XII. — 'IISSUS ET ORGANES DES EMBKÏONS
828. Toutes les fois que l'on pourra se procurer quelque- œuf de vertébré entier ou rompu contenant un embryon, il est plusieurs ordres de parties dont il faudra étudier la structure à l'état frais, autres môme que l'amnios, l'allantoïde, le cordon, le chorion et ses viUosités, organes de la préparation desquels nous avons deja parlé, sans parler de la vésicule ombilicale dont le contenu et les parois doivent être examinés séparément. (Voy. p. 555, g 498.)
829 Parmi ces parties, citons en premier lieu le tissu nerveux cérébro-spinal, qu'il faudra préparer comme nous 1 avons dit na-es 558 à 540 et 640, après l'avoir mis à nu en fendant avec des ciseaux fins le canal rachidien. On pourra ainsi bien étudier comparativement, sur le fœtus et sur l'adulte, les myelocytes, dont la quantilé relative est considérable avant la naissance dans l'encéphale et dans la rétine. En comparant ces noyaux a ceux du tissu lamineux de la pie-mère, etc., on constatera combien ces éléments nerveux {myélocytes) diffèrent des noycnur: embryo-pla^times ou du tissu cellulaire. On constatera en môme temps les caractères propres (voy. p. 640) de la substance amorphe grise unissante ou intercellulaire et inlertubulaire du système cérébro-spinal inévToqlie ou tissu conjonctif cérébral de quelques auteurs , et combien elle diffère du tissu lamineux de la jAe-mére , de celui du ca. nal central de la moelle ou des divers organes du fœtus; combien nar suite est notoire l'erreur de ceux qui confondent les myélocytes avec les novaux du tissu lamineux et la subslance amorphe-cerebrl avec œ dernier tissu. Sur des coupes faites sur des fœtus de p en usagés (voy. p. 655), on constatera la diminution de la quantité de la substance grise cérébro-spinale qui predomunut d a-
PRÉPARATION DE LA CORDE DOUS.\l,E. 7*25
bord, au fur et à mesure qu'avec l'i^go un plus grand nombre de cylindre-axes s'entourent de myéline. Voy. aussi p. Cil.
87.0. On observera ensuite la corde dorsale, que l'on isolera sous la loupe, etc., avec des aiguilles à dissection, si le rachis cartilagineux n'est pas encore développé. Il faudra la préparer dans une sérosité claire ou dans le liquide amniotique, parce que l'eau gonfle et déforme ses cellules. Pourtant on peut en faire des préparations se conservant suffisamment bien dans le liquide de Pacini (page 37fi).
Si les corps vertébraux et même leurs apophyses trans verses et leurs lames sont développés, on peut, en enlevant ces dernières parties, placer tout le rachis entre deux lames de verre dans une sérosité ou dans la glycérine et voir à un faible grossissement la disposition du cordon celluleux et de l'enveloppe de la notocordé. Sous le microscope à dissection, l'on peut parvenir avec des aiguilles et des ciseaux fins (page 118 , 160 et 166). à en isoler des portions qui, préparées comme il a élé dit plus haut, peuvent être observées sous un fort grossissement, puis ensuite traitées par l'eau et autres réactifs pour voir l'action de ces composés sur les cellules.
Pour préparer le contenu des dilatations ou cavités intervertébrales de la notocordé, dont on étudiera la forme par des coupes transversales du rachis, il suffit d'ouvrir celles-ci en tranchant les disques avec un pelil scalpel et d'enlever le contenu sur la pointe de ce dernier. On étale ce contenu dans une sérosité, et après avoir examiné sous un faible grossissement la forme et les dispositions des groupes ou amas de cellules provenant de la notocordé, on les place sous un objectif fort pour étudier les modifications subies par les cellules elles-mêmes et celle que leur font éprouver aussi l'eau, les acides etle passage à l'état cadavérique.
C'est encore sur les organes squelettiques des embryons et des fœtus frais que devront être pratiquées les coupes minces destinées à l'étude de l'apparition et du développement des cavités articulaires, des points d'ossification dans le squelette cartilagineux du tronc et des membres.
Ces préparations devront être conservées dans la gélatine glycérinée, ou dans la glycérine additionnée d'une petite quantilé de solution de soude, en raison des particularités que nous avons mentionnées plus haut (§ 583, p. 281), ou dans la gélatine glycérinée, (p. r,72). =. c .T
7'20 PRÉI'ARATION DES ORGANES DE L'EMDRYON.
