ÉFATS SUCCESSIFS DES ACARIENS
ganes sexuels (vulve), avec les pièces solides qui l'accompagnent (fig. 199), tels que le sternite en fer à cheval, etc. ; elles
Fig. 199. — Femelle fécondée de l'espèce précédente montrant la vulve longitudinale surmontée d'un sternite en fer à chaval et en b deux longs appendices postérieurs, elc que n'ont pas les femelles accouplées, a. Poil latéral avec un piquant. '
montrent souvent un ou plusieurs œufs visibles dans l'abdomen. Les mâles et les femelles sexuées ne subissent plus de mues.
850. Ceux de ces animaux dont le volume atteint ou dépasse une longueur de 1 millimètre doivent être préparés dans la térébenthine du Canada, en procédant comme il a été dit plus haut (p. 336 et 385). Quand leurs pièces squelettiques sont de teinte foncée, comme chez les Oribates, les Ixodes, beaucoup de Gamases, diverses Aranéides de petit volume, etc., ce véhicule est particulièrement utile en raison de la transparence qu'il donne à ces parties.
Il est souvent utile de vider les animaux précédents, comme le font les préparateurs d'objets microscopiques, ce que l'on exécute en les comprimant graduellement entre le porte-objet et la lamelle mince; car autrement ils ne sont pas assez transparents pour que tous les détails qui doivent être étudiés soient bien visibles. Néanmoins, il faut toujours en préparer en les laissant dans leur état d'intégrité, et de manière à les observer sur leurs faces ventrales et dorsales. Quand on n'a qu'un petit nombre d'individus à sa disposition, il faut choisir des porte-objets assez minces pour que la préparation puisse être retournée, afm d'étudier le même animal sur l'une et l'autre face alternativement, avec un objectif suffisamment puissant. (Yoy. § 290, p. 224).
Ceux des animaux qui, comme les Cheylettes, quelques Tyroglyphes, les Carpoglyphes, etc., ont des téguments très-minces et se plissant aisément dans les liquides conservateurs, doivent parfois être vidés et étalés dans ces derniers à l'aide des instruments particuliers et des poids qui pressent sur le couvre-objet avant et pendant l'application du bitume. (Yoy. p. 536 et 585.)
Cependant, pour divers de ces animaux, le mélange d'acide acétique et de glycérine, £tvec prédominance de l'acide sur cette dernière, permet de lesconserver sans plissement ultérieur, après qu'on a déterminé l'étalement de leurs membres par une pression convenablement graduée. La gélatine glycérinée (p. 575), avec addition d'un peu d'acide acétique au moment où celle-ci est fondue, permet aussi d'obtenir le même résultat.
Pour les divers individus des espèces qui ne dépassent pas une longueur de 1 miUimètre ou environ, comme la plupart des sarcopUdes, le mélange de glycérine ou d'acide acétique, avec ou sans addition de sirop de glycose ou de sucre, suivant la recommandation de M. Assier de Pompigiian, suffit pour les conserver avec un degré convenable de transparence.
Une léo-ére pression exercée sur le couvre-objet, soit avec les ai guiUes à dissection, soit avec des poids, suffit pour étaler les mem
I'HÉPARATION des acariens microscopiques. 761
bres de l'animal sans écraser celui-ci. Pour la quantité de liquide à employer et l'application des luts, on prend les précautions indiquées précédemment (p. 582 à 584). l/cmploi de la quantité du liquide exactement convenable pour remplir sans déborder le couvre-objet, l'espace compris entre lui et le porte-objet est une des conditions les plus importantes pour obtenir l'étalement des pattes, sans écrasement du corps, étalement qui est une opération importante de la préparation, et souvent des plus difficiles à accomplir.
11 est souvent avantageux de laisser mourir ces acariens dans l'alcool, mêlé ou non d'éther ou d'essence de térébenthine rectifiée, entre deux lames de verre un peu écartées, et de les y laisser séjourner un quartd'heure au moins avant de les soumettre à la préparation définitive, lisse débarrassent ainsi des impuretés qu'ils emportent avec eux; ils étendent régulièrement leurs membres par suite de la pression du verre, et contractent par cette immersion préalable une grande tendance à l'imbibition immédiate et complète dans le liquide conservateur. Les quelques petites bulles d'air qu'on peut ainsi clore par mégarde ou qui restent adhérentes aux animaux et surtout aux enveloppes provenant de leur mue, ne doivent pas préoccuper; elles disparaissent au bout de quelques jours. Cette dissolution de l'air se produit sans l'emploi préalable de l'alcool, et semble tenir à. la présence de l'acide acétique dans le liquide. Ces bulles d'air sont bien plus nombreuses et sont souvent gênantes quand, avant l'addition delà glycérine acidulée, on a mis les acariens dans l'eau.
