait la production de ces cellules, et que nul autre acte physiologique ne conduisait au même résultat. Mais j'ai reconnu qu'il existe des animaux dans lesquels le vitellus ne se segmente pas, et pourtant leur ovule fécondé présente un blastoderme