851 . Avant même do préparer ces organes et leurs éléments, on devra, sur les embryons aussi frais que possible, observer le tissu des parois du tronc, ou des moignons des membres. Pour cela, on enlève des tranclios minces de ces parties à l'aide des ciseaux courbes et sans les dilacércr, on les place dans une sérosité limpide ou dans le liquide amniotique. On les examinera d'abord sous un grossissement de 300 diamètres environ pour étudier l'arrangement réciproque des éléments anatomiqui>s.
Une légère pression sur le couvre-objet ou la dilacération suffisent pour isoler assez ces éléments et permettre leur étude sous un grossissement de 500 diamètres nécessaire pour observer les noyaux et le tissu embryo-plastique. La comparaison des préparations ainsi faites du tissu frais à celles tirées d'embryons du même âge durcis par l'alcool, le liquide de MûUer, etc., sera des plus instructives pour montrer combien ces éléments* et la substance amorphe hyaline qui leur est interposée, sont ratatinés, déformés, etc., par ces agents. Elles montreront en outre que les faisceaux striés des muscles on voie de développement, quand il y en a dèjà,bienquepetits,parfois allongés,etc., sont moins modifiés que le tissu embryo-plastique, quoiqu'ils le soient sensiblement aussi.
Des embryons frais, non déformés ni déchirés devront, comme les invertébrés de consistance molle, être placés quelques se- ' maines dans la solution de Millier, le bichromate de potasse, la solution faible d'acide chromique, pour servir à faire des coupes minces d'ensemble, ainsi que nous l'avons dit plus haut (p. 546). Ces coupes faites sur des embryons d'âge différent et portant sur la tête le cou, le thorax, l'abdomen et les diverses articulatmns, permettent de' voir les changements de rapports, d'épaisseur et même de structure que présentent successivement les divers organes constituant ces parties du corps. Elles devront être étudiées d abord sous de faibles grossissements et les détails de structure pourront ensuite être observés à l'aide d'objectifs plus puissants si les préparations sont assez minces et assez transparentes.
Ces préparations doivent être conservées dans la térébenthine du Canada , quand elles sont épaisses, dans le liquide durcissant additionné ou non de glycérine, ainsi que dans la gélatine glycérinée (page 572), quand elles sont minces.
Follicules et bulbes dentaires.
852. 11 est important que l'analomiste fasse lui-même ses pré-
PRÉI'AKATION DES FOLLICULES DENTAlItES. 727
parations cl tienne ainsi parfaitement compte dos conditions dans lesqnelles il les exécute. Une coupe pratiquée sur un Ibliicule durci et passant au voisinage de la surface extérieure a pu être prise pour une coupe centrale. Les préparations sur les pièces durcies seront donc faites seulement dans les circonstances dans lesquelles on veut simplement retrouver les lapporls généraux des parties principales ou rappeler certaines dispositions déjà observées à l'état frais. Sous ce rapport, elles sont très-utiles ; mais elles ne permettent plus de tenir compte des relations minutieuses des parties les plus délicates, des caractères de coloration, de résistance et de structure des tissus qu'on observe. (Magitot et Ch. Robin.)
855. Examen des follicules dans leur totalité. Pour procéder à l'examen microscopique d'un follicule dçms sa totalité, il faut, après l'avoir disposé convenablement comme nous le dirons plus loin, l'observer d'abord à un faible grossissement, de 10 à 50 diamètres par exemple. On voit alors le sac folliculaire sphéroïdal, d'un diamètre variant de 2 à 4 millimètres, en rapport d'un côté avec la gencive, de l'autre avec les vaisseaux et nerfs qui pénètrent par le point opposé. Lorsque la transparence des parties est suffisante ou qu'elle a été exagérée artificiellement par certains liquides, la glycérine par exemple, on peut voir à peu près toutes les parties constituantes du follicule. La paroi folliculaire apparaît la première avec son système vasculaire ; au-dessous' s'aperçoit l'organe de l'émail, enveloppé chez quelques animaux par l'organe du cément. Ce germe de l'émail, entièrement dépourvu de vaisseaux, est pâle et blanchâtre ; sa forme de calotte, recouvrant le bulbe ou germe de l'ivoire sous-jacent, donne souvent lieu, par suite d'une légère compression, à son glissement sur les parties voisines' et à son isolement, pour ainsi dire, au milieu de la cavité folliculaire. Au-dessous de ce dernier se trouve le bulbe dentaire, simple ou multiple . selon qu'il s'agit de telles ou telles dents et de telle espèce animale. 11 est beaucoup plus opaque que les autres organes de l'appareil folliculaire, adhère intimement à la base du sac et reçoit par là les vaisseaux et nerfs dont son tissu est abondamment pourvu, tandis que le germe de l'émail, au contraire, n'a ave.o les parties voisines que des rapports de contiguïté et ne renferme ni vaisseaux ni nerfs. (Voy. sur ces tissus, p. 620 et p. 022, § 759.)
