RECHERCHE DES INFUSOIRES DANS L'EAU
monades et vibrions ; bien au contraire , la majeure partie des infusoires vivent, ainsi que les Systolides (voy. p.- 772) dans les eaux stagnantes, mais pures , entre les berbes submergées et parmi les débris vaseux dont ces herbes sont recouvertes. 11 faudra donc, pour se procurer le plus grand nombre des infusoires recueillir dans des vases de verre, l'eau et les herbes aquatiques, notamment les Conferves, les lentilles d'eau, les Cératophylles, les Gallitriches, etc., etc., des localités les plus différentes et dans toutes les saisons de l'année' ; car, selon ces diverses circonstances les infusoires ne sont pas les mêmes. Les eaux stagnantes sur un sol calcaire, contiendront avec les Chara, des infusoires qu'on chercherait vainement dans les eaux d'un canton exclusivement argileux, lesquels d'ailleurs, auront aussi leurs animaux particuliers, do même que les eaux ferrugineuses, celles des tourbières, celles des fossés entourant les habitations, etc.
A certaines époques, on cherche en vain des infusoires qui ne se rencontrent que dans une autre saison. Les Péridiniens paraissent vivre exclusivement au printemps. Le Yolvox se trouve plus ordinalrement à celte même époque jusqu'au commencement, ou parfois à la fin de l'été, etc. 11 faudra d'ailleurs conserver, en les étiquetant avec soin, les bocaux qui contiennent les différentes eaux, et les explorer de temps en temps avec la loupe, car certaines espèces d'infusoires s'y montreront successivement, et s'y multiplieront quelquefois beaucoup. Quand les eaux ont été mises avec les herbes aquatiques dans un vase, on voit bientôt certains infusoires ramper ou se fixer aux parois; telles sont les Vorticelles simples ou composées, le Stentor, les Arcelles, les Amibes ; on peut les transporter sous le microscope, au moyen de la plume en cuiller dont on se sert pour racler les parois. Un peu plus tard, cette même opération peut procurer des espèces plus nombreuses d'infusoires et de Systolides, " quand une couche de Bacillariées et d'Oscillaires s'est fixé à la paroi, et que la plume enlève à la fois cette couche de débris qui emprisonne un grand nombre de pelits animaux.
La couche de débris et de petits algues qui recouvre les tiges et les feuilles submergées, les pierres et les brandies mortes tombées au fond des marais, est extrêmement riche en organismes microscopiques ; il faut aussi en enlever un peu avec la plume en cuiller pour le transporter sur la plaque de verre ; on peut encore racler un de ces objets couverts de débris avec un canif ou un scalpel au-dessus du porte-objet. (Dujardin, 1841-1843.)