Il ne faut pas éliminer des préparations destinées aux recherches scientifiques les enveloppes chitineuses provenant de la mue des individus impubères, parce qu'elles se prêtent par leur extrême transparence à l'étude, sous de forts grossissements, d'un grand nombre de détails anatomiques relatifs à la structure des poils, des pattes et du rostre.
Il est des petits insectes, crustacés, arachnides, etc., qu'il faut plonger quelques heures dans l'essence de térébenthine ou l'alcool ; ensuite, on les place sur la lame dans une gouttelette suffisamment visqueuse de baume du Canada ou de térébenthine de Venise, ou même de vernis copal à l'essence d'aspic (page 579), puis il faut apposer la lamelle, presser et laisser sécher.
Si on veut les vider préalablement, pour donner à leurs téguments une netteté plus grande, l'opération se fait sur la platine du microscope de disseclion, en pressant doucement l'animal entre deux lames de verre dans une goutte d'essence de térébenthine.
702 EXAMEN DES PRÉPAR.VriONS D'ACARIENS.
jusqu'à ce que tous les -viscères soient sortis par l'orifice anal, la bouche ou les articulations des pattes. Le séjour préalable de quelques heures dans la térébenthine ou l'alcool devient inutile dans ce cas. Ces procédés sont naturellement applicables à la préparalion des divei'ses parties des articulés, tels que les tarses, les antennes, les poils, les piquants, etc.
851. Dans ces études on observera que chez les acariens, le rostre, à tort appelé tête, langue, etc., se compose, ainsi que sur les autres arachnides : 1" de deux mâchoires ou maxilles, placées en arrière, presque toujours transversales, soudées ensemble sur la ligne médiane ; 2° de deux palpes maxillaires, organes parfois les plus volumineux de tous ceux du rostre, dont ils forment les côtés, et qui s'étendent de la base au sommet; 3» d'une lèvre inférieure membraneuse, plus courte que les palpes, et dont la base adhère aux mâchoires et au bord interne des palpes ; la lèvre porte en arrière le menton, et au milieu de sa face supérieure une languette ou ligule ; 4" de deux mandibules ordinairement volumineuses et conbïdes, dont l'extrémité dépasse le bord antérieur de la lèvre, et dont la base adhère au fond du camèrostome ; elles repo. sent sur la face supérieure de la lèvre comme sur un plancher, et elles constituent la partie dorsale la plus épaisse du rostre, dont les côtés sont bordés par les palpes. (Ch. Robin, 1859.)
On isolera le rostre, et on le préparera à part après une compression plus ou moins forte, pour l'examiner sous les plus forts grossissements, plusieurs détails de sa structure ne pouvant être vus autrement. C'est ce qu'exigent surtout les sarcoptes, les simonées, les psoroptes, etc. Dans les espèces volumineuses , le rostre et les pattes ne s'étalant pas convenablement quand on prépare l'animal entier, il est nécessaire aussi de le préparer isolément.
Chez les Sarcoptides, on trouve dans toutes les espèces cinq parties pour chaque patte, comme sur les insectes. Chacune de ces parties est constituée sur le même type, de la première à la seconde paire de pattes, puis de celles-ci aux deux dernières paires, et enfin d'une espèce à une autre espèce, malgré les différences considérables de forme, d'épaisseur et de longueur de ces organes dans chaque genre. Ce sont : 1° la hanche ou rotule; 2° Vexinguinal ou trochanter ; 3» le fémoral ou cuisse. Le fémoral ou cuisse est divisé en deux pièces articulées, ainsi que la jambe, qui alors offre deux articles, le génual et le tibial, chez les Dermanyssus, qu'on peut trouver comme parasites sur les oiseaux domestiques, le cheval et