Enfin, au sommet du bulbe, lorsque l'examen porte sur des follicules d'embryons de plus de 5 mois, on observe une petite masse triangulaire noire et opaque, qui n'est autre que le chapeau de
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dentiiie plus ou moins doveloppé, et situé aussi entre les deux germes de l'ivoiro et de l'éniail, qu'il tend à séparer l'un de l'autre. Il est facile d'observer, sans rupture du follicule et à travers les parois, les diverses parties constituantes do l'appareil. Cependant , cette étude , fort utile au point de vue des notions de forme et de rapports réciproques des organes, ne saurait convenir pour l'examen de la composition intime des tissus, l'opacité du follicule ne permettant pas l'observation à un grossissement suffisant. 11 faut alors ouvrir la cavité folliculaire, isoler successivement les organes qu'elle contient, et en étaler une partie sur une lame de verre qu'on observe à un grossissement variant, selon les tissus, de 500 à 500 diamètres. Dans cette sorte d'examen, il importe de détacher des fragments de l'organe qu'on étudie sur divers points de son étendue et de les observer comparativement ; de cette manière on peut juger des différences de structure suivant les diverses régions d'une même partie. C'est ainsi que sera fait l'examen des organes de l'ivoire, de l'émail, de l'organe du cément sur les ruminants, et de la paroi folliculaire.
Quant à l'étude des parties dures du follicule, ivoire, émail ou cément en voie de formation, le mode de préparation sera un peu * différent ; si l'on veut, par exemple, observer un chapeau de dentine, on doit l'enlever délicatement de la surface du bulbe, le placer sur une lame de verre, ou détacher de son bord libre un petit fragment aminci et encore mou qu'on place au sein de la glycérine. On observe ainsi la transition insensible par laquelle l'ivoire passe de l'état mou à Télat éburné, la formation des canalicules, des globules de dentine, etc. ; l'examen de l'émail en voie d'extension sur l ivoire s'effectue comme nous l'avons dit, et en o-rattant la petite couche de substance crétacée qui recouvre la sur- ■ face extérieure du chapeau de dentine. Cette substance, examuiée à un grossissement de 300 à 400 diamètres, monire les prismes de l'émail plus ou moins longs, mais très-nettement reconnaissables à leur forme, leurs réactions, etc.
834. Préparation des follicules de première dentition. Chez l'homme, on peut les rencontrer depuis la fm du deuxième mois après la conception ; sur le veau et l'agneau , leurs premières traces sont visibles dès la fin du premier mois ; chez le porc, a une époque voisine de la précédente; leur mode de préparation varie également suivant la période présumée de leur développement. Lorsqu'ils commencent à se montrer à la face profonde de la gen-
l'IlÉPAIÏATION DKS l'IlEMIWiS F OI.l.ICUI.lùS. 7'29
cive, il suflît souvent, pour les isoler du maxillaire, do graller légèrement l'os vers le bord libre des alvéoles afin de détacber le périoste de ses adhérences avec la muqueuse, puis de saisir celle-ci avec une forte pince et de l'arracher brusquement d'arrière en avant de la gouttière osseuse; on trouve alors les follicules à la face profonde de la muqueuse ainsi détachée sous forme de petits grains rougeâtres. On peut aussi, après avoii', avec des ciseaux très-fins, coupé les lambeaux de gencive qui flottent de chaque côté au niveau de l'insertion périoslale , disposer la série des follicules et la muqueuse à laquelle ils adhèrent entre deux lames de verres pour l'observation microscopique. (E. Magitol et Ch. Robin.)
