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APPLICATION DES CANULES

liquide reste sans s'écouler, quand on mel un bouchon â l'exlrémile de la canule qui doit s'adapter à la seringue (Pl. I, fig- ''O- l^o^squ'on ne prend pas cette précaution d'avance, il faut, avant d'y fixer le porte-canule faire couler du liquide goutte à goutte dans la canule liée déjà au vaisseau, jusqu'à ce qu'elle soit pleine.

On passera deux fds au-dessous de la canule, afin de lier au delà, dès que l'injection est finie, et empêcher le retour; ou, si le premier fil casse, le second le remplace, en ayant soin de pousser la canule un peu plus loin; nous avons dit qu'on peut se dispenser de lier le vaisseau après l'injection en obturant la canule avec un fosset de bois ou un bouchon en caoutchouc. La ligature sur la canule doit être faite avec précaution de manière à ne pas trop couper les parois du vaisseau, celles des artères surtout. Le fil qui a servi à lier la canule devra être ramené en arrière et lié sur l'oreille de celle-ci (pl. I, fig. 4) pour empêcher qu'elle ne sorte du vaisseau.

74. Dès que la canule pleine de liquide est bien placée, on y adapte l'extrémité de l'appareil à injection que l'on a choisi. Si c'est la seringue, on poussera avec une extrême lenteur, en maintenant avec la main gauche la canule, pendant que la droite enfonce le ' piston et surtout on évitera les secousses ; c'est une opération trèsfatigante et qui exige de fréquents repos.

Avec l'appareil à pression continue, l'injection peut se prolonger pendant plusieurs heures; il suffit de jeter de temps en temps un coup d'œil pour surveiller les progrès, la marche de l'opération et la température des bains qui échauffent l'organe et la matière qui doit remplir les vaisseaux, quand on emploie la gélatine.

Si l'on injecte par une artère, il est bon de ne point porter de ligature sur les veines, au début du mon^s, afin de permettre l'écoulement des liquides restés dans les capillaires ; le plus souvent, on est obligé de lier des anastomoses ou des vaisseaux collatéraux qui laisseraient fuir la matière injectée; on placera des ligatures autant qu'on pourra avant de commencer l'opération, et pendant l'opération, on se servira de bonnes pinces à pression continue (fig.7) pour saisir les orifices vasculaires.

Quelquefois on doit faire'une ligature en masse en arrière de la canule, quand on injecte un membre séparé du corps, par exemple ; pour cela j'emploie une longue lanière ou un tube de caoutchouc que j'enroule plusieurs fois dans le point voulu; on obtient ainsi une consiriction très-énergique sans risquer de couper les tisus, comme cela ari'ive avec les cordes ordinaires. (Ch. Legros.)

DES RUPTURES VASCULAIRES DURANT L'INJECTION. 57 75. Une des principales conditions pour qu'une injection des capillaires réussisse bien, c'est de pousser avec lenteur et d'une manière égale, afin de distendre les vaisseaux sans les rompre.

Si, malgré tout, la rupture arrive, on s'en aperçoit facilement à la diminution brusque de l'obslacle; la marche du piston de la seringue devient rapide, de lente et graduelle qu'elle était; on s'en aperçoit plus difficilement avec les appareils à pression continue ; pourtant la rupture est indiquée par l'écoulement brusque qui se produit et par la turgescence subite des parties injectées.

Lorsqu'on voit l'endroit où se fait la rupture, si elle n'a pas lieu sur le tronc principal, on oblitère la branche rompue avec une pince à pression continue (voy. fig. 7, p. 21). Si la fuite a lieu par de minces capillaires qu'on ne peut ni cautériser ni pincer, on peut continuer l'injection, qui ne réussit pas moins pour cela ; seulement il faut perdre une partie de la matière et pousser pendant plus longtemps, parce que, dés que survient une fuite, une partie de la force est employée à chasser l'injection par cette issue, et diminue d'autant la pression exercée auparavant sur les capillaires. Aussi la marche de l'injection dans ces vaisseaux se ralentit immédiatement.

Lorsque les épanchements ne se font pas par des capillaires proprement dits, cas où ils laissent la matière à injection s'infiltrer dans les tissus, on les distingue de 'suite par les petites bosselures qu'ils forment et la manière dont ils soulèvent les membranes. Ces petites bosselures, mamelonnées, d'un aspect particulier, se forment souvent sur une surface assez étendue au-dessous des séreuses, fibreuses, etc., qui les laissent voir par transparence, ou dans les interstices des muscles, le long des nerfs, etc. Si la pression vient à être exagérée, ou si l'injection arrive dans un endroit où les faisceaux de fibres du tissu lamineux offrent moins de résistance, au lieu de petits locules séparés incomplètement par ces derniers, il se forme un épanchement plus ou moins volumineux nu arrondi. Dans quelque cas que ce soit, il est toujours assez facile de reconnaître que c'est un accident de l'injection, et non quelque chose de régulier, pour ne pas être obligé d'insister davantage sur ce point. Même dans les cas où il s'agit d'un tissu érectile, les aréoles circonscrites par les trabéculcs de ce tissu se distinguent fotijours des épanchements par plus de régularité dans leur ensemble, et par un aspect tout spécial qui ne peut guère être décril.

76. Il est facile, en faisant une injection, de la réussir, quand on

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