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EMPLOI DU MICROSCOPE EN MÉDECINE LÉGALE

Dans tous les tissus, les éléments anatomiquos ont des caractères parfaitement déterniiiiés qui permettent de les distinguer les uns des autres à tous les âges de la vie intra et extra-utérine. Les liquides de leur côté, les dilTérentes humeurs de l'économie, renferment, non-seulement des parties élémentaires qui leur sont propres, visibles seulement à l'aide du microscope, mais il en est qui contiennent souvent encore quelques-uns des éléments de la surface des muqueuses sur lesquelles elles sont versées et qu'elles entraînent. Tels sont les épithéliums qui sont en voie continuelle de renouvellement, et qui diffèrent les uns des autres, d'une région du corps à l'autre, et dont par suite l'origine peut être facilement déterminée.

La structure et la disposition des éléments anatomiques étant bien connues, nul caractère n'est plus sûr pour déterminer la nature des divers tissus et humeurs du corps. C'est en ce sens que l'examen à l'aide du microscope donne des résultats plus certains que tous les autres moyens d'investigation en médecine légale, comme en anatomiepalhologique.

En effet, il fait voir directement les parties constituantes organisées de ces tissus, et non point les réactions provenant de leur décomposition chimique, comme le font la plupart des moyens employés jusqu'à présent. Or, nous le répétons, rien dans les corps, soit inorganiques, soit d'origine végétale, par exemple, ne peut être confondu avec les éléments anatomiques organisés des animaux, lorsqu'on tient compte de leur structure propre, de leurs caractères chimiques, physiques, de leur forme, etc. Mais il n'en est pas de même si, au lieu d'observer les parties constituantes des tissus et des humeurs , on agit sur les produits de leur décomposition, comme il arrive dans les analyses chimiques de ces parties.

Un avantage non moins considérable de l'examen microscopique, c'est que, si minime que soit la quantité de matière à examiner, il n'y a point là pour le microscope obstacle à une démonstration complète. Ce que la chimie ne peut reconnaître, faute de quantité ou de réactions spéciales et tranchées, peut être déterminé avec toute certitude par l'examen microscopique. Tel est le cas, par exemple, des petites lamelles d'ôpiderme ondes portions de tissu graisseux, etc.

Ajoutons qu'il n'y a d'autres limites, au nombre des applications de ce moyen, que le nombre des tissus et des humeurs du corps

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do l'homme et des divers animaux. Les mucus, le sperme, le sang, la bile, le mèconium, les lualières fécales ou rejelécs par les vomissemenls, la cervelle, la peau, les muscles, la graisse, etc., ont tous leurs éléments anatomiques distinclifs, et que le microscope fait reconnaître avec certitude. 11 est constant que l'identité des vêtements, la distinction entre les cheveux et les poils d'animaux ou les filaments végétaux, la comparaison de fragments de bois, de papiers, etc., sont autant de problèmes dont la solution est devenue, non-seulement susceptible de précision, mais encore facile, pour quiconque a fait les études d'anatomie générale de l'homme, et des plantes à l'aide du microscope : pour quiconque possède des notions suffisants sur la structure normale des différents éléments anatomiques dont se composent, soit le corps humain, soit les différents êtres des règnes animal et végétal'.

Tout ce qui touche à l'emploi du microscope dans ces recherches, ne diffère pas de ce que l'on doit faire pour déterminer les caractères de ces éléments anatomiques et de ces tissus dans les études ordinaires. 11 n'y a donc pas lieu de revenir ici sur ce qui a été exposé précédemment (chapitre ii et ni de cette section). Toutefois, chaque espèce de tache demande en général à être ramollie d'une manière particulière pour que l'examen en soit possible. 11 en est parfois ainsi des fragments de tissu, etc.

Comme toutes ces indications spéciales se relient toujours sous plusieurs rapports à la description des caractères extérieurs des taches, etc., d'une part, et de l'autre aux questions médico-légales posées à l'expert, elles ne sauraient être données ici sans que nous soyons bientôt conduits à reproduire ce qui se trouve dans les Traités modernes de médecine légale. Nous renvoyons par conséquent à ces Traités, et particulièrement à la Çi^ édition (1869) de celui de Briand et Chaudé, qui est celui de tous dans lequel se trouvent le mieux développées toutes ces questions-.

1 Voyez Eobin et Tardieu, Annales d'hycjicnc picbUqiie et de viédccine légale. Paris, 1857, in-8», t. VII, p. 10.

2 On pourra consulter aussi, comme exemples à l'appui de ce qui vient d'être dit sur la marche à suivre pour arriver à déterminer lanalure desUssus cellulaire ou lamineux , adipeux, ainsi que des poils, etc.: Ch. Robin. Maunoury et Salmon, etc. (Avnalcs d'hygiène, Paris, 1858, in-8», t. X p. 409). Examen médico-légal d'une tache considérée comme de nature sanguine et qui renfermait du tissu adipeux. Comparaison médico-légale de taches de sang d'origine dn-orse {ibid.,p. p 421). Examen comparatif de cheveux de provenances diverses [ilnd..

EMPLOI DU MICr.OSCOPE. EN MÉDECINE LÉGALE. 749 Notons du reste que déjà depuis longtemps Dujardin {Observateur au microscope, Paris, 1845, p. 3t0, Applications du microscope à la médecine lé(jale) avait spécifié que la seule marclie à suivre dans les expertises est de recourir à l'emploi du microscope, quand les matières à examiner sont en trop minime quantité. 11 avait déterminé comme étant exclusivement du ressort de la micrographie la détermination de la nature des taches de sang et de sperme, celle de l'idenlitô des poils et des cheveux, des fibres végétales des vêtements ou autres. 11 proposait de gonfler et d'isoler les globules du sang en humectant les taches de sang avec la dissolution de blanc d œuf et avait noté qu'on pouvait ainsi arriver à bien distinguer ceux de l'homme de ceux du sang des oiseaux et des reptiles.

TROISIÈME SECTION

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