Lorsque les follicules denlaires offrent un développement plus avancé, et que, par exemple, l'ivoire a déjà commencé à paraître au sommet du bulbe, le mode d'isolement que nous ^enons d'indiquer ne saurait convenii'. La masse du follicule volumineux et fragile, le cloisonnement commencé des alvéoles, l'adhérence du faisceau vasculo-nerveux au fond du sac, et sa division au niveau des trous sous-orbitaire et mentonnier, occasionnent nécessairement, pendant le renversement de la muqueuse, des déchirures de la paroi. iVous conseillons, dans ce cas, le procédé suivant, applicable à l'homme et aux autres mammifères. Après avoir gralté avec soin le maxillaire (fig. 210) sur ses deux faces, on détache par fragments sa lame externe au moyen d'une pince à dissection assez fine, dont on introduit un des mors au-dessous de la lame osseuse. On arrive ainsi à découvrir entièrement par le côté e.\terne toute la , série des follicules qu'on peut, au moyen de quelques tractions ménagées, enlever complètement et disposer à son tour pour l'observation microscopique. De cette manière, l'anatomiste pourra se constituer une collection de préparations de follicules depuis le moment de leur apparition jusqu'à l'époque de la naissnnce et même un peu au delà.
Lorsqu'on a placé sous le microscope un bulbe convenablement préparé avec le chapeau de dentine en voie d'évolution qui lui adhère, on voit les tissus dont suit l'énumération, si l'on examine la préparation des parties profondes vers l'extérieur et au niveau du bord mince et flexible de l'ivoire: 1» le tissu du bulbe; 2° la rangée de cellules de la dontine juxtaposées {membrane de l'ivoire de quelques auteurs) ; o« le bord du cliapeau do dentine s'amincissant de plus en plus ; 4° sur la face extérieure de ce dernier s'avance la couche extérieure amorphe du bulbe, dite membrana ■prœformativa;
PRÉPAIUIION Dli CMlTILAGIi DE MECKIil
on la suiL plus ou mouis loin du côlo du sommet du chapeau do denline, on approclianl duquel elle apparaît ; elle tapisse l'ivoire
en foimantà sasurface de légères bosselures ou ondulations transparentes , très-délicates; 5° en dehors d'elle et contiguës à sa face externe, se voient les cellules de l'émail, qui s'en détachent très-facilement et ne lui restent pas adhérentes dans la plupart des préparations. (Yoy. Ch. Robin et Magitot, Journal de In physiolocjie, 1861. Genèse et developpemenLdes follicides dentaires, p. 185 et suivantes.)
835. Conservation des préparations microscopiques. — Le procédé qui mérite la préférence consiste à placer le follicule dans son entier, entre deux lames de verre, ou dans une cellule (voy. p. 230). Lorsqu'on a isolé une série de follicules ou un follicule qu'on veut garder de cette façon en respectant son adhérence à la gencive et ses rapports vasculaires , on le dispose au centre d'une lame de verre- au sein du liquide, puis on recouvre la première lame d'une seconde plus mince, fixée par ses quatre coins à la première par des gouttelettes de cire, de résine ou de cire à cacheter fondue ; les deux lames ainsi fixées l'une à l'autre interceptent une cavité occupée parla préparation et qu'on achève de clore à 1 aide
• rnrlinn-p deMcckel maxillaire inférieur el anneau lympanique chez un embi-j-on de deuî môi^el de iT T Porlion exlra-tympanique el maxiUah e de la .no.t.e gauche
du marteau, d. Extrémité antérieure 'én it^ '"-«nchc du
la conrluu-en.oyenne du carti âge un angle «''.^^^^ ' ' '"^s Urd . pa ai^c^ choire. Indique la portion dir maxillaire qiu '^«X '^'f '^'^J, ^Sm^« voles à Uextrémité opposée ou symphysaire de ros m) e t '^^'"^J^^P»^^^;. ,,n.l.ords roncés; le bord supérieur de celte «'^l'':™^,^^ " ' ^ cl de la
seneo de dépressions qni logerit les Ud UcuU. ^''^l^^, corps de la
première petite molaire (o, n). . Ext em tu Ç renrésenlanl encore qu'une
mâchoire, ou mieux de la goultière '1 ^''^"'"7'.°" ! ? , ° ' ^ ^p^^ Portion de la mince aiguille (aU,.nlU de Spix) , facile a '^'''f'^'^J^^^.Z.'^e coronoide. Des branche ascendante du maxillaire '"'7 '^7\ ' ., J'^ml on Q'" ''<=^"="dra la Uainées osseuses radiées unissenl son bord inleueui a la poiUon ( ,