EMPLOI DE L'ÉLECTRICITÉ SOUS LE MICROSCOPE
cilement aux fils conducteurs des courants el avec lesquelles on va loucher les points voulus des organes étalés sous le microscope, comme nous venons de le l'appeler dans les paragraphes précédents. Ces aiguilles peuvent être à pointe aiguë,' recourbée au besoin de manière à être accrochées au tissu des organes qu'on veut soumettre à une action électrique prolongée.
On peut de la sorte observer les contractions des muscles de la langue des grenouilles sous d'assez forts grossissements.
Pour étudier l'influence de l'électricité sur les fibres musculaires das vaisseaux et par suite sur la circulation, on procédera ainsi qu'il suit. On découvre, chez une grenouille, le nerf sciatique, et on examine au microscope une veine et une artère de la membrane interdigitale disposé comme il a été dit plus haut (§ 4, page 3). Quand la circulation devient languissante, on électrise avec les courants continus (10 piles Reraak). Le courant s'accélère immédiatement, l'artère semble diminuer de volume, mais le calibre de la veine augmente. Après avoir suspendu l'électrisation, l'accélération persiste pendant dix à quinze minutes, puis elle se ralentit.
En employant les courants d'induction, la circulation s'arrête complètement et presque immédialement. On cesse l'électrisation avec les courants d'induction; la circulation reprend. On emploie les courants continus, la circulation s'accélère.
On peut encore examiner au microscope la membrane interdigitale d'une grenouille, et, sans découvrir le nerf sciatique, sans inciser la peau, on électrise la patte avec les courants continus. La circulation capillaire devient aussitôt plus active. On emploie la faradisationi et la circulation s'arrête aussitôt dans les artères et dans les veines.
L'arrêt de la circulation par les courants d'induction a lieu pour deux raisons : la contraction des artères, qui empêche l'arrivée du sang, et la contraction des muscles, qui arrête la circulation dans les veines. On obtient les mêmes phénomènes, lorsque, au lieu de courants d'induction, on emploie des courants constants avec de rapides interruptions.
Lorsqu'on détermine en un point de l'inflammation, et qu'on
' Voy. Legros et Onimiis , Be la conlraclililé artérielle dam la circulation, journal d'anal, cl de physiologie, 1808, p. 38G; Cli. Robin el llilfclslieim, dans Ilillclsheim, Applications médicales de la pile de Voila. Paris, 1801, in-8°, p. il.